Jan 06 2014

Tous nos voeux

2014 sera une année particulière car nous allons la rendre particulière. Venez nous voir et vous verrez !

En attendant, nous vous souhaitons une excellente année, qu’elle soit à la mesure de vos rêves les plus fous !

Avec toute notre amitié

 

Toute la troupe du Double Fond

Alexandra et Dominique Duvivier, Marie-Christine, Sophie, Adeline, Philippe, Quoc-Tien, David, Cédric, Sandrine, Nicole, Jean-Pierre, Antoine et Mathilda

Alexandra_et_Dominique_Duvivier

 

La fin de notre année 2013 a été riche en aventures magiques diverses et variées , comme d’habitude !

Le journaliste Thomas Hervé a rendu un bel hommage aux 25 ans du Double Fond sur le plateau de « Ça balance à Paris » avec Eric Naulleau (Paris Première) : http://www.youtube.com/watch?v=u-DswNxC5aw

Yves Lecoq a souhaité à nouveau accueillir Alexandra et Dominique sur son émission « Les Grands du Rire » sur France 3 : http://www.youtube.com/watch?v=JxXgbfrwXc8

L’écrivain, scénariste, réalisateur et journaliste Arthur Dreyfus a choisi d’inviter Alexandra et Dominique pour son émission « Encore heureux ». Une heure de discussion avec les deux artistes, autour de leur parcours, leur travail, mais pas que… Vous pouvez (ré)écouter l’émission en cliquant ici : http://www.franceinter.fr/emission-encore-heureux-alexandra-et-dominique-duvivier

 

Le Double Fond s’est doté :

D’une toute nouvelle page Facebook : https://www.facebook.com/ledoublefond

D’une chaîne sur youtube : http://www.youtube.com/user/ledoublefond

D’une toute nouvelle page Twitter : https://twitter.com/ledoublefond

Abonnez-vous !

 

Le podcast de Dominique rencontre un succès phénoménal : https://www.dominiqueduvivier.com/category/podcast/

Le spectacle en duo d’Alexandra et Dominique « De très près » a reçu le prix du meilleur spectacle magique de l’année 2013-2014 dans la catégorie close up ! On est trop fier !!

 

De très près avec Alexandra et Dominique DUVIVIER Spectacle magique de l'année FFAP 2013-2014 Catégorie close up

De très près
avec Alexandra et Dominique DUVIVIER
Spectacle magique de l’année FFAP 2013-2014
Catégorie close up

 

Et, attention, attention ! Waouh ! Le Double Fond a fait la une du Parisien avec notre soirée du 31 décembre ! Vous pouvez cliquer ici pour lire l’article : https://www.dominiqueduvivier.com/2014/01/02/notre-soiree-du-31-decembre-a-la-une-du-parisien/

Duvivier_Une_Le_Parisien

 

 

 

 


Jan 02 2014

Notre soirée du 31 décembre au Double Fond à la une du Parisien

Le Parisien 31 decembre 2013


Déc 30 2013

Larry Jennings

Larry Jennings, un magicien américain, parti trop tôt à 64 ans en 1997. Un « géantissime » de la magie des cartes. Un de mes « dieux ». Ce mec a un parcours étonnant, comme souvent les grands bonshommes finalement… Il a été par exemple ingénieur combustion et plombier tout en devenant un des plus grands maîtres de la magie du XXème siècle, dingue non ? Allez fouiller un peu sur Internet, vous verrez…

Mars 95 Festival Magie_010

Là, vous le voyez à Paris lors du congrès le « Mayette Days » que nous avions organisé en 1995 au Cirque d’Hiver. Avec Derek Dingle, Max Maven, Gary Kurtz et encore plein d’autres, il faisait partie de cette incroyable brochette d’artistes que nous avions réussi à réunir pour cet événement.

Comme souvent, il est en train de réfléchir. Inlassablement. On pourrait presque se demander : mais pourquoi  tant de sérieux pour réaliser des tours de cartes ??? Mais quand on vieillit (mûrit ?), on se retrouve à sa place, à réfléchir. Inlassablement aussi. Jusqu’au bout du bout. Je crois que rien ne l’intéressait vraiment dans la vie à part réaliser de nouveaux miracles. C’était ça SA vie : réaliser de nouveaux effets, mettre au point de nouveaux tours de magie. Aujourd’hui, je me reconnais en lui. Non pas que je me compare à son génie. Mais je constate que rien ne me plaît autant que la recherche en magie. Rien ne me calme et rien ne me calmera jamais dans ce sens-là ! Jamais. Monsieur Jennings, je crois que je suis tombé dans la même marmite que vous ! Il y aura toujours de nouveaux fous pour préférer les tours de cartes aux choses qui nous entourent. C’est grave docteur ?

Larry Jennings et Dominique Duvivier

Là, nous sommes au Double Fond pour l’enregistrement des programmes que nous avons tournés avec lui dans la foulée du « Mayette Days ». Je lui montre un petit truc et je le vois immédiatement concentré, car je pourrais pondre quelque chose qui pourrait l’intéresser, le faire rebondir, le faire vibrer… Qui sait ? Il ne perdait jamais une miette de rien.


Déc 23 2013

Interview Dominique Duvivier : 5ème partie

Interview réalisée en 2005 par Lionel, dit « Le Marquis » 

Dominique_DuvivierLionel : Quand on s’intéresse un peu à votre univers, on remarque que vous avez créé un monde magique à vous. On pourrait pratiquement dire une tour d’ivoire. Qu’en pensez-vous ?

Dominique : Je suis d’accord. La raison à cela est simple. Quand on entend dire (à l’époque), de la part de ses propres confrères, que l’Imprimerie est un tour anti-commercial. Quand plusieurs marchands de trucs français me disent, les yeux dans les yeux, « si tu sors publiquement ce tour, tu vas te faire du tort Dominique. C’est du débinage. Non seulement le tour est mauvais et ne se vendra pas, mais en plus, il est dangereux pour la communauté magique. » Quand tu entends cela, qui plus est, de la part de gens influents dans le monde magique, tu te dis que jamais, tu ne parviendras à commercialiser tes tours dont tu sais, au plus profond de toi, qu’ils ont pourtant leur place dans les magasins de magie. C’est ce qui m’a poussé, dès que j’en ai eu la possibilité, à ouvrir un magasin.

Ma chance, dans cette histoire, est que j’ai réussi à saisir l’opportunité de racheter Mayette Magie Moderne, le magasin que je fréquentais quand j’étais enfant. Il s’est trouvé que Michel Hatte voulait vendre au moment où je faisais les démarches pour acheter.

Et, comme par hasard, l’Imprimerie s’est vendu par milliers et mes autres tours ont de très beaux parcours commerciaux…

Tout cela pour dire que je ne l’ai pas voulu, moi, ma tour d’ivoire. On m’a obligé à me la fabriquer. Ce que je voulais, c’est faire de la magie et exister dans le monde magique car je pense y avoir ma place. Je ne suis heureux qu’en faisant ce que j’aime par dessus tout. Si on m’avait fait travailler de la façon que je voulais, si on ne m’avait pas mis des bâtons dans les roues pour vendre mes tours, si on ne m’avait pas, par moments, boycotté, et je n’exagère pas, si on n’avait pas nié le fait même que je sois auteur de mes propres tours, eh bien le petit « empire » de Duvivier n’existerait même pas. Je serais un magicien comme tous les autres, heureux de faire de la magie, tout simplement.

 

Lionel : On fait souvent le reproche à Mayette d’être trop cher. Que répondez-vous à cela ?

 

Dominique : Tu sais, acheter une boutique, ce n’est pas simple mais ce n’est pas non plus très compliqué. Le plus compliqué est de conserver cette boutique. Quand j’ai racheté Mayette, les affaires en magie n’étaient pas évidentes à maintenir à  flot, et ce, tous magasins confondus. A tel point que Guy Lore et Georges Proust commençaient à se demander s’ils allaient continuer leur activité commerciale. Pour Georges, le problème était un peu différent car c’est le côté musée de son établissement qui le motivait le plus.

Tu as vu le nombre de boutiques qui ont poussé comme des champignons ces dix dernières années sur la place de Paris et sa région ? A un moment donné, on était plus de vingt ! Puis les fermetures ont commencé à arriver. Une fois la période des deux premières années passée, au cours de laquelle on est exonéré d’impôts, les choses sont beaucoup plus difficiles, surtout au regard des prix pratiqués par ces boutiques.

Si tu veux vraiment conserver ton entreprise, la faire perdurer et faire vivre ceux qui y travaillent, il n’y a pas de secret, il faut un minimum de bénéfices qui permettent de payer les charges, les frais de personnels et le développement même de la boutique. Je suis très mauvais dans ce genre d’explications, l’idéal aurait été de poser la question à Marie-Christine qui est la gérante de Mayette ainsi que du Double Fond. Tout ce que je peux te dire, c’est que les prix chez Mayette me semblent justes au regard de la fréquentation d’un magasin de magie.

Il ne faut pas croire que l’on roule sur l’or. On arrive à équilibrer, ce qui est déjà bien.

De plus, internet est venu déstabiliser le marché. Il est certain qu’en achetant directement au producteur qui fabrique ses produits chez lui, sur un coin de table, cela coûte moins cher qu’en passant par l’intermédiaire d’un magasin. C’est une évidence.

 

Lionel : Que manque-t-il aujourd’hui pour parfaire votre monde magique ?

 

Dominique : Ce qui me manque, c’est d’acheter une chaîne de télévision. Tu parais surpris, mais je suis sérieux. Soyons honnête, tu me vois souvent à la télévision ? Ma magie ne mérite-t-elle pas, elle aussi, de passer à la télévision ? On ne peut pas dire que je n’ai pas fait de prestations télé. Ce serait faux. Mais on ne peut pas dire non plus que l’on se soit rué sur moi. Cela me fait donc penser que si je veux passer à la télévision, mais aussi, promouvoir la magie que j’aime, il faut que ce soit moi qui crée la chaîne. Je ne suis pas fou et je sais parfaitement que j’aurais beaucoup de mal à atteindre cet objectif. Je ne l’atteindrai probablement jamais, mais je peux te dire que j’y réfléchis. Pour l’instant, je n’ai pas trouvé le biais pour pouvoir y parvenir, mais sait-on jamais ?

 

Lionel : Pouvez-vous nous dire sur quel tour vous travaillez en ce moment ?

 

Dominique : Non (rire).

 

Lionel : Je vais essayer de poser la question différemment. Quel effet vous a inspiré récemment ?

 

Dominique : En effet, la question est la même, mais posée différemment (rire). Je vais te répondre mais indirectement seulement. Ce que j’aime, c’est trouver des choses. Un tour, une technique ou un mouvement. Une fois que je suis à peu près satisfait de la chose, je la consigne sur vidéo et je l’oublie pendant deux, trois ans ou plus. Alors, je reprends ce sur quoi je travaillais, qui sont des choses que j’avais consignées les années précédentes. En procédant ainsi, systématiquement, je dis bien systématiquement, quand je visionne les vidéos, je vois des choses intéressantes, certes, mais avec beaucoup d’imperfections. Et pourtant, au moment où j’ai enregistré mon truc, j’étais content de ce que j’avais trouvé ! Alors, je retravaille dans le sens de l’idée consignée pour la remettre à reposer, mais moins longtemps cette fois. Enfin, la troisième séance de travail me permet en général de tirer toute l’essence de l’idée de départ.

En procédant ainsi, grâce au laps de temps assez long écoulé entre les séances, cela me permet de me vider la tête de tout le contexte mental dans lequel j’étais et d’avoir un regard neuf sur mon idée.

De ce fait, j’évite de me fourvoyer et d’interpréter une idée banale en septième merveille du monde. Risque très dangereux, et majeur, pour nous autres magiciens.

 

Lionel : Pouvez-vous nous décrire une de vos journées type ?

 

Dominique : Je dors très peu. En moyenne quatre heures par nuit. Quand je dis nuit, c’est plutôt jour puisque je me couche rarement avant 9h00 ou 10h00 du matin. De plus, il m’arrive de me relever deux ou trois fois pour consigner de vagues idées survenues pendant mon sommeil ou avant de m’endormir.

La première partie de la journée est la lecture du courrier papier ou électronique et d’internet. Je réponds au courrier ou je passe les coups de fil aux personnes qui m’ont appelé. Bref, on va qualifier cette première partie de journée de tâches administratives.

Je ne mange pas, pas même un petit-déjeuner. Je ne mange que le soir. Je suis conscient que c’est très mauvais pour la santé mais c’est ainsi que je fonctionne.

Alors, je commence à sortir toutes mes notes regroupant ce sur quoi je travaille actuellement. J’écris beaucoup. Sur des feuilles volantes, des cahiers, des morceaux de papier. Bref, je compulse toutes ces notes.

J’ai aussi, à côté de ça, toutes les vidéos que j’ai envie de regarder ou que l’on ma demandé de regarder.

Une fois que mon intérêt est accroché par quelque chose dans tout cet imbroglio, je me concentre sur ce qui a retenu mon attention. Partant de là, cela peut durer cinq minutes comme des heures entières. Sophie m’est alors souvent très utile puisque c’est elle qui gère tout mon stock d’informations consignées. Ce qui est un travail titanesque. Elle gère aussi mon stock d’objets magiques ou anodins. Je la sollicite donc souvent pendant cette période de la journée.

Si je n’ai aucun rendez-vous,  aucun gala, aucune répétition particulière à faire, il se peut que l’on aille avec Sophie, Alexandra ou Adeline dans des boutiques et voir s’il n’y a pas des choses qui pourraient susciter des pistes de réflexion. Les boutiques peuvent alors être très variées.

Arrive alors la soirée où, après dîner, je regarde un film. Je suis un boulimique de cinéma. En plus d’aimer ça au premier degré, le film va me permettre de réfléchir. J’essaye toujours de faire ressortir des sujets traités et de la façon dont ils ont été traités, des choses qui pourraient m’inspirer en magie. Que le film soit bon ou mauvais, j’y réfléchis toujours après.

A deux ou trois heures du matin, on a une réunion de travail avec Adeline ou Alexandra si elles sont toujours éveillées. Cela peut très  bien concerner le Double Fond, Mayette, nos futurs spectacles ou tout autre sujet.

Ensuite, suivant mon état de fatigue, je travaille ce que j’avais commencé le matin et l’après-midi et je vais me coucher en regardant un autre film d’un genre totalement différent de celui que j’ai vu en début de soirée.


Déc 16 2013

Les 25 ans du Double Fond dans « ça balance à Paris » sur Paris Première


Déc 16 2013

Les Duvivier dans « Les grands du rire » avec Yves Lecoq sur France 3


Déc 09 2013

L’art a sa propre logique

On me demande souvent comment je fais pour écrire des histoires magiques, construire des routines, imaginer des effets nouveaux… On me demande ma « recette » et je dois entrer dans des explications complexes pour tenter de faire comprendre mes cheminements. Ce n’est pas chose facile. Mais, lors de la relecture d’un bouquin absolument génial qui est un recueil d’entretiens entre Alfred Hitchcock et François Truffaut, je suis tombé exactement sur LA façon dont j’aurais voulu exprimer les choses depuis longtemps. Enfin ! Je vous livre cette « pépite » avec empressement ! Lisez bien l’extrait qui va suivre car je pourrais qualifier les concepts qui y sont développés comme aussi importants à mes yeux que le concept des fameuses « familles d’effets magiques ». C’est dire ! Un vraie petite révolution… Alors, pour ceux qui s’intéressent à mes créations, goûtez la pertinence de l’échange entre ces deux cinéastes qui avaient tout compris ! Je vous en reparle juste après…

 

Hitchcock-AlfredAlfred Hitchcock : La vraisemblance ne m’intéresse pas. C’est ce qu’il y a de plus facile à faire. Dans The birds, il y a cette longue scène dans le bistrot où les gens parlent des oiseaux. Parmi ces gens, il y a une femme avec un béret sur la tête, qui est justement une spécialiste des oiseaux, une ornithologue. Elle se trouve là par pure coïncidence. Naturellement, j’aurais pu tourner trois scènes pour la faire arriver vraisemblablement, mais ces scènes n’auraient aucun intérêt.

 

François Truffaut : Et elles constitueraient pour le public une perte de temps.

 

AH : Non seulement une perte de temps, mais ce serait comme des trous dans le film, des trous ou des taches. Soyons logiques : si vous voulez tout analyser et tout construire en termes de plausibilité et de vraisemblance, aucun scénario de fiction ne résisterait à cette analyse et vous n’auriez plus qu’une chose à faire : des documentaires.

 

FT : C’est très vrai. La limite du vraisemblable, c’est documentaire. D’ailleurs les seuls films qui rallient l’unanimité de la critique mondiale sont en général des documentaires, comme l’Ile Nue, lorsque l’artiste offre son travail mais rien qui vienne de son imagination.

 

AH : Demander à un homme qui raconte des histoires de tenir compte de la vraisemblance me paraît aussi ridicule que de demander à un peintre figuratif de représenter les choses avec exactitude.  Quelle est le comble de la peinture figurative ? C’est la photographie en couleurs, n’est-ce pas ? Vous êtes bien d’accord ?

Il y a une grande différence entre la création d’un film et celle d’un documentaire. Dans un documentaire, c’est Dieu le metteur en scène, lui qui a créé le matériel de base. Dans le film de fiction, c’est le metteur en scène qui est un dieu, il doit créer la vie. Pour faire un film, il faut juxtaposer des masses d’impressions, des masses d’expressions, des masses de points de vue, et, pourvu que rien ne soit monotone, nous devrions disposer d’une liberté totale. Un critique qui me parle de vraisemblance est un type sans imagination.

 

FT : Remarquez que, par définition, les critiques n’ont pas d’imagination et c’est normal. Un critique trop imaginatif, ne pourrait plus être objectif. C’est justement cette absence d’imagination qui les amène a préférer les œuvres très dépouillées, très nues, celles qui leur donnent le sentiment qu’ils pourraient presque en être les auteurs. Par exemple un critique peut se croire capable d’écrire le scénario du Voleur de bicyclette, mais pas celui de  La mort aux trousses et, forcément, il en arrive à penser que le Voleur de bicyclette a tous les mérites et La mort aux trousses n’en a aucun.

 

AH : Justement, vous citez La mort aux trousses, la critique dans le « New Yorker » disait que c’était un film « inconsciemment drôle ». Pourtant, quand je tournais La mort aux trousses, c’était une énorme blague ; lorsque Cary Grant se trouve sur les Monts Rushmore, je voulais qu’il se réfugie dans la narine de Lincoln et que là, il se mette à éternuer violemment ; cela aurait été amusant, hein ?

Mais je m’aperçois qu’on a dit beaucoup de mal des critiques, non ? A propos, qu’est ce que vous faisiez quand nous nous sommes rencontrés la première fois ?

 

FT : Eh bien ! j’étais critique de cinéma ! Et alors ?

 

AH : Il me semblait bien ! Non, voyez-vous, quand un metteur en scène est déçu par la critique, lorsqu’il se rend compte que les critiques ne sont pas soigneux en examinant ses films, eh bien ! le seul refuge qu’il puisse envisager, c’est l’acclamation par le box office. Maintenant, si un metteur en scène tourne ses films entièrement pour le box office, il se laisse entraîner dans la routine et c’est très mauvais. Il me semble que les critiques sont souvent responsables de cet état de choses et qu’ils peuvent conduire un homme à n’envisager que le box office parce qu’à ce moment-là, il peut dire : « Je me fous des critiques parce que mes films font de l’argent. »

Il y a ici, à Hollywood, un slogan très fameux : « Je vais dire à ce critique que j’ai lu son article et que je suis allé à la banque en pleurant tout le long du chemin. » Dans certains hebdomadaires, on recherche volontairement des critiques qui peuvent dénigrer en amusant les lecteurs. Il y a une expression en Amérique quand une chose est mauvaise : « C’est seulement bon pour les oiseaux ». Alors je savais très bien ce qui m’attendait pour la sortie de The Birds.

 

 

Voilà qui donne envie d’aller de l’avant, n’est-ce pas ? On peut constater que même un cinéaste aussi connu que Hitchcock a eu du fil à retordre avec les conservateurs de tout poil ! C’est un combat qui ne s’arrêtera jamais… Si on compare cet échange entre cinéastes avec l’univers de la magie et le conservatisme des magiciens (de certains du moins), on peut dire que le mot « documentaire »  est synonyme de tous ces tours ou effets qu’il faut faire comme ci, mais surtout pas comme ça, au nom de je-ne-sais-quelle-déontologie. Comme dans le monde du cinéma, il y a toute une panoplie d’interdits qui sclérose une bonne partie de la magie, depuis toujours. Ma « méthode », c’est d’avoir toujours considéré la magie comme un art et de lui avoir donné donc toute la liberté qu’elle mérite. A mes yeux, il n’y a pas de choses qu’on n’ait pas le droit de faire et d’autres oui. Comme la magie est un art, on a tous les droits : on peut créer tout ce qu’on veut, mélanger les familles d’effets, imaginer des scénarios incongrus, j’en passe et tellement d’autres ! C’est un puits sans fond. La magie est bel et bien un art à part entière : elle ne doit pas s’encombrer par des critiques qui veulent la figer dans le temps et dans les esprits. En magie comme dans tous les autres arts, on ne peut soi-disant plus rien inventer de nouveau jusqu’au moment où tout bascule et où la magie de la créativité opère. Non, messieurs les critiques, les créateurs d’illusions n’ont pas terminé d’inventer de nouveaux mondes et c’est tant mieux ! Merci, Monsieur Hitchcock d’avoir exprimé cela si clairement ! On peut avancer sans cesse, tout reste à découvrir, c’est très réconfortant, non ?


Déc 02 2013

MAGIPHAGEUH N°37 : LES MEANDRES D’UNE IDEE

Il se trouve que j’ai écrit ces lignes en 2011 (oui, j’ai toujours beaucoup d’avance), quelques instants avant d’aller à la couturière* du nouveau spectacle d’Eric Antoine, Mysteric.
Nous sommes donc le 22 septembre 2011 pour être précis et je suis sur un nouveau tour, une nouvelle routine devrais-je dire, qui est partie d’un classique, comme c’est le cas fréquemment ! Je pétille car je sens que quelque chose d’intéressant est en train de prendre forme. En fait, je pétille tant que j’ai envie de partager avec vous ce moment. A la minute, je sais où je veux aller, même si je suis encore dans des soucis X, Y et un peu Z pour que ma nouvelle routine tienne la route. Jour et nuit, j’y pense… Véridique. Ça me hante. Mais le tour se met en place petit à petit et je ne suis pas mécontent de la façon dont « ça vient »… Je kiffe !
Pour ce tour, tout est parti de Seb (Sebastien Clergue) que j’ai vu chez moi, il y a une semaine ! Il me parle d’un ancien truc avec un bloc qui se trouve dans une boîte d’allumettes. On perce la boîte en son centre et, plus tard, on verra que c’était impossible, car le bloc remplissait tout le volume de la boîte. Il me dit qu’il existe une fabrication nouvelle assez « bluffante » de Jamie D. Grant avec un format de jeu de cartes. Il me dit : « Vous devriez aller regarder ça de plus près ! ». Oui, Seb m’a toujours vouvoyé depuis notre première rencontre vers la fin des années 90. Je pense que les vieux de mon genre ont cette chance avec quelques magiciens de la nouvelle génération ! Le respect pour les vieilles reliques ? Allez savoir ! Lol. Comme Seb est toujours de bon conseil, je me dis : tiens je vais commander l’objet sous peu ! Pour ceux qui ne connaissent pas Sébastien Clergue, il est une des « têtes pensantes magiques » de David Copperfield (entre autres), ça donne tout de suite le ton du parcours du jeune homme… Bref, 3 jours plus tard, Mathieu Bich (un de mes anciens élèves) vient dîner à la maison (comme quoi ça défile pas mal chez moi) et il me dit qu’il a trouvé un truc sympa sur la toile. Il le sort de sa poche et me fait la merveille. C’est le truc dont m’a parlé Seb ! Il me remet l’objet en main et je reconnais que, l’effet a beau être similaire à celui de la boîte d’allumettes, la qualité du matos est tellement meilleure qu’auparavant, que cela rend les choses bien plus intéressantes ! L’objet est vraiment ultra performant et crédible en diable. Je ne dis plus rien, mais ma fille (qui connaît son père par cœur) commence à voir que je turbine, que je suis prêt à pondre un œuf (c’est une image)… Je suis en train de flairer un gros poisson. Autour de ce nouvel objet arrivé dans mes mains, une idée me vient qui me semble géniale pour un nouveau spectacle… Je ne vois plus un simple « bloc », c’est tout un univers que j’imagine autour de lui. Plus les minutes passent et plus le poisson grossit dans mon esprit. Dans la nuit je dissèque la base de ce que j’ai vécu. Oui, en dormant ! Je sais que cela peut paraître dingue, mais pendant mon sommeil, je ne rêve pas d’une magnifique blonde ou brune qui me ferait le paravent japonais sans retenue, je rêve de tours de magie et mon cerveau s’emploie à les résoudre… Hop, je me lève et je rejoins avidement mon bureau pour montrer à Alexandra, ma fille, ce à quoi j’ai pensé dans la nuit. C’est presque tous les jours que je pose le pied par terre avec l’apparition d’une « solution » qui a mûri dans mon sommeil… En l’occurrence j’ai imaginé plein de choses nouvelles avec le fameux « bloc » auxquelles, apparemment, personne n’a pensé jusqu’ici et ma fille hallucine. Quand je publierai ce tour, il va bien sûr se trouver quelques chercheurs facétieux pour dire qu’ils avaient eu l’idée en 1982, date à laquelle ils avaient douze ans ! Il faut dire que je connais des personnes comme celles dont je parle à la seconde qui ont le culot plus grand que la créativité, mais le culot n’est-il pas une forme de création ? A voir ! Néanmoins plus les heures passent, plus mon projet devient fou et c’est une véritable aventure magique qui commence avec ce simple bloc ! Je ne sais pas encore dans quel spectacle ou prestation je pourrai intégrer cette nouvelle routine, mais je sens que c’est du lourd !!
Allez j’y retourne !

* On appelle la couturière l’avant-dernière répétition d’une pièce de théâtre, celle précédant la générale. Le nom vient du fait qu’elle permettait aux couturières de faire les dernières retouches aux costumes.


Nov 25 2013

La veste transparente de Dominique Duvivier

En vente sur www.mayette.com dès le 1/12/2013


Nov 21 2013

Alexandra et Dominique sur France Inter dans « Encore heureux » avec Arthur Dreyfus

Arthur Dreyfus explore notre temps, le bonheur et ses méandres avec les magiciens Alexandra et Dominique Duvivier.

Dominique et Alexandra Duvivier, artistes de père en fille, forment depuis des années un  fabuleux duo spécialiste du close up (magie de proximité), qui aime faire  participer son public. De très près est leur nouveau spectacle, visible au café-théâtre de magie le Double Fond du 22 novembre 2013 au 18 juillet 2014.

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