Mar 23 2009

J’aime cette maxime…

 

« La seule mission de l’artiste est de convaincre le reste du monde de la vérité de son mensonge. » (Pablo Picasso)


Mar 16 2009

MONTRER DES TOURS

Je faisais beaucoup de magie, dès que l’occasion m’en était donnée.

Ce n’est plus le cas depuis longtemps.

Je fais toujours beaucoup de magie mais lorsque je fais des spectacles… ou en créant, juste pour moi.

Par contre montrer des tours en cercle restreint est assez rare.

Je suis devenu plus secret, qui sait ?

J’ai compris aussi qu’il n’est pas bon de montrer des dizaines, des centaines de tours à des magiciens car ils peuvent être « dégoûtés  » de la magie… Comme la potion magique d’Astérix, la magie doit se donner au compte-gouttes pour être bien prisée !!!

 

Je croyais, il y a quelques décennies, que montrer des tours en nombre « motiverait » les auditoires de spécialistes que je fréquentais alors.

Grossière erreur.

Alors, avec le temps, j’ai changé de comportement.

Si les gens n’étaient pas mal intentionnés, ils devraient comprendre qu’il est possible de créer en voyant un magicien y parvenir.

J’ai compris avec l’expérience et le temps surtout, qu’on ne peut faire entendre raison à une personne sourde (au sens figuré s’entend !).

Certains veulent croire que ce que je fais n’a pas d’intérêt, n’apporte rien… des choses de ce genre. Comment faire comprendre quoi que ce soit à quelqu’un qui a juré intérieurement le contraire de ce que vous direz ou ferez ?

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Cela me rappelle une ancienne histoire : un type entre dans un bureau pour se faire engager. Il est artiste. Celui qui le reçoit est le patron d’un très gros cirque. Ce « boss » voit des numéros tous les jours et est devenu assez blasé. L’artiste qui se présente est magicien. Le recruteur, fatigué de voir des magiciens, lui demande ce qu’il fait d’extraordinaire… Et l’artiste, qui a choisi la prestidigitation comme mode d’expression, lui sort de sa manche une ombrelle, un coffre en fer forgé qui pèse 30 kilos, une lampe allumée, un petit chien vivant, un cobra, un écran plasma d’une taille impressionnante, un éléphanteau… et le producteur de spectacles lui dit :

« Je vous arrête tout de suite car votre tour est évident. On voit bien que vous sortez tout de votre manche !!! ».

Je peux affirmer que cette petite histoire qui ne fait plus beaucoup rire depuis longtemps, illustre parfaitement ce qui se passe quand je fais de la magie à certains confrères qui ont décidé de ne pas être étonnés.

Ils vont par contre crier au génie, en voyant un jeune (ou vieux) magicien réinventer la roue libre… .

 

Je n’essaie plus depuis longtemps de persuader, expliquer ou même faire des tours à des personnes qui n’ont pas envie de changer d’avis.

Il arrive parfois que ces mêmes personnes viennent lors d’un spectacle que je joue, se trouvent entourés de gens médusés et ensuite, lorsqu’ils parleront de ce qu’ils ont vu, décriront un spectacle tout autre qui s’est pourtant déroulé devant leurs propres yeux.

Nous dépassons le stade simple de la mauvaise foi. Certains sont tellement « endoctrinés » à croire que c’est moi qui suis le vilain petit canard, que leur propre entendement n’a plus aucune objectivité.

J’ai choisi donc une voie sans essayer autre chose que d’être ce que je suis pour le plus grand nombre : un artiste qui crée des choses. Point.

Il est clair que j’ai inventé des trucs qui ressemblent un peu à l’histoire du pauvre artiste qui va voir le patron de cirque.

Après tout, je ne fais que sortir de ma manche des choses qui ne peuvent pas rentrer dedans !!!

 


Mar 09 2009

A méditer…

Sacha Guitry

            « Etre riche ce n'est pas avoir de l'argent, c'est en dépenser. »

            « Ce qui ne me passionne pas m'ennuie. »

Michel Audiard

            « Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche. »

            « J'ai divisé la société en deux catégories : mes amis ou mes cons à moi et les cons des autres que je ne supporte pas. »

Albert Einstein

            « N'essayez pas de devenir un homme qui a du succès. Essayez de devenir un homme qui a de la valeur. »

            « Les grands esprits ont toujours rencontré une opposition farouche des esprits médiocres. »


Mar 02 2009

TOUT EST AFFAIRE DE TEMPS…

Quand on croit fortement à quelque chose et qu’on n’est pas loin de penser que ce sera pour toujours, le fait de se souvenir que tout est impermanent relativise notre croyance.

Au lieu de broyer du noir, on peut se battre pour obtenir un résultat temporaire qui sera, parce qu’il est temporaire, peut-être extraordinaire.

J’ai souvent pensé que si l’homme était immortel il ne ferait jamais rien… ayant le temps, tellement de temps que rien ne se concrétiserait.

Notre chance est donc d’être mortel.

Cette course contre la montre nous oblige à sublimer sans cesse nos angoisses.

Et comme rien ne dure puisque tout est impermanent, alors nous devons juste créer un souffle qui se perpétuera d’homme en homme, avec les nouveautés technologiques, verbales, sociales et autres. C’est peu, pensons-nous parfois, mais largement suffisant.

Vouloir tout obtenir tout de suite est « humain » dirais-je, mais impossible à réaliser.

Comme disait mon maître Ernest Pancrazi, il faut savoir « culotter la pipe ».

Pancrazi

Une pipe, pour qu’elle devienne performante se doit d’avoir passé des caps incontournables. Dans les débuts, il ne faut pas trop la chauffer. On devra l’utiliser avec parcimonie. On la bourre d’un peu de tabac (1/3 de sa contenance, à peu près). On ne devra tirer dessus que de petites bouffées, pour ne pas la chauffer. On la laissera s’éteindre d’elle-même souvent. Ce régime se poursuivra à plusieurs reprises. « Une dizaine de fois est pas mal » pense Ernest. Ensuite on la bourrera plus « serrée ». Le tabac sera plus pressé dedans. Mais toujours qu’une moitié de sa contenance. Par contre, on pourra tirer des bouffées plus importantes. Mais pas trop longtemps non plus. La pipe pour redevenir opérationnelle doit refroidir quelques heures. Encore une dizaine de fois à ce régime draconien. Seulement maintenant l’utilisateur pourra commencer à jouir de sa nouvelle pipe. Un bon fumeur se doit de posséder plusieurs pipes, pour aller de l’une à l’autre, sans endommager aucune de ses pipes.

Pour comprendre les recommandations de Monsieur Pancrazi, j’ai fumé la pipe et acheté un cheptel impressionnant de modèles.

Deux années d’étude furent nécessaires pour comprendre ce que voulait dire mon mentor. Deux années de plus pour transposer le principe des pipes à la magie.

Si l’on comprend l’image que j’essaie de donner, on appréciera le temps à « perdre » (finalement à gagner !) pour saisir ce fait : tout est affaire de temps.

Et encore plus en magie, il me semble !!!


Fév 23 2009

TRAVAILLER PASSIONNEMENT

J’aime la magie comme si je venais de la découvrir il y a quelques jours.

Je suis certainement quelqu’un qui aurait été très paresseux s’il n’avait pas trouvé sa voie… l’ayant trouvée depuis longtemps, je travaille beaucoup mais je ne la vis pas comme une corvée.

Je suis passionné des gens passionnés et encore plus quand ces passionnés sont tournés vers la magie que j’adore.

Si je sens que celui qui me demande quelque chose est animé de la même passion que moi, je l’aide, à mon petit niveau pour lui prouver que la passion est semée d’embûches, d’incertitudes, mais que justement ces soucis sont inhérents à toute passion.

Aimer de toutes ses forces un art n’est pas suffisant pour qu’il nous donne en retour ce qu’on recherche.

Quand on se trouve dans la circonstance la plus désespérée, croyant que nous n’arriverons à rien de bon, si nous persévérons à cet instant précis... tout s’éclaire et on commence à produire des choses qui ressemblent à ce qu’on voulait atteindre en magie.

C’est du moins le parcours que j’ai emprunté depuis le début.

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Fév 16 2009

NOTRE ANCRAGE

 

Je crois que nous avons beaucoup de mal pour changer quelque chose dans notre vie, en général.

C’est ce qui peut expliquer par exemple pourquoi nous pouvons trouver « génial » un endroit, une bourgade, un lieu dit (par exemple le nouveau lopin de terre où Bloom a décidé de vivre !) qui ne présente pourtant aucun intérêt en le traversant en voiture.

C’est également ce qu’il se passe quand vous êtes amenés à faire découvrir vos propres univers d’enfant à quelques proches…

Pour prendre un exemple qui me concerne, un de ceux-là est un petit endroit très cocasse où je passais plus de trois mois de vacances, chaque année avec mes grands-parents. Pour moi cet endroit particulier est plus qu’important : il est déterminant de ce que je suis devenu en partie plus tard, grâce à lui. Mais en regardant affectueusement mes intimes qui font tout ce qu’ils peuvent pour s’émerveiller de « mon endroit », je dois me rendre à l’évidence et constater que cet endroit ne leur fait rien du tout. Ils peuvent juste se moquer gentiment de moi et des trois maisons, à moitié délabrées qui se battent en duel dans ce petit bled paumé où se trouve le berceau de mon enfance !!!

Si je me fais bien comprendre, chacun a son lieu dit, son lopin de terre bien à soi… mais personne d’autre ou presque ne pourra apprécier avec soi-même cet endroit dont il est question au plus profond de son être. C’est ainsi et rien ne peut vraiment changer cet état de fait.

Comme j’ai pu l’entendre dans des interviews, Jacques Brel et Georges Simenon (comme tant d’autres) s’accordent à penser que la plupart de nos constructions intérieures se font en chacun de nous de 0 à 16 ans !!!

Certes nous avons chacun de toute façon des aptitudes pour absorber tel ou tel élément, plutôt que tel autre, mais je pense qu’une bonne partie de notre personne est déjà « programmée » ou « préprogrammée ».

C’est un sentiment que j’ai depuis fort longtemps. Il vaut ce qu’il vaut, bien entendu.

Ainsi les magiciens que nous rencontrons ne nous apportent pas tant de réelles informations nouvelles ou un nouvel élan, une nouvelle inspiration… Ils nous permettent plutôt de nous connecter à nos propres attentes inconnues de nous-mêmes auparavant mais pourtant déjà bien présentes.

Nos rencontres magiques sont ainsi plus des catalyseurs inconscients que des guides : elles nous révèlent plus qu’elles nous transforment.

Si nous acceptons ma pensée pour quelques secondes (histoire d’essayer de me comprendre jusqu’au bout !), nous sommes donc victimes de nos « ancrages » au début de notre vie (de 0 à 16 ans).

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Par exemple, si nous avons vu un « gros-gros-gros-gros-mauvais-qui-faisait-de-la-magie » dans cette période… hé bien tout en étant soi-disant « vacciné » de la magie à cause de cette mauvaise expérience, nous aurons tendance à proposer une magie qui ressemble à celle qui nous a pourtant « gavés » d’entrée de jeu !!!

Voici une image différente pour tenter de me faire mieux comprendre : vous êtes victimes souvent, en allant dans un café quelconque, d’erreur dans la commande que vous passez. Votre habitude est de prendre par exemple un Coca Cola et on vous sert fréquemment un Coca Light !!! Observez votre manière de procéder pour obtenir votre Coca. La peur de ne pas vous faire comprendre, votre frustration d’avoir encore le mauvais Coca, vous a donné l’habitude de dire à peu près ceci au garçon de café : « Je voudrais un Coca s’il-vous-plait, mais pas un « Light », pas un « Coca light », je n’aime pas le « Light »… » Vous aurez alors toutes les chances que le garçon vous apporte un Coca Light car sa mémoire de votre commande est entachée du nombre de fois important que vous avez formulé le nom « Coca Light », alors que vous attendez un Coca Cola tout bête que vous désespérez obtenir !!!

De même, si dans notre enfance nous voyons un mauvais numéro de magie à base de techniques d’un haut niveau effectuées de « bas niveau » ( !), nous aurons tendance plus tard à choisir des techniques de haut vol, effectuées comme un cochon. Voilà ce que je veux dire, schématiquement, bien entendu.

Cela étant dit, il ne faut pas confondre ni mélanger non plus les notions.

Tout reste possible.

Chacun apporte dans sa vie des choses nouvelles et différentes de ce qu’il a ingurgité souvent contre son propre désir.

Par exemple, un jeune enfant qui aimera plus tard la montagne fut influencé dans sa prime jeunesse par le fait que ses parents l’ont amené chaque année y passer ses vacances. Par contre, l’adulte qu’il est devenu sera peut-être très féru d’escalade, alors que ses proches détestaient ce sport !!! Il a apporté un plus, inconsciemment, mais toujours à la montagne, non ?


Fév 09 2009

NOUS AVONS TOUS LE DON DE CREER

Est-on prédestiné à créer ?

La question suppose une fièvre de vaincre certaine, mais dénote aussi une fragilité, liée au besoin de produire rapidement quelque chose de significatif. Il faut « sortir » du carcan, du cercle infernal, qui consiste à vouloir trop vite des résultats probants. Je fais allusion à l’attitude qui consiste à chercher pour chercher… Je crois que nous pouvons être prédestinés à quelque chose, à toute chose même.

Notre background d’être humain (je parle de nos origines post-Cromagniesques), nous a prédisposés à la création sous toutes ses formes. Ne sommes-nous pas dotés, d’entrée de jeu, de la conscience de vivre, de mourir, de rêver, de fantasmer ?

Autant de fonctions que nos cousins les animaux tels que la gazelle, le serpent, le cacatoès… rêveraient d’avoir en eux ? Dans ce cadre j’affirme donc que nous sommes prédestinés à créer. Ensuite vient tout le cortège d’impossibilités que nous avons bâties, pour des raisons très diverses. Ces priorités nous ont empêchés de résoudre d’autres fonctions, qui sont en nous pourtant. Ne croyant pas en nous-mêmes, la plupart du temps, nous avons la fâcheuse tendance de penser que nous ne sommes capables que d’une seule chose, dans une vie complète !!!

Grossière erreur, m’est avis !


Fév 02 2009

L’IMPERMANENCE

« PLAISIR D’AMOUR NE DURE QU’UN MOMENT…

MAIS EST-CE QUE TOUTE CHOSE NE DURERAIT PAS QU’UN MOMENT ? »

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Partant de cette maxime ancienne… effectivement tout ne dure qu’un moment.

Tout est éphémère. Tout est impermanent.

Ok. Alors dans ces conditions attendrons-nous que la mort arrive en nous tournant les pouces ? Ou ferons-nous l’impasse sur ce fait et on inventera, on créera… comme si nous étions capables de vivre 150 ans en moyenne, en restant dans une forme physique et mentale hors du commun ?

Comme on peut l’imaginer je pencherais pour la solution des 150 ans ! Elle n’a que des avantages.

On peut vivre dans l’idée de vivre le double (80 ans de moyenne pour un homme) !

C’est un peu comme le voyage qu’on entreprend en voiture :

1100 km

à parcourir. On se relaie à deux. Le temps semble long tout de même dans la voiture pourtant très confortable. On voit que 320 bornes viennent de s’engloutir sans avoir le temps de crier ouf ! Les derniers

80 km

, par contre, semblent interminables. La motivation est forte quand on décide d’effectuer

1100 km

. On ne se demande pas quand tout ce trajet se terminera, alors qu’il reste plusieurs centaines de kilomètres à faire. Donc les premiers 500 se feront en douceur, presque sans sentir la fatigue ou la lassitude.

Il en va de même pour ce qu’on a à faire dans une vie.

Certains « jettent l’éponge » vers la quarantaine, d’autres vers la cinquantaine… vers la soixantaine les résolutions d’antan s’émoussent encore plus.

A part quelques personnes comme « le Professeur », peu de gens vivent intensément tout leur temps, avant le grand voyage. Dommage, non ?

Et si nous devenions plus ou moins tous des « Professeur » en herbe ?

Et si nous nous moquions du fait que nous allons passer de vie à trépas plus vite que l’éclair…

Il suffirait de regarder de plus haut quelques décennies de vie terrestre face aux centaines de milliers d’années qu’il a fallu pour devenir des êtres plus humains…

Moquons-nous de ce qui peut nous effaroucher, nous faire croire que rien ne vaut la peine de se bouger le cul !

Cessons de penser particulièrement à la pérennité, à ce qui reste de soi une fois que tout s’est évaporé dans la poussière…

Nous allons tous disparaître. Ok ! Vivons comme si nous étions immortels, ce que nous sommes d’ailleurs à chaque moment de la vie !

Je veux dire par là que pendant un moment précis rien ne semble pouvoir nous arriver. Tout semble possible. Nous vivons le miracle de la vie à chaque instant. « Miracle » car tout aurait pu basculer et nous aurions été foudroyés d’une seconde à l’autre.

Si nous partons de ce postulat pour vivre l’instant présent au maximum, les choses peuvent se dessiner autrement. Nous pouvons nous envoler dans nos pensées et nous retrouver aux côtés d’un Louis quelconque de ces Rois de France d’antan, ou flirter avec les anges qui d’un coup de volonté (ou de baguette magique… au choix !) deviennent disponibles pour la bagatelle, si « ça nous chante » !

Tout devient possible, je vous dis !

 Et surtout, le confinement est remisé à une date non définie. Les soucis inhérents au devenir de notre carcasse et de l’âme, la question des atomes qui resteraient immortels après la fin du court métrage qu’est notre pauvre vie… tout cela (et bien d’autres choses !) est mis de côté au profit de notre travail du jour : le même que celui qui nous animait avant que nous nous disions des choses désagréables sur notre personne !!

J’aime penser que tout peut s’exhausser, si on le désire vraiment !

Petite parenthèse : l’éphémère peut également devenir une piste de recherche privilégiée à un autre niveau. Un tour de magie n’est souvent pas très long. Une espèce de court métrage pour le cinéma, en quelque sorte ! Le tour se déroulera donc assez rapidement d’une part et l’objet disparaîtra à la fin de l’expérience, d’autre part ! Fin de la parenthèse !

 Si on développe pour un public le côté « ne dure qu’un moment… », la nostalgie va vite prendre le pas sur la bonne humeur que nous nous devons d’insuffler en tant qu’artiste, m’est avis.

Par contre, si on prend le contre-pied de cette maxime en expliquant que, comme tout est éphémère, le seul instant d’une vie qui est « immortalisé » par nous est le présent… nous pouvons faire monter très haut le spectateur dans notre monde et lui faire pousser des ailes, j’en suis convaincu !

Nous le transportons là où son inconscient n’arrête pas de le solliciter : devenir immortel. Vivre heureux pour l’éternité est le rêve de la plupart d’entre nous.

Comme le tour que nous allons lui faire vivre sera sympa, drôle, plein de rebondissements, que nous le ferons chanter à l’unisson avec les autres spectateurs, etc. il va vivre un instant d’éternité hors du commun qui le rapprochera du songe que nous venons de lui faire vivre : un bout d’éternité !

Pour reprendre l’image des kilomètres en voiture du début de cet essai, imaginons que notre recherche du tour par exemple n’en est qu’à son commencement : nous aurons ainsi plus de temps « virtuel » pour le concrétiser ! Si on aborde le tour comme on aborde les 80 derniers kilomètres du périple Paris/Nice, on angoissera et rien ne sera vraiment productif. Tout cela pour dire qu’il est bon parfois de se mentir à soi-même pour la bonne cause, au lieu de s’économiser (ce qui ne manquerait pas de nous aigrir un peu plus dans la quête que nous menons contre les «bâtons dans les roues » que nous nous inventons pour ne pas progresser !).

C’est d’ailleurs assez fou de constater les raffinements de cruauté que nous imaginons pour ne pas terminer un travail qui nous plaît par ailleurs !

Comme nous le savons bien et que nous avons aussi compris que nous sommes comme nos spectateurs – au moins en grande partie – pourquoi ne pas écrire des histoires magiques ayant trait à cette inertie maladive pour en faire un tour ou bien une routine !

Les gens vont apprécier de voir un artiste prendre le contre-pied de ce genre de maladie humaine chronique en réalisant au passage le tour ou la routine, avec humour et détermination ! Le spectateur pourra vous admirer de l’avoir renseigné indirectement sur quelques-unes de ses propres carences.

N’est-ce pas notre rôle aussi de l’aider à devenir meilleur ou au minimum de lui procurer assez d’évasion pour qu’il oublie ses propres torpeurs ?

Vous savez bien que la démarche, s’intégrant dans l’inconscient collectif, est porteuse de succès.

La notion du présent qui devient l’éternité…

Cette approche donnera des ailes au public parce qu’elle a su nous en donner à nous-mêmes en amont.

Nous recherchons désespérément l’éternité. Nous avons conquis des instants qui sont devenus parfois, grâce au talent, des tranches d’éternité.

Les faire partager avec le public « dope » le spectateur qui est venu chercher chez nous ces moments tant convoités.

Conclusion : « le plaisir peut ne pas durer qu’un moment… » 

Chantez avec moi : … 3, 4 : plai-siiiir-d’aaa-mour…

FIN


Jan 26 2009

MEFIONS NOUS DE L’IMAGINAIRE…

 Comme nous ne sommes limités que par notre imagination… soyons méfiants de ce qu’elle peut nous induire parfois !!

Avec l’imagination on peut tout ou presque. Mais le souci parfois est de construire dans son imaginaire beaucoup de choses extraordinaires (je parle dans le domaine de la création magique) mais qui le sont tellement dans son esprit que rien ne nous motive pour les extraire et les faire vivre dans

la réalité. La

vraie.

Nous devons alors nous méfier comme de la peste de ce genre de réflexions…

 Tour de carte

La pensée, les idées « non concrétisées » se multiplient à mesure que nous faisons travailler notre cerveau. L’écueil de ce processus est que dans la tête tout peut s’enjoliver à tel point, (je pense par exemple à une carte à jouer qui devient à vue de plus en plus grande, recouvre un tapis de cartes… se plie, s’élève de la surface, se redéplie dans l’espace et se transforme à vue en la carte tout juste pensée à la seconde par un spectateur…) que la réalité sera bien terne, une fois réalisée !!!

Notre imaginaire va « plomber » ce que nous pouvons créer, si nous n’avons pas le recul nécessaire.

Ce problème est souvent rencontré, lors de recherches systématiques. Celles qu’on s’impose de toute façon, par hygiène quotidienne. Je voulais en parler un peu pour permettre à ceux qui tombent dans ce piège de s’en sauver le plus rapidement possible.

Comment faire la part des choses entre l’imaginaire « pur et dur » et celui qui nous conduira peut-être sur une nouvelle piste REALISABLE cette fois ?

Aucune idée. Aucune idée si je devais dire que la piste que je vais donner était la bonne… pour d’autres que moi-même.

Si l’on admet que je n’ai pas cette prétention, je veux bien parler de mes petites manières de débusquer la pensée « active » de celle qui me conduit à avoir envie d’aller me coucher au plus vite sans aller plus loin dans mes pérégrinations. Je veux parler des phantasmes magiques irréalisables la plupart du temps. Très démotivant de penser à un effet « absolu » et terminer par une carte choisie forcée, retrouvée comme presque tout le monde. Vous comprenez bien le souci, je pense.

J’ai pour habitude de travailler sur un tour « rêvé » en considérant mes propres moyens actuels. Je précise car il arrive avec le temps que les idées « infaisables » deviennent possibles grâce aux nouvelles techniques et approches des précédents avancements technologiques. En clair, en trouvant des tours on est amené à trouver de nouvelles pistes techniques qui souvent sont réutilisables pour d’autres offices… ce qui amène une nouvelle puissance de déduction, appuyée par les nouvelles approches trouvées au hasard des tours créés ultérieurement.

J’aime à réfléchir sur ce qui reste possible pour mon entendement actuel ou du moins pas trop éloigné de celui-ci.

Cette approche permet de ne pas s’enliser trop dans des méandres insoutenables.

L’angoisse de la feuille blanche pour l’écrivain peut naître de ce trop plein d’idées « ingérables » sur l’instant.

Notre esprit est sans limite… c’est pourquoi je crois « sain » de le limiter par moments pour éviter les sables mouvants et les tempêtes sous un crâne.

Au départ il faut savoir si l’on possède une idée qui vaille la peine d’être explorée.

Si la réponse est oui, arrêtons le processus de la pensée « libre de toute contrainte » et attaquons-nous sur cette idée de base.

Est-elle « faisable » avec nos moyens techniques ou avec nos connaissances scénaristiques ?

Si la réponse est encore oui… reprenons cette fameuse pensée libre pour quelques instants.

Cette fois la pensée nous a apporté de nouveaux effets.

Recommençons à raisonner avec la même attitude…

Pouvons-nous réaliser « en vrai » ce qu’on vient d’imaginer ? Si la réponse est plus mitigée cette fois, il est temps de se consacrer à la faire exister pour pouvoir aller de l’avant.

Sinon on commencerait à s’enliser dans des pensées qui nous mèneraient à nous enfiler une bonne glace devant un programme niais sur une chaîne qui adore nous voir « buloter » dans notre coin.

Cette manière de penser nous conduit, chemin faisant à rendre possible une idée qui n’était, il y a quelques minutes, qu’un songe ou presque.

J’aime pouvoir me dire que mon seul réel capital est mon imagination. Je peux l’emmener partout. Personne ne peut me la voler, puisqu’elle est sans limite !

Je sais, comme avec la technique et le travail, que personne ne peut me rejoindre sans des efforts conséquents.

Une fois que l’autre fournit un travail équivalent,il devient une espèce d’ami à qui nous n’avons plus besoin de ne rien cacher. Il fait partie de la même troupe de recherche.

Elle n’est pas belle la vie ?

Dominique.


Jan 19 2009

GARDER SON AME D’ENFANT

Je crois aussi que nous sommes restés de grands enfants comme certains réalisateurs, écrivains… Il est merveilleux de pouvoir s’appuyer sur des passions qui nous permettent de rester ou de redevenir les enfants que nous sommes à l’origine.

Je pense sincèrement que nous sommes tous des enfants. Le problème vient avec l’âge qui nous éloigne et nous rapproche en même temps de nous.

Celui (ou celle) qui veut vivre de temps en temps la vie d’adulte, par nécessité, mais qui se réserve ses jardins secrets d’enfant pour mieux exister dans sa vie d’adulte sera à coup sûr un homme ou une femme heureux(se).

A et D cartes

Nous « vendons » au public que nous sommes magiciens, alors qu’il sait bien que nous ne sommes pas de vrais magiciens. Ce protocole accepté tacitement par les deux parties (« faux » magicien et public) nous permet de devenir, par instant, de vrais magiciens.

En effet quand nous effectuons un tour, même si nous savons comment il fonctionne, il devient ou peut même devenir pour nous-mêmes un miracle. À cet instant précis nous sommes des magiciens. Des vrais. Le public et le magicien redeviennent des enfants qui croient au Père Noël. Et pour boucler la boucle par rapport à nos premiers propos, nous ne sommes rien de moins ou de plus que le cinéaste qui arrive à nous « embarquer » dans ses rêves le temps d’un film.

Tant que des gens comme eux et nous y croiront toujours… le monde sera encore loin de sa fin !