Fév 10 2014

Interview Dominique Duvivier : 6ème et dernière partie

Interview réalisée en 2005 par Lionel, dit « Le Marquis »

 

Lionel : On voit, depuis quelque temps, arriver une nouvelle génération de magiciens. Comment percevez-vous cette « nouvelle vague » ?Dominique Duvivier

 

Dominique : Cela dépend. Il y a presque une histoire par personne dans ce que tu appelles « nouvelle vague ». Mais, si on veut globaliser, ce qui n’est pas forcément une bonne attitude, je vois de jeunes magiciens qui ont un certain talent, voire beaucoup de talent pour quelques uns d’entre eux et  qui essayent d’éclater de la même façon que nous tentions, à notre époque d’éclater. Tout cela est fort logique et tout à fait normal.

Par contre, ce que je reproche à certains, et je dis bien certains, c’est de ne pas forcément avoir l’humilité qui s’impose. Il serait bon qu’ils comprennent que ce n’est pas parce que l’on a une cinquantaine d’années que l’on est forcément fini.

En même temps, ils sont victimes de l’ère du temps qui veut que dépasser quarante ans, quelque soit le domaine, tu es considéré comme un vieux.

Être considéré comme vieux n’est pas un problème en soi, par contre, ce qui devient gênant, c’est de devenir par la même occasion inexistant.

Ces gens là, et je me permets de m’inclure dans le lot, ont quand même, en plus de leur talent, la force de l’expérience. Globalement, ils ont eu les mêmes préoccupations que ceux qui tentent de percer aujourd’hui. Ils ont donc, peut-être, des choses à raconter.

S’il y a une chose qui nous rassemble, moi et tous ceux qui ont débuté à peu près en même temps que moi, c’est le respect que nous avions envers nos pairs plus anciens. La dessus, j’ai l’impression que nous étions irréprochables. Il ne nous aurait jamais traversé l’esprit d’être aussi dédaigneux vis-à-vis d’eux que certains jeunes aujourd’hui vis-à-vis de nous. Enfin, il me semble.

En tout cas une chose est certaine, pour ma part, je n’ai pas du tout l’impression d’être fini et je crois pouvoir dire que le succès de mes spectacles le prouve. Il y a même un de ces « jeunes » qui m’a avoué éviter de venir me voir en spectacle car cela lui donnait le bourdon. Il se sentait mal après m’avoir vu tellement il trouvait ça fort, et ça le démotivait. Je t’assure que ce que je dis est véridique. S’il lit cette interview, il se reconnaîtra. Inutile de me poser la question, je ne citerais pas son nom (rire).

Voilà, tout cela risque de paraître à la limite de l’aigreur alors que ce n’est que l’expression d’une certaine réalité ressentie. Je dis certaine car, heureusement, ils ne sont pas tous comme ça. Si je résume ma pensée, tout le monde doit avoir sa place, jeunes comme plus anciens et le respect doit être mutuel.

 

Lionel : Jeunes, moins jeunes, peu importe, mais quels sont les magiciens que vous conseillez ? Quels sont ceux qui, selon vous, sont incontournables ?

 

Dominique : Il y a l’évidence absolue, c’est à dire, Ricky Jay. Raté une occasion de le voir à l’œuvre est proche de l’acte hérétique selon moi. Que ce soit en live ou en vidéo.

C’est un vieux, je te l’accorde (rire). Mais non seulement il n’a pas dit tout ce qu’il avait à dire mais si on écoute ce qu’il a déjà dit, on avancera dans le bon sens à mon avis.

Il y a aussi des gens comme David Blaine. On peut ne pas l’apprécier mais son apport a quelque chose de tout à fait novateur dans le monde de la magie. On ne peut pas et ne doit pas ignorer ces apports même si cela ne correspond pas vraiment à ce que l’on aime ou ce que l’on pense.

Il y a également Paul Harris qui est un magicien très important. Sa vision sur la magie est vraiment très forte.

Je cite un peu tout pêle-mêle mais c’est toujours difficile de répondre à cette question.

Je me rends compte d’ailleurs que j’ai oublié de citer Tommy Wonder. Très grand magicien à mon sens. Je l’aime bien quand il fait de la scène mais je l’admire quand il se met au close-up. Ses idées sont très intelligentes. On peut noter d’ailleurs qu’il est assez rare de voir un magicien exceller aussi bien en magie de proximité qu’en scène. Je conseille vraiment très fortement sa série de DVD[1]. Même si elle ne sera peut-être pas totalement utile au premier degré dans le sens où il ne va pas être évident de prendre ses tours pour les inclure dans son répertoire, les trésors dissimulés à l’intérieur des vidéos sont d’un intérêt absolument remarquable.

Derren Brown aussi est un artiste qui amène des choses dignes d’intérêt. Pourtant, le mentalisme n’est pas du tout ma tasse de thé mais je reconnais que les concepts et les idées développées dans les livres publiés en français par Frantz[2] apportent des pistes de réflexion sur la magie qu’il est peut-être bon de prendre en considération. Après, on tire les conclusions que l’on veut de sa lecture car je ne suis pas d’accord du tout avec l’ensemble de ce qu’il développe, mais déjà lire ses livres est une bonne démarche.

Il m’est impossible de citer tout le monde. Il n’y a pas que les gens que je cite que j’apprécie bien entendu, mais ce sont les principaux noms qui me viennent à l’esprit.

 

Lionel : Que reprochez-vous au mentalisme ?

 

Dominique : Je n’aime pas, quoi qu’on dise, qu’on utilise comme prétexte des supposés pouvoirs afin d’obtenir une accroche particulière auprès du public. J’estime, pour ma part, que c’est une facilité et qu’au final, l’impression laissée n’est pas une impression de magie. D’autre part, il me semble que ce genre d’attitude est dangereuse. Et puis je ne suis pas sur que ça intéresse le public tant que ça.

 

Lionel : Quels conseils pourriez-vous donner aujourd’hui aux magiciens qui vous ont lu jusque là (rire) ?

 

Dominique : Ne jamais croire les gens qui vous disent que vous n’y arriverez pas si vous sentez, au fond de vous, que vous pouvez réussir. Si vous avez des idées, essayez de les mener à bien du mieux possible et ayez l’objectivité nécessaire pour pouvoir vous rendre compte si vous vous fourvoyez ou non. Écoutez les conseils, bien entendu, mais dès que ceux-ci vous semblent partisans, écoutez les toujours et oubliez-les finalement parce qu’aucune règle ne régentera jamais la magie.

Soyez curieux. Alimentez votre curiosité. Allez voir des magiciens en live. Lisez, regardez ce que les autres font et détachez vos œillères de la magie en allant au théâtre, au cinéma, etc.

Enfin, un dernier conseil, attention à ne pas se prétendre arrivé quand on n’a même pas encore commencé.



[1] Visions of Wonder – L&L Publishing

[2] Pure Effect Derren Brown et Magie Absolue Derren Brown – C.C. Editions

Photo : Zakary Bellamy


Fév 03 2014

MAGIPHAGEUH N°38 : JEAN DAVIS ET MOI

Jean DavisJean Davis et moi.

Pour être plus précis : Jean Davis, Alexandra et moi.

Ah tiens ! Une phrase me vient qui n’a rien à voir : « Le probable, le possible et l’hypothétique ! ». Voilà un bon départ pour un prochain Magiphageuh… Bon, fermons la parenthèse.

Jean Davis est un grand magicien. Un magicien qui n’a jamais fait de vagues, mais qui a fait une belle carrière, comme on dit communément dans notre métier ! Le genre de mec qui ne la ramène pas, mais qui mérite un grand coup de chapeau. Parce qu’il assurait grave le mec !

Je l’ai connu au restaurant « L’Orée du Bois » dans les années 60/70 (ça ne rajeunit personne des périodes comme celles-là !). C’était un célèbre lieu de dîner-spectacle près du Bois de Boulogne et Jean Davis y excellait. Au-delà de sa magie, sa gouaille et son texte ciselé faisaient mouche à chaque instant. Un modèle de professionnalisme le monsieur ! Il avait tout compris.

Je l’ai suivi d’années en années de loin, mais pas trop et souvent plus près, mais pas trop non plus… Bref, un jour nous avons mûri (vieilli ?) et nous avons enfin vraiment parlé, oui !

Il m’a montré sa magie vue des coulisses, ses subtilités, ses marques de fabrique, tout ou presque ! Il m’a donné plein de trucs de sa vie de magicien. Plein d’objets magiques, plein de lui en fait ! Comblé et honoré j’ai été…

Il y a quelques temps déjà, il m’a fait le plaisir de venir me voir en spectacle en duo avec ma fille Alexandra. Je ne sais pas s’il a apprécié notre show, mais ce que je sais c’est qu’il a adoré ma fille ! Ha ha ha ! Il l’a trouvée géniale de partout. Bonne comédienne, bonne magicienne, bonne technicienne, tout je vous dis ! Papa très fier… Le temps d’une soirée, il l’a prise sous son aile : il lui a donné de super nouvelles répliques qu’elle a pu intégrer dans ses shows et des petites idées auxquelles seuls les grands pros ont l’intelligence de penser… J’ai vu et surtout compris beaucoup de choses en le voyant avec elle. C’était un bonheur.

Bon, par contre, je ne sais toujours pas si Jean a aimé ma magie. Rire. Ou alors, il m’a trouvé tellement bon qu’il ne m’en a rien dit ! Re-rire. Le phénomène est curieux à décrire. En fait, quand j’ai rencontré Jean Davis pour la première fois, j’étais un pur malade des cartes. Vous savez ce genre de bête technique infréquentable qui n’aime que les empalmages, les fioritures, les sauts de coupe, enlevages latéraux et autres techniques du même tonneau ! Je n’étais donc pas magicien, pas un artiste, pas un « entertainer » : qu’un frimeur pour magiciens en fait. Et je crois que justement Jean Davis était l’Artiste que je rêvais de devenir sans le savoir… Alors, quand j’ai commencé petit à petit à devenir moins stupide avec mes cartes dès la fin des années 70, je crois que je devais me dire secrètement : ah, si Jean Davis  me voyait maintenant, il changerait d’avis sur moi ! Mais le hasard a fait qu’il ne m’a jamais vu ni dans les années 80, ni 90, ni même 2000 ! Imaginez donc que lorsqu’il est venu me voir à l’œuvre en 2011, j’attendais beaucoup de sa réaction… Mais, pouf, rien ou presque. Damned ! Je me suis presque retrouvé jaloux de ma fille, parce que je n’avais pas eu MON petit compliment !!! Cabotinage ridicule, j’en conviens… Risquer de ressembler à tous ces jaloux qui empoisonnent mon quotidien, quelle horreur ! Inadmissible. Comme quoi nous sommes vraiment toujours le con de quelqu’un… Je confesse aisément cette sensation que j’ai vécue, car ce n’est pas mon habitude d’avoir ce genre de soucis. Que ma fille soit devenue une valeur sûre internationalement me comble de partout. Sincèrement. Vis-à-vis de la non-réaction de Jean Davis, j’ai senti ce que beaucoup doivent vivre en secret, alors je voulais partager cela avec vous, me livrant sans fard depuis que j’ai commencé ce blog ! La reconnaissance est une bête curieuse. Grâce aux inimitiés que j’ai sans cesse provoquées depuis que je suis magicien, j’ai pu gravir beaucoup de marches pour évoluer. J’ai dit souvent que sans mes ennemis, je ne serais pas arrivé là où je suis ! Encore aujourd’hui, certains continuent sans répit de faire croire que je n’existe pas, que je n’ai rien inventé et que je suis le pire homme que la terre ait porté !!! Il y en a même qui détestent ma magie, sans jamais l’avoir vue ! Vous voyez où on en est… Ce n’est pas à cela qu’on les reconnaît, disait Audiard ? Bon, tant pis pour eux. Moi je m’éclate et j’avance. D’une certaine manière on peut dire que leur attitude me condamne à évoluer jusqu’au bout et franchement cette perspective me va très bien !

Amitiés

Dominique Duvivier


Jan 27 2014

Achille Talon

Achille Talon est un de mes livres, pardon, bande dessinée culte !

C’est avec Greg, l’auteur, que m’est venue cette envie folle d’écrire des scénarios délirants, des réparties insensées, des histoires abracadabrantes…

Si vous ne connaissez pas encore ce génie de la BD, vous allez découvrir un puits d’intelligence, de créativité et d’humour, vous allez être subjugué.

Et si vous connaissiez déjà, vous allez sûrement avoir envie de vous y replonger de nouveau !

L’œuvre de Greg est si riche et si subtile, c’est une source d’inspiration inépuisable.

Voici un petit extrait de l’album « Achille Talon méprise l’obstacle » aux Editions Dargaud. Procurez-vous la suite au plus vite chez votre marchand de journaux/bouquins/bandes dessinées le plus proche.

Et maintenant régalez-vous au plus vite avec… Achille Talon, le cuistre !!!

Amitiés

Dominique Duvivier

 

PS : cliquez deux fois de suite sur l’image pour zoomer

Achille Talon


Jan 20 2014

La recette de mon tartare

Il y a quelques années, je vous avais confié une de mes recettes personnelles : « Les pâtes à ma façon » https://www.dominiqueduvivier.com/2011/01/10/pates-a-ma-facon/

Car, oui, il m’arrive de cuisiner !

Aujourd’hui, nous allons parler de mon tartare dont j’ai créé la recette en 1984. Il ressemble bien sûr à la recette traditionnelle, mais là n’est pas le débat : c’est de MON tartare qu’il est question, alors le voici, le voilà !

Tartare_Dominique_Duvivier

Voici les ingrédients de base pour 6 personnes :

 

Sel. Poivre. Moutarde forte. Ketchup. Sauce Worcestershire. Tabasco.

1 oignon et demi haché à la main (finement).

6 jaunes d’œufs extra frais.

2 flacons de câpres.

Bifteck de bœuf ou de cheval de préférence (mais, c’est selon les goûts de votre entourage) : compter en général 200 gr de viande pour une dame et 300 gr pour un monsieur.

 

Il est vrai que si vous êtes végétarien, cet article du jour ne va pas vous faire saliver !

De plus je viens de vous parler de ma préférence pour la viande de cheval dans cette recette, ce qui risque de me mettre à dos quelques lecteurs supplémentaires ! Eh oui, souvent, on n’aime pas le lapin (je parle du lapin cuit), ni le cheval (cuit) et encore moins cru. Mais rassurez-vous pas de lapin dans mon tartare !!! Trêve de plaisanterie, la viande de cheval est une viande très diététique, délicieuse et fine dans le palais, idéale pour le tartare. Enfin bref, de toute façon, avec du bœuf, c’est très bon aussi !

Pour terminer avec cette hécatombe de lecteurs, il faut savoir que c’est un plat plutôt relevé, ce qui ne plaît pas forcément à tout le monde.

Voici pour les pertes. Passons au modus operandi avant que plus personne ne me lise !

 

Tout l’art va consister à intégrer successivement tous les ingrédients avec soin, amour et détermination. Mais attention, il ne faudra jamais ajouter la viande avant que tous les ingrédients (on m’a permis de dire ce mot autant que je le veux ici, alors j’en profite) aient été parfaitement mélangés au préalable !

Commencez par napper alternativement de poivre et de sel un grand saladier jusqu’à ce que le fond en soit recouvert d’une fine couche.

Puis ajoutez vos oignons. J’insiste sur le fait que ceux-ci doivent avoir été coupés à la main (pour qu’ils dégagent un maximum de goût) et très finement (pour qu’ils fondent dans la préparation et qu’on ne puisse en sentir que le goût et pas la consistance dans la bouche !).

Puis ajoutez successivement la moutarde, le ketchup, la sauce Worcestershire, puis les jaunes d’œufs qui correspondent au nombre de convives. Avec une fourchette, il faut à présent mélanger VIGOUREUSEMENT la préparation. C’est une phase essentielle pour la réussite future du tartare : de l’huile de coude (comme disait ma grand-mère) est nécessaire !

Si vous avez bien suivi les conseils de mère grand, votre préparation est presque devenue liquide tant votre mélange a été énergique en diable (j’aime cette expression)…

C’est le moment d’ajouter religieusement la viande (important la religiosité à cet instant). Vous la laissez tomber lentement dans votre préparation en prenant garde qu’elle n’éclabousse personne aux alentours (sachez que vous avez toujours des curieux quand vous faites un tartare). Notez comme la viande vient s’abandonner dans la préparation, un peu comme si elle venait s’y blottir…. Commence alors le mélange : il faut faire pénétrer la viande par petites touches. Délicatement, sans s’impatienter. Un bruit de ventouse se fait entendre : c’est la viande qui commence à prendre son pied, elle se mélange ! Poursuivez  ces ébats  jusqu’à ce que la viande ait parfaitement absorbé l’ensemble de la préparation. Si vous n’arrivez pas à faire disparaître complètement la préparation dans la chair de la viande c’est que vous avez trop de préparation. Enlevez l’excédent. Continuez de touiller avec ferveur. La couleur obtenue est légèrement brillante : une belle couleur de viande (pour les carnivores, sinon, c’est une horrible couleur !). L’ensemble est si lié qu’on ne peut plus distinguer les différents ingrédients d’origine. C’est prêt ! Une balance précise fait alors son entrée : vous pesez le grammage nécessaire pour chacun et vous servez. Il faut déguster sans attendre, si possible avec une portion de frites à gauche. Une portion de salade verte à droite. Un morceau de pain tout frais pour accompagner le tout. Et dégustez. Bon appétit !


Jan 13 2014

Podcast « Et si c’était vrai ? » : émission n°14

Podcast enregistrementChers amis,

Voici maintenant la 14ème émission de mon podcast, enregistrée en juin 2012 avec ma fille Alexandra, Lionel dit « Le Marquis » et moi-même.

Installez-vous comme d’habitude, confortablement.

Bonne écoute

Pour écouter le podcast sur Itunes, cliquez ici !

Sinon, cliquez ci-dessous sur la barre d’écoute…

Dominique Duvivier

PS : Je vous rappelle que vous pouvez vous abonner au podcast directement par son RSS mais également sur iTunes : les personnes possédant des iPhones, iPod ou iPad peuvent donc s’abonner directement (et gratuitement) sur la plateforme d’Apple et disposeront ainsi automatiquement des prochains numéros.

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Jan 06 2014

Tous nos voeux

2014 sera une année particulière car nous allons la rendre particulière. Venez nous voir et vous verrez !

En attendant, nous vous souhaitons une excellente année, qu’elle soit à la mesure de vos rêves les plus fous !

Avec toute notre amitié

 

Toute la troupe du Double Fond

Alexandra et Dominique Duvivier, Marie-Christine, Sophie, Adeline, Philippe, Quoc-Tien, David, Cédric, Sandrine, Nicole, Jean-Pierre, Antoine et Mathilda

Alexandra_et_Dominique_Duvivier

 

La fin de notre année 2013 a été riche en aventures magiques diverses et variées , comme d’habitude !

Le journaliste Thomas Hervé a rendu un bel hommage aux 25 ans du Double Fond sur le plateau de « Ça balance à Paris » avec Eric Naulleau (Paris Première) : http://www.youtube.com/watch?v=u-DswNxC5aw

Yves Lecoq a souhaité à nouveau accueillir Alexandra et Dominique sur son émission « Les Grands du Rire » sur France 3 : http://www.youtube.com/watch?v=JxXgbfrwXc8

L’écrivain, scénariste, réalisateur et journaliste Arthur Dreyfus a choisi d’inviter Alexandra et Dominique pour son émission « Encore heureux ». Une heure de discussion avec les deux artistes, autour de leur parcours, leur travail, mais pas que… Vous pouvez (ré)écouter l’émission en cliquant ici : http://www.franceinter.fr/emission-encore-heureux-alexandra-et-dominique-duvivier

 

Le Double Fond s’est doté :

D’une toute nouvelle page Facebook : https://www.facebook.com/ledoublefond

D’une chaîne sur youtube : http://www.youtube.com/user/ledoublefond

D’une toute nouvelle page Twitter : https://twitter.com/ledoublefond

Abonnez-vous !

 

Le podcast de Dominique rencontre un succès phénoménal : https://www.dominiqueduvivier.com/category/podcast/

Le spectacle en duo d’Alexandra et Dominique « De très près » a reçu le prix du meilleur spectacle magique de l’année 2013-2014 dans la catégorie close up ! On est trop fier !!

 

De très près avec Alexandra et Dominique DUVIVIER Spectacle magique de l'année FFAP 2013-2014 Catégorie close up

De très près
avec Alexandra et Dominique DUVIVIER
Spectacle magique de l’année FFAP 2013-2014
Catégorie close up

 

Et, attention, attention ! Waouh ! Le Double Fond a fait la une du Parisien avec notre soirée du 31 décembre ! Vous pouvez cliquer ici pour lire l’article : https://www.dominiqueduvivier.com/2014/01/02/notre-soiree-du-31-decembre-a-la-une-du-parisien/

Duvivier_Une_Le_Parisien

 

 

 

 


Jan 02 2014

Notre soirée du 31 décembre au Double Fond à la une du Parisien

Le Parisien 31 decembre 2013


Déc 30 2013

Larry Jennings

Larry Jennings, un magicien américain, parti trop tôt à 64 ans en 1997. Un « géantissime » de la magie des cartes. Un de mes « dieux ». Ce mec a un parcours étonnant, comme souvent les grands bonshommes finalement… Il a été par exemple ingénieur combustion et plombier tout en devenant un des plus grands maîtres de la magie du XXème siècle, dingue non ? Allez fouiller un peu sur Internet, vous verrez…

Mars 95 Festival Magie_010

Là, vous le voyez à Paris lors du congrès le « Mayette Days » que nous avions organisé en 1995 au Cirque d’Hiver. Avec Derek Dingle, Max Maven, Gary Kurtz et encore plein d’autres, il faisait partie de cette incroyable brochette d’artistes que nous avions réussi à réunir pour cet événement.

Comme souvent, il est en train de réfléchir. Inlassablement. On pourrait presque se demander : mais pourquoi  tant de sérieux pour réaliser des tours de cartes ??? Mais quand on vieillit (mûrit ?), on se retrouve à sa place, à réfléchir. Inlassablement aussi. Jusqu’au bout du bout. Je crois que rien ne l’intéressait vraiment dans la vie à part réaliser de nouveaux miracles. C’était ça SA vie : réaliser de nouveaux effets, mettre au point de nouveaux tours de magie. Aujourd’hui, je me reconnais en lui. Non pas que je me compare à son génie. Mais je constate que rien ne me plaît autant que la recherche en magie. Rien ne me calme et rien ne me calmera jamais dans ce sens-là ! Jamais. Monsieur Jennings, je crois que je suis tombé dans la même marmite que vous ! Il y aura toujours de nouveaux fous pour préférer les tours de cartes aux choses qui nous entourent. C’est grave docteur ?

Larry Jennings et Dominique Duvivier

Là, nous sommes au Double Fond pour l’enregistrement des programmes que nous avons tournés avec lui dans la foulée du « Mayette Days ». Je lui montre un petit truc et je le vois immédiatement concentré, car je pourrais pondre quelque chose qui pourrait l’intéresser, le faire rebondir, le faire vibrer… Qui sait ? Il ne perdait jamais une miette de rien.


Déc 23 2013

Interview Dominique Duvivier : 5ème partie

Interview réalisée en 2005 par Lionel, dit « Le Marquis » 

Dominique_DuvivierLionel : Quand on s’intéresse un peu à votre univers, on remarque que vous avez créé un monde magique à vous. On pourrait pratiquement dire une tour d’ivoire. Qu’en pensez-vous ?

Dominique : Je suis d’accord. La raison à cela est simple. Quand on entend dire (à l’époque), de la part de ses propres confrères, que l’Imprimerie est un tour anti-commercial. Quand plusieurs marchands de trucs français me disent, les yeux dans les yeux, « si tu sors publiquement ce tour, tu vas te faire du tort Dominique. C’est du débinage. Non seulement le tour est mauvais et ne se vendra pas, mais en plus, il est dangereux pour la communauté magique. » Quand tu entends cela, qui plus est, de la part de gens influents dans le monde magique, tu te dis que jamais, tu ne parviendras à commercialiser tes tours dont tu sais, au plus profond de toi, qu’ils ont pourtant leur place dans les magasins de magie. C’est ce qui m’a poussé, dès que j’en ai eu la possibilité, à ouvrir un magasin.

Ma chance, dans cette histoire, est que j’ai réussi à saisir l’opportunité de racheter Mayette Magie Moderne, le magasin que je fréquentais quand j’étais enfant. Il s’est trouvé que Michel Hatte voulait vendre au moment où je faisais les démarches pour acheter.

Et, comme par hasard, l’Imprimerie s’est vendu par milliers et mes autres tours ont de très beaux parcours commerciaux…

Tout cela pour dire que je ne l’ai pas voulu, moi, ma tour d’ivoire. On m’a obligé à me la fabriquer. Ce que je voulais, c’est faire de la magie et exister dans le monde magique car je pense y avoir ma place. Je ne suis heureux qu’en faisant ce que j’aime par dessus tout. Si on m’avait fait travailler de la façon que je voulais, si on ne m’avait pas mis des bâtons dans les roues pour vendre mes tours, si on ne m’avait pas, par moments, boycotté, et je n’exagère pas, si on n’avait pas nié le fait même que je sois auteur de mes propres tours, eh bien le petit « empire » de Duvivier n’existerait même pas. Je serais un magicien comme tous les autres, heureux de faire de la magie, tout simplement.

 

Lionel : On fait souvent le reproche à Mayette d’être trop cher. Que répondez-vous à cela ?

 

Dominique : Tu sais, acheter une boutique, ce n’est pas simple mais ce n’est pas non plus très compliqué. Le plus compliqué est de conserver cette boutique. Quand j’ai racheté Mayette, les affaires en magie n’étaient pas évidentes à maintenir à  flot, et ce, tous magasins confondus. A tel point que Guy Lore et Georges Proust commençaient à se demander s’ils allaient continuer leur activité commerciale. Pour Georges, le problème était un peu différent car c’est le côté musée de son établissement qui le motivait le plus.

Tu as vu le nombre de boutiques qui ont poussé comme des champignons ces dix dernières années sur la place de Paris et sa région ? A un moment donné, on était plus de vingt ! Puis les fermetures ont commencé à arriver. Une fois la période des deux premières années passée, au cours de laquelle on est exonéré d’impôts, les choses sont beaucoup plus difficiles, surtout au regard des prix pratiqués par ces boutiques.

Si tu veux vraiment conserver ton entreprise, la faire perdurer et faire vivre ceux qui y travaillent, il n’y a pas de secret, il faut un minimum de bénéfices qui permettent de payer les charges, les frais de personnels et le développement même de la boutique. Je suis très mauvais dans ce genre d’explications, l’idéal aurait été de poser la question à Marie-Christine qui est la gérante de Mayette ainsi que du Double Fond. Tout ce que je peux te dire, c’est que les prix chez Mayette me semblent justes au regard de la fréquentation d’un magasin de magie.

Il ne faut pas croire que l’on roule sur l’or. On arrive à équilibrer, ce qui est déjà bien.

De plus, internet est venu déstabiliser le marché. Il est certain qu’en achetant directement au producteur qui fabrique ses produits chez lui, sur un coin de table, cela coûte moins cher qu’en passant par l’intermédiaire d’un magasin. C’est une évidence.

 

Lionel : Que manque-t-il aujourd’hui pour parfaire votre monde magique ?

 

Dominique : Ce qui me manque, c’est d’acheter une chaîne de télévision. Tu parais surpris, mais je suis sérieux. Soyons honnête, tu me vois souvent à la télévision ? Ma magie ne mérite-t-elle pas, elle aussi, de passer à la télévision ? On ne peut pas dire que je n’ai pas fait de prestations télé. Ce serait faux. Mais on ne peut pas dire non plus que l’on se soit rué sur moi. Cela me fait donc penser que si je veux passer à la télévision, mais aussi, promouvoir la magie que j’aime, il faut que ce soit moi qui crée la chaîne. Je ne suis pas fou et je sais parfaitement que j’aurais beaucoup de mal à atteindre cet objectif. Je ne l’atteindrai probablement jamais, mais je peux te dire que j’y réfléchis. Pour l’instant, je n’ai pas trouvé le biais pour pouvoir y parvenir, mais sait-on jamais ?

 

Lionel : Pouvez-vous nous dire sur quel tour vous travaillez en ce moment ?

 

Dominique : Non (rire).

 

Lionel : Je vais essayer de poser la question différemment. Quel effet vous a inspiré récemment ?

 

Dominique : En effet, la question est la même, mais posée différemment (rire). Je vais te répondre mais indirectement seulement. Ce que j’aime, c’est trouver des choses. Un tour, une technique ou un mouvement. Une fois que je suis à peu près satisfait de la chose, je la consigne sur vidéo et je l’oublie pendant deux, trois ans ou plus. Alors, je reprends ce sur quoi je travaillais, qui sont des choses que j’avais consignées les années précédentes. En procédant ainsi, systématiquement, je dis bien systématiquement, quand je visionne les vidéos, je vois des choses intéressantes, certes, mais avec beaucoup d’imperfections. Et pourtant, au moment où j’ai enregistré mon truc, j’étais content de ce que j’avais trouvé ! Alors, je retravaille dans le sens de l’idée consignée pour la remettre à reposer, mais moins longtemps cette fois. Enfin, la troisième séance de travail me permet en général de tirer toute l’essence de l’idée de départ.

En procédant ainsi, grâce au laps de temps assez long écoulé entre les séances, cela me permet de me vider la tête de tout le contexte mental dans lequel j’étais et d’avoir un regard neuf sur mon idée.

De ce fait, j’évite de me fourvoyer et d’interpréter une idée banale en septième merveille du monde. Risque très dangereux, et majeur, pour nous autres magiciens.

 

Lionel : Pouvez-vous nous décrire une de vos journées type ?

 

Dominique : Je dors très peu. En moyenne quatre heures par nuit. Quand je dis nuit, c’est plutôt jour puisque je me couche rarement avant 9h00 ou 10h00 du matin. De plus, il m’arrive de me relever deux ou trois fois pour consigner de vagues idées survenues pendant mon sommeil ou avant de m’endormir.

La première partie de la journée est la lecture du courrier papier ou électronique et d’internet. Je réponds au courrier ou je passe les coups de fil aux personnes qui m’ont appelé. Bref, on va qualifier cette première partie de journée de tâches administratives.

Je ne mange pas, pas même un petit-déjeuner. Je ne mange que le soir. Je suis conscient que c’est très mauvais pour la santé mais c’est ainsi que je fonctionne.

Alors, je commence à sortir toutes mes notes regroupant ce sur quoi je travaille actuellement. J’écris beaucoup. Sur des feuilles volantes, des cahiers, des morceaux de papier. Bref, je compulse toutes ces notes.

J’ai aussi, à côté de ça, toutes les vidéos que j’ai envie de regarder ou que l’on ma demandé de regarder.

Une fois que mon intérêt est accroché par quelque chose dans tout cet imbroglio, je me concentre sur ce qui a retenu mon attention. Partant de là, cela peut durer cinq minutes comme des heures entières. Sophie m’est alors souvent très utile puisque c’est elle qui gère tout mon stock d’informations consignées. Ce qui est un travail titanesque. Elle gère aussi mon stock d’objets magiques ou anodins. Je la sollicite donc souvent pendant cette période de la journée.

Si je n’ai aucun rendez-vous,  aucun gala, aucune répétition particulière à faire, il se peut que l’on aille avec Sophie, Alexandra ou Adeline dans des boutiques et voir s’il n’y a pas des choses qui pourraient susciter des pistes de réflexion. Les boutiques peuvent alors être très variées.

Arrive alors la soirée où, après dîner, je regarde un film. Je suis un boulimique de cinéma. En plus d’aimer ça au premier degré, le film va me permettre de réfléchir. J’essaye toujours de faire ressortir des sujets traités et de la façon dont ils ont été traités, des choses qui pourraient m’inspirer en magie. Que le film soit bon ou mauvais, j’y réfléchis toujours après.

A deux ou trois heures du matin, on a une réunion de travail avec Adeline ou Alexandra si elles sont toujours éveillées. Cela peut très  bien concerner le Double Fond, Mayette, nos futurs spectacles ou tout autre sujet.

Ensuite, suivant mon état de fatigue, je travaille ce que j’avais commencé le matin et l’après-midi et je vais me coucher en regardant un autre film d’un genre totalement différent de celui que j’ai vu en début de soirée.


Déc 16 2013

Les 25 ans du Double Fond dans « ça balance à Paris » sur Paris Première