Août 11 2014

Echapée belle

Ce qui compte dans la vie, c’est le voyage non la destination.

Ce principe simple et connu m’a fait penser à mes recherches. Quand j’écris une routine de magie, Dominique_Duvivierma priorité n’est pas de construire un système parfait, avec un début, un milieu et une fin. Une histoire classique quoi ! Plus tard, l’ensemble paraîtra a priori bien construit, mais sur le moment mon idée est d’abord d’écrire une sorte d’épopée dans la forme plutôt qu’une folie dans le fond !  Je m’explique : si la routine qu’on invente est par exemple dépourvue d’un climax, mais pleine de rebondissements tout du long et menée par un bon jeu de comédie, l’essentiel est gagné, selon moi. Même si la fin de la routine s’avérait par hasard un peu légère, nous aurions peu de ronchons pour critiquer le tour, car le voyage aura été à la hauteur de leurs espérances. En effet, le pari principal d’un bon tour de magie, c’est d’emmener très loin le spectateur, car il n’attend que cela : s’évader ! Voyager c’est accepter de changer d’univers, de repères et donc de logique. Se perdre pour mieux se retrouver, voilà ce que nous offrons comme possibilité au public. Alors, il se souviendra de cette échappée belle et, quelque part,  vous deviendrez sa destination !


Août 04 2014

MAGIPHAGEUH N°41 : CEINTURE ET BRETELLES

Dominique_Duvivier« Ceinture et bretelles »… Voilà qui commence bien ce nouveau volet de notre rubrique préférée ! Vous devez vous demander ce que peut bien vouloir dire pareille expression dans un contexte comme le nôtre… En fait, en discutant avec un ami dentiste qui me parlait de sécuriser un de ses travaux, il employa cette expression imagée « Ceinture ET bretelles ! » pour exprimer le côté « sans faille » quand on veut garder son falzar en place. Amusant, n’est-ce pas ? Votre serviteur, qui ne pense qu’à la magie ou presque dans sa vie, s’est dit : « Tiens ! Un parallèle possible avec nos propres aspirations de magiciens pointe son nez… ». Hop ! Me voici donc  de plain pied dans le sujet : comment mener à bien une routine magique façon « ceinture ET bretelles » ? Comment se sortir des embûches habituelles pour réaliser un tour ? Par exemple, comment faire pour ne pas se faire damer le pion par un imbécile (pardon, un spectateur attentif) qui nous prendrait la main dans le sac avec une de nos techniques qui serait « légère » ou un de nos scénarios qui ne serait pas assez crédible ? Un vrai parcours du combattant pour flairer ce qui pourrait s’avérer pas assez construit ou sentir l’approximation… Une vie entière à m’imaginer en « live » testant tel ou tel nouveau tour. Moins les mouvements sont visibles (en fait, moins il y en a) plus les pistes seront brouillées et votre tour sécurisé… L’économie de gestes et la vraisemblance de votre scénario sont les deux éléments clés de la réussite de vos tours. Il faut que votre spectateur soit « cerné » (si je puis m’exprimer ainsi) façon « Ceinture ET bretelles ! ».


Juil 28 2014

Grandes illusions

Attention : document rare ! Le summum est touché ici. J’ai une vingtaine d’années et je fais des grandes illusions dans mon salon !

Dominique Duvivier Grande Illusion fin annees 70

Nous étions donc dans les débuts des années 70. C’est un peu « dans cet état » ( !) que m’a découvert Gaëtan Bloom (à l’époque d’ailleurs où Gaëtan s’appelait encore Jean-Louis Blum, c’est dire si cela fait longtemps !). Gaëtan a profité chez moi de ce que je projetais de présenter au club du « French Ring » quelques mois plus tard : un magnifique et très original spectacle de grandes illusions ! Et il faut dire que j’ai vu dans son regard faussement approbateur qu’il se foutait gentiment de ma gueule. Qu’il attendait avec une joie sans mélange de me voir pour la première à ce spectacle qui allait faire date !  J’ai donc eu l’illumination : ne pas faire ce tour extraordinaire et arrêter la magie de scène/grandes illusions ! La magnifique femme à mes côtés, c’est Marie-Christine qui est avec moi depuis 1969. Nous avions 19 ans quand nous nous sommes rencontrés et aujourd’hui, 45 ans plus tard, nous sommes toujours ensemble…  Pas mal, non ?

La grande illusion que vous voyez sur les photos était une « merveille », selon les dires de son vendeur. Il s’agissait de Clifton, le célèbre inconnu anglais qui avait élu domicile au Parking Foch, près des Champs-Elysées. Il tenait une boutique où l’on pouvait trouver plein d’autres merveilles (?!) en  magie de scène mais aussi de close up, salon… En l’occurrence la pépite s’intitulait «Homicide ». Tout un programme ! Cette boutique fut vite déplacée rue Notre-Dame de Lorette puis rachetée par Guy Lore, puis par Georges Proust !

Vous pouvez suivre sur les photos l’évolution de cet effet plutôt incompréhensible, il faut l’avouer : on place une jolie fille dans la boîte (très jolie sinon ça ne marche pas). On lui noue des cordes aux pieds (photo 2). On lui attache les poignets (photo 3). On ferme la boîte. On scie la boîte en son centre (photo 4). On place des plaques de part et d’autre, puis on sépare les deux boîtes (photo 5). Enfin, on passe une tige dans les deux boîtes (photo 6) et c’est un miracle insoupçonnable ! Vous comprenez mieux Gaëtan/Jean-Louis ???!

Et c’est d’ailleurs ainsi que mon aventure dans le close up est née : après ces improbables essais dans le monde de la grande illusion, Gaëtan a commencé à me montrer des tours et des techniques de magie de close up. J’ai tout de suite accroché et surtout je me suis jeté à corps perdu dans le domaine. J’ai travaillé, travaillé et tellement travaillé comme un fou que, trois mois plus tard Gaëtan m’a dit : « Mais c’est avec toi qu’il faut que je prenne des cours maintenant ! ». C’est ce qu’il a fait. Il a pris des cours avec moi pendant trois mois aussi et en voulant payer. Impossible de le faire fléchir. Il voulait payer. Plus tard je lui ai demandé qui pourrait me montrer des choses nouvelles et il m’a conseillé Bernard Bilis qu’il a fait venir chez moi. Nous avons sympathisé très vite et Bilis m’a donné des cours de magie en échange de conseils en arts martiaux. Trois mois plus tard (décidément) il m’avait tout montré à son tour et nous sommes devenus des magiciens à part entière, des confrères en quelque sorte et cette amitié a duré jusqu’en 1973, après la FISM à Paris, moment où je me suis « séparé » de lui. Voici la VERITABLE origine de nos rencontres.


Juil 21 2014

Dai Vernon

En bossant sur une nouvelle création, je suis tombé, par « non hasard » sur cette fiche que je voulais partager avec vous. La chose est wikipédiesque, évidemment :

« Dai Vernon est également appelé dans la communauté des magiciens « The Professor ». En effet, il a pour ainsi dire révolutionné le close-up, et a laissé son empreinte dans la façon d’aborder la prestidigitation. Sa grande spécialité était la cartomagie, mais cela ne l’empêchait pas de pratiquer beaucoup d’autres formes de magie avec succès (pièces, notamment). Il est un des responsables de la montée de l’intérêt pour les cartes de marque « Jerry’s Nugget» et fut le premier à les utiliser régulièrement. De grands noms de la magie actuelle ont appris avec Vernon (Michael Ammar, Bruce Cervon, John Carney, Larry Jennings, Ricky Jay, Richard Turner, Charlie Miller). Il était un des résidents les plus remarqués de l’hôtel « The Magic Castle », à Los Angeles, où des magiciens du monde entier venaient le rencontrer et apprendre de lui.

À Houdini, qui affirmait pouvoir comprendre n’importe quel tour de prestidigitation s’il le voyait exécuté trois fois, Dai Vernon présenta un tour sept ou huit fois, et Houdini dut s’avouer vaincu. Vernon en profita pour ajouter dans ses publicités : The Man Who Fooled Houdini (l’homme qui a trompé Houdini).

Il meurt à l’âge de 98 ans, le 21 août 1992 à Hollywood. Il dira à la fin de sa vie: « Je n’ai qu’un regret, celui de n’avoir pu consacrer les quatre premières années de ma vie à la magie »

Rafraîchissant, n’est-ce pas ?

Quand je pense que certains disent que les cartes « Jerry’s Nugget » sont des cartes pour amateurs. Voire pour des nuls. Ça me fait marrer !

Et puis, me dis-je, quand on pense que, pour ma part, j’ai commencé la magie à 8 ans, ça fait 4 ans de plus de gâchés d’entrée de jeu !

Allez tiens, voici un documentaire pour ceux qui auraient envie d’en savoir plus sur le bonhomme : https://www.youtube.com/watch?v=OeIBCLw4p8o

DAIVERNON


Juil 14 2014

Mon dernier texte…

« Mon dernier texte » venez-vous de lire… Les yeux apeurés, vous vous dites que les carottes sont peut-être cuites, que les pissenlits vont bientôt se régaler, qu’il se passe un truc pas comme d’habitude !

Vous commencez à flipper… Ce blog va-t-il s’interrompre pour l’éternité ? Vous n’aurez plus droit à votre petite dégustation hebdomadaire ? Un vide se crée subitement et vous tremblez. Je vous comprends. Mais ce texte est le dernier que j’écrirai. C’est la vie. Il faut savoir s’interrompre !

Je sais bien que vous ne me croyez pas trop. Vous vous dites qu’il doit être malade le Duvivier, fatigué, les deux ou autre chose.

Vous ne voulez pas le croire.

Pourtant ce texte est le dernier que j’écrirai.

Aujourd’hui.

Hop !

Vous venez de vivre ce que nous devrions donner au public à chaque moment d’un show. Le frisson sans cesse renouvelé qui emporte le spectateur vers des chemins inconnus. Vous lui procurez ce que personne ne lui a donné auparavant en créant un REBONDISSEMENT tel que vous le marquez pour longtemps. Pour toujours ?

En commençant aujourd’hui à lire ce texte, vous avez eu des craintes, des pensées parasites, vous avez commencé à réfléchir et à imaginer des choses… Bref, mon texte vous a fait REAGIR… Tant et si bien que vous avez dévoré mot après mot jusqu’à ma pirouette verbale.

Pas la peine de tellement plus : créer des événements incroyables pour quelques secondes, quelques minutes, le temps d’un spectacle. C’est ça ce qu’on attend d’un magicien !

 

A la semaine prochaine… J’espère !


Juil 07 2014

Podcast « Et si c’était vrai ? » : émission n°17

Dominique-DuvivierChers amis,

Voici maintenant la 17ème émission de mon podcast, enregistrée en juin 2012 avec Lionel dit « Le Marquis » et moi-même.

Installez-vous comme d’habitude, confortablement.

Bonne écoute

Pour écouter le podcast sur Itunes, cliquez ici !

Sinon, cliquez ci-dessous sur la barre d’écoute…

Dominique Duvivier

PS : Je vous rappelle que vous pouvez vous abonner au podcast directement par son RSS mais également sur iTunes : les personnes possédant des iPhones, iPod ou iPad peuvent donc s’abonner directement (et gratuitement) sur la plateforme d’Apple et disposeront ainsi automatiquement des prochains numéros.

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Juin 30 2014

Vos commentaires

Il fallait le dire une bonne fois pour toutes : tous vos commentaires me touchent, vraiment. Pas le temps de vous répondre, on ne peut pas tout faire, trop occupé à pondre de nouveaux tours et de nouveaux textes ! Merci en tous les cas et plus vous m’en enverrez, plus je serai heureux ! Voilà, c’est dit !!!


Juin 30 2014

Vu dans Paris, ça m’a plu…

Sartre_Beauvoir


Juin 23 2014

Le doute : un vrai plaisir !

Dominique DuvivierJe crée du doute sans cesse et donc du plaisir… pas vous ? La vraie création, telle que je la conçois profondément, doit passer par des doutes insolubles. Je pense que le chercheur qui cherche est un chercheur heureux. Celui qui trouve, je m’en méfie disait Mitterrand plus ou moins en ces termes… Je partage tout à fait cette pensée. Il faut trouver bien sûr (sinon pourquoi chercher ?), mais trouver quelque chose qui vous suffit revient à une recherche morte, une recherche qui vous conduira au trépas mental, à l’ennui quoi !!! Pour éviter le mal-être que cet état peut engendrer, j’ai choisi mon camp depuis belle lurette. Je doute donc de tout ce que je fais, de ce que je vois,  de ce que je pense et cela me permet d’aller toujours plus loin, ou du moins de croire qu’on peut toujours aller plus loin…. C’est ainsi que, quand je me lève, je crois toujours que le monde que j’ai laissé la veille sera meilleur aujourd’hui.  A me voir autant douter, on peut se dire : « Il est torturé le gars ! ». Non pas vraiment. C’est juste la démarche la plus saine que j’aie pu expérimenter et j’ai noté qu’elle me conduit à penser et à agir différemment de beaucoup, ce qui me paraît être un atout essentiel pour mon métier ! Voilà, c’était un de mes petits secrets du quotidien pour vous orienter vers de nouveaux horizons ! Alors on doute ensemble ?


Juin 16 2014

J’aime la nuit…

LA vie d’artiste ou MA vie d’artiste ? A vous de choisir après la lecture de ce qui suit !

J’ai toujours été le genre à dormir le matin et travailler la nuit. Déjà tout môme, avec ma maman, nous attendions que mon père s’endorme (comme une masse) et nous, nous lisions des heures à proximité de voix.

« Tu lis quoi ?

-Tintin en Amérique !

– Et toi ?

– Je suis dans mon roman. »

Nous ne nous endormions pas avant 1 heure du matin, alors que j’allais à l’école à 8h30… Autant dire que le réveil était difficile. Je n’avais qu’une envie : continuer de dormir ! Mais le soir impossible de fermer l’œil…

Une fois adulte la chose a empiré. Il est bien rare que je me couche avant 6/7 heures du matin chaque jour/nuit ! De l’âge de 20 ans jusque 55 ans, j’ai dormi 4 heures en moyenne par nuit… Pas une marmotte, le gars ! Par contre, depuis mes soucis de cœur (infarctus, œdème pulmonaire, stents, quadruple pontage) en 2005 je dors plutôt dans les 7 heures de moyenne, voire 8 heures en plusieurs intermèdes. « Tu rattrapes ! » me disent les amours de ma vie (ma fille Alexandra, et mes douces Sophie, Marie-Christine, Adeline), alors que je vois bien que je vieillis, c’est tout ! Sinon je n’aurais pas besoin de dormir autant… Il faut dire que pour moi, dormir, c’est un peu une perte de temps, comme manger (quoique !) et beaucoup d’autres choses. Ce qui n’est vraiment pas perdre du temps, c’est de faire de la magie sous toutes les formes : créer des tours, monter des spectacles, mettre au point des concepts pour Le Double Fond ou la boutique Mayette…

nuit nuagesEnfin bref, pour en revenir au sujet précis qui nous occupe : oui, j’aime passionnément la nuit ! Tout est mieux, la nuit. La masse des gens « normaux » dorment en principe. Donc, dans ce monde en sommeil, j’ai toujours senti que les ondes étaient plus calmes pour créer, pour explorer de nouvelles pistes de jeux (magiques pour moi en l’occurrence !!), pour réfléchir, pour imaginer…  Je ne parle pas seulement du calme qui s’entend avec les oreilles, mais aussi de celui que l’on ressent dans l’âme… D’ailleurs la nuit est plus propice aux échanges : les gens ont toujours plus de temps à se consacrer mutuellement. Les dîners entre amis la nuit sont plus productifs que les déjeuners qui sont toujours plus précipités. J’aime donner du temps au temps. M’inspirer du temps qui passe pour construire, avec les personnes qui m’entourent, une vraie relation, un vrai chemin… Et, au petit matin, repu d’aventures créatives en tous genres, je vais me coucher, avec une petite pensée affective pour ceux qui se lèvent… Lol. Je crois que le trafic de la vie qui reprend me berce… Ne serais-je pas un peu décalé ??!