Déc 16 2013

Les 25 ans du Double Fond dans « ça balance à Paris » sur Paris Première


Déc 16 2013

Les Duvivier dans « Les grands du rire » avec Yves Lecoq sur France 3


Déc 09 2013

L’art a sa propre logique

On me demande souvent comment je fais pour écrire des histoires magiques, construire des routines, imaginer des effets nouveaux… On me demande ma « recette » et je dois entrer dans des explications complexes pour tenter de faire comprendre mes cheminements. Ce n’est pas chose facile. Mais, lors de la relecture d’un bouquin absolument génial qui est un recueil d’entretiens entre Alfred Hitchcock et François Truffaut, je suis tombé exactement sur LA façon dont j’aurais voulu exprimer les choses depuis longtemps. Enfin ! Je vous livre cette « pépite » avec empressement ! Lisez bien l’extrait qui va suivre car je pourrais qualifier les concepts qui y sont développés comme aussi importants à mes yeux que le concept des fameuses « familles d’effets magiques ». C’est dire ! Un vraie petite révolution… Alors, pour ceux qui s’intéressent à mes créations, goûtez la pertinence de l’échange entre ces deux cinéastes qui avaient tout compris ! Je vous en reparle juste après…

 

Hitchcock-AlfredAlfred Hitchcock : La vraisemblance ne m’intéresse pas. C’est ce qu’il y a de plus facile à faire. Dans The birds, il y a cette longue scène dans le bistrot où les gens parlent des oiseaux. Parmi ces gens, il y a une femme avec un béret sur la tête, qui est justement une spécialiste des oiseaux, une ornithologue. Elle se trouve là par pure coïncidence. Naturellement, j’aurais pu tourner trois scènes pour la faire arriver vraisemblablement, mais ces scènes n’auraient aucun intérêt.

 

François Truffaut : Et elles constitueraient pour le public une perte de temps.

 

AH : Non seulement une perte de temps, mais ce serait comme des trous dans le film, des trous ou des taches. Soyons logiques : si vous voulez tout analyser et tout construire en termes de plausibilité et de vraisemblance, aucun scénario de fiction ne résisterait à cette analyse et vous n’auriez plus qu’une chose à faire : des documentaires.

 

FT : C’est très vrai. La limite du vraisemblable, c’est documentaire. D’ailleurs les seuls films qui rallient l’unanimité de la critique mondiale sont en général des documentaires, comme l’Ile Nue, lorsque l’artiste offre son travail mais rien qui vienne de son imagination.

 

AH : Demander à un homme qui raconte des histoires de tenir compte de la vraisemblance me paraît aussi ridicule que de demander à un peintre figuratif de représenter les choses avec exactitude.  Quelle est le comble de la peinture figurative ? C’est la photographie en couleurs, n’est-ce pas ? Vous êtes bien d’accord ?

Il y a une grande différence entre la création d’un film et celle d’un documentaire. Dans un documentaire, c’est Dieu le metteur en scène, lui qui a créé le matériel de base. Dans le film de fiction, c’est le metteur en scène qui est un dieu, il doit créer la vie. Pour faire un film, il faut juxtaposer des masses d’impressions, des masses d’expressions, des masses de points de vue, et, pourvu que rien ne soit monotone, nous devrions disposer d’une liberté totale. Un critique qui me parle de vraisemblance est un type sans imagination.

 

FT : Remarquez que, par définition, les critiques n’ont pas d’imagination et c’est normal. Un critique trop imaginatif, ne pourrait plus être objectif. C’est justement cette absence d’imagination qui les amène a préférer les œuvres très dépouillées, très nues, celles qui leur donnent le sentiment qu’ils pourraient presque en être les auteurs. Par exemple un critique peut se croire capable d’écrire le scénario du Voleur de bicyclette, mais pas celui de  La mort aux trousses et, forcément, il en arrive à penser que le Voleur de bicyclette a tous les mérites et La mort aux trousses n’en a aucun.

 

AH : Justement, vous citez La mort aux trousses, la critique dans le « New Yorker » disait que c’était un film « inconsciemment drôle ». Pourtant, quand je tournais La mort aux trousses, c’était une énorme blague ; lorsque Cary Grant se trouve sur les Monts Rushmore, je voulais qu’il se réfugie dans la narine de Lincoln et que là, il se mette à éternuer violemment ; cela aurait été amusant, hein ?

Mais je m’aperçois qu’on a dit beaucoup de mal des critiques, non ? A propos, qu’est ce que vous faisiez quand nous nous sommes rencontrés la première fois ?

 

FT : Eh bien ! j’étais critique de cinéma ! Et alors ?

 

AH : Il me semblait bien ! Non, voyez-vous, quand un metteur en scène est déçu par la critique, lorsqu’il se rend compte que les critiques ne sont pas soigneux en examinant ses films, eh bien ! le seul refuge qu’il puisse envisager, c’est l’acclamation par le box office. Maintenant, si un metteur en scène tourne ses films entièrement pour le box office, il se laisse entraîner dans la routine et c’est très mauvais. Il me semble que les critiques sont souvent responsables de cet état de choses et qu’ils peuvent conduire un homme à n’envisager que le box office parce qu’à ce moment-là, il peut dire : « Je me fous des critiques parce que mes films font de l’argent. »

Il y a ici, à Hollywood, un slogan très fameux : « Je vais dire à ce critique que j’ai lu son article et que je suis allé à la banque en pleurant tout le long du chemin. » Dans certains hebdomadaires, on recherche volontairement des critiques qui peuvent dénigrer en amusant les lecteurs. Il y a une expression en Amérique quand une chose est mauvaise : « C’est seulement bon pour les oiseaux ». Alors je savais très bien ce qui m’attendait pour la sortie de The Birds.

 

 

Voilà qui donne envie d’aller de l’avant, n’est-ce pas ? On peut constater que même un cinéaste aussi connu que Hitchcock a eu du fil à retordre avec les conservateurs de tout poil ! C’est un combat qui ne s’arrêtera jamais… Si on compare cet échange entre cinéastes avec l’univers de la magie et le conservatisme des magiciens (de certains du moins), on peut dire que le mot « documentaire »  est synonyme de tous ces tours ou effets qu’il faut faire comme ci, mais surtout pas comme ça, au nom de je-ne-sais-quelle-déontologie. Comme dans le monde du cinéma, il y a toute une panoplie d’interdits qui sclérose une bonne partie de la magie, depuis toujours. Ma « méthode », c’est d’avoir toujours considéré la magie comme un art et de lui avoir donné donc toute la liberté qu’elle mérite. A mes yeux, il n’y a pas de choses qu’on n’ait pas le droit de faire et d’autres oui. Comme la magie est un art, on a tous les droits : on peut créer tout ce qu’on veut, mélanger les familles d’effets, imaginer des scénarios incongrus, j’en passe et tellement d’autres ! C’est un puits sans fond. La magie est bel et bien un art à part entière : elle ne doit pas s’encombrer par des critiques qui veulent la figer dans le temps et dans les esprits. En magie comme dans tous les autres arts, on ne peut soi-disant plus rien inventer de nouveau jusqu’au moment où tout bascule et où la magie de la créativité opère. Non, messieurs les critiques, les créateurs d’illusions n’ont pas terminé d’inventer de nouveaux mondes et c’est tant mieux ! Merci, Monsieur Hitchcock d’avoir exprimé cela si clairement ! On peut avancer sans cesse, tout reste à découvrir, c’est très réconfortant, non ?


Déc 02 2013

MAGIPHAGEUH N°37 : LES MEANDRES D’UNE IDEE

Il se trouve que j’ai écrit ces lignes en 2011 (oui, j’ai toujours beaucoup d’avance), quelques instants avant d’aller à la couturière* du nouveau spectacle d’Eric Antoine, Mysteric.
Nous sommes donc le 22 septembre 2011 pour être précis et je suis sur un nouveau tour, une nouvelle routine devrais-je dire, qui est partie d’un classique, comme c’est le cas fréquemment ! Je pétille car je sens que quelque chose d’intéressant est en train de prendre forme. En fait, je pétille tant que j’ai envie de partager avec vous ce moment. A la minute, je sais où je veux aller, même si je suis encore dans des soucis X, Y et un peu Z pour que ma nouvelle routine tienne la route. Jour et nuit, j’y pense… Véridique. Ça me hante. Mais le tour se met en place petit à petit et je ne suis pas mécontent de la façon dont « ça vient »… Je kiffe !
Pour ce tour, tout est parti de Seb (Sebastien Clergue) que j’ai vu chez moi, il y a une semaine ! Il me parle d’un ancien truc avec un bloc qui se trouve dans une boîte d’allumettes. On perce la boîte en son centre et, plus tard, on verra que c’était impossible, car le bloc remplissait tout le volume de la boîte. Il me dit qu’il existe une fabrication nouvelle assez « bluffante » de Jamie D. Grant avec un format de jeu de cartes. Il me dit : « Vous devriez aller regarder ça de plus près ! ». Oui, Seb m’a toujours vouvoyé depuis notre première rencontre vers la fin des années 90. Je pense que les vieux de mon genre ont cette chance avec quelques magiciens de la nouvelle génération ! Le respect pour les vieilles reliques ? Allez savoir ! Lol. Comme Seb est toujours de bon conseil, je me dis : tiens je vais commander l’objet sous peu ! Pour ceux qui ne connaissent pas Sébastien Clergue, il est une des « têtes pensantes magiques » de David Copperfield (entre autres), ça donne tout de suite le ton du parcours du jeune homme… Bref, 3 jours plus tard, Mathieu Bich (un de mes anciens élèves) vient dîner à la maison (comme quoi ça défile pas mal chez moi) et il me dit qu’il a trouvé un truc sympa sur la toile. Il le sort de sa poche et me fait la merveille. C’est le truc dont m’a parlé Seb ! Il me remet l’objet en main et je reconnais que, l’effet a beau être similaire à celui de la boîte d’allumettes, la qualité du matos est tellement meilleure qu’auparavant, que cela rend les choses bien plus intéressantes ! L’objet est vraiment ultra performant et crédible en diable. Je ne dis plus rien, mais ma fille (qui connaît son père par cœur) commence à voir que je turbine, que je suis prêt à pondre un œuf (c’est une image)… Je suis en train de flairer un gros poisson. Autour de ce nouvel objet arrivé dans mes mains, une idée me vient qui me semble géniale pour un nouveau spectacle… Je ne vois plus un simple « bloc », c’est tout un univers que j’imagine autour de lui. Plus les minutes passent et plus le poisson grossit dans mon esprit. Dans la nuit je dissèque la base de ce que j’ai vécu. Oui, en dormant ! Je sais que cela peut paraître dingue, mais pendant mon sommeil, je ne rêve pas d’une magnifique blonde ou brune qui me ferait le paravent japonais sans retenue, je rêve de tours de magie et mon cerveau s’emploie à les résoudre… Hop, je me lève et je rejoins avidement mon bureau pour montrer à Alexandra, ma fille, ce à quoi j’ai pensé dans la nuit. C’est presque tous les jours que je pose le pied par terre avec l’apparition d’une « solution » qui a mûri dans mon sommeil… En l’occurrence j’ai imaginé plein de choses nouvelles avec le fameux « bloc » auxquelles, apparemment, personne n’a pensé jusqu’ici et ma fille hallucine. Quand je publierai ce tour, il va bien sûr se trouver quelques chercheurs facétieux pour dire qu’ils avaient eu l’idée en 1982, date à laquelle ils avaient douze ans ! Il faut dire que je connais des personnes comme celles dont je parle à la seconde qui ont le culot plus grand que la créativité, mais le culot n’est-il pas une forme de création ? A voir ! Néanmoins plus les heures passent, plus mon projet devient fou et c’est une véritable aventure magique qui commence avec ce simple bloc ! Je ne sais pas encore dans quel spectacle ou prestation je pourrai intégrer cette nouvelle routine, mais je sens que c’est du lourd !!
Allez j’y retourne !

* On appelle la couturière l’avant-dernière répétition d’une pièce de théâtre, celle précédant la générale. Le nom vient du fait qu’elle permettait aux couturières de faire les dernières retouches aux costumes.


Nov 25 2013

La veste transparente de Dominique Duvivier

En vente sur www.mayette.com dès le 1/12/2013


Nov 21 2013

Alexandra et Dominique sur France Inter dans « Encore heureux » avec Arthur Dreyfus

Arthur Dreyfus explore notre temps, le bonheur et ses méandres avec les magiciens Alexandra et Dominique Duvivier.

Dominique et Alexandra Duvivier, artistes de père en fille, forment depuis des années un  fabuleux duo spécialiste du close up (magie de proximité), qui aime faire  participer son public. De très près est leur nouveau spectacle, visible au café-théâtre de magie le Double Fond du 22 novembre 2013 au 18 juillet 2014.

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Nov 18 2013

Rendez-vous sur France Inter mercredi à 17h

Arthur_dreyfusL’écrivain, scénariste, réalisateur et journaliste Arthur Dreyfus a choisi d’inviter Alexandra et Dominique Duvivier pour son émission « Encore heureux » le mercredi 20 novembre de 17h à 18h.

Une heure de discussion avec les deux artistes, autour de leur parcours, leur travail, mais pas que… Avec eux et en compagnie d’Eva Bester, Arthur Dreyfus explore notre temps, le bonheur et ses méandres…


Nov 18 2013

Bande annonce du spectacle « Le hasard, c’est moi »

Retrouvez la programmation de ce spectacle en cliquant ici : http://www.doublefond.com/information.aspx?idr=197

 


Nov 18 2013

Séance dédicace : merci à tous

La boutique Mayette était comble pour ma séance dédicace du 6 novembre : merci à tous !

Dominique-Duvivier

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Nov 18 2013

Meilleur spectacle magique de l’année 2013-2014

Savez-vous que notre spectacle « De très près » avec ma fille Alexandra a été élu « Spectacle magique de l’année » ? Nous sommes très fiers !

 

De très près avec Alexandra et Dominique DUVIVIER Spectacle magique de l'année FFAP 2013-2014 Catégorie close up

De très près
avec Alexandra et Dominique DUVIVIER
Spectacle magique de l’année FFAP 2013-2014
Catégorie close up