Mar 24 2014

La Foire du Trône

Alexandra _et_Dominique_DuvivierLes beaux jours reviennent et je pense à La Foire du Trône… Une véritable saga en prévision, un roman fleuve ? Peut-être pas autant. Mais ce qui est sûr, c’est que La Foire du Trône a joué un rôle déterminant dans ma vie !

Comme je l’ai souvent raconté, ma vie de magicien a commencé à l’âge de huit ans lorsque j’ai vu le film « M le Maudit » de Fritz Lang… C’est grâce à ce film que mon engouement est né et que j’ai commencé à regarder un peu plus loin que le bout de mon nez… En face de mes fenêtres m’a suffit amplement d’ailleurs pour un début ! La Foire du Trône, dans mes jeunes années, siégeait en effet sur le Cours de Vincennes (j’habitais au 82). Et précisément sous mes fenêtres, le magicien Renélys haranguait le chaland pour vendre quelques tours de prestidigitation. Avouez qu’il y a parfois de ces coïncidences ! Pas besoin de préciser que je suis descendu le voir quelques milliers d’heures pour piger ses trucs et m’imprégner de l’ambiance indescriptible qu’il faisait régner à ses côtés ! Pendant des années, je me suis abreuvé de son personnage qui allait opérer petit à petit un véritable tour de magie sur le gamin que j’étais… De la vraie magie ! Sans m’en rendre compte, je me suis pris d’amour pour son univers. Chaque année je le cherchais avidement parmi les stands, je le retrouvais parfois dans un autre emplacement, parfois pas du tout, puisqu’il disparaissait quelques années et pour finir il n’y allait plus du tout. Je le retrouvais alors aux abords du cinéma le grand Rex ou plus rarement à Montparnasse. Sinon il élisait son quartier général à Cotterêts. Mais tout cela nous égare de La Foire du Trône.Dominique_Duvivier

Tout au long de ma vie, j’ai traîné ma mère, mon père, puis ma femme, puis aussi mes enfants bien sûr, mes amis, mes petits-enfants maintenant… bref tous mes proches, pour voir, entendre et sentir l’ambiance si particulière de ces lieux ! Je garde un souvenir impérissable de ces stands aux animations improbables : « Les sœurs siamoises » autant siamoises que Marlo était un entertainer ! « L’homme le plus petit du monde » qui avait la voix d’un enfant de trois ans. « La femme la plus grosse du monde », « La femme serpent », « La sirène vivante », « L’homme aux deux cerveaux » (en fait dans un bocal de formol… à déconseiller !). Et puis « L’homme le plus fort du monde » (toutes les attractions ou presque étaient libellées comme « le plus fort du monde ») qui défiait n’importe qui en combat singulier sur un véritable ring… Ah oui ! Aussi « Miss Gorilla » qui devenait un gorille déchaîné et qui poussait la foule effrayée vers la sortie. A chaque fois, cela ne durait que quelques secondes, mais qu’elles étaient exaltantes ces quelques secondes, bordel ! Il y avait aussi la parade avec les motos qui hurlaient dans la nuit en faisant du surplace, puis qui vrombissaient à des vitesses folles dans un énorme cylindre dès qu’on prenait son billet. Très impressionnant à cette époque où les sensations étaient plutôt rares ! Et puis, petit à petit, toutes ces attractions ont disparu complètement. Le temps passant, de nouvelles habitudes se sont développées. Les jeux ont fait leur apparition… Vous savez, ceux où on ne peut Foire du Tronejamais gagner mais qu’on essaie tout de même au cas où ! Mais ce n’est pas grave, on continue de bien s’amuser. Les tenancières continuent de gueuler dans leur micro pour capter l’attention du client potentiel. Tout le monde continue à vendre du vent. Les musiques continuent de se chevaucher dans une cacophonie infernale et maintenant c’est mon petit-fils Antoine qui se bouche les oreilles, car selon lui… ils poussent un peu trop loin le bouchon !!! Et, bien sûr, ça sent toujours aussi bon dans les allées : ça sent la merguez, ça sent la frite trop grasse, ça sent la gaufre et ça sent les croustillons Hollandais. « Croustillons hollandais véritables » peut-on lire sur les officines, alors qu’en Hollande on ne les connaît même pas ! Mais ils sont si délicieux. On se brûle tellement c’est chaud, on s’en met partout… et on se régale. Bientôt, c’est le mois d’avril, tous en famille, on va pouvoir vérifier que nous sommes nuls aux fléchettes, au tir à l’arc, à la pétanque, au tir au pigeons, au ballon de foot… et mes petits-enfants vont pouvoir gagner des peluches énormes, attraper des canards avec la canne à pêche et essayer tous les manèges. Tout ça, c’est La Foire du Trône et, pour une troisième génération de Duvivier, l’âme d’enfant de Renélys plane…

Dominique_et_Marie-Christine_Duvivier

 


Mar 17 2014

Woody Allen nous parle

« Je fais des films uniquement pour moi, à l’image d’une personne qui passe ses journées à tisser des paniers. Des doigts occupés sont des doigts heureux. Peu m’importe les films. Peu m’importe qu’on s’en débarrasse après ma mort. »  Woody Allen

Woody Allen

 


Mar 10 2014

Le lycée Turquetil

Le lycée Turquetil où toute une vie aurait pu basculer…
En effet, il se trouve que cet établissement fort respectable et qui existe toujours (Paris 11ème), me fut presque imposé, après mes résultats brillants à l’école dite « normale ». Pour parler clair et court, j’étais un cancre notoire qui n’a jamais été jusqu’en 6ème et qui a été davantage habitué aux classes dites de « rattrapage », que j’ai d’ailleurs redoublées autant que la loi le permettait… Puis, suite logique : le lycée Turquetil semblait être l’unique voie qu’il restait encore possible pour attendre mes 16 ans que je puisse voler de mes propres ailes. Cette officine dite d’apprentissage (tellement mon niveau était formidable) se nommait à voix basse (par mes parents) « lycée technique ». Ce genre d’établissement était donc en principe davantage prévu pour les manuels… Pourtant, au grand désespoir de ma pauvre petite maman, je n’étais pas plus manuel qu’intellectuel ! Pas manuel moi, le magicien que je suis devenu ? Quelle blague pensez-vous ! J’insiste car, en général, on ne comprend pas qu’un mec comme moi puisse être malhabile en dehors de la magie… Pourtant je vous assure, je suis d’une maladresse assez inimaginable. Aucun bricolage n’est possible pour moi à un point qu’on me retire de force les outils que j’aime pourtant prendre pour m’essayer à planter un clou ou rogner le bas d’une porte afin qu’elle soit mieux ensuite ! Mes proches n’ont pas vraiment le souvenir d’une amélioration après mon passage (rire), d’où leur peur viscérale dès lors qu’ils me voient avec autre chose qu’un objet magique direct en pogne ! D’ailleurs, depuis, j’ai remarqué que de nombreuses personnes ultra habiles dans leur domaine, comme les chirurgiens par exemple, rencontrent souvent le même problème que votre serviteur : ce sont des cas sociaux pour toute aide dans une maison qui se respecte. Bref, revenons à nos moutons. Le lycée technique Turquetil était à mon époque foururespécialisé dans le cuir (pour la maroquinerie), la fourrure (pour la fourrure) et la gainerie (pour les boîtes en tous genres). La voie royale parmi ces trois disciplines était la fourrure. Les élèves qui étaient dans cette section regardaient tout juste les autres tellement ils se la pétaient ! Et les profs de la fourrure étaient particulièrement dédaigneux vis-à-vis des pauvres bougres comme moi qui n’avaient pas eu d’assez bonnes notes pour entrer dans leurs ateliers. Ces derniers pouvaient encore prétendre au métier de maroquinier, discipline moins noble mais encore très correcte, pour ces heureux élus de rattrapage ! Et, enfin, pour terminer, il restait la lie. Les sans grade. Ceux qui récoltaient les mauvaises notes, les pas adroits en tous genres : ils se retrouvaient en « gainerie ». Comme moi ! Vous l’avez compris, je n’avais pas choisi cette matière par apostolat… On me disait que c’était certainement la dernière possibilité de me trouver un job pour le futur, si toutefois je réussissais à gainer des fameuses boîtes   un jour… En cuir (les boîtes) ou en carton. Jamais en fourrure ! Mon prof principal, la cigarette maïs au coin du bec en permanence, me scrutait en coin se demandant parfois qui pouvait bien se cacher derrière une telle nullité. Une certaine tendresse dans son regard me laissait entendre cuir2que je ne devais pas mettre fin à mes jours au plus vite ! Monsieur Chalot il s’appelait, si ma mémoire est bonne. Je prends conscience que je n’ai jamais pensé à le surnommer « Salaud » (Chalot), comme quoi, quand on est jeune, on rate des occasions ! Mais il n’était pas méchant. Il avait la rêverie facile, comme moi. Comme il regardait souvent par la fenêtre, j’avais l’impression qu’il s’évadait… Il faut dire qu’il fallait savoir se prémunir pour ne pas devenir chèvre avec des ostrogoths dans mon genre ! J’avais souvent honte de ce que je devais présenter… Mon objet, censé être une magnifique boîte en cuir ou en carton avec tiroirs gainerieincorporés, ne ressemblait plus à rien en cuir, ni à rien en carton, pour dire vrai !! J’ai beaucoup souffert dans cette école. On pouvait moins déconner car la plupart des élèves travaillaient eux ! Après mes résultats catastrophiques, je dirais de mémoire qu’ils m’ont encore gardé une seconde année et puis il m’ont viré. A 16 ans, j’ai atterri direct comme vendeur à « Inno Passy ». Puis vint assez vite mai 68 que j’ai passé dans les rayons bouffe du magasin avec de charmantes vendeuses aux fruits et légumes. Un souvenir impérissable ! Et enfin le B.H.V, au rayon télévisions et chaînes HIFI. Puis ce fut le temps de faire mon armée (très mauvais souvenir) : mes classes à Fontainebleau (où j’ai notamment enseigné les arts martiaux) puis dans « le Train » à Mortier (à Paris) pour 12 mois de galère. En sortant de là mon père, qui a toujours eu de brillantes idées, voulait que je devienne un agent de la sécurité de nuit. Non merci. Je suis retourné un peu travailler au BHV. Mais surtout, je me suis lancé à corps perdu dans la magie à l’âge de 22 ans…. Avouez que vous revenez de loin ! Bah si vous réfléchissez, j’aurais pu devenir fourreur, maroquinier, gaineur, militaire/prof d’arts martiaux, vendeur spécialisé en HIFI, gardien de square !


Mar 03 2014

Podcast « Et si c’était vrai ? » : émission n°15

Album HelpChers amis,

Voici maintenant la 15ème émission de mon podcast, enregistrée en juin 2012 avec Lionel dit « Le Marquis » et moi-même.

Installez-vous comme d’habitude, confortablement.

Bonne écoute

Pour écouter le podcast sur Itunes, cliquez ici !

Sinon, cliquez ci-dessous sur la barre d’écoute…

Dominique Duvivier

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Fév 24 2014

Alexandra Duvivier, invitée du JT de 13h sur France 2


Vidéo

Alexandra et Dominique Duvivier reçu par Yves Lecoq sur France 3

Fév 17 2014

Aujourd’hui, Attali : altruisme, télépathie…

Vous allez, si vous le souhaitez, vivre quelques minutes à part…

Installez-vous et écoutez.

Si cette interview vous intéresse, ne manquez pas de vous procurer la revue dont elle est extraite… à tout de suite avec vos oreilles !

Amitié.

Dominique Duvivier

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Fév 10 2014

Interview Dominique Duvivier : 6ème et dernière partie

Interview réalisée en 2005 par Lionel, dit « Le Marquis »

 

Lionel : On voit, depuis quelque temps, arriver une nouvelle génération de magiciens. Comment percevez-vous cette « nouvelle vague » ?Dominique Duvivier

 

Dominique : Cela dépend. Il y a presque une histoire par personne dans ce que tu appelles « nouvelle vague ». Mais, si on veut globaliser, ce qui n’est pas forcément une bonne attitude, je vois de jeunes magiciens qui ont un certain talent, voire beaucoup de talent pour quelques uns d’entre eux et  qui essayent d’éclater de la même façon que nous tentions, à notre époque d’éclater. Tout cela est fort logique et tout à fait normal.

Par contre, ce que je reproche à certains, et je dis bien certains, c’est de ne pas forcément avoir l’humilité qui s’impose. Il serait bon qu’ils comprennent que ce n’est pas parce que l’on a une cinquantaine d’années que l’on est forcément fini.

En même temps, ils sont victimes de l’ère du temps qui veut que dépasser quarante ans, quelque soit le domaine, tu es considéré comme un vieux.

Être considéré comme vieux n’est pas un problème en soi, par contre, ce qui devient gênant, c’est de devenir par la même occasion inexistant.

Ces gens là, et je me permets de m’inclure dans le lot, ont quand même, en plus de leur talent, la force de l’expérience. Globalement, ils ont eu les mêmes préoccupations que ceux qui tentent de percer aujourd’hui. Ils ont donc, peut-être, des choses à raconter.

S’il y a une chose qui nous rassemble, moi et tous ceux qui ont débuté à peu près en même temps que moi, c’est le respect que nous avions envers nos pairs plus anciens. La dessus, j’ai l’impression que nous étions irréprochables. Il ne nous aurait jamais traversé l’esprit d’être aussi dédaigneux vis-à-vis d’eux que certains jeunes aujourd’hui vis-à-vis de nous. Enfin, il me semble.

En tout cas une chose est certaine, pour ma part, je n’ai pas du tout l’impression d’être fini et je crois pouvoir dire que le succès de mes spectacles le prouve. Il y a même un de ces « jeunes » qui m’a avoué éviter de venir me voir en spectacle car cela lui donnait le bourdon. Il se sentait mal après m’avoir vu tellement il trouvait ça fort, et ça le démotivait. Je t’assure que ce que je dis est véridique. S’il lit cette interview, il se reconnaîtra. Inutile de me poser la question, je ne citerais pas son nom (rire).

Voilà, tout cela risque de paraître à la limite de l’aigreur alors que ce n’est que l’expression d’une certaine réalité ressentie. Je dis certaine car, heureusement, ils ne sont pas tous comme ça. Si je résume ma pensée, tout le monde doit avoir sa place, jeunes comme plus anciens et le respect doit être mutuel.

 

Lionel : Jeunes, moins jeunes, peu importe, mais quels sont les magiciens que vous conseillez ? Quels sont ceux qui, selon vous, sont incontournables ?

 

Dominique : Il y a l’évidence absolue, c’est à dire, Ricky Jay. Raté une occasion de le voir à l’œuvre est proche de l’acte hérétique selon moi. Que ce soit en live ou en vidéo.

C’est un vieux, je te l’accorde (rire). Mais non seulement il n’a pas dit tout ce qu’il avait à dire mais si on écoute ce qu’il a déjà dit, on avancera dans le bon sens à mon avis.

Il y a aussi des gens comme David Blaine. On peut ne pas l’apprécier mais son apport a quelque chose de tout à fait novateur dans le monde de la magie. On ne peut pas et ne doit pas ignorer ces apports même si cela ne correspond pas vraiment à ce que l’on aime ou ce que l’on pense.

Il y a également Paul Harris qui est un magicien très important. Sa vision sur la magie est vraiment très forte.

Je cite un peu tout pêle-mêle mais c’est toujours difficile de répondre à cette question.

Je me rends compte d’ailleurs que j’ai oublié de citer Tommy Wonder. Très grand magicien à mon sens. Je l’aime bien quand il fait de la scène mais je l’admire quand il se met au close-up. Ses idées sont très intelligentes. On peut noter d’ailleurs qu’il est assez rare de voir un magicien exceller aussi bien en magie de proximité qu’en scène. Je conseille vraiment très fortement sa série de DVD[1]. Même si elle ne sera peut-être pas totalement utile au premier degré dans le sens où il ne va pas être évident de prendre ses tours pour les inclure dans son répertoire, les trésors dissimulés à l’intérieur des vidéos sont d’un intérêt absolument remarquable.

Derren Brown aussi est un artiste qui amène des choses dignes d’intérêt. Pourtant, le mentalisme n’est pas du tout ma tasse de thé mais je reconnais que les concepts et les idées développées dans les livres publiés en français par Frantz[2] apportent des pistes de réflexion sur la magie qu’il est peut-être bon de prendre en considération. Après, on tire les conclusions que l’on veut de sa lecture car je ne suis pas d’accord du tout avec l’ensemble de ce qu’il développe, mais déjà lire ses livres est une bonne démarche.

Il m’est impossible de citer tout le monde. Il n’y a pas que les gens que je cite que j’apprécie bien entendu, mais ce sont les principaux noms qui me viennent à l’esprit.

 

Lionel : Que reprochez-vous au mentalisme ?

 

Dominique : Je n’aime pas, quoi qu’on dise, qu’on utilise comme prétexte des supposés pouvoirs afin d’obtenir une accroche particulière auprès du public. J’estime, pour ma part, que c’est une facilité et qu’au final, l’impression laissée n’est pas une impression de magie. D’autre part, il me semble que ce genre d’attitude est dangereuse. Et puis je ne suis pas sur que ça intéresse le public tant que ça.

 

Lionel : Quels conseils pourriez-vous donner aujourd’hui aux magiciens qui vous ont lu jusque là (rire) ?

 

Dominique : Ne jamais croire les gens qui vous disent que vous n’y arriverez pas si vous sentez, au fond de vous, que vous pouvez réussir. Si vous avez des idées, essayez de les mener à bien du mieux possible et ayez l’objectivité nécessaire pour pouvoir vous rendre compte si vous vous fourvoyez ou non. Écoutez les conseils, bien entendu, mais dès que ceux-ci vous semblent partisans, écoutez les toujours et oubliez-les finalement parce qu’aucune règle ne régentera jamais la magie.

Soyez curieux. Alimentez votre curiosité. Allez voir des magiciens en live. Lisez, regardez ce que les autres font et détachez vos œillères de la magie en allant au théâtre, au cinéma, etc.

Enfin, un dernier conseil, attention à ne pas se prétendre arrivé quand on n’a même pas encore commencé.



[1] Visions of Wonder – L&L Publishing

[2] Pure Effect Derren Brown et Magie Absolue Derren Brown – C.C. Editions

Photo : Zakary Bellamy


Fév 03 2014

MAGIPHAGEUH N°38 : JEAN DAVIS ET MOI

Jean DavisJean Davis et moi.

Pour être plus précis : Jean Davis, Alexandra et moi.

Ah tiens ! Une phrase me vient qui n’a rien à voir : « Le probable, le possible et l’hypothétique ! ». Voilà un bon départ pour un prochain Magiphageuh… Bon, fermons la parenthèse.

Jean Davis est un grand magicien. Un magicien qui n’a jamais fait de vagues, mais qui a fait une belle carrière, comme on dit communément dans notre métier ! Le genre de mec qui ne la ramène pas, mais qui mérite un grand coup de chapeau. Parce qu’il assurait grave le mec !

Je l’ai connu au restaurant « L’Orée du Bois » dans les années 60/70 (ça ne rajeunit personne des périodes comme celles-là !). C’était un célèbre lieu de dîner-spectacle près du Bois de Boulogne et Jean Davis y excellait. Au-delà de sa magie, sa gouaille et son texte ciselé faisaient mouche à chaque instant. Un modèle de professionnalisme le monsieur ! Il avait tout compris.

Je l’ai suivi d’années en années de loin, mais pas trop et souvent plus près, mais pas trop non plus… Bref, un jour nous avons mûri (vieilli ?) et nous avons enfin vraiment parlé, oui !

Il m’a montré sa magie vue des coulisses, ses subtilités, ses marques de fabrique, tout ou presque ! Il m’a donné plein de trucs de sa vie de magicien. Plein d’objets magiques, plein de lui en fait ! Comblé et honoré j’ai été…

Il y a quelques temps déjà, il m’a fait le plaisir de venir me voir en spectacle en duo avec ma fille Alexandra. Je ne sais pas s’il a apprécié notre show, mais ce que je sais c’est qu’il a adoré ma fille ! Ha ha ha ! Il l’a trouvée géniale de partout. Bonne comédienne, bonne magicienne, bonne technicienne, tout je vous dis ! Papa très fier… Le temps d’une soirée, il l’a prise sous son aile : il lui a donné de super nouvelles répliques qu’elle a pu intégrer dans ses shows et des petites idées auxquelles seuls les grands pros ont l’intelligence de penser… J’ai vu et surtout compris beaucoup de choses en le voyant avec elle. C’était un bonheur.

Bon, par contre, je ne sais toujours pas si Jean a aimé ma magie. Rire. Ou alors, il m’a trouvé tellement bon qu’il ne m’en a rien dit ! Re-rire. Le phénomène est curieux à décrire. En fait, quand j’ai rencontré Jean Davis pour la première fois, j’étais un pur malade des cartes. Vous savez ce genre de bête technique infréquentable qui n’aime que les empalmages, les fioritures, les sauts de coupe, enlevages latéraux et autres techniques du même tonneau ! Je n’étais donc pas magicien, pas un artiste, pas un « entertainer » : qu’un frimeur pour magiciens en fait. Et je crois que justement Jean Davis était l’Artiste que je rêvais de devenir sans le savoir… Alors, quand j’ai commencé petit à petit à devenir moins stupide avec mes cartes dès la fin des années 70, je crois que je devais me dire secrètement : ah, si Jean Davis  me voyait maintenant, il changerait d’avis sur moi ! Mais le hasard a fait qu’il ne m’a jamais vu ni dans les années 80, ni 90, ni même 2000 ! Imaginez donc que lorsqu’il est venu me voir à l’œuvre en 2011, j’attendais beaucoup de sa réaction… Mais, pouf, rien ou presque. Damned ! Je me suis presque retrouvé jaloux de ma fille, parce que je n’avais pas eu MON petit compliment !!! Cabotinage ridicule, j’en conviens… Risquer de ressembler à tous ces jaloux qui empoisonnent mon quotidien, quelle horreur ! Inadmissible. Comme quoi nous sommes vraiment toujours le con de quelqu’un… Je confesse aisément cette sensation que j’ai vécue, car ce n’est pas mon habitude d’avoir ce genre de soucis. Que ma fille soit devenue une valeur sûre internationalement me comble de partout. Sincèrement. Vis-à-vis de la non-réaction de Jean Davis, j’ai senti ce que beaucoup doivent vivre en secret, alors je voulais partager cela avec vous, me livrant sans fard depuis que j’ai commencé ce blog ! La reconnaissance est une bête curieuse. Grâce aux inimitiés que j’ai sans cesse provoquées depuis que je suis magicien, j’ai pu gravir beaucoup de marches pour évoluer. J’ai dit souvent que sans mes ennemis, je ne serais pas arrivé là où je suis ! Encore aujourd’hui, certains continuent sans répit de faire croire que je n’existe pas, que je n’ai rien inventé et que je suis le pire homme que la terre ait porté !!! Il y en a même qui détestent ma magie, sans jamais l’avoir vue ! Vous voyez où on en est… Ce n’est pas à cela qu’on les reconnaît, disait Audiard ? Bon, tant pis pour eux. Moi je m’éclate et j’avance. D’une certaine manière on peut dire que leur attitude me condamne à évoluer jusqu’au bout et franchement cette perspective me va très bien !

Amitiés

Dominique Duvivier


Jan 27 2014

Achille Talon

Achille Talon est un de mes livres, pardon, bande dessinée culte !

C’est avec Greg, l’auteur, que m’est venue cette envie folle d’écrire des scénarios délirants, des réparties insensées, des histoires abracadabrantes…

Si vous ne connaissez pas encore ce génie de la BD, vous allez découvrir un puits d’intelligence, de créativité et d’humour, vous allez être subjugué.

Et si vous connaissiez déjà, vous allez sûrement avoir envie de vous y replonger de nouveau !

L’œuvre de Greg est si riche et si subtile, c’est une source d’inspiration inépuisable.

Voici un petit extrait de l’album « Achille Talon méprise l’obstacle » aux Editions Dargaud. Procurez-vous la suite au plus vite chez votre marchand de journaux/bouquins/bandes dessinées le plus proche.

Et maintenant régalez-vous au plus vite avec… Achille Talon, le cuistre !!!

Amitiés

Dominique Duvivier

 

PS : cliquez deux fois de suite sur l’image pour zoomer

Achille Talon