Jan 10 2011

Pâtes à ma façon

Toutes mes excuses : vous avez dû remarquer que je n’étais pas au rendez-vous de ce matin sur mon blog ! Je suis désolé de ce retard, mais nous sommes en pleine semaine de tournage ici au Double Fond et votre serviteur ne peut pas être au manche et à la cognée !

Pour varier les plaisirs et surtout vous permettre de découvrir d’autres facettes de moi, voici une recette… de cuisine pour changer ! Oui, il m’arrive aussi de cuisiner…  P1040700

J’ai eu ma période « sushi » dans les années 80, car j’ai toujours été un fou de l’art culinaire japonais, bien avant l’engouement général actuel. J’utilisais de véritables couteaux professionnels de chef sushi japonais pour mes découpes (zut, je viens de me couper, tellement il est professionnel, le matos). Vous commencez à me connaître maintenant, j’étais à fond dedans, un peu comme dans tout ce que j’entreprends en fait ! Les amis de l’époque adoraient mes sushis… Je me souviens même en avoir préparé à Ton Onosaka, un très célèbre magicien japonais (je dis ça pour les incultes), qui était venu chez moi pour goûter ça !!! Il avait semblé content et… surpris à la fois (vous savez les Japonais sont souvent curieux) ! Pourquoi préparer vos sushis vous-même, m’avait-il dit, alors que des Maîtres le font pour nous dans tous les restaurants du monde ? Avec le recul, je me suis d’ailleurs demandé si c’était un compliment, mais bon !!! Ses gloussements significatifs après chaque bouchée m’avaient rassuré à l’époque (les Japonais font des bruits et des hochements de tête quand ils aiment ce qu’ils mangent). Mais je m’égare (du nord), car je veux vous parler d’une de mes recettes « phare » depuis toujours : les pâtes à ma façon. Des centaines de magiciens (en plus des amis et la famille bien sûr), en ont bénéficié depuis plus de 30 ans. Tous m’ont plus que félicité pour ces nouilles, alors, aujourd’hui… c’est le jour de vous donner ma recette, inventée en 1973, une nuit de mars pour être très précis (je pense aux historiens de la magie qui vont vouloir rétablir la vérité dans quelques décennies sur ce thème). Il faut vous dire que je suis sicilien par ma mère et fainéant de nature, DONC je dirai que cette recette sera « à consonance italienne », avec des ingrédients approximatifs (étant fainéant, souvenez-vous !).

Voici, pêle-mêle, les éléments de base et je vous préciserai quelques détails par la suite :

INGRÉDIENTS POUR 6 PERSONNES
1KG DE SPAGHETTI PANZANI
COMTÉ : 100 GRAMMES
EMMENTAL : 100 GRAMMES
PARMESAN : ENVIRON 60 GRAMMES
4 BOITES DE SAUCE TOMATE A LA VIANDE RÔTIE BUITONI
CRÈME FRAICHE : 5 BONNES CUILLÈRES A SOUPE
6 JAUNES D’ŒUFS EXTRA FRAIS
BEURRE : 60 GRAMMES
SEL – POIVRE
GROS SEL
MATÉRIEL
1 SALADIER VIDE pour mettre les différents fromages, mêlés abondamment.
1 BOL VIDE pour les jaunes d’œufs.
2 FOURCHETTES pour touiller la préparation des jaunes, crème fraîche, sel et poivre !
1 CUILLÈRE EN BOIS pour touiller lentement la sauce tomate à feu doux
1 COUTEAU pour couper le beurre à la fin.
1 PASSOIRE pour égoutter les pâtes.
PINCE Ā PÂTES pour servir plus vite les assiettes.
6 ASSIETTES CREUSES, vous savez pourquoi !
1 GROSSE COCOTTE pour faire cuire le kilo de pâtes Panzani.
1 PETITE CASSEROLE TEFAL pour cuire à feu doux la sauce tomate Buitoni.
PRÉPARATION
FAIRE BOUILLIR DE L’EAU AVEC UNE BONNE POIGNÉE DE GROS SEL
VERSER LA SAUCE TOMATE DANS UNE CASSEROLE
ASSEMBLER LES DIFFÉRENTS FROMAGES EN TOUILLANT BIEN DANS UN SALADIER
MELANGER DANS UN BOL LA CREME FRAÎCHE ET LES JAUNES D’ŒUFS, SALER ET POIVRER ABONDAMMENT
FAIRE CHAUFFER Ā FEU DOUX LA SAUCE TOMATE
FAIRE CUIRE LES PĀTES AL DENTE
EGOUTTER LES PĀTES MAIS PAS TROP
LES BEURRER DANS LA COCOTTE
INCORPORER LE MÉLANGE ŒUFS-CRÈME ET TOUILLER ÉNERGIQUEMENT
AJOUTER LA PRÉPARATION DES FROMAGES PAR POIGNEES SUCCESSIVES EN TOUILANT ÉNERGIQUEMENT
INCORPORER LA SAUCE TOMATE
SERVIR IMMÉDIATEMENTEt nous voici rendus à servir les 6 portions et à déguster ! 

Cette liste est mon pense-bête depuis des décennies. S’il manque des précisions pour réussir ces nouilles, demandez-moi et je donnerai les directives qu’il faut, en cas d’oubli de ma part. Tentez la chose, je pense que vous serez surpris agréablement du résultat. Méfiance tout de même, car un des secrets de la réussite de cette recette est dans l’huile de coude qui doit être au rendez-vous, lors des différentes phases de touillage.

Bon appétit !

 

Amitiés

Dominique Duvivier

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Jan 03 2011

Bonne année !

Voeux2011-400


Jan 03 2011

Le Pocket Wallet


Jan 03 2011

Le Reverse Wallet


Déc 27 2010

En réponse à…

Bonjour à tous !

J’espère que vous passez de bonnes fêtes de fin d’année ! N’oubliez pas de bien profiter des êtres qui vous sont chers.

J’ai reçu d’intéressantes questions de la part de « Jeannot57 », alors, pour cette semaine, je propose de partager mes réponses avec vous tous.

Bonne lecture

Avec toute mon amitié

Dominique Duvivier

Jeannot57 : « Vous nous parlez souvent de cinéma. Mais qu’en est-il de la musique ? Je sais que vous aimez les Beatles. Je pense que la musique est un élément essentiel dans un film et dans un spectacle, car c’est elle qui apporte en partie « l’ambiance » et/ou le rythme. Comment orientez-vous vos choix musicaux pour un spectacle ? »

Dominique Duvivier : J’avais déjà écrit un texte il y a quelques temps sur ce sujet alors je te le confie pour l’occasion et tu me diras si cela répond à ta question, ok ? Le voici :

« La musique fait tellement partie de ma vie que je peux dire qu’elle est partout. Dans mes spectacles par contre, vous remarquerez que la musique n’est pas omniprésente. Et pourtant, c’est bien le cas pour moi, car chacun de mes mouvements magiques est une sorte de note de musique « silencieuse ». J’ai en effet tellement travaillé avec la musique et sur la musique, qu’elle s’immisce partout dans mon travail, jusque dans mes mots ! Le rythme, le tempo, les mélodies… tout est retranscrit sous forme d’effets magiques, de mouvements, de réparties…

La musique des Beatles notamment m’a énormément influencé, alors que j’étais encore tout môme. Dès l’âge de 12 ans, je m’y suis immergé. Je suis toujours resté un amoureux des musiques dites « pop music » : Electric Light Orchestra, Supertramp, Bob Dylan, Elton John, Simon and Garfunkel, George Harrison, Paul Mac Cartney, John Lennon et tant d’autres bien sûr… Tout ou presque de ce genre musical me plaît, me fait griffer les étoiles !

Par contre j’ai de grossières lacunes en musique classique par exemple… hormis celles reprises dans les films de Stanley Kubrick ! Je regrette d’ailleurs de n’être pas plus friand de musique classique. Je tente parfois de me soigner, mais je sens qu’elle n’arrive pas à résonner en moi. Elle a tendance davantage à m’endormir qu’à me faire rebondir sur une nouvelle routine magique ! Je sens que je suis victime du concept « Toute la construction d’un homme se joue entre 0 à 16 ans ». Comme je n’ai pas baigné dedans dans les âges en question, je n’y suis pas sensible… ou presque ! Je vois certains mélomanes s’éclater vraiment physiquement en l’écoutant, alors que moi je me demande ce que je fais là… Une horreur ! Je n’aime pas subir des choses comme celles-là. Mais visiblement, je n’arrive pas à sublimer cet état, donc je fais avec. Parenthèse fermée.

Comme je viens de l’exprimer en survolant seulement ce qu’elle parvient à provoquer en moi, la musique fait partie intégrante de ma vie de chercheur invétéré, au plus haut niveau. Je construis d’ailleurs très souvent mes routines en m’inspirant d’un morceau qui me fait vibrer. Je crois fondamentalement que ce que je ressens avec une musique, peut se traduire en magie, directement. J’écoute attentivement le morceau en me demandant ce que le compositeur en question aurait exprimé s’il avait eu l’art magique comme support à son interprétation. J’invente les situations magiques qui me semblent, pendant un moment, celles que le compositeur imagine là, tout de suite avec moi. Le temps de mon écoute, il devient magicien et mon rôle n’est que de dépister, de transcoder son message musical en partition magique. L’histoire de sa musique est retranscrite pour devenir une histoire magique. Notez que, quand il s’agit d’une chanson, je n’en comprends souvent même pas les mots, mais il s’agit là presque d’une arme supplémentaire pour mes investigations. En effet, je crois que le fait de ne rien comprendre aux phrases anglaises que j’entends, me permet de rester encore plus libre d’imaginer ce que bon me semble, encore plus connecté profondément à la musique en elle-même. Je me sens finalement un peu comme un de ces historiens passionnés qui tentent de faire parler les tableaux à l’église de Rennes-Le-Château, pour qu’ils expriment ce qu’ils recèlent de secrets cachés… Vous voyez ? Ces instants sont si merveilleux à vivre, je vous l’affirme… »

Jeannot57 : « En tant que grand fan de Doors et de Hendrix qui pour moi sont des « faiseurs de miracles » en termes de musique et de paroles, je rêve un jour de présenter un tour de cartes sur fond musical hendrixien. Mais comment ne pas dénaturer le tour ou inversement l’oeuvre musicale et éviter tout hors sujet ? »

Dominique Duvivier : Il faut que tes musiciens fétiches deviennent les auteurs de ta partition magique. Et tu dois te fondre dans leur musique avec ta routine (voire même – pourquoi pas – en écrire une qui pourrait coller parfaitement ?). C’est mon sacerdoce permanent. Voici la  suite de mon texte sur la musique. J’espère que cela pourra t’inspirer dans ta recherche :

« Il y a une autre passion qui s’est greffée, au fil des ans, à mon patrimoine de recherches musicales, ce sont les musiques de films. Elles ne sont que très rarement accompagnées de mots, mais l’écriture même des partitions pour le cinéma est souvent une véritable histoire dans l’histoire ! Mes auteurs fétiches dans le domaine en question sont bien entendu Ennio Morricone et François de Roubaix mais également John Williams ou Vladimir Cosma. Mais il y en a tant d’autres !

Quand je me sers d’une musique directement, j’essaie non pas de choisir la facilité qui consiste à présenter un tour muet accompagné d’une musique mais plutôt de pouvoir charger mon tour d’une nouvelle émotion qui entre dans le cadre de mon écriture. Par exemple : dans le final de mon spectacle « Intimiste », le tapis volant fait finalement voler un billet de banque emprunté ! Dans le scénario, comme je viens de raconter que la musique de « Hey Jude » signifiait quelque chose de très personnel pour moi, le tour du billet, ponctué par la musique de la petite boîte (relayée à son tour par la musique originale), crée une ambiance très particulière qui est propice à un vrai grand final.

Quand la charge émotionnelle est identifiable par tous immédiatement, je prends souvent l’initiative d’inverser les masses. Je m’explique : si le morceau de musique est très fort en lui-même, je bâtis le tour autour de lui. Par exemple dans Intimiste II, le morceau de George Harrison utilisé dans mon set Goshman (rien que d’évoquer ce morceau, cela me donne des frissons partout), fut travaillé en partant du principe que les notes et les paroles ponctuaient l’image d’un pantin qui s’articulait. J’ai donc décidé de jouer sur mes « Pièces à travers la table », le rôle d’un mec qui avait des gestes syncopés, pour « drôlifier » les voyages de pièces. Sachez que la musique m’obsède au point que j’ai imaginé une suite à ce voyage en faisant changer les pièces de couleur, juste pour entendre plus longtemps le morceau de George ! Je crois que la routine magique en musique d’Harrison est une routine de lui, pas de moi. Dans la série de mes spectacles « Intimiste », je rends hommage à plusieurs grands magiciens, et, bien que je ne le dise pas, je rends également hommage à ceux qui m’ont aussi construit, grâce à leur musique comme Les Beatles, Harrison, Michel Polnareff…

La musique procure vraiment quelque chose de fort en moi… C’est un sentiment qui me dépasse. Si j’évoque certains noms comme Cat Stevens, par exemple, rien que le nom me bouleverse quelque part. Je le précise pour mieux me faire comprendre : ce que j’éprouve avec la musique doit se transmettre dans ma magie. Je veux provoquer le bouleversement que la musique provoque en moi. J’en ai la certitude depuis déjà de longues années. Au début mon obsession a été juste : comment partager avec mes amis cette musique qui me met dans un tel état de transe ? Cet état si fort qui est un peu des bouts de mes idoles musicales ? Mais partager avec quelqu’un un morceau de musique vibrant à ce point pour soi-même, n’est pas une mince affaire… au point que j’ai cessé de m’y évertuer et que j’ai choisi petit à petit plutôt une autre voie : la mienne, la magie. L’idée : chanter intérieurement mes morceaux préférés tout en proposant « officiellement » un tour qui rallie la salle. Je veux donner au public ce que je ressens par la musique, sans qu’il en entende une seule note ! Si je pense par exemple à Jacques Brel, que je le revois me jouer et chanter « Amsterdam », juste pour moi… et si je dois faire un tour à ce moment précis… mon tour sera imprégné de ce morceau, de la détresse de Brel, de sa mélancolie et il deviendra un tour fort, dans le sens qu’il fera quelque chose au public de bien différent que si j’avais simplement voulu me faire mousser avec un tour technique pour montrer ma force ! Je veux prendre mon public par les tripes ! Ma musique intérieure donne le ton de mon tour et il ne me reste plus qu’à en écrire l’histoire. Vous comprenez ? Si je repasse dans ma tête sa chanson « Les Bigotes », mon tour sera plus corrosif que triste, ne serait-ce que par le fait que la structure du morceau de Brel est sarcastique. Voici quelques pistes de travail que je fréquente sans cesse.

Avec toute mon amitié

Dominique Duvivier

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Déc 20 2010

Photos de famille : mes jeunes années

Dominique aux Baléares 17 ans - 1967

Je dois avoir pas plus de 17 ou 18 ans sur cette photo (j’ai toujours fait plus vieux que mon âge)… Période où je me la pète grave ! Je suis aux Baléares et c’est ma copine de l’époque (celle juste avant ma femme Marie-Christine) qui prend la photo du bellâtre ! Je me souviens que quelques heures plus tard je prendrai le bus et que quelqu’un volera mon portefeuille avec tous mes papiers et la thune que je possédais…. J’irai à l’Ambassade de France et connaîtrai Europ Assistance : les joies des voyages et de la vie adulte commençaient… D’ailleurs je n’ai jamais aimé les voyages ! A cette époque je me cherche : j’ai déjà arrêté les études (depuis l’âge de 16 ans) car ce n’était vraiment pas mon truc. Je pratique la magie bien sûr mais pas encore sérieusement. Le vrai déclic n’est venu que quelques années plus tard en 1972. Par contre je pratique énormément l’Aïkido et aussi le bowling, comme un fou ! C’est d’ailleurs lors d’une partie que j’ai rencontré ma future femme… Je gagne un peu ma vie en travaillant comme vendeur chez Inno Passy puis au BHV. Je suis à fond dans ma période Beatles, vous pensez bien ! J’adore danser aussi et je me débrouille plutôt pas mal : je rentre gratos dans les boîtes de nuit car les patrons trouvent que je suis un bon meneur de danse, je mets le feu sur la piste !

Dominique et sa mère 1968

J’ai 21 ans. Je pose avec ma mère et le premier chien que nous venons d’acquérir avec ma femme. Par anticonformisme nous l’avons appelé comme un monarque : Napoléon !  C’est notre première visite avec lui chez ma maman, Cours de Vincennes dans le 12ème arrondissement de Paris. Lieu où j’ai vécu avec mes parents jusqu’au dernier moment avant de me marier en 1970 (un an avant cette photo). Marie-Christine ma femme immortalise la scène. Elle adore faire des photos et des films, une de ses innombrables qualités.

Avec toute mon amitié

Dominique Duvivier


Déc 13 2010

Radio Duvivier : Star War

Aujourd’hui, nouvelle formule, histoire de casser un peu les habitudes : vous allez pouvoir m’écouter au lieu de me lire ! Une autre façon de faire et de dire les choses : j’espère que cette expérience vous plaira. En tous les cas, tenez-moi au courant de vos impressions tant sur la forme que le fond ! 

Au fait merci encore à tous ceux qui participent à ce blog : je reçois sans cesse des messages et cela fait vraiment plaisir. Pardonnez-moi simplement si je ne réponds pas à tout le monde ! 

Vous allez donc m’entendre lire un article extrait de mon magazine de cinéma fétiche « Brazil » (impertinent, décalé et passionné, tout comme j’aime… enfin un magazine de cinéma qui n’a pas une langue de bois !). Quand j’ai lu cet article, j’ai eu un coup de foudre et j’ai eu envie de le partager avec vous. Par avance, veuillez m’excuser car la lecture n’est pas toujours fluide : je me suis enregistré « à froid », sans me préparer spécialement. Je crois que, comme en vidéo, je préfère la spontanéité pour donner un vrai « goût de réel » aux choses que nous vivons ensemble…

Installez-vous au coin d’un feu quelconque et écoutez bien…

 A++
Dominique Duvivier

Téléchargement Radio Duvivier Star War dans Brazil

 


Déc 06 2010

PONTA THE SMITH…SICK

Un DVD produit par French Drop. Ltd

Sous-titre de cette merveille : 11 no-gaff coin routines

Il n’y a pas si longgguetempsss (comme disait mon instit pour m’aider à écrire comme il faut le mot « longtemps » quand j’étais petit… véridique !), je vous ai parlé des frères Buck, les « best in the world » au niveau technique de cartes à ce jour (voir mon « Magiphageuh n°7 de juillet dernier, si vous voulez).

Eh bien, ça y est, pour les pièces (désolé pour David… Roth et les ceusses d’après qui l’avaient déjà détrôné), nous en sommes rendus au nouveau « killeur de la mort qui tue » , au « best » : c’est un japonais et il s’appelle Ponta the Smith ou Ponta le Sick comme vous préférez !

Comme ses cousins les Buck (façon de parler bien sûr), c’est quasi un autiste de la parole. Zéro texte. Zéro recherche de scénarisation. Je dirais même qu’il s’en fout encore plus que les deux frères… Difficile mais vrai ! Sa manière de nous regarder une seule fois dans tout le DVD semble vouloir dire : « Circulez ! Je n’ai pas envie de parler, regardez juste ce que je sais faire et puis c’est tout ! ». Je crois d’ailleurs que cela doit être le mec qui a filmé, qui a dû lui dire : regarde au moins une fois la caméra, histoire de montrer qu’il s’agit d’un VRAI mec à l’écran et non de mains bioniques qui font le boulot pour toi ! Alors, quand on le voit travailler si bien, pour quelqu’un comme moi qui ai bossé toute ma vie pour scénariser et faire de mes tours de vraies petites pièces…de théâtre, on peut se dire qu’on est à des années lumière de son travail… ou l’inverse ? Mais on peut aussi se dire que chacun voit midi à sa porte : lui fait partie de la nouvelle génération des magiciens qui ne communiquent pas de la même façon que moi et c’est très bien. Comme ça je reste dans le jus. Par contre les pauvres magicos qui tentent encore de se distinguer par leur dextérité avec des pièces… peuvent directement aller se recycler dans la vente de pommes de terre avec un magicien canadien de leur choix…

Je plaisante bien entendu pour la contrée… Chacune est louable, vu que tous les pays regorgent de merveilles, mais je m’égare (de l’est) !

Je vous disais donc que ce mec (Ponta the Smith) est hallucinant. Son toucher est presque inhumain. J’insiste !!!

Et le mode « explication » de ses effets est du même tonneau : pas de paroles, quasi aucune explication avec des mots. Vous voyez juste les effets de la partie « démonstration » filmés dans un autre angle et plus lentement. Pas si lentement mais plus lentement. Vous voyez ce que je veux dire ? Cool !

C’est un adepte de j’ai-rien-de-magouillé- dans-les-mimines. De temps à autre, juste une pièce en rab histoire de faire croire qu’il peut avoir besoin de truquer un peu, mais juste un peu. Sinon sa dextérité fait tout le reste. C’est dingue.

Dans ses mains, les mouvements les plus classiques ne sont plus classiques. Vous aurez envie de faire comme lui… ou de vous mettre à la philatélie ! Méfiez-vous, car il est possible que les timbres vous attirent subitement plus que les pièces !

Dans le DVD il ne travaille quasiment qu’avec des pièces Morgan, mais il peut bien sûr tout aussi bien travailler avec des pièces d’un format plus habituel. De toute façon les grosses pièces dans ses petites mains disparaissent de folie, comme s’il n’avait rien à cacher.  Le contenu est très riche et peut enrichir (ou détruire, hé hé !) votre répertoire d’avant… lui, le BOSS !!!

Que dire de plus ? Comme je l’avais dit récemment pour les Buck, je suis ravi de ne pas pratiquer les pièces dans son axe, sinon j’aurais plutôt envie de me mettre à la pêche-au-gros !

Sinon je suis heureux de voir à quel point on peut aller toujours plus loin que ce que l’on croit et je pense que si Fred (Kaps) le voit de là-haut, il va se régaler. Je sais qu’il aimait tout ce qui est pur et beau.

Et si ce jeune homme se lance dans la présentation, le jeu et la comédie et qu’il continue de pratiquer la « piéçomagie » avec le même talent, je dis bravo d’avance !

Au fait, il vous faut IMMEDIATEMENT ACHETER CET OPUS !

Amitiés à tous

Dominique Duvivier


Nov 29 2010

En réponse à…

Savez-vous que vous allez dépasser cette semaine les 100 000 pages vues depuis le début sur ce blog ? Vous faites exploser les statistiques ces derniers temps, c’est fou !

Merci  à TOUS pour vos visites, vos nombreux messages et commentaires que vous m’envoyez. Je ne réponds pas toujours à vos interventions, mais sachez que j’en suis toujours très honoré.

Je vois que mes petites notes hebdomadaires vous intéressent, vous font réfléchir… ne vous laissent pas indifférents quoi ! C’est le bonheur. Quelle chance de partager tout cela, n’est-ce pas ?

Avec toute mon amitié

Bien sincèrement

Votre serviteur

Dominique Duvivier

PS : ci-dessous un commentaire reçu de la part d’Ohdaesu avec mes réponses !

Ohdaesu : « Tout d’abord merci beaucoup pour cette réponse encore une fois extrêmement riche, à chaque fois cela me permet d’avancer un peu plus, d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexions ou de remettre en question mon propre fonctionnement magique. Et pour tout cela : merci beaucoup ! Je te relance donc puisque tu m’as relancé… « Attention, c’est parti (ça va virer encore dans tous les sens je te préviens ^^).

Dominique Duvivier : Un morceau de réponse : garder l’esprit du débutant, ne pas se laisser aller à admettre que « les dés sont jetés » et continuer de croire qu’ici-bas, il y a toujours du grain à moudre, quoi qu’il arrive ! »

Tu as répondu à une question que je me reposais justement il y a quelques jours : je trouve la démarche extrêmement intéressante, je remarque souvent que quand je réfléchis d’abord en terme technique dans une démarche créative (au sens avec mon bagage magique), les résultats sont souvent assez décevant (rime ^^), la technique, les connaissances ont quelque chose de terriblement limitant (rime^^, bon ça suffit !), elle empêche d’aller au-delà de ce qu’on connait déjà d’une certaine manière. Donc je suis entièrement d’accord quand tu dis de garder l’esprit du débutant : avoir un regard vierge ça permet d’aller autre part, c’est comme écrire sur une page blanche… Mais toi, justement, comment gardes-tu cet esprit de débutant ? Comment mets-tu cela en pratique lorsque tu crées ? (la question est peut-être vague, peut-être n’a-t-elle pas de réponse qui sait…)

 

 Dominique Duvivier : Cela demande, en effet, de passer à la vitesse « amnésie », si l’on peut qualifier la chose de cette façon. Quand je tente de créer du « nouveau », si je reste conscient de ce que je sais déjà, de ce que j’ai glané depuis une petite cinquantaine d’années auprès de mes confrères et de moi-même, j’aurais beaucoup de mal à me lancer dans une recherche tous azimuts. Pour un créateur, quel que soit son domaine, cela représente une grande difficulté de « bafouer » les conventions… je dirais en particulier pour des disciplines comme la magie dont les représentants semblent si friands de conserver les choses, juste histoire de les conserver ! Leur pression est immense et souvent, nous en sommes les victimes inconscientes. Quand tu crées (ce qui est déjà suspect pour le commun des « chercheurs » magiques), tu te dois d’explorer des terrains opposés aux us et coutumes. L’effet doit être le but le plus important, pas la méthode utilisée pour obtenir l’effet. Et si tu regardes autour de toi, tu constateras que, pour beaucoup de magiciens, l’effet est souvent accessoire, c’est la méthode qui les intéressent le plus, n’est-ce pas ? Je suis conscient que je force le trait, mais je crois que tu comprends ce que je veux dire de toute façon… Par exemple, « L’Imprimerie », qui est le tour que j’ai le plus vendu au monde… Si tu savais ce que ce tour a suscité comme polémiques, tu serais ébahi ! En 1973, lorsqu’il est sorti, on m’a à peu près tout dit : mauvais, débinage, anti-magique… Et même maintenant que le tour est intégré dans le « répertoire » des magiciens, on va jusqu’à dire qu’il n’est pas de moi ! Un comble ! Si on regarde de près ce tour, on constate que je ne me suis pas embarrassé, ni laissé embarrasser, par le fait qu’on voit des cartes double faces, demi-face… et c’est justement ce que certains confrères m’ont reproché, n’ayant pas vu le côté créatif de la routine, mais juste des cartes que nous utilisons par ailleurs… pour faire choisir des cartes (hop) ! Ma démarche de l’époque était bien sûr à l’opposé de cette façon de voir : par exemple, si je frotte une carte et qu’elle s’imprime à vue avec la face de l’autre, C’EST PARCE QUE JE SUIS MAGICIEN. Si un spectateur reproduit ensuite la même expérience, les cartes restent « bizarres » (par exemple double faces) PARCE QUE LUI N’EST PAS MAGICIEN ! Voilà la démonstration de pourquoi et comment on va dans un sens et pas dans un autre. Quand je cherche, je ne me dis jamais que « ça ne se fait pas ». Je me dis que tout peut se faire et que c’est à moi de motiver la chose par ce que j’appelle souvent un « gimmick verbal » : un texte ou un scénario qui va rendre crédible mon effet. Bref, je ne vais pas demander à Marlo si j’ai le droit de penser !! Tu vois l’idée ?

 

 

Ohdaesu :

Dominique Duvivier : « Ne pas avoir la grosse tête, c’est une des choses les plus importantes à prendre en considération, si l’on veut progresser ! J’aime utiliser les classiques de la magie, mais aussi explorer de nouveaux horizons. C’est en parcourant ces deux tendances, qu’il m’arrive de trouver du neuf qui ressemble à de l’ancien en apparence mais qui, du coup, est vraiment du neuf ! La nouvelle version créée est vraiment novatrice ou bien simplement enrichie, mais, dans tous les cas, elle redonne un coup de jeune à d’anciennes idées ! »

Justement je pensais à ça, je regardais il y a peu l’entretien sur ton excellent dvd d’Intimiste avec les membres d’LSP (ça me motive quand j’ai un petit manque d’inspiration ;) ) où tu dis justement que « tu ne travailles plus depuis longtemps sur la technique mais sur les effets contrairement à beaucoup d’autres », je trouve que cette réflexion colle particulièrement bien à la situation : le plus dur en somme ! Comment t’y prends-tu pour faire du neuf ?

           

Dominique Duvivier : J’ai déjà commencé à répondre ci-dessus, mais je peux t’en dire plus… à l’infini ! J’ai bâti ma vie avec cette notion. C’est elle qui me fait vivre, exister. Je trouve d’ailleurs incroyable de voir que je parle de tout cela depuis trente ans et que très peu de personnes ont tenu compte de ce que je dis. Comme quoi ! Ce qui est le plus étrange est qu’on me demande tout  le temps comment je fais…

 

 

Ohdaesu :

Dominique Duvivier : « Le tour de « La carte folle » est devenu un classique avec Peter Kane, dans la seconde partie du XXème siècle. Mais la tendance est restée figée selon moi. J’ai eu envie de la pousser un peu hors de ses limites. J’ai créé plein de versions au cours des dernières années et, si tu voyais la nouvelle mouture que j’ai imaginée pour mon dernier spectacle « Le hasard, c’est moi », tu y verrais une illustration encore plus éclatante de ce que je crois qu’on peut obtenir, dès lors qu’on ne s’embarrasse pas de préjugés, en ce qui concerne la création. Lorsqu’on crée, il faut savoir travailler sans se dire qu’il ne faut pas emprunter tel ou tel chemin parce que « ça ne se fait pas ». Si on se laisse aller à la création, tout peut se faire, tout est possible. Ensuite il faut trier, mais, sur le moment tout peut se tenter. »

Cet exemple est intéressant en effet, la carte folle, quand on voit ne serait-ce que la version que tu exécutes dans Intimiste 1 (au passage j’attends avec impatience le second opus vivement le papa Noël ^^), certes, le départ au niveau de la configuration ressemble au classique mais quelques secondes plus tard on part autre part, dans un autre tour, hybride, avec les cartes au portefeuille, les neuf cartes, la jeu solide… La folie quoi ! Loin de la carte folle version Peter Kane (qui est très bonne cela va sans dire). Quel fil t’a mené du classique à un tout autre tour ? Comment constitues-tu ce chemin magique ? (Pour ta version dans le hasard c’est moi, j’espère la voir vite dès que je viens sur Paris, une tuerie surement :)) Comment pars-tu en vrille et sélectionnes-tu au final ce que tu garderas ?

 

Dominique Duvivier : Ma peur de manquer, comme je l’ai dit souvent, explique bien des choses. Etant né en 1950, je pense que c’est ma mère qui me l’a transmise dans son ventre à cause des privations nombreuses de l’époque (la guerre était bien sûr finie, mais les tickets de rationnement n’ont disparu que vers 1948/49). Ma naissance et mon enfance coïncident avec la fin d’une période très dure, tant au niveau approvisionnement qu’à plein d’autres niveaux. D’ailleurs, sans faire du « Zola », mon enfance a été très heureuse mais plutôt miséreuse… Donc ma réponse inconsciente a toujours été de chercher la profusion dans toutes choses que j’entreprends, pas seulement magiques du reste ! Pour reprendre l’exemple de «La carte folle » : c’est un tour qui m’a plu dès le départ, m’a séduit par son côté « fou », mais très vite le concept de changer des cartes X en cartes Y, ne m’a semblé qu’être un bon départ, juste un bon départ, alors que, pour bon nombre de mes contemporains, c’était déjà le top du top ! Je ne critique pas mes confrères, je ne cherche pas à me vanter, je dis simplement qu’eux n’ont peut-être pas eu les mêmes soucis pour bouffer que moi dans leur enfance. Tu comprends ? J’ai très vite eu envie d’augmenter l’impact de « La carte folle » : j’avais la sensation que, sinon, mon tour allait se comprendre, qu’il était trop basique… Alors j’ai trouvé par exemple des gestes nouveaux pour changer les cartes, j’ai cherché mille façons de faire exploser la base de l’effet, de manière à me donner les « coudées franches » pour exprimer pleinement ma routine, sans  avoir peur d’être compris par le premier magicien venu ou le spectateur perspicace du coin ! Comme tu as dû le remarquer, dans ma magie, je désire plus que tout que mon public ne s’attende pas à ce qui va se passer pour pouvoir l’emmener ailleurs. Je fais en sorte de me donner le temps de l’emmener ailleurs. S’il suit le déroulement technique de mon tour, je ne pourrai pas m’exprimer pleinement et cela m’angoisse !!! Mes créations sont d’ailleurs souvent nées de mes angoisses. Le truc du poète maudit d’une certaine façon ! Comme je le dis souvent, si j’avais été toujours aimé de mes confrères, je n’aurais pas été aussi productif, si boulimique de travail, si acharné dans mes recherches sur les effets, les tours, les shows… Dès qu’on m’empêche de m’exprimer d’une façon ou d’une autre, je trouve des choses assez folles (cartes folles ?)… ! On ne trouve pas des choses « déviantes » si ce qui se voit, ce qui se fait, nous convient tel quel ! Nous avons tout à gagner à croire que les choses établies ne sont pas faites pour le rester et nous deviendrons de nouveaux créateurs redoutables !!!

Voici un peu de grain  à moudre.

A++.
Dominique


Nov 22 2010

Photos de famille : mon enfance

Dominique et ses parents

Là, je suis au milieu de mes parents en 1952/53, je ne me souviens plus au juste !

Que dire de cette époque dont je ne me rappelle de rien, étant encore au stade des « limbes mentales » ? Pas grand-chose mais j’étais bien là, entre mon père et ma chère maman. Le bonheur de vivre avec eux, qui s’aiment depuis le début et qui s’aimeront jusqu’à la mort ! Je me construis, je me sens indispensable, donc le maître du monde ! Nous devrions tous nous sentir assez importants pour pouvoir gravir les échelons de la vie. Sans cette construction il est moins aisé de se sortir des aléas. Pour ceux qui n’ont pas eu cette chance… j’en parlerai un jour, si ça intéresse !!!

 Dominique jeune garçon avec sa maman

Avec ma maman, nous sommes en camping (peut-être la seule fois de ma vie, car je déteste ça). Je dois avoir 12 ou 13 ans.

Je précise que la bouteille de Bartissol qui est au premier plan n’est pas pour nous. Il faut croire que mes parents n’ont jamais eu envie que leur enfant trinque, comme on le dit communément.

Je suis avec ma maman à moi, comme dirait l’ineffable Achille Talon. Je nage en plein bonheur, quoi !

Amitiés

Dominique Duvivier