Sep 14 2009

AUTOPORTRAIT à la mode du « Questionnaire de Proust »

« Ma vertu préférée »

Je ne sais pas si elle peut se qualifier de vertu, mais j’aime assez bien être de parole, ce qui s’accompagne d’une bonne mémoire, souvent.

« Le principal trait de mon caractère »

Chiant. Je suis très entier en effet et cela doit être insupportable pour mes contemporains.

« La qualité que je préfère chez les hommes »

L’honnêteté. Qu’elle soit intellectuelle ou profonde.

« La qualité que je préfère chez les femmes »

Je fais partie de ces gens qui ne voient pas de différences entre les hommes et les femmes. Donc je demande des femmes ce que j’attends des hommes. Pareillement.

« Mon principal défaut »

Comme je suis entier et que je crois que c’est une qualité mais aussi le pire défaut, je dirais : être entier.

« Ma principale qualité »

Je pourrais dire : être entier. Sérieusement, je ne sais pas si j’ai vraiment une qualité.

« Ce que j’apprécie le plus chez mes amis »

Qu’ils le restent.

« Mon occupation préférée »

Chercher de nouvelles choses pour avoir l’illusion de progresser.

« Mon rêve de bonheur »

Je n’ai pas de rêve sur ce thème car je vis chaque jour un bonheur qui ressemble comme deux gouttes d’eau au vrai bonheur. Je suis un homme comblé.

« Quel serait mon plus grand malheur ? »

Si on ne qualifie cette question que sur ma personne, mon ego, ce serait d’être privé de ceux que j’aime et qui m’aiment. Si on étend cette question au reste de ce qui m’importe dans la vie, ce serait, que les guerres se poursuivant, l’homme recrée Hitler sous différentes formes.

« A part moi -même qui voudrais-je être ? »

Un homme ordinaire qui pourrait avoir un avis sur tout et sur rien, sans qu’on l’importune d’avoir un avis sur tout et sur rien.

« Où aimerais-je vivre ? »

Dans un pays libre où les différences de quelques-uns se mêleraient aux différences du plus grand nombre. Sans que personne ne voie de différences. Un pays imaginaire, quoi !

« La couleur que je préfère »

Le noir.

« La fleur que j’aime »

Celle qui me rappelle ma mère : la tulipe.

« L’oiseau que je préfère »

Celui qui voyage le plus loin, ne pensant pas qu’un lieu est plus beau qu’un autre. Celui auquel vous pensez est le mien.

« Mes auteurs favoris en prose »

De Michel Audiard à Voltaire, ou bien le contraire.

« Mes poètes préférés »

La poésie me laisse un peu froid, je l’avoue. Par contre beaucoup de nos contemporains me font frémir. Je n’en citerai qu’un pour aujourd’hui, mais il y en a des tonnes : Jacques Brel.

« Mes héros dans la fiction »

Lawrence d’Arabie, pour tout. Blake et Mortimer pour Edgar P. Jacobs. Columbo, pour Peter Falk et pour les scénarii de folie à chaque épisode.

« Mes héroïnes favorites dans la fiction »

Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet. Victoria Abril dans Gazon Maudit, de l’excellente Balasko.

« Mes compositeurs préférés »

Les Beatles.

« Mes peintres préférés »

Dali, Van Gogh, Vinci, et ma femme qui peint divinement bien.

« Mes héros dans la vie réelle »

Ma fille Alexandra et le reste de ma famille.

« Mes héroïnes préférées dans la vie réelle »

Les mêmes.

« Mes héros dans l’Histoire »

Sacha Guitry quand il parle de Versailles et de Napoléon.

« Ma nourriture et boisson préférées »

L’eau pétillante, genre San Pellegrino. Le steak frites. Ou Le Coca Cola et le cassoulet.

« Ce que je déteste par-dessus tout »

Le mensonge.

« Le personnage historique que je n’aime pas »

Hitler.

« Les faits historiques que je méprise le plus »

Ce que le monsieur cité plus haut a fait pendant son « mandat » de dictateur.

« Le fait militaire que j’estime le plus »

Quand De Gaulle a fait « rentrer » chez eux les américains.

« La réforme que j’estime le plus »

Il y en a plusieurs. J’aime bien qu’on puisse choisir depuis peu si on veut travailler 35 heures ou plus.

« Le don de la nature que je voudrais avoir »

Rester en bonne santé jusqu’à mon dernier souffle.

« Comment j’aimerais mourir »

En bonne santé.

« L’état présent de mon esprit »

Pareil à mon habitude, heureux de vivre.

« La faute qui m’inspire le plus d’indulgence »

Le mensonge. Dans la mesure où cette faute est très prisée, j’ai l’habitude de la combattre chez les personnes que je côtoie, tout en étant conscient de la montagne infranchissable que j’attaque. J’aime beaucoup les gens qui tentent d’effriter cet édifice. Je le confesse rarement mais je suis plus patient que je veux bien l’avouer, quand je débusque un mensonge d’un proche. Voilà, c’est dit.

« Ma devise »

Se lever du pied gauche n’est pas signe de passer une mauvaise journée, si on est gaucher !!!

P1010099


Sep 07 2009

Interview de Billy

Il y a quelques temps j'ai proposé à la rédaction de la Revue de la Prestidigitation de réaliser une petite interview de mon élève Billy.

En effet ce jeune magicien de 12 ans hyper doué et hyper passionné, venait de gagner le 1er prix de cartomagie aux Championnats de France FFAP !

Le projet était sympathique mais il se trouve que je n'ai même pas pu publier l'interview tellement Billy a (spontanément je le précise) parlé de moi… dans toutes les phrases ou presque ! A un tel point que c'en est devenu très embarrassant et que je n'ai même pas osé proposer l'interview à la Revue !!!

Pour vous donc uniquement, voici un document inédit à visionner où vous allez pouvoir "déceler" sur mon visage le côté "décontenancé" par les réponses de Billy !! Rires…

Amitiés à tous

Dominique DUVIVIER

http://www.mayette.com/Video.asp?ID=766761


Août 31 2009

Sagesse

"Me réveiller chaque matin avec un sourire pour éclairer mon visage ; saluer le jour qui se lève en pensant à tout ce qu’il contient de promesses ; me remettre au travail avec un esprit neuf ; ne pas cesser de voir, même à travers les plus petites choses, le dessein ultime que je poursuis sans relâche ; croiser des hommes et des femmes, avec le rire aux lèvres et l’amour dans le cœur ; être aimable, prévenant et courtois à toute heure de la journée ; atteindre le soir avec cette fatigue qui appelle le sommeil et la satisfaction que procure le travail bien fait ; voilà de quelle façon j’aspire à consommer mes jours dans la sagesse."

 

THOMAS DEKKER (1570-1641)


Août 24 2009

« Le rire est le propre de l’homme »

Par le rire que provoquent certaines situations dans mes spectacles, j'arrive à retrouver, à ma manière, cette ambiance qui m’est chère par exemple dans certains films de Louis de Funès, où tout s'emballe par instant, où tout devient fou ! Les gens sont pris de fous rires, au point que je doive m'arrêter, tant le rire prend le pas sur le déroulement de l'histoire que je joue…

 

J’aime retrouver à travers toutes ces histoires que j’invente pour mes shows, certaines de ces situations des milliers de films qui ont bercé ma jeunesse…

"Le rire est le propre de l'homme" disait Rabelais.

Mon professeur Renélys, qui m'a appris que Rabelais existait, faisait rire aussi.

Ricky Jay est un pince sans rire de génie.

Tom Mullica plus encore : un comique pur et dur.

Le rire, indispensable pour l'équilibre de l'être humain, est la nourriture au figuré numéro un, selon moi.

Je ne me lasse pas de créer des situations comiques qui, je l’espère, provoqueront des rires, voire des fous rires irrépressibles de temps en temps ! Je fais d’ailleurs en sorte d’imaginer des effets magiques assez longs pour permettre aux rires de venir plus spontanément.

Un tour assez sérieux, très fort si possible, mélangé à une situation comique, créera un cocktail détonant, tel que je les aime.

 

Amitiés

 

Dominique DUVIVIER


Août 17 2009

PERSEVERANCE

On peut tout faire à condition de persévérer assez longtemps.

HELEN KELLER (1880-1968)


Août 10 2009

Faut-il faire rire les gens ?

Faut-il ou ne faut-il pas faire rire les gens ? Je ne le sais pas.

Je veux que le public s'amuse avec moi, de moi. C'est ce que je poursuis.

La magie me semble trop sérieuse de nature.

Ma parade à cette sensation est de faire rire.

Je veux faire oublier que la magie doit se comprendre pour exister. Je n'appuie pas les effets magiques ou presque dans mes tours. Par contre je tiens à bâtir un personnage solide que je développe encore et encore, sans relâche.


Août 03 2009

L’émotion

Dans un show, avoir un ton « sérieux » est assez simple en définitive. Par contre, donner une vraie gravité à une prestation l’est beaucoup moins, je pense.

C’est ce que je tente très humblement d’obtenir dans un de mes spectacles lorsque je parle d’Albert Goshman. A ce moment là, je lui rends hommage en retrouvant le regard de mes 20 ans : j’essaye de permettre aux spectateurs de ressentir ce qu’a pu éprouver le jeune homme que j’étais en voyant un « monstre » de ce niveau-là.

Goshman en petite dimension

Pour le grand public qui ne connaît ni le nom ni le travail de ce grand parmi les grands, je crée une ambiance particulière chargée d’émotion qui contraste avec le ton très léger de tout le reste du spectacle. Je n’aime pas trop forcer le trait sur les côtés dramatiques.

Mais pouvoir jouer sur beaucoup de registres différents est un bonheur de plus. Pouvoir écrire des scénarios qui vont permettre à l’acteur que je suis (aussi) d’éclater dans tous les sens est une joie sans mélange.


Juil 27 2009

La Citation de la semaine

"Vous ne pouvez pas choisir de quelle façon vous mourez. Ni à quelle date. Mais vous pouvez décider de quelle façon vous voulez vivre. Maintenant."

JOAN BAEZ

 

Affectueusement

 

Dominique DUVIVIER


Juil 20 2009

Le rire, encore le rire !

 

Parlons du rire proprement dit… Une scène est drôle quand :

– le personnage (le magicien) est décalé par rapport à ce qu’il fait ou dit

– le spectateur se trompe dans ce qu’il devait faire et tout bascule ailleurs

– l’objet utilisé est ridicule dans le contexte créé

– il y a des quiproquos, quels qu’ils soient

– le texte est prenant mais abracadabrant !

– une erreur manifeste est vendue comme une prouesse ou comme quelque chose de prévu

– un mot, une expression, un geste qu’un spectateur a fabriqué à un moment du spectacle est utilisé. Reprendre à son compte cet état provoque un rire.

– et la liste serait longue si on devait la rendre exhaustive !!!

 DSCN0095

Maintenant, un exemple :

Dans un de mes spectacles (« Intimiste ») je parle de « transparence » et montre que j’utilise pour cette raison un coffre transparent. On voit tout ce qu’il y a dedans. Je sors un étui blanc, le pose sur la table en m’adressant à un spectateur précis et lui dis :

« Comme nous parlons de transparence, je vais utiliser un jeu blanc. Transparence / jeu blanc ! Hein monsieur ? »

A ce stade rien n’est drôle. Je viens juste de planter le décor de la situation. Cette réplique dure quelques secondes.

Le spectateur est amené à me dire :

« oui ! »

Il répond oui à la question de la transparence au sens figuré (le blanc = rien transparent = néant). Ces « deux fois rien » (comme dirait Raymond Devos) vont se mélanger et obliger le spectateur à me répondre ce fameux « oui ! ».

Toute cette introduction est pour le conduire à cet état. Quand il m’a répondu, je rétorque alors :

« Bah, non !!! Le blanc et le transparent ça n’a rien à voir !! »

Rires du public, immédiats.

Ce que je trouve intéressant dans cette scène, c’est la façon dont elle est bâtie : elle est assez complexe à construire mais elle fera toujours  » mouche « .

L’apparence est plus que simple mais tout le cheminement pour l’obtenir ne l’est pas.

Je viens de vous le donner ici et je pense (du moins je l’espère !) que vous comprendrez ainsi un peu mieux ma démarche pour construire un rire de situation. Les objets sont importants (boîte transparente, jeu blanc) mais aussi l’interactivité entre ces mêmes objets (le concept de la transparence qui concerne à la fois la boîte et le jeu). C’est de cette erreur que le spectateur commettra de bonne foi, que le rire se créera automatiquement. Ce rire sera de courte durée, mais tout au long du show, je construis des choses analogues qui permettront au spectacle d’être un show drôle et décontracté tout en étant uniquement basé sur la magie. J’aime cette façon de montrer la magie…

Bien à vous tous

Dominique Duvivier

 


Juil 13 2009

Le courage

"Le summum du courage, c’est pour moi, la liberté. La liberté qui nous est donnée lorsqu’on comprend qu’aucune puissance au monde ne peut nous briser ; qu’un esprit solide est la seule chose indispensable à la vie ; qu’en fin de compte, c’est le fait d’avoir le courage de ses convictions qui fait bouger les choses, qui rend possible tous les changements."

 

PAULA GIDDINGS