juin 01 2012

Bienvenue sur mon blog !

Je serai au Double Fond en duo avec ma fille Alexandra dans notre spectacle « De très près » les 15/05 et 29/05. Mais aussi, toujours au Double Fond, dans notre nouveau spectacle « Ce Soir, J’Ouvre La Boîte » les 27/03, 8/05 et 22/05. Puis, du 2 au au 24/04/2015, nous serons accompagnés par Bruno Podalydès dans le spectacle que nous avons écrit tous les trois : « Cinéma…gie ». Attention il n’y aura que huit représentations !

Ce blog est né de la passion que j’éprouve pour la magie et de la passion que j’ai de communiquer avec ceux qui aiment la prestidigitation comme je laDominique Duvivier par Harcourt respire moi-même.
Que mes ennemis aillent voir ailleurs…
Que mes amis virtuels ou réels viennent à moi comme j’ai envie d’aller vers eux.

J’aime passionnément mon métier qu’est la magie mais mon hobby c’est aussi la magie… Deux passions en une, le pied quoi !

Chaque lundi matin un nouveau texte de mon cru sera édité ci-dessous et ce sera notre point de départ pour discuter, raisonner, imaginer ensemble des nouvelles pistes de recherches…
Il y aura tantôt des pistes de travail, tantôt des histoires qui m’inspirent etc. Plein de directions pour avancer ensemble quoi !
Elle est pas belle la vie ?
Pourquoi avons-nous tant de chance ?

A bientôt

Amitiés

Dominique DUVIVIER



mar 23 2015

Vrai ou faux ?

Dans une interview d’Umberto Eco (que je kiffe !), j’ai relevé deux citations… Cela devrait vous plaire !

Umberto Eco

« Dans mon essai, la question « pourquoi on pleure sur les personnages romanesques même si on sait qu’ils sont fictifs ? » me sert à m’interroger sur le statut ontologique des personnages romanesques, sur leur « vérité ». Et j’en suis arrivé à la conclusion que, dans le monde de la fiction, nous avons des certitudes (il est absolument vrai qu’Anne Karenine a commis un suicide) qui nous manquent dans la vie réelle (il est simplement probable que Napoléon soit mort le 5 mai 1821, et de nouveaux documents pourraient après tout nous prouver qu’il n’est pas mort ce jour-là). La vérité absolue, c’est la vérité romanesque : le pape et le dalaï-lama peuvent discuter longtemps pour savoir si Jésus-Christ était vraiment le fils de Dieu, mais tous les deux doivent agréer que Superman était Clark Kent – et il le sera à jamais. » 

J’adore !! Pour aller dans le sens de ce que dit Umberto Eco, je me remémore une situation habituelle pour moi et que j’affectionne tant :

Ce soir je décide de me lancer : je vais jouer en public un tour que je viens d’inventer. J’aime prendre ce genre de risque pour voir au plus vite si l’impact de mon nouveau « hit » sera à la hauteur de mes espérances ! La mayonnaise va-t-elle prendre ou pas ?

Ça y est, je suis sur scène. C’est le bonheur, je sens le public frémir. Je le transporte dans mon univers, un univers de fou, encore une fois… Je le sens partir avec moi, je vois que je ne me suis pas planté, je suis heureux. J’entends tous ces petits cris, ces rires, toutes ces petites réactions que j’avais prévues dans mon scenario et… qui sont bien là ! Et puis bien sûr aussi toutes les réactions que je n’avais pas prévues et qui me mettent en joie ! Je prends deux secondes pour analyser cette situation aussi folle qu’envoûtante : juste un paquet de cartes qui vient de faire hurler mon voisin de droite, provoquer un rire nerveux très sonore au centre de la salle et pétrifier tous les autres !  Ceux-là ont réussi à ne pas « craquer » comme les deux premiers, mais ils ont succombé autrement… Tout ce qu’on vient de vivre n’est pourtant pas vrai du tout et rien ne peut réellement justifier l’ambiance de feu qui règne ici… C’est étrange si on réfléchit : tous viennent de vivre des effets réels et d’avoir des réactions plus que réelles et pourtant… tout était faux ! Alors qu’est-ce qui est vrai ou faux ? Je viens d’imprimer dans la mémoire de mon public des faits réels/faux/mais vrais ! Que va-t-il rester dans les mémoires de ces personnes dans quelques heures, semaines, années ? : une expérience réelle comme n’importe quel autre acte de la vie de tous les jours. Je viens donc de changer le réel et de transformer en partie la réalité par de nouvelles données… et le fait d’avoir construit cet imaginaire nouveau permettra à mes contemporains de construire et d’imaginer à leur tour des choses nouvelles ! J’ai donc le sentiment de contribuer à ouvrir l’esprit de mon public, , alors je suis heureux de vivre car c’était mon but dans la vie : faire rêver l’autre pour rêver mieux moi-même !

L’interview d’Umberto Eco continue :

« Et Avez-vous un conseil à nous donner pour affronter l’époque ?

-          Je crois qu’il faut pratiquer, comme disait Gramsci, le pessimisme de la raison et l’optimisme de la volonté. »

Waouh ! Les mots parfaits pour décrire ce que je poursuis jour après jour, nuit après nuit. Oui, une quête de chaque instant, car une fois par jour ne suffit pas pour se sentir heureux dans notre vie pleine d’embûches en tous genres ! Optimiste en toutes circonstances. J’aime cela !


mar 15 2015

Jouer la comédie

Comme je le rappelle sans cesse, le fait de jouer la comédie lorsque nous présentons un tour de magie est essentiel : ce n’est pas qu’un « petit plus » qui améliore vos effets, c’est la véritable condition pour que votre prestation soit considérée comme un art et non juste comme une succession de « trucs énervants ». Il faut absolument laisser de côté l’aspect « prestidigitation » pure, pour jouer des sketches à base de magie. Pour faire grandir notre magie, nous nous devons de jouer la comédie. Bien sûr cela ne veut pas dire obligatoirement qu’il faille faire le clown : jouer la comédie, c’est incarner un personnage de fiction qui peut être drôle, fou, triste, intrigant… Peu importe ! Il faut juste savoir habiter votre personnage avec sincérité. D’où un travail sur soi-Alexandra-et-Dominique-Duviviermême très important, qui consiste déjà à savoir ce que nous sommes capables de jouer, avec plus ou moins de travail. Si par exemple, on s’aperçoit qu’on n’est pas fait pour faire rire, il est salutaire de choisir un autre axe de comédie. De la même manière, se donner des impressions de grand marabout sera forcément perçu comme ridicule si son charisme est inexistant. Sans oublier l’importance de votre physique, comme de votre âge : il y a certains personnages qu’on ne peut pas jouer si on est trop jeune et inversement. Pour tester toutes ces limites, rien de tel que l’expérience concrète et intense avec un public lambda (pas avec vos proches) : c’est à force de se frotter avec la réalité que, petit à petit, nos orientations se dessinent et qu’on peut entrevoir ce que l’on est le plus à même de faire vivre. Un exercice de base consiste par exemple à essayer d’interpréter pendant quelques secondes un petit rôle, histoire d’étudier sa crédibilité : si vous êtes pris au sérieux, c’est bon signe !

Par ailleurs, pour crédibiliser vos personnages, n’hésitez pas par exemple à prendre des cours de théâtre ou, tout simplement, à ingurgiter des films qui vous bouleversent assez pour reproduire, à votre manière, les jeux d’acteur qui vous ont profondément ému en les visionnant. Votre sincérité, garante de la qualité de votre jeu de comédie, naît d’abord de votre capacité à être vous-même sincèrement « pris aux tripes » par telle ou telle prestation artistique ou situation de la vie…

Dernier petit conseil : essayez justement de vous faire conseiller par des gens objectifs qui ne seront pas tentés de dire que votre prestation est bonne pour être débarrassés du fardeau d’avoir à dire que vous êtes nul ! Oui ! Trouvez ces personnes rares et indispensables, et ayez le courage de les écouter. Attention, n’oubliez pas de prendre en compte le fait qu’il faut choisir des juges qui ont une certaine expérience du public, sinon, même objectifs, leurs conseils seront caducs.

Bon courage… mais le jeu en vaut la chandelle !


mar 08 2015

Podcast « Et si c’était vrai ? » : émission n°21

Dominique-DuvivierChers amis,

Voici maintenant la 21ème émission de mon podcast, enregistrée en octobre 2013 avec Lionel dit « Le Marquis » et moi-même.

Installez-vous comme d’habitude, confortablement.

Bonne écoute

Pour écouter le podcast sur Itunes, cliquez ici !

Sinon, cliquez ci-dessous sur la barre d’écoute…

Dominique Duvivier

PS : Je vous rappelle que vous pouvez vous abonner au podcast directement par son RSS mais également sur iTunes : les personnes possédant des iPhones, iPod ou iPad peuvent donc s’abonner directement (et gratuitement) sur la plateforme d’Apple et disposeront ainsi automatiquement des prochains numéros.


mar 02 2015

Savoir tirer profit de ses faiblesses

Il se trouve que j’ai beaucoup de mal à me souvenir des prénoms des personnes que je ne connais pas personnellement. Fréquemment on me dit un prénom, je devrais m’en souvenir car les gens sont très sensibles à ces détails… mais je n’y arrive pas. Il faut que j’entende plusieurs semaines un prénom pour qu’il commence à s’imprimer en moi. En tant que magicien de close up, pour qui l’interactivité compte plus que tout, il faut dire que ce trait de mon caractère n’est pas mon meilleur atout ! Mais, comme je pars du principe qu’il ne faut jamais subir bêtement les choses, j’ai imaginé quelques parades intéressantes, dont une que je vais vous confier aujourd’hui. L’idée en question Dominique  Duvivierm’est venue quand j’ai mis en scène mon sketch des Salières en hommage à Albert Goshman. Il se trouve que ce sketch requiert la présence et la participation active de deux spectatrices respectivement à gauche et à droite du magicien et que celui-ci ne cesse de s’adresser à elles par leur prénom. Peine perdue pour moi me suis-je dit ! Alors m’est venue l’idée machiavélique d’inventer une histoire dans l’histoire. Vous allez comprendre… J’ai choisi avec soin deux prénoms qui allaient pouvoir d’une part s’imposer facilement à ma mémoire et d’autre part bien « sonner » à l’oreille du public dans le cadre de mon hommage à un grand magicien américain disparu. J’ai décortiqué les us et coutumes des anglo-saxons et mon choix s’est arrêté sur Kate et Cindy, prénoms ô combien courants. Puis j’ai fait en sorte de crédibiliser ces prénoms au sein de mon scénario. J’ai choisi une vidéo dans ma collection d’archives sur Albert Goshman et j’ai prévu de l’inclure dans mon sketch : quand j’arrive sur scène puis que je raconte qu’il va s’agir d’un hommage à ce magicien qui a tellement compté pour moi, on voit la vidéo passer sur l’écran au-dessus de ma tête. Je fais alors comprendre qu’il s’agit d’une soirée particulièrement mémorable, que je souhaite faire revivre l’espace d’un moment. Or, dans cette soirée, les deux charmantes spectatrices qui entouraient Goshman s’appelaient Kate et Cindy. Là, les deux prénoms apparaissent sur la vidéo et je demande dans la foulée à deux spectatrices que j’ai placées à ma droite et à ma gauche, si elles sont partantes pour jouer leur rôle « en live ». Et le tour est joué : mes deux spectatrices sont ravies d’incarner un rôle et donc de changer de prénom le temps de ma prestation, et moi je n’ai pas à retenir leurs vrais prénoms ! C’est ainsi que, d’une grosse faiblesse de ma part, j’en ai créé une force, particulièrement performante pour mon spectacle. Que du bonheur ! A partir d’un problème qui paraissait insoluble, j’ai imaginé une idée qui n’a fait que renforcer ma mise en scène. Ce qui est le plus drôle c’est que, depuis que j’utilise ce « stratagème », un grand nombre de mes spectatrices continuent de se surnommer elles-mêmes Kate et Cindy, bien après le spectacle… car elles ont le sentiment (tout comme leur entourage) d’avoir participé à un événement inoubliable. Incroyable, non ? Quand on connaît la genèse de la chose, je trouve cela amusant… Cela me fait penser au film « Fargo » des frères Cohen qui n’ont pas hésité à dire que l’histoire était vraie, juste pour crédibiliser leur fait divers inventé. Génial, non ? N’oubliez jamais : que ce soit dans un spectacle ou dans une prestation de close up de table en table, VOUS êtes le seul maître à bord : vous êtes libre d’inventer ce qu’il faut pour faire voyager votre public et lui faire vivre… la magie !


fév 19 2015

Alexandra et Dominique Duvivier au JT sur France 2

Avec un peu d’avance, pour que vous en profitiez dès maintenant !

 


fév 15 2015

Coplan prend des risques

Coplan prend des risques est un film de Maurice Labro, sorti en 1964, avec Dominique Paturel, Virna Lisi et Jacques Ballutin dans les rôles principaux.
Voici le synopsis qu’on trouve à peu près partout :
Dans une usine travaillant pour la Défense Nationale, un employé a volé un prototype avec la complicité d’une danoise, déjà connue des services secrets. Chargé de l’enquête, Coplan en fait une affaire personnelle et après bien des péripéties, il finira par démanteler le réseau d’espionnage.
Avec ce film, nous avons une nouvelle rubrique qui s’offre à nous : les nanars absolus ! Les incontournables du genre ! Les films qu’il faut connaître, voir, repérer pour d’autres raisons, selon d’autres critères… Car, si on aime le cinéma, on se doit d’apprécier AUSSI les films ratés. Et là, il faut dire que nous avons affaire à un ratage intersidéral, à un film-de-série-ultra-Z-Z !
Les affiches donnent envie n’est-ce pas ?

coplan_prend_des_risques01  Coplan prend des risques

Pour commencer, l’intrigue vécue en direct pendant le film n’a rien à voir avec ce qu’en dit le synopsis. Je vous assure ! Il faut la vivre pour le croire… Et puis les cascades, le jeu des acteurs et… le nombre de cigarettes fumées pendant ce film relèvent de la prouesse. Ha ha ha. Impossible de les compter tellement tout le monde fume tout le temps. C’est à croire qu’ils fument tous pour combler le vide abyssal de… tout : texte, histoire, réalisation… C’est assez incroyable d’imaginer ces pauvres acteurs et actrices qui se sont retrouvés à tourner une daube pareille. Dominique Paturel, qui joue l’intrépide Coplan, a dû être pressenti un temps pour devenir notre « Bond, James Bond » à nous ! Pas besoin de vous dire comment la suite s’est déroulée pour lui , vu que personne ne le connaît plus, à part ses proches évidemment ! Mais ne pensez pas que le film est juste démodé. En l’occurrence, ce n’est pas parce que le film date des années soixante qu’il faut être indulgent. Dans les mêmes années quantité de chefs d’œuvres parsèment nos mémoires… Non, il s’agit juste d’un mauvais film qu’il est intéressant de découvrir, ne serait-ce que pour savoir ce qu’il ne faut pas reproduire ! Blague mise à part, c’est toujours très instructif de rappeler à quel point il est facile de se tromper. Entre choisir le bon ou le mauvais chemin, la frontière est vite passée. Et n’oublions jamais que nous sommes toujours le con de quelqu’un ! Créer, innover, proposer une approche différente, c’est bien, mais c’est un risque à assumer : le risque que votre œuvre soit un nanar ou… un coup de génie ! On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs… Et un film comme « Coplan prend des risques » nous aide à ne pas perdre de vue cette humilité salvatrice : on n’est jamais à l’abri d’un bon petit navet bien compromettant…
Mais au-delà de ces considérations, l’intérêt ultime du film réside ailleurs selon moi. Au lieu de vous laisser aller à zapper les scènes une à une tant le ridicule est présent à chaque image, essayez autre chose : plongez-vous y corps et âme. Oubliez votre regard amusé et tentez de vous abandonner dans le film en quelque sorte. Puis puisez en vous ce qu’il évoque, ce qu’il provoque ?! Si vous tentez l’expérience avec sérieux et détermination, vous pourrez alors ressentir autre chose que ce que vous imaginiez et une autre voie s’ouvrira à vous : une autre forme de plaisir, un instant de liberté, un espace où tout devient possible. Vous êtes libéré de vos connaissances, de vos attentes et de vos buts habituels. Vous êtes ouvert à… autre chose, tout simplement !

A tenter, non ?


fév 08 2015

MAGIPHAGEUH N°44 : LA PERFECTION

Je dis toujours : la perfection, c’est gérer ses imperfections.

L’être humain n’est pas parfait, loin s’en faut. MAIS (heureusement que nous avons ce « mais »), nous avons la possibilité de gérer nos imperfections, ce qui nous permet d’approcher une forme de perfection… d’où le titre de ce magiphageuh !

Mains Dominique DuvivierMais comment gérer ces fameuses imperfections multiples et variées ? Eh bien, en croyant déjà qu’on peut y arriver, au moins en partie. Principe simple mais efficace pour démarrer cet intéressant débat avec moi seul (ha ha ha). Je plaisante pour apporter un ton léger à  ce sujet si crucial…

Pour ce qui concerne le domaine particulier de la magie, dans les débuts, on a tous tendance à faire un tour pour la première fois de sa vie et à se demander pourquoi on n’obtient pas d’impact génial avec… On ne sait pas encore que c’est en maîtrisant, comme une seconde nature, chaque geste, chaque mouvement, chaque étape de la mise en scène, du texte, des techniques des tours, que nous serons à même de pouvoir briguer ce challenge plus sereinement ! La perfection se travaille étape par étape. Il faut par exemple d’abord commencer par un seul petit tour qui utilise peu de gestes ou de techniques difficiles, le travailler et le présenter tant et tant de fois devant un vrai public qu’alors nous toucherons du doigt cette forme de perfection que nous recherchons. A force de peaufiner notre tour, chaque mot, chaque silence, chaque geste ne font plus qu’un : ils sont mêlés comme une sauce bien prise ! Impossible de savoir « qui est qui » dans la sauce, si je puis dire ! Voilà la recette d’un tour réussi à la perfection… Mon propos du jour n’est pas de développer tout ce qu’il faut pour réussir une prestation complète, mais je pense que ces ingrédients de base pourront maintenant vous laisser dans de bonnes conditions psychologiques pour affronter la perfection qui devient, j’espère, désormais plus palpable !


fév 01 2015

Un malentendu tenace

La magie souffre d’un grand malentendu. Un malentendu car depuis toujours elle est perçue comme l’art de berner son prochain, comme le terrain favori des bateleurs et des détrousseurs de tout poil immortalisés par Jerome Bosch.      Jerome Bosch             

Et puis, sinon, il y a l’autre magie, un art pur qui propose de s’évader de la grisaille quotidienne. Cette magie qui nous permet d’envisager la vie d’une façon plus douce…

La prestidigitation victime elle aussi d’un mauvais tour en quelque sorte…

Quand on voit qu’à la télé le seul intérêt que l’on semble trouver à un tour de magie, c’est : « Comment ça marche ? », on comprend que beaucoup de chemin reste à parcourir… La magie n’y est pas considérée comme un art à part entière, elle est réduite à un simple « truc »… Mais berner, ce n’est qu’un effet spécial de cinéma en direct live !

Résistons et montrons que notre art consiste à montrer que le recours aux effets spéciaux magiques n’est qu’un outil pour l’histoire que nous racontons. Voilà notre défi !


jan 25 2015

Podcast « Et si c’était vrai ? » : émission n°20

Dominique-DuvivierChers amis,

Voici maintenant la 20ème émission de mon podcast, enregistrée en octobre 2013 avec Lionel dit « Le Marquis » et moi-même.

Installez-vous comme d’habitude, confortablement.

Bonne écoute

Pour écouter le podcast sur Itunes, cliquez ici !

Sinon, cliquez ci-dessous sur la barre d’écoute…

Dominique Duvivier

PS : Je vous rappelle que vous pouvez vous abonner au podcast directement par son RSS mais également sur iTunes : les personnes possédant des iPhones, iPod ou iPad peuvent donc s’abonner directement (et gratuitement) sur la plateforme d’Apple et disposeront ainsi automatiquement des prochains numéros.


jan 19 2015

TOUT EST DANS LA MISE EN SCENE

Après avoir mis au point le synopsis d’un nouveau spectacle, j’aime beaucoup travailler sur les ingrédients qui vont véritablement construire l’histoire racontée dans ce nouveau spectacle. C’est Edgar P. Jacobs, auteur de la fameuse série des aventures de Blake et Mortimer et qui se trouve être un de mes mentors, qui m’a vraiment donné l’envie d’explorer cette piste de travail. En effet, grâce à lui, j’ai compris que je pouvais me laisser aller à mes premières envies, qui ont toujours été de travailler de l’intérieur le personnage, les textes, les images que je tente de donner pour étayer mes narrations. Jean-Jacques Annaud, que j’admire également au plus haut point, m’a permis quant à lui de ne pas avoir trop peur d’être un maniaque congénital… car lui l’est encore plus que moi (rires). Si je vous parle d’eux à travers mon souci de travailler en profondeur mes spectacles, c’est que ces deux personnages m’ont grandement influencé. Sans eux je ne serais pas en train de vous parler de ces thèmes, c’est certain. Et, à mon petit niveau, je crois procéder un peu de la même manière qu’eux pour élaborer une histoire, un spectacle.

Selon mon expérience, les ressorts dramatiques ne peuvent s’obtenir autrement. Pour l’histoire de mon spectacle, il me faut trouver toute la crédibilité qui me permettra plus tard de jouer efficacement le rôle que j’ai écrit. Le tour n’est qu’une étape. Le texte, une autre étape. La mise en scène est le lien entre les deux. Une fois ces trois points acquis, autant que faire se peut, je passe à la recherche des accessoires qui vont entrer en jeu : la pièce de monnaie rare, la petite bourse qui évoque un point précis… Si je parle par exemple dans mon spectacle d’une pièce unique au monde, je vais rechercher cette pièce des mois s’il le faut. Si elle existe, je vais me la procurer à grands frais et me mettrai en quête du bon maroquinier pour faire fabriquer la bourse qu’il faut pour aller avec, sans oublier de faire « vieillir » cette dernière, si besoin est.

Dominique DuvivierPour résumer, je vais passer un temps infini à trouver tout ce qu’il faut de « vérité » pour assurer la crédibilité de mon histoire future. Je crois qu’il faut toujours « raconter vrai » le plus possible pour emmener le public aux confins de mes idées farfelues. Plus je serai proche de la réalité dans la fiction que je vais raconter et plus je serai libre plus tard pour raconter cette histoire. Une fois réalisé tout cet exercice de recherche et de fabrication, je commence à mieux « tenir » le bon bout de la comédie que je vais pouvoir jouer. Si mon histoire consiste à rendre hommage à un auteur par exemple, je vais autant que possible me renseigner sur son compte : je vais chercher toute une foule de détails qui vont nourrir ma narration, me permettre de rendre sa présence palpable, de le faire revivre ! Si mon histoire est complètement inédite, je vais faire également des recherches poussées dans le cadre que je viens d’imaginer pour agrémenter de détails réels mon histoire de fiction.

J’avoue être assez « goulu » de ces préparations pourtant rebutantes pour la plupart des gens. J’aime ces situations un peu folles où je peux aussi bien me retrouver à faire des photos totalement insolites, que toucher différentes étoffes qui serviront ou non aux suites que j’ai décidées… Les fournisseurs qui croisent mon chemin me prennent pour un vrai fêlé… et je les comprends !

Tout a son importance et me permettra, quand j’en serai au moment de me « lancer » sur scène, de me sentir bien dans mes habits, comme dans l’ensemble de la mise en scène que j’ai écrite très précisément. On pourrait penser que ces choses ne contribuent pas au côté dramatique de mon écriture, pourtant tout est pensé dans les moindres détails. J’aime pouvoir me sentir totalement « chez moi » dans le spectacle que je vais jouer.

Enrichi de tous ces travaux parallèles, je commence alors à jouer devant une caméra, installée à demeure dans mon bureau. Je m’enregistre et j’étudie le personnage que je vois à l’image comme si ce n’était pas moi. Je regarde comment il se comporte avec son texte, son tour… comment il bouge, comment il se tait, comment il parle… ses intonations, ses tics… J’oublie d’ailleurs totalement qu’il s’agit de moi… Je vois quelqu’un qui me ressemble,  mais défend des choses que je ne suis plus vraiment. J’aime le voir se comporter ainsi du reste. Si je le sens trop « moi », je vais chercher à mettre en lui des petits trucs particuliers pour  qu’il soit plus ceci ou moins cela. Il faut que je lui trouve des nouveaux ressorts pour qu’il me surprenne. Il devra avoir des comportements différents qui me permettront de lui créer de nouvelles possibilités de misdirection, ou autres ! Bref, je le façonne, comme un véritable metteur en scène que je deviens pour moi-même en l’occurrence. Ensuite je dors quelques jours sur cette interprétation, puis je reprends la lecture de la vidéo. Je regarde si le personnage est devenu ce que j’ai « rêvé » pour lui. Et puis je recommence : je m’enregistre à nouveau en jouant ce que je crois qu’il doit jouer. J’attends deux jours et ainsi de suite… J’avance à petits pas sur ce que va devenir le personnage que j’incarnerai définitivement.

Quand je suis arrivé à « croire » que j’y suis, je vais jouer devant quelques proches l’ensemble de mon spectacle pour me rendre compte si je me suis fourvoyé en partie, complètement ou pas du tout. En fonction des réactions, je vais retravailler telle ou telle ambiance. J’ajoute un mot par ci, un regard par là. Un geste, un silence… Par exemple dans mon spectacle « Intimiste 2 », j’avais pris le parti de lire l’hommage que je souhaitais rendre à Albert Goshman et non de le dire : le fait de prendre mon carnet me donnait un ton différent qui contribuait à la force dramatique du texte lu.

Vous l’aurez compris : mes spectacles reposent sur des éléments magiques certes, mais SURTOUT sur une recherche plus qu’approfondie sur la mise en scène, le scénario, le jeu d’acteur… A mes yeux, ce n’est que de cette manière que la magie peut prendre toute sa valeur et qu’elle peut devenir un Art à part entière.