Juin 01 2012

Bienvenue sur mon blog !

Je serai au Double Fond en duo avec Alexandra dans notre spectacle « De très près » les vendredis 16/09 et 30/09/2016. Et du 7/10 au 11/11, j’assurerai la première partie (nouveau spectacle en solo de 30 min) des soirées d’avant-première du nouveau spectacle de ma fille « Secrets de fabrication ».

Ce blog est né de la passion que j’éprouve pour la magie et de la passion que j’ai de communiquer avec ceux qui aiment la prestidigitation comme je laDominique Duvivier par Harcourt respire moi-même.
Que mes ennemis aillent voir ailleurs…
Que mes amis virtuels ou réels viennent à moi comme j’ai envie d’aller vers eux.

J’aime passionnément mon métier qu’est la magie mais mon hobby c’est aussi la magie… Deux passions en une, le pied quoi !

Chaque lundi matin un nouveau texte de mon cru sera édité ci-dessous et ce sera notre point de départ pour discuter, raisonner, imaginer ensemble des nouvelles pistes de recherches…
Il y aura tantôt des pistes de travail, tantôt des histoires qui m’inspirent etc. Plein de directions pour avancer ensemble quoi !
Elle est pas belle la vie ?
Pourquoi avons-nous tant de chance ?

A bientôt

Amitiés

Dominique DUVIVIER



Juil 25 2016

Ma période « Grandes illusions »

Dominique Duvivier cordes fin annees 70

Nous sommes au début des années 70 sur cette photo… J’ai donc une vingtaine d’années. En fait, pour être plus précis, je pense que nous devons être en 1972. Je suis en pleine séance d’entraînement…dans mon salon, pour ma femme et quelques amis infortunés qui ont crû venir passer une bonne soirée en venant chez nous ! Ha ha. Derrière moi, on distingue trois énormes panneaux. Il s’agit du tour qu’on appelait « Le bonneteau du diable » : des cartes géantes (vraiment géantes) en métal dur et lourd (très lourd le métal). On me voit là totalement absorbé dans mon merveilleux répertoire magique de l’époque. Tout y est : le beau costume, les cordes, le joli petit guéridon, le panier en osier…. Eh oui, à l’époque c’est la scène qui m’intéressait et, si je n’avais pas bifurqué rapidement, je crois que vous ne liriez pas ce blog aujourd’hui ! Notez également le magnifique papier peint typique de cette décennie : des fleurs qui complètent parfaitement le tableau ! ça donne envie !!

 

 

Rien toujours rien fin annees 70

A un autre moment, mais dans la même période, je tente d’autres tours de scène/salon… La joie sur mon visage témoigne de mon contentement extrême ! Je suis dans la phase où je tente tant bien que mal d’amortir mes achats chez Mayette. Je crois que Françoise, la vendeuse de l’époque, m’avait fourgué tout ou presque du magasin… Au premier plan, on retrouve le fameux « Bonneteau du diable » que ce cher ami Phildo, un clown magicien, m’avait vendu pour parfaire mon spectacle de scène ! Dans mes mains, c’est le célèbre tour « Rien, toujours rien », un des hits de la boutique ! Ah là là, cette chère Françoise qui avait tant le sens du commerce derrière le comptoir de Mayette… je me souviens d’ailleurs qu’un jour, c’était dingue, parce que, du jour au lendemain, elle avait pris la poudre d’escampette en plaquant tout sur son passage…

 

 

Dominique Duvivier les anneaux chinois fin annees 70

Je suis empêtré avec quelques anneaux pour tenter la routine de Odin. Quelle souffrance ! Cette routine était pourtant ma préférée de cette époque magique mémorable !

 

 

Dominique Duvivier les verres renverses fin annees 70 (1)

Un de mes tours favoris de cette époque : « Les verres renversés » , que je réalisais selon les conseils avisés de mon premier maître : Renélys ! Nous sommes dans la partie « micromagie » de ma formation. Matériel quasi exclusif de chez Mayette ! Notez mon doigt braqué pour indiquer le sens de la visite, comme faisaient tous les magiciens à l’époque… et encore maintenant pour certains !

Bref, comme vous voyez, avant de me passionner pour le close up, j’ai eu quelques errances… Comme on dit « Je me suis cherché » et, pour ce qui est de la magie de scène, je ne m’y suis pas trouvé ! Quelques mois plus tard, j’ai mis au placard tous ces tours et j’ai bossé les cartes comme un sourd. Si vous voulez j’avais d’ailleurs déjà écrit sur le sujet dans mon blog : http://www.dominiqueduvivier.com/2014/07/28/grandes-illusions/

 

 


Juil 18 2016

Le secret

Dans les débuts un « vrai » secret ne peut réellement se donner. En effet pour un élève qui débute, tout est notion de secret, même lorsqu’il s’agit d’un principe basique. Il étudie et donc il est à la recherche d’informations multiples, c’est tout. Pouvoir donner un réel secret à un élève va dépendre ensuite de son aptitude à le recevoir. Il faut donc noter qu’un secret n’existe pas en soi, il n’existe que dans le rapport de deux personnes : celle qui va donner le secret et celle qui va savoir le recevoir comme tel.

D’ailleurs, certains pensent qu’il n’existe pas du tout de secrets. A ceux-là je m’arrange toujours pour leur faire penser qu’ils ont raison… Dans le domaine, moins on est de fous et plus on rit, non ? C’est assez amusant de noter que ce sont toujours ceux qui ne possèdent pas de secrets qui veulent absolument prouver qu’il n’en existe pas… Et dès qu’on en possède, le discours change…

P1080652Quand on écoute un spectateur parler de magie, on se rend compte que pour lui tout lui paraît relever du secret, n’est-ce pas ? Même les techniques les plus élémentaires, reconnues et tombées dans le domaine public… Tout est underground, car le spectateur croit dur comme fer que notre monde est très fermé. Notez qu’il est toujours surpris de voir qu’on puisse se procurer des bouts de secrets chez des marchands ou sur des sites de magie, voire dans des revues façon « Pif Gadget » ! On pourrait donc dire, d’une certaine façon, qu’à la base toute la magie est underground. Mais plus la magie est prisée, plus elle devient accessible aux communs des mortels et plus ces secrets semblent s’amoindrir. Prenons un exemple simple : le comptage Elmsley. Il n’y a encore pas si longtemps, il était considéré comme un secret. Je veux dire que toute technique peut devenir un classique, tôt ou tard. Un principe inconnu pendant quelques années, peut devenir très vite un secret de polichinelle. Je pense que beaucoup de principes sont victimes du temps, et c’est une bonne chose. Avec tout ce qu’on peut trouver aujourd’hui à disposition sur youtube par exemple, on se dit : mais où sont les secrets ?! Bien sûr certaines subtilités semblent encore bien protégées, mais tout paraît si facile à trouver. Pourtant, je considère que, bien au contraire de ce que l’on pourrait imaginer, jamais les « vrais » secrets n’ont été si bien conservés. En effet, comme je commençais à l’évoquer un peu plus haut : le secret est d’abord synonyme d’échange entre deux êtres. Et puis le secret est un état d’esprit particulier, qui s’apprend avec le temps. On ne naît pas avec cette notion, du moins je ne le crois pas. C’est selon l’aptitude de celui qui touche à la magie, qu’on peut lui donner des morceaux du puzzle, des pistes, des bouts de secrets…

 

On dit souvent à tort qu’un magicien est underground pour parler d’un magicien qui n’est pas encore connu et voudrait bien le devenir. C’est tout le contraire ! Un magicien underground, c’est plutôt quelqu’un qui est déjà connu, mais qui n’a pas envie de donner n’importe quel secret à n’importe qui. Des magiciens comme Bob Kohler, Troy Hooser, Michael Weber… sont des magiciens underground. Ils font leurs tours devant des profanes, mais évitent de montrer ces tours devant un auditoire d’initiés. S’ils doivent le faire quand même, ils s’arrangent pour ne pas expliquer leurs méthodes. Les tours qu’ils pratiquent ne sont pas des secrets de polichinelle et provoquent des troubles psychologiques certains aux magiciens qui croyaient connaître tout de la magie (rires). Pour résumer, la magie underground, la vraie, n’est qu’une partie de la magie tout court. Une partie indissociable de notre art.

 

Allez, encore quelques réflexions qui me viennent sur ce sujet pêle-mêle sur ce vaste sujet, intimement lié à notre cher métier…

 

 

Un vrai secret n’est jamais aussi bien gardé que lorsque deux conditions (pourtant opposées) sont réunies :

1) Vous ne montrez jamais le tour à personne.

2) Vous le faite, l’air de rien, masqué par des mouvements connus ou autres subtilités du genre…

 

 

Comment connaître des secrets underground ? En travaillant des routines assez personnelles, en toute humilité et sans relâche. Un jour un magicien vous donnera une nouvelle piste, puis une autre et petit à petit, vous entrerez dans ce cercle très fermé de la magie underground.

 

 

Si, quand nous montrons un tour, nous ne croyons pas que nous sommes quelque part un « vrai » magicien,  alors on peut parler de débinage quand on ose (!!!) montrer des doubles faces à un public avide de ne pas connaître les trucs des (faux) magiciens que nous sommes… Vous voyez ce que je veux dire ? Si par contre nous considérons que nous sommes des magiciens, des vrais, l’espace de notre prestation, alors nous sommes capables de fabriquer des cartes par notre simple pouvoir de magiciens… C’est très différent. Attention je ne parle pas de ceux qui ont pété les plombs et qui se prennent pour des Dieux vivants ! La différence peut être assez subtile à comprendre, pourtant c’est une notion essentielle. Un bon magicien, pour moi, c’est quelqu’un qui croit à la vraie magie, dans une certaine mesure. C’est une évidence qui n’est pas toujours facile à capter avec notre esprit cartésien, toujours à la recherche de logique dans toutes les situations… Pourtant, le résultat est qu’aucun public du monde ne peut faire la relation entre une carte truquée (pour le magicien passéiste) et une carte qui vient de se transformer par le simple pouvoir du magicien. Ce qui explique que lorsque nous passons à un autre effet plus classique (mais utilisant des cartes doubles faces) le public ne fait jamais la relation ! A méditer, je vous assure !

 

 

 


Juil 11 2016

Rencontre avec Dominique Duvivier (P.E. Chaut) chapitre 2

En 2012 Pierre-Emmanuel Chaut avait voulu effectuer un reportage vidéo sur moi qu’il avait appelé « Dominique Duvivier… un reportage ». Ce reportage n’a finalement jamais été publié. Avec sa permission, je vous le livre aujourd’hui en exclusivité sur ce blog, séquencé en dix chapitres. Je publierai un chapitre chaque mois. J’espère que cela vous plaira !

Amitiés

Dominique Duvivier


Juil 04 2016

Podcast « Et si c’était vrai ? » : hors-série n°4 Notre collaboration avec David Stone

Dominique-Duvivier

Chers amis,

Fin avril, avec Lionel dit « Le Marquis » et ma fille Alexandra, nous avons enregistré une série de 7 émissions hors-série pour parler de notre collaboration avec David Stone dans le spectacle « Magie(s) Parallèle(s) » (joué 8 fois seulement en avril 2016 pour fêter les 28 ans du Double Fond).

 

Je vous livre aujourd’hui la 3ème émission de ce hors-série spécial. J’espère que cela vous plaira !
Installez-vous comme d’habitude, confortablement.

Bonne lecture audio !

Pour écouter le podcast sur iTunes, cliquez ici !

Sinon, cliquez ci-dessous sur la barre d’écoute…

Dominique Duvivier

PS : Je vous rappelle que vous pouvez vous abonner au podcast directement par son RSS mais également sur iTunes : les personnes possédant des iPhone, iPod ou iPad peuvent donc s’abonner directement (et gratuitement) sur la plateforme d’Apple et disposeront ainsi automatiquement des prochains numéros.

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Juin 27 2016

MAGIPHAGEUH N°53 : Perméabilité

Dominique DuvivierLa perméabilité. Voilà un mot qui m’a bien inspiré ces derniers temps… Un mot que j’ai gardé en tête, car à chaque fois que j’y pensais, il m’apportait toujours plein d’idées et d’éclairages nouveaux…. Un simple mot peut s’avérer parfois très stimulant pour le muscle créatif !

Par exemple : la perméabilité dans le contexte artistique. D’un côté l’artiste magicien doit savoir rendre le spectateur perméable à ses désirs scénaristiques, à ses folies magiques, à ses rêves. C’est obligatoire si on a l’ambition de le faire monter très haut ! Et d’un autre côté, c’est à l’artiste lui-même de devenir perméable vis-à-vis du spectateur. C’est nécessaire si l’on souhaite que l’alchimie ait lieu et pour longtemps ! Perméabilité dans les deux sens donc. Il faut à la fois savoir installer très rapidement un univers qui soit suffisamment riche et ouvert pour que le spectateur ait envie de venir à nous dès les premières secondes de notre prestation et en même temps que nous allions à lui. Une affaire de générosité et d’empathie en somme ! A mes yeux, si  nous sommes trop retranchés dans notre rôle, en inventant par exemple des histoires pas trop crédibles, le spectateur ne peut pas adhérer et la mayonnaise ne peut pas prendre, si vous voyez ce que je veux dire. Tout l’art consiste à fabriquer un univers accessible, proche de l’inconscient collectif et à proposer une narration véridique qui permettra au public de venir à nous sans même qu’il s’en rende compte. C’est le chemin pour traverser le miroir. Mais une fois avec lui, de l’autre côté du miroir justement, c’est le moment de se lâcher de notre côté aussi, comme on l’attend de lui ! C’est le secret ultime. Se donner au moins autant qu’il se donne, sans compter !


Juin 20 2016

Baba au rhum… ô Rhum j’en suis baba

Amateur de bonne chère devant l’Eternel, je me devais d’apprécier certains desserts… et le Baba au rhum en est un de mes privilégiés.

babaJ’en ai goûté des babas… dans toutes les officines ! Jusqu’au soir où j’ai découvert le Baba que l’on peut déguster au Fouquet’s sur les Champs-Elysées (le restaurant préféré de notre ex-président ! A défaut d’y avoir gagné des points de popularité, je lui souhaite au moins de s’y être régalé de ce fameux baba…). Aller là-bas n’est pas anodin. C’est une démarche. Mais y aller invité par un nanti qui veut se faire mousser, cela facilite l’événement ! Sinon, avec vos deniers propres, l’affaire est audacieuse. Cependant je vous la conseille, on ne vit qu’une fois ! Leur baba est vraiment une aventure gustative incontournable. La consistance du gâteau est incroyable. La crème chantilly est à tomber. Le tout est légèrement chaud.. juste comme il faut ! Je ne vous dis que ça… Et moi qui n’aime pas trop l’alcool en général, là, je trouve le rhum parfaitement jouissif. Bref, le chef pâtissier du Fouquet’s est un magicien. Une fois de temps en temps, je vous assure qu’il vaut mieux investir dans un kif au Fouquet’s que dans certaines dépenses magiques hasardeuses !!! Je n’ai pas d’actions avec cet endroit mythique, mais pour ce qui est du Baba, je vous recommande l’endroit.

Et, comme on peut lire au début du film de Lelouch « L’aventure, c’est l’aventure » : « Jouissez de la vie ; il est beaucoup plus tard que vous ne le pensez » !

 


Juin 13 2016

Rencontre avec Dominique Duvivier (P.E. Chaut) chapitre 1

En 2012 Pierre-Emmanuel Chaut avait voulu effectuer un reportage vidéo sur moi qu’il avait appelé « Dominique Duvivier… un reportage ». Ce reportage n’a finalement jamais été publié. Avec sa permission, je vous le livre aujourd’hui en exclusivité sur ce blog, séquencé en dix chapitres. Je publierai un chapitre chaque mois. J’espère que cela vous plaira !

Amitiés

Dominique Duvivier


Juin 06 2016

Podcast « Et si c’était vrai ? » : hors-série n°3 Notre collaboration avec David Stone

Dominique-Duvivier

Chers amis,

Fin avril, avec Lionel dit « Le Marquis » et ma fille Alexandra, nous avons enregistré une série de 7 émissions hors-série pour parler de notre collaboration avec David Stone dans le spectacle « Magie(s) Parallèle(s) » (joué 8 fois seulement en avril 2016 pour fêter les 28 ans du Double Fond).

 

Je vous livre aujourd’hui la 2ère émission de ce hors-série spécial. J’espère que cela vous plaira !
Installez-vous comme d’habitude, confortablement.

Bonne lecture audio !

Pour écouter le podcast sur iTunes, cliquez ici !

Sinon, cliquez ci-dessous sur la barre d’écoute…

Dominique Duvivier

PS : Je vous rappelle que vous pouvez vous abonner au podcast directement par son RSS mais également sur iTunes : les personnes possédant des iPhone, iPod ou iPad peuvent donc s’abonner directement (et gratuitement) sur la plateforme d’Apple et disposeront ainsi automatiquement des prochains numéros.

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Mai 30 2016

MAGIPHAGEUH N°52 : LA MAGIE QUI NOUS PREND AUX TRIPES

Quand la magie nous prend aux tripes, ce n’est pas seulement parce qu’elle est bien jouée, ou bien exécutée techniquement, ou bien écrite, ou bien pensée (effets surprenants, voire nouveaux…). Non, c’est une alchimie entre tous ces éléments réunis (qui font de la magie un art) et surtout une alchimie avec l’univers du spectateur. C’est déterminant de comprendre cela. Quand on arrive à composer avec l’inconscient du spectateur, avec son histoire, avec ses rêves, avec ses émotions enfouies… alors c’est le spectateur lui-même qui crée la magie. Car c’est lui qui laisse entrer le merveilleux en lui. C’est lui qui accepte que la magie existe, qui accepte d’être touché au cœur, au plus profond de son être. Donc, finalement, quand la magie nous prend aux tripes, c’est un choix du spectateur. Inconscient, mais bel et bien un choix par rapport à sa vie et ses envies profondes… Vous voyez ce que je veux dire ? A nous donc, magiciens, de savoir le toucher, car tout le monde est « touchable », c’est obligé. Mais… il y a un mais ! Pour pénétrer dans l’antre secrète des êtres humains, impossible d’y parvenir avec, par exemple, des manipulations de cartes aussi spectaculaires qu’elles puissent être. La vérité est ailleurs ! Si vous avez comme simple préoccupation de frimer en faisant virevolter vos cartes, pourquoi pas, mais le résultat sera à la hauteur de vos ambitions : vous allez tout au mieux impressionner votre public. Certainement pas le toucher de façon à ce qu’il fasse pénétrer la magie en lui ! Moralité : pour ouvrir une fenêtre dans le cœur du spectateur, il faut avoir soi-même le cœur ouvert vers une certaine magie des éléments. Il faut lui montrer que nous discutons avec le grand architecte, par instants ! Dominique_DuvivierQue nous sommes nous-mêmes émerveillés par la magie de la vie. Que nous ne sommes pas des truqueurs zélés, mais de vrais êtres humains, sans pouvoirs magiques, qui avons touché quelque chose que nous sommes prêts à partager avec lui. Là, les choses peuvent se connecter entre vous et le public. Car le public attend cela. C’est souvent très enfoui, mais au fond, tout le monde sent la magie des choses et a besoin de quelqu’un (vous) pour se reconnecter à ce sentiment.  Une fois de plus, si vous restez sur le terrain de regarde-comme-je-suis-fort-avec-mes-trucs-de-magie, aucune chance de faire décoller votre public. Il faut montrer que nous sommes sur un chemin différent. Un chemin où les soucis se transforment en insignifiance pour un temps, tant le plaisir de s’évader est grand ! Pour moi, un bon magicien, ce n’est pas quelqu’un qui va faire croire qu’il est doté de super pouvoirs et qu’il est différent du commun des mortels. Au contraire, c’est quelqu’un qui montre qu’il est un être normal… qui côtoie des choses incroyables, qui l’ont rendu différent ! Le magicien est un simple passeur. Il établit une connexion entre le spectateur et la magie qui nous entoure. Comme le magicien est connecté justement à ce monde magique, il sait mieux que quiconque nous faire toucher du doigt toutes ces sensations aussi essentielles que sont la joie, l’amour, le merveilleux, le rêve… C’est ce qui fait souvent l’admiration immédiate du spectateur en sachant que nous appartenons au monde de la magie ! Cultivons cela plutôt que de vous perdre dans la technique technicienne, qui est plus simple d’approche, mais qui ne vous permettra pas de toucher le public autant que vous êtes vous-même touché par la magie !


Mai 23 2016

N’oubliez jamais…

Dominique DuvivierAu-delà de vos techniques magiques apprises et digérées (c’est le minimum),

Au-delà de votre connaissance raisonnable de l’Histoire de la magie (quand-même),

Au-delà de votre expérience avec le public (faut quand même savoir de quoi on parle !),

Au-delà de votre recherche du bon matériel et de sa bonne utilisation (c’est important),

Au-delà de vos efforts de mise en scène pour vos tours (essentiel),

Au-delà de votre travail autour du jeu de comédie (bah oui !)

N’oubliez jamais que c’est la mise au point de VOTRE personnage qui sera la clé de l’impact de votre magie.

 

Quand vous avez réussi à donner le ton de votre personnage, tout ou presque est envisageable. Si, l’espace d’un moment, on considère que le spectacle est un lieu de « combat » entre le public et l’artiste et non un simple lieu de divertissement, sachez que si votre personnage est suffisamment bien construit, le public a déjà perdu la manche dès les premières secondes. Il a même perdu le match entier. En effet n’oubliez pas que le public n’est là que pour vous regarder. Il s’est déplacé pour ça. Il a payé pour ça (en principe). Il est venu dans l’intention de voir de la magie. Si vous gérez  bien les choses, lui ne peut que s’abandonner à vous et pour vous… tout est possible ! Bien sûr, il lui arrive parfois de penser qu’il est le plus fort, mais c’est totalement faux. C’est de vous que tout partira et c’est à vous que tout aboutira. C’est vous le patron à 100%. A partir de là vous pourrez donner, reprendre de l’espace, imposer un lieu, l’inverser… Je vous dis : tout devient possible. C’est un postulat à ne jamais négliger, surtout pour nous autres magiciens qui pouvons facilement croire que nous sommes à la merci de ces spectateurs qui viennent uniquement tenter de « comprendre le truc ». Non, vous, magiciens, vous êtes des artistes et votre art consiste à vous comporter comme tel. Si vous restez des « montreurs de trucs », vous en récolterez les conséquences. Soyez de vrais artistes complets et vos spectateurs décolleront avec vous. Ayez l’ambition de montrer de vrais miracles et vos spectateurs vous suivront très loin. Ils ne seront plus dans l’optique de déjouer vos techniques magiques, ils seront juste comblés d’assister à un spectacle complet. La magie est tout autant dans les effets réalisés que dans la relation que vous établissez avec votre public. Comme disait mon Dieu, Albert Goshman : « VOUS êtes la magie ».

Bizarrement, cette vision que j’ai toujours défendue, ne m’a pas attiré que des amis. Il faut dire qu’il est plus facile d’épater la galerie en frimant avec des « petits tours », des « petits effets flash » et des « petits sauts de coupe » bien léchés. Et c’est moins facile de se tirer vers le haut en ayant l’ambition de montrer de vrais miracles et de partager un véritable univers avec son public… Mais bon, j’ai toujours fait fi des inimitiés et j’ai toujours suivi mon instinct : pour moi, « il n’y avait pas photo », comme on dit ! Dans mon coin, j’ai toujours suivi mon petit bonhomme de chemin. Et, en parallèle, j’ai vu plein de magiciens s’écarter de moi, tandis que d’autres sont devenus fans. Le processus s’est pour ainsi dire déroulé à mon insu. Petit à petit, j’ai vu que je m’éloignais de plus en plus de certains « penseurs » (je pense à « l’école Marlo » par exemple) tandis que j’accédais à de nouveaux horizons magiques (Ricky Jay, Fred Kaps, Persi Diaconis pour ne citer qu’eux…). En France, dès les années 70, je suis rapidement devenu l’ennemi à abattre pour une bonne moitié des magiciens français ! Et il en reste pas mal (sourire…). Par contre, pour la majorité des magiciens étrangers que je rencontrais alors, tout semblait aller « au beau fixe ». Ceux qui me faisaient le plus rêver applaudissaient des deux mains, alors pourquoi changer de cap ? Ils avaient l’air de trouver mes idées même plutôt révolutionnaires et en redemandaient. Je pense par exemple à Michael Weber qui m’a particulièrement encouragé et stimulé ! La distance qui nous séparait me permettait de travailler énormément de choses entre nos entrevues. Donc j’étais libre de travailler seul et je lui montrais mes idées en primeur. Il est vrai que je me suis senti plutôt incompris des magiciens français, mais, dans l’ensemble, j’ai réussi à me satisfaire du vieil adage « Nul n’est prophète en son pays »…

 

1ère publication : mai 2014