Quelques temps plus tard après le congrès de la FISM de 1973 où j’ai rencontré Ricky Jay pour la première fois, je l’ai revu plus au calme chez Gaëtan Bloom. Il était venu avec un ami, que ni Gaëtan ni moi ne connaissions. Quand est venu mon tour de montrer quelque chose, j’ai d’abord dit à Ricky toute ma profonde reconnaissance (tout cela grâce à la traduction de Gaëtan) et Ricky m’a interrompu : « Merci. Cela me touche, mais sachez que moi je ne suis rien… Si vous deviez être impressionné par quelqu’un, soyez-le par LUI » (en désignant son ami) : c’était Persi Diaconis. Instants magiques…
Au fil des années je n’ai jamais perdu le contact avec Ricky Jay. Il m’avait donné son affection, je crois. Ce qui a comblé ma vie.
La dernière fois que je l’ai vu, ce fut dans sa loge en Angleterre, après son spectacle hallucinant « Ricky Jay and His 52 Assistants ». Pendant une petite discussion amicale, il nous a offert, quelques morceaux de la pastèque qu’il avait exterminée pendant le show avec ses cartes à jouer, des armes redoutables ! Un délice cette pastèque, sous ses yeux en coin, presque coquins. Il avait l’air heureux. Un souvenir gustatif impérissable, qui restera gravé dans ma mémoire… Un moment de grâce que j’ai goûté infiniment et qui a confirmé toute une vie de passion pour cet homme hors du commun. Le plus important à mes yeux. Un mentor, un ami dans mon cœur. C’était un vrai magicien.




