juin 01 2012

Bienvenue sur mon blog !

Je serai au Double Fond en duo avec ma fille Alexandra dans notre spectacle « De très près » les 6/03 et 20/03. Mais aussi, toujours au Double Fond, dans notre nouveau spectacle « Ce Soir, J’Ouvre La Boîte » les 30/01, 6/02, 13/02, 13/03 et 27/03.

Ce blog est né de la passion que j’éprouve pour la magie et de la passion que j’ai de communiquer avec ceux qui aiment la prestidigitation comme je laDominique Duvivier par Harcourt respire moi-même.
Que mes ennemis aillent voir ailleurs…
Que mes amis virtuels ou réels viennent à moi comme j’ai envie d’aller vers eux.

J’aime passionnément mon métier qu’est la magie mais mon hobby c’est aussi la magie… Deux passions en une, le pied quoi !

Chaque lundi matin un nouveau texte de mon cru sera édité ci-dessous et ce sera notre point de départ pour discuter, raisonner, imaginer ensemble des nouvelles pistes de recherches…
Il y aura tantôt des pistes de travail, tantôt des histoires qui m’inspirent etc. Plein de directions pour avancer ensemble quoi !
Elle est pas belle la vie ?
Pourquoi avons-nous tant de chance ?

A bientôt

Amitiés

Dominique DUVIVIER


jan 25 2015

Podcast « Et si c’était vrai ? » : émission n°20

Dominique-DuvivierChers amis,

Voici maintenant la 20ème émission de mon podcast, enregistrée en octobre 2013 avec Lionel dit « Le Marquis » et moi-même.

Installez-vous comme d’habitude, confortablement.

Bonne écoute

Pour écouter le podcast sur Itunes, cliquez ici !

Sinon, cliquez ci-dessous sur la barre d’écoute…

Dominique Duvivier

PS : Je vous rappelle que vous pouvez vous abonner au podcast directement par son RSS mais également sur iTunes : les personnes possédant des iPhones, iPod ou iPad peuvent donc s’abonner directement (et gratuitement) sur la plateforme d’Apple et disposeront ainsi automatiquement des prochains numéros.

jan 19 2015

TOUT EST DANS LA MISE EN SCENE

Après avoir mis au point le synopsis d’un nouveau spectacle, j’aime beaucoup travailler sur les ingrédients qui vont véritablement construire l’histoire racontée dans ce nouveau spectacle. C’est Edgar P. Jacobs, auteur de la fameuse série des aventures de Blake et Mortimer et qui se trouve être un de mes mentors, qui m’a vraiment donné l’envie d’explorer cette piste de travail. En effet, grâce à lui, j’ai compris que je pouvais me laisser aller à mes premières envies, qui ont toujours été de travailler de l’intérieur le personnage, les textes, les images que je tente de donner pour étayer mes narrations. Jean-Jacques Annaud, que j’admire également au plus haut point, m’a permis quant à lui de ne pas avoir trop peur d’être un maniaque congénital… car lui l’est encore plus que moi (rires). Si je vous parle d’eux à travers mon souci de travailler en profondeur mes spectacles, c’est que ces deux personnages m’ont grandement influencé. Sans eux je ne serais pas en train de vous parler de ces thèmes, c’est certain. Et, à mon petit niveau, je crois procéder un peu de la même manière qu’eux pour élaborer une histoire, un spectacle.

Selon mon expérience, les ressorts dramatiques ne peuvent s’obtenir autrement. Pour l’histoire de mon spectacle, il me faut trouver toute la crédibilité qui me permettra plus tard de jouer efficacement le rôle que j’ai écrit. Le tour n’est qu’une étape. Le texte, une autre étape. La mise en scène est le lien entre les deux. Une fois ces trois points acquis, autant que faire se peut, je passe à la recherche des accessoires qui vont entrer en jeu : la pièce de monnaie rare, la petite bourse qui évoque un point précis… Si je parle par exemple dans mon spectacle d’une pièce unique au monde, je vais rechercher cette pièce des mois s’il le faut. Si elle existe, je vais me la procurer à grands frais et me mettrai en quête du bon maroquinier pour faire fabriquer la bourse qu’il faut pour aller avec, sans oublier de faire « vieillir » cette dernière, si besoin est.

Dominique DuvivierPour résumer, je vais passer un temps infini à trouver tout ce qu’il faut de « vérité » pour assurer la crédibilité de mon histoire future. Je crois qu’il faut toujours « raconter vrai » le plus possible pour emmener le public aux confins de mes idées farfelues. Plus je serai proche de la réalité dans la fiction que je vais raconter et plus je serai libre plus tard pour raconter cette histoire. Une fois réalisé tout cet exercice de recherche et de fabrication, je commence à mieux « tenir » le bon bout de la comédie que je vais pouvoir jouer. Si mon histoire consiste à rendre hommage à un auteur par exemple, je vais autant que possible me renseigner sur son compte : je vais chercher toute une foule de détails qui vont nourrir ma narration, me permettre de rendre sa présence palpable, de le faire revivre ! Si mon histoire est complètement inédite, je vais faire également des recherches poussées dans le cadre que je viens d’imaginer pour agrémenter de détails réels mon histoire de fiction.

J’avoue être assez « goulu » de ces préparations pourtant rebutantes pour la plupart des gens. J’aime ces situations un peu folles où je peux aussi bien me retrouver à faire des photos totalement insolites, que toucher différentes étoffes qui serviront ou non aux suites que j’ai décidées… Les fournisseurs qui croisent mon chemin me prennent pour un vrai fêlé… et je les comprends !

Tout a son importance et me permettra, quand j’en serai au moment de me « lancer » sur scène, de me sentir bien dans mes habits, comme dans l’ensemble de la mise en scène que j’ai écrite très précisément. On pourrait penser que ces choses ne contribuent pas au côté dramatique de mon écriture, pourtant tout est pensé dans les moindres détails. J’aime pouvoir me sentir totalement « chez moi » dans le spectacle que je vais jouer.

Enrichi de tous ces travaux parallèles, je commence alors à jouer devant une caméra, installée à demeure dans mon bureau. Je m’enregistre et j’étudie le personnage que je vois à l’image comme si ce n’était pas moi. Je regarde comment il se comporte avec son texte, son tour… comment il bouge, comment il se tait, comment il parle… ses intonations, ses tics… J’oublie d’ailleurs totalement qu’il s’agit de moi… Je vois quelqu’un qui me ressemble,  mais défend des choses que je ne suis plus vraiment. J’aime le voir se comporter ainsi du reste. Si je le sens trop « moi », je vais chercher à mettre en lui des petits trucs particuliers pour  qu’il soit plus ceci ou moins cela. Il faut que je lui trouve des nouveaux ressorts pour qu’il me surprenne. Il devra avoir des comportements différents qui me permettront de lui créer de nouvelles possibilités de misdirection, ou autres ! Bref, je le façonne, comme un véritable metteur en scène que je deviens pour moi-même en l’occurrence. Ensuite je dors quelques jours sur cette interprétation, puis je reprends la lecture de la vidéo. Je regarde si le personnage est devenu ce que j’ai « rêvé » pour lui. Et puis je recommence : je m’enregistre à nouveau en jouant ce que je crois qu’il doit jouer. J’attends deux jours et ainsi de suite… J’avance à petits pas sur ce que va devenir le personnage que j’incarnerai définitivement.

Quand je suis arrivé à « croire » que j’y suis, je vais jouer devant quelques proches l’ensemble de mon spectacle pour me rendre compte si je me suis fourvoyé en partie, complètement ou pas du tout. En fonction des réactions, je vais retravailler telle ou telle ambiance. J’ajoute un mot par ci, un regard par là. Un geste, un silence… Par exemple dans mon spectacle « Intimiste 2 », j’avais pris le parti de lire l’hommage que je souhaitais rendre à Albert Goshman et non de le dire : le fait de prendre mon carnet me donnait un ton différent qui contribuait à la force dramatique du texte lu.

Vous l’aurez compris : mes spectacles reposent sur des éléments magiques certes, mais SURTOUT sur une recherche plus qu’approfondie sur la mise en scène, le scénario, le jeu d’acteur… A mes yeux, ce n’est que de cette manière que la magie peut prendre toute sa valeur et qu’elle peut devenir un Art à part entière.

jan 11 2015

Vive la liberté

La veille du drame survenu dans les locaux de Charlie Hebdo, j’ai lu le passage qui suit dans le dernier numéro de SOFILM, un de mes magazines fétiches (un magazine de cinéma avec un esprit que j’aime bien).

Vous verrez comme le concept a une résonnance spéciale en ces circonstances :

Il s’agit d’un avocat célèbre (Pascal Garbarini, avocat notamment de François Santoni et d’Yvan Colonna) qui évoque des figures d’avocats dans le cinéma. Il parle du film « Rive droite, rive gauche » de Philippe Labro avec Gérard Depardieu et Nathalie Baye. Il dit :

« La figure de l’avocat y est très intéressante. Depardieu trahit son serment d’avocat, puisqu’il dénonce son client, joué par Bernard Fresson. Je crois qu’il dit « Ce n’est pas parce que vous défendez un salaud que vous êtes un salaud », et il balance Fresson. L’opinion publique aime cette image positive du mec qui ne défend pas les salauds. Mais moi, en tant qu’avocat, je dis : qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Il a prêté serment, on ne lui demande pas de juger, on lui demande de défendre ! C’est honteux. L’avocat est un pivot de la démocratie. Tous les dictateurs ont supprimé les avocats. Parce que le métier d’avocat, même si je ne veux pas le magnifier, c’est le pouvoir de dire non. Quand tout le monde dit oui, c’est la personne qui se lève et dit non. La phrase que je préfère dans ce métier, c’est : « Maître, vous avez la parole. ». Tout a été dit, ils ont accusé de partout, et dorénavant : la parole est à la défense. Et là, vous vous levez. Et personne n’a le droit de vous couper la parole, quoi que vous disiez. Et c’est vous qui parlez en dernier. C’est exceptionnel. »

Sauvons notre chance.

nous-sommes-charlie

 

jan 04 2015

Mes voeux les plus magiques pour 2015

La vraie magie, c’est la magie du cœur. Et nous, au Double fond, c’est le cœur que nous bichonnons !

Chaque année on ne peut imaginer plus de bonheur grâce à vous et pourtant, regardez cette image, on semble tous encore plus heureux, vous comme nous !

Pour tout cela merci du fond du cœur…

Nous vous souhaitons une merveilleuse année 2015.

 

Toute la troupe du Double Fond au grand complet

Alexandra et Dominique Duvivier, Marie-Christine, Sophie, Adeline, Philippe, Quoc-Tien, David, Cédric, Sandrine, Nicole, Jean-Pierre, Marie-Alice, Julia, Sarah, Antoine et Mathilda

 

Et ça, c’est vous ! (et aussi un peu nous) :

Voeux-2015

L’année 2014 nous a comblés de joie.

Vous avez été encore plus nombreux à venir nous rendre visite. Pour Noël et le Jour de l’An, notamment, nous avons refusé 300 personnes, un record ! A l’heure du « tout numérique », vous êtes décidément plus que jamais amoureux des petits lieux comme le nôtre où l’humain est au cœur de tout ! On rit, on boit, on mange, on rêve, on est ensemble et ça fait du bien…

Le Double Fond a reçu le label du «Mouvement pour le Commerce Créatif», destiné à soutenir et développer les commerces innovants : https://www.youtube.com/watch?v=PdKxDcWQZzg

Le nouveau spectacle d’Alexandra et Dominique Duvivier « Ce Soir, J’Ouvre La Boîte » a remporté un succès phénoménal ! Télérama lui donné immédiatement  sa note maximale (les 3 T) : http://www.dominiqueduvivier.com/2014/11/03/ce-soir-jouvre-la-boite-3-ttt-dans-telerama/

Avez-vous vu l’édito du Point consacré à nos magiciens père et fille ? http://www.dominiqueduvivier.com/2014/11/17/dans-le-point-cette-semaine/

Et, pour ceux qui l’auraient manqué, voici un extrait d’un reportage Canal + sur Jacques Attali dans lequel Alexandra et Dominique sont à l’honneur : https://www.youtube.com/watch?v=iylnzSkHi4U

Si ce n’est pas déjà fait, n’oubliez pas de rejoindre nos 1500 fans sur Facebook : https://www.facebook.com/ledoublefond

Au fait, avez-vous vu notre nouveau site : www.doublefond.com ?

déc 28 2014

Quelques citations pour finir l’année en beauté

On dit souvent que lorsqu’on n’a rien à dire on dit un proverbe chinois… Moi je pense que tous les proverbes peuvent servir, même les chinois, et encore plus les taoïstes !!! La preuve :

« Accepte d’être modelé par la situation quand elle diffère de ce que tu avais prévu. Ainsi, tu atteindras ton but malgré tout. » Proverbe taoïste

 

J’aime bien aussi celle-ci que j’ai pêchée dans le film « Avis de mistral », le dernier film de Rose Bosch :

« Quand on réussit quelque chose, on ne se fait pas que des amis.

On se met à dos ceux qui voulaient faire la même chose,

Ceux qui voulaient faire l’inverse

Et surtout ceux qui ne font rien ! »

Une idée pas nouvelle mais toujours d’actualité, rafraîchissante de surcroît pour ceux qui ne comprendraient pas ce qui se passe quand ils font un truc et que tout le monde leur tombe dessus ! Alors, ne vous formalisez plus et continuez d’agir ! Depuis que le monde est monde les choses tournent ainsi…

 

Et Adeline est tombée sur la citation qui suit. Ayant voulu la partager avec tous ceux qu’elle aime, je me suis dit que vous aussi, vous auriez envie de faire partie de la fête :

« N’attends pas que les choses arrivent comme tu le souhaites.

Décide de vouloir ce qui arrive et tu seras heureux. »

Voilà un beau résumé de ce que j’essaie de dire dans ce blog, de plein de manières différentes. Battons-nous encore et toujours pour construire nos rêves ! Battons-nous pour devenir meilleurs ! Il n’y aucune fatalité. Il n’est JAMAIS trop tard. Battons-nous avec cette hargne qui doit caractériser tout être humain qui veut se sortir de l’ornière dans laquelle il se trouve à ses débuts !

déc 21 2014

Comment trouver l’équilibre ?

Dominique-DuvivierDès lors qu’on souhaite mettre au point un bon spectacle de magie, ou un simple tour, ou un numéro, un problème inévitable se pose : comment trouver le juste équilibre entre chaque élément. C’est l’une des questions les plus récurrentes qui s’est posée dans mes recherches. On part toujours d’un point précis (un effet, une réplique, un mouvement, une situation, un tour que l’on affectionne…). Puis on doit ajouter toutes les composantes nécessaires à une bonne prestation (texte, scénario, enchaînements…) et là, le vrai travail commence. On se retrouve toujours devant la même gageure : comment trouver la bonne alchimie ? Comment développer l’ensemble de façon équilibrée ? Comment savoir si on ne privilégie pas trop tel ou tel aspect (mots, mise en scène par exemple…) au détriment d’autres (tours, effets…) ? Eh bien, à force de m’être creusé la tête dans le sens de ces questions qui m’ont laissé si souvent perplexe, je peux vous donner un conseil finalement simple : n’oubliez jamais qu’un tour de magie ou un spectacle entier, c’est d’abord une façon de raconter une histoire. Ni plus ni moins. La magie doit rester un moyen et il ne faut jamais s’éloigner de votre but : raconter votre histoire. Ce n’est pas la magie en elle-même qui fera rêver, rire ou pleurer votre public, c’est la façon dont vous allez la raconter. Et c’est souvent ici que le problème survient ! Nous sommes souvent si pressés d’impressionner notre public avec nos mouvements et nos effets magiques (l’ego peut-être ?), que nous en oublions le reste, qui pourtant reste le plus important : l’histoire et encore l’histoire ! Si ce concept ne sort jamais de notre esprit, les choses deviennent tout à coup bien plus simples : un équilibre naturel se crée entre les éléments qui composent notre numéro ou notre spectacle, qui n’est alors plus qu’un TOUT indissociable… C’est là le secret qui fera toute la différence !

déc 14 2014

Dominique versus Duvivier

Effet photo Dominique Duvivier fin annees 70

On est à la fin des années 70, à Paris,  dans notre appartement de la rue Arnold Netter, dans le 12ème en face de l’Hôpital Trousseau. Endroit mythique pour la famille Duvivier s’il en est !

Dominique regarde Duvivier ou le contraire ?! Cherchent-ils à mieux se cerner l’un l’autre ? A mieux se comprendre ? A tenter un rapprochement ? Qui sait !?

J’avais imaginé ce photomontage avec une superposition de personnages et demandé de l’aide à un photographe pour la réalisation. On pensera aujourd’hui que la chose est ultra désuète, mais à l’époque dont je parle, la chose était presque une performance pour un lambda de mon acabit !

Cette photo est très symbolique de mon orientation magique à cette époque. D’un point de vue créatif, j’étais en pleine mutation, en pleine révolution : j’étais en fait dans la construction de ce qui allait devenir ma magie hors « cartes avec des cartes à jouer », c’est-à-dire avec des supports différents comme ce qui allait devenir mon tour de « La carte caméléon », « Le peintre triste », « Clichés intérieurs », pour ne citer que quelques exemples. En fait, cette photo représente ma situation intérieure de cette époque : dois-je poursuivre mes recherches dans ce sens ? J’interroge. Et c’est un peu comme si le résultat saisissant (pour l’époque) de cette photo m’avait donné la certitude que j’étais sur la bonne voie : je me suis alors lancé à corps perdu dans la magie « progressiste » des années 80/90 ! Ce que vous voyez là est donc un réel document…

déc 06 2014

Le problème du choix

« Pourquoi jouer tant de notes, alors qu’il suffit de jouer les plus belles. »  disait Miles Davis…

Eh oui, mais me direz-vous, lorsqu’on est seul à sa table de travail et que l’on cherche à créer des choses nouvelles, quoi de plus difficile que de savoir ce qui vaut le coup d’être gardé ou non ? Voici quelques pistes de réflexion sur le sujet…

Dominique_DuvivierIl se trouve que je suis un perpétuel insatisfait (comme beaucoup de chercheurs du reste, je crois). Par contre, lorsque mon choix est fait, je ne le regrette jamais. Ne voyez pas là une contradiction ou un excès de confiance en moi : c’est justement parce que je suis sans cesse en train de me remettre en question (c’est presque maladif), que je peux me permettre d’assumer pleinement mes choix. Avec le temps, j’ai mis au point des méthodes drastiques pour conserver ou extraire de mon répertoire des mouvements, des techniques, des tours, des ambiances, des scénarios… Donc, quand un tour sort de ma « phase d’investigation », il est presque toujours mûrement réfléchi. J’aime pouvoir être sûr que ce que je vais présenter tiendra plus la route qu’un film qui ne reste que 3 jours à l’affiche ! Plus on est exigeant et plus on a de chance que le tour ainsi disséqué soit meilleur qu’un truc qu’on fait juste parce qu’on en a envie tout de suite…

Bien sûr il m’arrive souvent de voir paraître des tours dont j’avais eu l’idée à une époque, mais que je n’avais pas gardés, ne les trouvant pas assez pertinents. Mais, bizarrement, cela m’importe peu, même quand ce tour s’avère être un succès commercial par exemple et que tout le monde crie au génie ! Alors on peut me prendre pour un doux dingue qui reste sur son nuage, mais ne vous fiez pas aux apparences : je suis d’une telle exigence avec moi-même, que je peux me permettre d’être inébranlable dans mes choix et ce sans regret. Il est possible que je me trompe bien sûr et je ne prétends pas détenir une quelconque vérité. Je me pose simplement comme un homme libre, qui cherche inlassablement dans ce domaine que j’ai choisi : la magie. Dans mon coin, j’avance dans le sens qui semble être le bon, à mes yeux et en toute modestie. Tant pis pour ceux qui ne le comprennent pas !

Je ne sais pas si mes méthodes de sélection sont bonnes et encore moins si elles sont bonnes pour d’autres personnes. Tout ce que je sais, c’est qu’elles me conviennent parfaitement. Ce qui est très différent. Toujours est-il que je vais tenter de vous en développer une partie ! Je ne promets pas que cela sera clair pour tous, mais on ne pourra pas dire que je n’aurai pas essayé ! Pour illustrer mon propos, je vais utiliser un tour que vous connaissez pour la plupart : « l’Imprimerie » (Printing). Si vous ne le connaissez pas encore, allez sur la chaîne « Dominique DUVIVIER » sur Youtube et vous en trouverez une vidéo. L’idée est la suivante : je vais tenter de vous décrire le cheminement qui a été le mien lorsque j’ai créé ce tour et qui m’a permis, à l’époque, de me décider à le publier.

Nous sommes dans les années 70 et je suis à mon bureau. J’ai créé les effets de ce qui sera « L’Imprimerie ». J’ai le texte. Je suis prêt quoi ! C’est souvent à ce moment-là que je commence à réfléchir pour savoir si je vais garder ou non une création dans mon patrimoine. N’oublions pas le contexte de l’époque : dans ces années, la mentalité des magiciens était très différente d’aujourd’hui et je voyais bien que ce tour que je venais de créer allait bousculer les conventions… Me voilà donc en train de faire le point : des doubles faces sont montrées au premier degré. C’est un fait. Elles resteront « truquées » à la fin du tour. C’est encore un fait indéniable. Si on réfléchit un peu, on constate que la routine est assez illogique dans sa construction. Par exemple, je montre 8 cartes, une se retourne puis j’ai toujours 8 cartes… une autre se retourne, etc… Pas très logique de montrer toujours autant de cartes alors qu’on en met sur la table sans arrêt. Et puis pourquoi n’avoir que quelques cartes dans un étui qui peut contenir un jeu entier ? On pourra penser, le tour terminé, que j’ai toujours eu des cartes truquées mais qu’avec l’aide de mouvements, j’ai pu les dissimuler… Le spectateur va-t-il donc penser qu’il n’y a pas eu de magie ? Est-ce qu’il va adhérer à mon texte farfelu ? Ne va-t-il pas penser que si je peux imprimer des cartes, pourquoi ne pas en imprimer une en partant de sa cravate… ce qui ruinerait mes effets précédents ? Pourquoi entrerait-il dans le monde que je viens d’imaginer ? Suis-je en train de débiner des trucs secrets en montrant des cartes de ce genre ? En un mot ne suis-je pas en train de me fourvoyer complètement avec ce tour ? Voici à peu près la liste des questions que je me suis posées une fois le tour créé. Pour pouvoir l’accepter dans mon patrimoine, il m’a fallu contrecarrer tous ces points litigieux. Trouver des raisons pour chaque souci que je venais d’imaginer. Qu’elle soit bonne ou mauvaise, il m’a fallu trouver pour chaque problème une réponse « sans appel » pour moi et ce sans aucune complaisance. Le propos n’est pas ici de décrire chacun des arguments qui m’ont permis de croire totalement en ce tour, mais de vous permettre d’imaginer à quel point je réfléchis avant de publier un tour. Dans ces années-là, la plupart de mes  confrères étaient contre l’approche de ce tour. Certains, que je ne citerai pas, m’ont même dit que je me ferai beaucoup de tort en le publiant ou en le vendant, que ce tour était anti-magique… la liste est encore très longue. Peu importe ! Il a fallu que je me sente bien moi-même et c’est ce qui s’est passé. Une fois que j’ai eu trouvé les parades à toutes mes interrogations, je n’ai plus bougé et je me suis battu pour faire connaître ce tour, malgré le tollé général (oui !). Maintenant le tour est devenu un classique et vous avez même trouvé des réponses vous-mêmes à mes interrogations de l’époque.

N’oubliez pas qu’au moment de la création personne ne pensait que le tour avait une valeur !

déc 01 2014

Magiphageuh n°43 : « le probable, le possible et l’hypothétique »

Alors, que vous prépare le Magiphageuh de cette fin d’année 2014 ? Un nouveau voyage dans un monde parallèle ? Une aventure rocambolesque dans les méandres de mes pensées les plus folles ?! Non, je plaisante. Cette fois, ce sera une simple interprétation à ma façon (forcément !) autour de ces trois jolis mots : le probable, le possible et l’hypothétique… Avouez que cela sonne bien, n’est-ce pas ? Chacun de ces trois mots correspond à des situations bien distinctes du point de vue du magicien. Voici quelques éléments d’analyse qui peuvent être intéressants… Réfléchissez-y !

Le probable : c’est ce que va imaginer le public en découvrant votre spectacle, au minimum. Selon votre aptitude à le faire rêver,  son « minimum » va être plus ou moins élevé, si je puis dire. Si vous lui faites miroiter TROP sans concrétiser ASSEZ, son minimum restera au plus bas. Par contre, si vous trouvez le juste équilibre, son minimum explosera à son insu et il vous le rendra au centuple. N’oubliez jamais que le public attend beaucoup de vous, sans le savoir vraiment ! Par contre il n’y a pas plus exigeant que lui : avec un magicien, le public se montre sûrement aussi  vigilant que s’il avait affaire à un courtier en train d’essayer de lui coller je ne sais quelle nouvelle police d’assurance ! Je prends ce parallèle extrême car le spectateur a bel et bien « peur » de vous, jusqu’à un certain point bien sûr, mais disons qu’il se méfie au plus haut point. Donc il va réagir presque animalement. Il ne va pas être dans son état normal. Pour lui il peut aller de soi que probablement vous allez le « rouler dans la farine » et il n’aime pas cela. D’un point de vue magique, il vous donne un certain crédit mais vous craint au prorata !

Le possible : votre spectacle pousse le public à imaginer des solutions toutes plus improbables et plus dingues les unes que les autres pour tenter d’expliquer ce qu’il subit à cause de vous. Ça, c’est bon signe ! A vous de lui donner en pâture assez de paradoxes « plausibles » pour qu’il kiffe tout ce qu’il voit, entrevoit, ressent avec vous !

L’hypothétique : au lieu de décoller avec vous, le public se satisfait de ses perplexités naturelles. Il faut le sortir de ce mauvais pas au plus vite, sinon vous allez en pâtir gravement et vos efforts vont se transformer en échecs. Ça, c’est moins bon ! Le spectateur français est pris dans les feux de Descartes qui l’empêchent de réagir comme l’enfant qu’il est pourtant resté. Il veut se sortir de cette impasse, MAIS la tâche est rude. Courage !

nov 24 2014

Les beaux objets

Les sacs, les boîtes, les mallettes, les bourses, les portefeuilles… toutes ces petites merveilles en cuir, qu’on appelle communément la maroquinerie ou la petite maroquinerie, sont une de mes plus grandes passions. Je me promène toujours avec l’idée de trouver le nouveau sac révolutionnaire ou la nouvelle boîte indispensable qui saura si parfaitement accueillir mes derniers fouillis magiques, mes cartes, mes pièces… A longueur d’année je traque le nouveau conditionnement idéal… et surtout s’il est en cuir ! Eh oui, au cas où vous ne l’ayez pas encore compris, la magie me poursuit. Je ne pense qu’à ça. Je suis un fou !

Objet cuir 2Ayant été fort maladroit lorsque je m’essayais à la gainerie dans mes jeunes années (http://www.dominiqueduvivier.com/?s=gainerie ), je suis particulièrement conscient de la difficulté que représente la fabrication d’une belle boîte… Je peux rester de longs moments à contempler ce genre d’objets, juste pour le plaisir ! Chaque clou, disposé avec précision et amour, qui assemble les parois, me donne des frissons… C’est quasi orgasmique ! Ha ha ha !

De manière générale, je suis un fou des beaux objets. Les objets magiques fabriqués dans l’excellence sont parmi mes préférés, of course ! Quand l’objet n’existe pas, il m’arrive de l’inventer (par exemple La « Duvivier Coin Box ») ou de le faire bricoler à mes mesures (mon « Pocket Wallet »). J’aime passer des heures avec certains prototypistes qui, habités par la même folie que moi, ne vont reculer devant aucun sacrifice pour fabriquer cet objet qui n’existe nulle part ! Le principe de l’artisan  qui passe des jours, des mois sur la fabrication d’un objet, est quelque chose qui m’émeut Objet cuir 3profondément. Philippe Noiret racontait sa passion pour un chausseur qui ne fabriquait qu’une seule paire de souliers par  an. Vous imaginez ??? Moi j’adore. Je trouve les belles choses inspirantes. Et même quand, jeune, je n’avais pas le sou, je procédais à des achats totalement déraisonnables… pour la beauté de l’objet, au grand dam de ma femme ! Au niveau magique, plus le support me séduit (un beau stylo, une belle boîte….) plus je vais imaginer des histoires délirantes pour me permettre de sortir de chez moi cet objet d’exception. J’imagine qu’en quelque sorte je cherche à le rendre aussi magique que sa beauté me fait rêver ! En fait, un spectacle, c’est le prétexte idéal pour jouir de ce genre de petite trouvaille… Mais cet amour que je porte aux objets c’est pas anodin : ce rapport quasi sensuel se ressent dans mes spectacles. C’est grâce à cette passion débordante que j’exprime, que vous allez pouvoir kiffer avec moi sans savoir vraiment pourquoi. Ceci est un de mes secrets du pourquoi il se passe des trucs entre nous lorsque je suis sur scène ! Les objets que je vous montre, je les ai soigneusement choisis, je les ai aimés, choyés… Nous avons vécu des choses hors du commun ensemble et subitement ils sont là avec moi sur scène et nous jouons tous ensemble… Pas belle la vie ? Objet cuir

Promenez-vous dans les belles maroquineries et imaginez ce que je ressens… Vous allez voyager avec moi !

Je crois d’ailleurs avoir donné ce virus à ma fille qui fait pire que moi (en mieux). Interrogez-la sur ce thème : elle vous dira des choses folles, ou allez la voir dans un de ses spectacles et vous comprendrez. Elle est plus accro que moi, si !!!