Déc 29 2008

Winston FREER : les 17 familles d’effets magiques

De précieux renseignements qui peuvent changer la vie, pas dans les sens ordinaires du mot mais fondamentalement : changer la vie.

En appliquant quelques préceptes de Freer vous aller accéder à une magie que peu utilisent, faute d’avoir compris la puissance de telles découvertes.

Que votre magie s’enrichisse un peu plus comme nous devrions sans cesse le désirer !

 

   DBL FOND 22_02_08 (78)

Les éléments décrits ont été publiés dans les années 30.

Les papiers ont été édités avant 1950.

 

 

            Une étude, un plan de travail passe par la recherche d’un miracle, ou du moins du tour miracle type. Pour déterminer les choses, les effets qu’un magicien peut faire, nous allons faire une liste des effets que la science ne peut obtenir. Tel est le point important.

 

            Un miracle est un effet fondamental simple, bien exécuté et que la science ne peut obtenir. Apparemment il y a 17 de ces effets fondamentaux que la science n’explique pas :

 

1- La Production

            En effet la science refuse l’idée que la matière peut être créée. La matière a toujours été là : on ne peut pas créer quelque chose du néant.

 

2- La Disparition ou la Destruction

On ne peut pas faire disparaître quelque chose sans qu’il en reste de trace, scientifiquement parlant.

 

3- Les Transformations et les Transformations en…

Les transformations matérielles : les alchimistes ont toujours essayé en vain de changer certains métaux en or et sans utilisation d’énergie. Cela paraît impossible. De même il paraît impossible d’altérer la matière.

 

4- La Forme des Matériaux

A moins d’utiliser un outil, changer la forme d’un matériau est, humainement parlant, impossible.

 

5- Le Changement de Taille des Matériaux

Par exemple une chose ne peut pas grandir spontanément, ou bien rétrécir spontanément.

 

6- Le Changement de Couleur

On ne peut pas changer la couleur d’un objet sans passer par un processus de teinture.

 

7- Le Changement de Température

Passer de façon immédiate de la chaleur au froid et vice-versa.

 

8-Le Changement de Position

Il s’agit de la téléportation : le transport d’une place à une autre sans effort.

 

9- Le Changement de Poids ou de masse d’un l’objet

La masse ou le poids d’un objet est inaltérable si on se réfère à la science, pas en magie.

 

10- Le Magnétisme

Il s’agit d’obtenir l’adhérence d’objets non métalliques l’un à l’autre sans utiliser d’adhésif.

 

11- La Lévitation

La lévitation, sans aucune connexion ou support, s’oppose complètement à la loi de Newton.

 

12- La Pénétration

La présence de deux solides dans un même lieu, au même instant et dans le même espace, sans qu’ils se ruinent ni qu’ils s’abîment mutuellement, n’est pas un concept admis par la science.

 

13- La Restauration

Le fait de restaurer sans effort un objet endommagé relève de la magie : c’est une action irrationnelle que la science rejette.

 

14- Le Contrôle à Distance

Contrôler une action à distance est considérée comme un fait scientifiquement impossible.

 

15- La Sympathie

Il s’agit des actions portées sur un objet et qui sont transmises à distance à un autre être vivant. Par exemple : le Vaudou en Afrique, que les scientifiques ou les scientistes tentent plutôt d’expliquer rationnellement.

 

16 et 17- Les effets de Mentalisme : Divinations et Prédiction

Etre capable de trouver des objets cachés, de deviner des secrets.

Ou bien être capable de prévoir ce qui va se passer dans le futur.

Ces deux catégories englobent quasiment tout ce que l’on peut proposer en mentalisme.


Déc 22 2008

Persi Diaconis et la notion du secret

Parler de Persi Diaconis est très possible. Le comprendre est plus difficile.

Pour moi il fait partie des maîtres que j’ai eu la chance de côtoyer dans ma vie riche en rencontres de toutes sortes.

Je dis qu’il est difficile à comprendre, car le magicien est trop souvent habitué à avoir les informations toutes rôties, bien dodues et appétissantes à souhait. Pouvoir les consommer de suite n’est même plus un plaisir sans mélange, juste une évidence, un dû. Si je dois parler de Persi, que la plupart ne connaissent pas, nous allons heurter les habitudes de pouvoir voir de suite l’info en vidéo, la disséquer, la remontrer à sa sauce sans se soucier si on en possède les droits, que sais-je ???

D Duvivier 3

Persi Diaconis est un homme immensément secret, mais pas comme certains qui se la jouent de cette manière pour faire saliver, alors que leur plus grand secret caché est souvent leur médiocrité.

J’ai vu cet homme qui a voulu me rencontrer. Il est venu chez moi de son propre élan, de sa propre envie.

Je l’avais rencontré quelques années plus tôt chez Gaëtan en compagnie de Ricky Jay.

Nous étions tous les quatre autour de la même table. J’ai voulu montrer un tour à Ricky tout en lui disant mon immense admiration pour lui, mon trac…

Ricky m’a répondu ostensiblement: » Ne sois pas impressionné par moi. Je ne suis rien de très exceptionnel, mais si tu dois l’être sois-le par Persi, lui il est fort!!! « 

Vous voyez le genre ?

J’avais connu cette situation lorsque je faisais des compliments du même ordre à Fred Kaps en 1973 et que le même (Fred Kaps) me dit : » Moi je suis un petit garçon. Je vais te présenter un vrai killeur ». Ce killeur était Ricky Jay.

La roue tourne et reproduit souvent les mêmes schémas.

J’ai eu cette immense chance de rencontrer ces monstres juste assez pour devenir différent de quelques magiciens au jour d’aujourd’hui.

Parler de Persi est complexe, car comme il est justement si secret il n’attend pas qu’on dise trop de choses de lui.

Persi m’a montré, démontré, donné le goût et la compréhension de ce que peut être le secret ou du moins sa notion.

Dans les premières années, je ne saisissais pas bien l’intérêt de ne rien dire. De laisser passer les infos, sans réagir.

Le temps passant, les choses se sont  » maturées « , ont circulé en moi.

Persi m’a indiqué ce que je devais conserver, ce que je pouvais donner et m’a montré le chemin avec des principes pour m’y retrouver dans ce fatras qu’est mon mental profond.

Nous avons parlé de la notion du secret pendant plusieurs heures.

Mes questions avides l’ont séduit, c’est pourquoi il a accepté cette interview exclusive de l’époque pour le journal que je dirigeais: Le Magicien.

 

Il m’a parlé de son expérience avec Vernon, Marlo et quelques autres de ce niveau.

Il m’a appris que les grands sont parfois capricieux comme les petits.

Vernon aimait beaucoup exciter le mental de Jennings, qui était son vrai poulain. Il donnait une info à Charlie Miller, l’inverse de cette info à Jennings et attendait patiemment que l’un et l’autre se bouffent le nez avec ces recommandations contradictoires.

Mais la démarche de Vernon était plus ambitieuse qu’il n’y semble à première lecture. Triturer un principe que Vernon disait bon et dans l’autre sens mauvais ne pouvait que permettre à ces deux esprits hors normes de progresser et donner une nouvelle direction au principe dont il s’agissait. Pour celui qui croyait avoir eu un nouveau principe extrait des connaissances infinies de Vernon, sa magie se transformait en élaborant de nouvelles voies par rapport au principe initial. Pour celui qui avait entendu dire que le principe n’était qu’un secret d’enfant en bas âge, la voie était ouverte pour le prouver à son compère en inventant un paradoxe assez décalé pour faire douter de l’entendement du plus cartésien.

Nous sommes en train de parler d’enseignement, tout simplement.

Persi qui était fort jeune à cette époque ne comprenait pas tout de la démarche du Professeur. Mais il se délectait de la situation puisque lui était au centre de la joute entre Jennings et Miller. Vous imaginez !!! Voilà une piste de travail pour quelques-uns. Du charabia pour quelques autres. Du secret en lingot pour tous. Bonne cogitation…

Persi Diaconis   


Qu’est-ce qui peut être dit et qu’est-ce qui doit rester caché?


L’information en elle-même n’a pas une importance primordiale, dans le sens de parler plus ou moins librement d’une information, lorsqu’elle reste évasive, générale, sans définition trop précise. On peut parler de presque tout si on respecte ce protocole.


L’idée est de ne pas donner « envie » d’explorer plus avant un concept, une approche, une technique…
Un secret est parfois connu d’un grand nombre de magiciens sans qu’ils supposent une seule seconde de quoi est fait le fameux secret. Le principe de Monsieur Jourdain qui parlait en prose sans le savoir. Cette approche est assez dévastatrice si l’on veut bien s’y pencher (sans tomber).


Un secret peut se glisser dans un morceau de la méthode employée, dans l’effet lui-même, dans l’approche comportementale…

Le secret n’est pas forcément visible, palpable, il peut être la résultante de plusieurs paramètres associés (connus, eux!) qui mis ensemble vont donner une nouvelle dimension de recherche.

Le vrai secret « révolutionne » en partie sa pensée magique. Il permet de grandir face à une série de problèmes posés habituellement. Les personnes qui se moquent de la notion générale du secret permettent à ceux qui en possèdent de rester en retrait et avancer en toute impunité. En un mot: gagner du temps (ce qui fait trois mots).


On devrait penser que le secret existe bel et bien et plus on donnera des renseignements sur des principes « facilement », plus les secrets seront puissants et nombreux.
Le monde magique a toujours fonctionné avec des secrets divulgués en partie.

Souvent le concept caché révélé lors d’une explication n’est qu’effleuré car celui qui en bénéficie se contente de la base de l’explication, trop content de toucher un bout des étoiles. Il perd l’idée qu’il n’était qu’au commencement du processus.
Une des choses que Persi Diaconis m’a enseignées vis-à-vis de cette notion tant prisée et convoitée est… Vous fais-je languir encore ? Non ! Soyons cool : rester impassible, stoïque quand on voit un tour qui entre dans les catégories que nous préférons garder pour soi.

 

De cette manière celui qui aurait pu avoir un indice par un signe, une réaction positive ou négative est de

la revue. Réagir

est donner de l’importance aux choses…Ne pas « moufter » de quelque façon qui soit banalise ce qui est montré par ce Monsieur Jourdain qui s’ignore. Il pratique du coup un secret sans le savoir. L’intérêt me direz-vous ? Qu’il ne considère pas que ce qu’il pratique n’est qu’une infime partie des possibilités du secret.


Un vrai secret regorge de voies cachées. Qu’on connaisse la base n’a aucune espèce d’importance. Le véritable sens du secret reste intact pour de longues années. Pendant ce laps de temps de nouvelles voies s’ouvrent. Le possesseur du secret peut travailler sur l’approfondissement des notions qu’il développe. Les autres « victimes » se font les dents sur des bases vraies mais limitées. Le produit de leurs recherches est souvent montré, publié d’une manière ou d’une autre. Ce qui permet au détenteur du vrai secret de faire prospérer ses recherches par des ajouts substantiels.

Cette approche peut sembler très élitiste, malsaine, voire les deux.

En réalité elle se nourrit comme d’autres concepts magiques de réflexions, travail… J’ai sans doute été peu clair dans mes explications, et je m’en excuse par avance.


Je n’ai pas tout dit sur mes conversations avec Persi Diaconis pour garder encore un peu secrètes ces ambiances feutrées qui peuvent bouleverser nos convictions jusqu’au tréfonds de nous-mêmes. Passionnant, non ?

Si vos réactions sur mes souvenirs avec Persi Diaconis vous faisaient réagir par trop négativement (sait-on jamais !), je porterais toute la responsabilité de mes dires, qui ne sont que des souvenirs… ne voulant pas impliquer de quelque façon Persi Diaconis. Soyons clairs.


Amitié.


Dominique.

 


Déc 15 2008

LE PITCH

Dans mes tours, construits souvent par rapport à des histoires, des idées de mise en scène, je fais appel à des « pitch » précis. J’ai vu une définition de celui-ci sur le net qui me semble devoir intéresser… Je vous donne les définitions au cas où !

Bon décorticage car je trouve qu’en voyant les explications du pitch, on peut phosphorer pour découvrir de nouvelles histoires. Pas belle la vie ?

D Duvivier 1

Définition : (Angl.)  La présentation verbale d’une histoire ou d’une idée dans le but d’obtenir du financement ou de la vendre.

De quoi est composé un bon pitch ?

·         Une introduction rapide (une phrase ou deux) qui retient l’attention de vos auditeurs

·         Un bref résumé de votre projet : sujet, but, approche technique, budget, ressources, durée, etc.  (Cette portion peut être présentée à l’aide de matériel multimédia : illustrations, musique, mise-en-scène, vidéo, etc.)

·         Un plan d’action pour toutes les éventualités possibles afin de sécuriser les investisseurs

·         Un mot final qui résume bien l’ensemble de votre présentation

Comment faire un bon pitch ?

·         Soyez intéressants, vivants et actifs.   Souriez !

·         Parlez clairement et dans un langage correct.  Passez clairement mais rapidement d’une idée à l’autre dans un ordre logique et stimulant

·         Soyez prêts à répondre aux questions sans hésitation

·         Soyez prêts à distribuer des documents écrits : synopsis, plan d’action, etc.


Déc 07 2008

LE JOUEUR FACE A SON DESTIN

 

 Pour cette fois je me suis dit qu'il pourrait être intéressant de parler des joueurs, pas du jeu en lui-même mais de « ce qu'il fait dedans ». J'ai imaginé cette petite nouvelle qui, je l'espère, vous amusera. J'avais envie de vous en faire profiter. Ai-je bien fait ?

Dominique Duvivier

 

-Tu es très fatigant, tu sais!

-Non, je ne sais rien. Je comprends pas ce que j'ai fait encore?

 

Paul sort précipitamment de la pièce. Se dirige vers la porte d'entrée, l'ouvre et sort en refermant violemment la porte derrière lui.

Les escaliers descendus quatre-à-quatre, la respiration haletante, l'esprit de Paul est comme coupé du monde. Sylvie l'ennuie au plus au point et il pense fortement la quitter. Faut dire que chaque fois qu'il doit faire une partie, le scénario est le même.

Le ton monte pour une bricole qui n'a  rien à voir avec la soirée hebdomadaire et les esprits s'échauffent. Sylvie feint à chaque fois que le jeu n'est pas la cause du conflit…mais en fin limier, Paul a compris son manège. Rien n'est pire pour la concentration, surtout quand une grosse partie de poker est annoncée et c'est le cas de ce soir.

Le pas de Paul, avec les minutes qui s'égrènent, est redevenu normal, comme les battements de son coeur. La rue est encore animée. Les gens semblent pressés, ce qui rassure Paul. L'effervescence stimule. Comme au matin, lorsque Paul aura terminé sa partie, il se délectera de savoir que lui va dormir bientôt, alors que les mêmes passants de ce soir seront sur le pied de guerre pour affronter une nouvelle journée.

La démarche est perverse mais le comble de joie. Le joueur est souvent décalé dans le temps mais encore plus marginal dans ses tripes, dans son mental torturé.

La partie de ce soir est importante. Très importante. Une fois tous les deux mois à peu près, on joue plus gros. Le gros Maurice et Titi seront de la fête. Et ces deux-là n'hésitent pas à relancer comme des malades. Ils suivent tous les coups. Le bluff habituel n'a plus cours dans ces folles nuits. Il faut inventer toujours de nouvelles ficelles pour effaroucher ces gaillards!

 

Je ferai croire que j'ai gagné gros sur un quinté, pour faire peur. Comment trouver la force, alors que Sylvie vient de me pourrir la vie, pense Paul.

 

L'adrénaline pointe son nez à mesure que la destination se rapproche. La peur au ventre, en quelque sorte. Le numéro 18 de cette rue si familière est à quelques mètres maintenant.

Pourquoi se faire tant de mal psychologiquement? Une vraie torture, quelque part!!!

Alors, comme à chaque fois, le banc! Celui qui se trouve presque en face du 18. Le dernier bastion avant la fosse aux lions.

Si Paul est angoissé cette fois, c'est qu'il sait bien que même si l'argent n'est qu'un véhicule (comme il est dit dans le film "Le Kid de Cincinnati" de Norman Jewison), l'argent compte aussi. Justement en ces temps difficiles, où l'argent ne coule pas à flots…

 

Si le Maurice flambe comme à son habitude, comment suivre ses folies, sachant que mes fonds sont plus que limités? Sylvie sait bien cela, d'où la scène de tout à l'heure.

 

En principe on joue avec l'argent sur la table. Pas de crédit. Avec le temps pourtant, il s'est instauré tacitement de commander des jetons pour la somme qu'on désire et à la fin seulement on remplace les pions par du cash. Comme les sommes perdues sont souvent exhorbitantes, les chèques ont fait leur apparition, puis les reconnaissances de dettes. Ce dernier moyen est plus "confort", comme le dit Hervé car il permet de pouvoir aller à la banque et ressortir du liquide. Le joueur préfère le sonnant et trébuchant et tout de suite mais il faut bien admettre qu'il est rarissime d'obtenir ses thunes le matin même.

Où le bât blesse c'est qu'avec cette méthode, on peut jouer au-dessus de ses moyens et la loi Scrivener n'a pas cours dans les parties de poker!

L'idéal consiste à savoir avant la partie combien on peut jouer, c'est à dire perdre et s'en tenir là. Point final. Mais quand on est joueur, un vrai joueur…on ne peut se tenir à ce postulat. Personne ne le croit vraiment avant une partie et d'ailleurs pas plus ensuite! Le joueur trouve toujours des solutions pour justifier ses actes les plus incroyables. Le jeu est une drogue. Une vraie daube dure!!!

Hervé organise les parties depuis plusieurs années chez lui. Il ne fait entrer à sa table que des personnes triées sur le volet. Il répond des joueurs. Que ce soit pour les tricheurs éventuels qui se glisseraient…et les mauvais payeurs! Le poids de toutes ces conventions pèse d'autant plus ce soir dans le mental de Paul qui, pour la première fois se sent flirter avec la ligne jaune, avant même de sonner à la porte. Tout a été prévu pour ne pas perdre des sommes impossibles, mais les parties restent très chères. On joue communément à la hauteur du "pot". La relance illimitée n'est pas de mise dans nos parties. Cela limite les envolées lyriques des joueurs. Le chip, unité de base est d'un €uro. De plus, on joue au poker ouvert et à l'high and low, toujours à 8 personnes autour de la table. On peut étudier les tableaux (les mains des joueurs). Des tétines ( cartes qui se trouvent sur la table et qui jouent pour tous). Une carte seulement sur certaines donnes, deux pour d'autres, trois pour l'Olivette. L'Olivette, inventée par Olivier L., se joue avec trois cartes pour tout le monde, posées face cachée sur la table. 5 cartes sont données une par une face en bas pour chaque joueur. On relance comme au poker ordinaire pour savoir si le coup sera joué. Puis on relance de nouveau sur chaque carte qui sera retournée. Le principe est de se constituer la meilleure main avec 5 cartes prises dans sa main et sur les trois tétines. Mais 5 cartes en tout. Le jeu se joue à la fois avec la meilleure main au poker normal et en même temps avec la plus vilaine  qui devient un jeu exceptionnel. As, deux, trois, quatre et six dans des couleurs différentes devient la quinte flush royale au nullo!!! On comprendra facilement que tous les joueurs ou presque suivent tous les coups, certains étant au "gros" et d'autres au "petit". Pour déterminer qui est où? Deux petits jetons qui ne servent pas aux relances seront pris par les joueurs qui ont été au bout du coup joué. Les deux mains vont sous la table avec les deux jetons. Une des deux mains revient le poing fermé. On attend que tous les joueurs en lice mettent le poing sur la table. Lorsque tout le monde est prêt : on ouvre son poing. Si un jeton est dans la paume de la main, c'est que le joueur joue le gros. Si rien n'est dans la main, c'est que le joueur joue au petit. Et si le joueur a deux jetons dans  la main, c'est qu'il  parie gagner aux deux à la fois. Dans cette configuration le joueur doit gagner des deux côtés, sinon il perd tous ses droits sur le coup dont il s'agit. Dans une partie à l'high and low on partage chaque pot en deux. Un pour le gagnant au gros et l'autre pour le nullo. Tout l'art consiste à pouvoir jouer sur les deux tableaux pour n'avoir pas besoin de partager à la fin du coup!

La stratégie est très subtile et demande de longues parties pour s'accoutumer à ce poker particulier. Les parties sont également plus coûteuses puisque chacun joue ou bien au gros ou au petit et tout le monde essaie de faire "coucher" tout le monde en même temps.

Au poker il n'y a pas de hasard. On peut le croire aisément car une meilleure main gagne sur une inférieure. Un carré est un super gros jeu. Une quinte flush au gros est une joie sans mélange. La plupart du temps pourtant on ne gagne pas avec un beau jeu. Peu s'en faut. La science de ce jeu est ailleurs. Le hasard n'existe pas du tout. Ceux qui le croient se trompent copieusement. L'attentisme est nuisible. Croire qu'avoir les bonnes cartes nous permettra de vaincre, nous engouffrera dans l'erreur, dans la fatalité. Il n'y a aucune fatalité au jeu. Aucune. Ce qui est difficile est de durer sur une partie. Etre le même de la première seconde à la dernière. Donner la sensation que perdre ou gagner n'a aucune espèce d'importance. Que rien ne trahisse son jeu interne. Vaincre ses tics nombreux qui indiquent qu'on n'a rien ou un gros jeu. Tenir. Toujours tenir. Tous les joueurs pensent être les meilleurs du monde. Enrichi de ce fait, on peut tirer avantage de la situation, lors d'une partie. Le perdant d'un coup ou d'une soirée ne verra pas que la faute lui incombe. Il ne peut le penser. C'est au-dessus de ses forces et de son imagination. 

 

Je m'en persuade moi-même, je le sais, mais je n'échappe pas à la règle. Tout cela ne me rassure guère pour ce qui va suivre…

Toute cette future pression qui commencera à 21h heures pétantes pour ne s'interrompre qu'à 7 heures du matin, sans réelle pause…tours pour les perdants compris, ne fait qu'ajouter à mon stress. 

Les jambes deviennent plus molles. L'hésitation prend ses lettres de noblesse et devient presqu' une obnubilation. J'y vais ou pas? Je prends mon trac en main ou bien je me laisse déborder? Je perds la face? Dans ces soirées, aucun prétexte ne fonctionne. Si je me dérobe tout le monde le saura, à l'instant même où je ne serai pas assis à ma place. Aucun faux-fuyant ne peut passer, qu'une mort subite et encore!!! Sylvie n'attend que cela. Si je flanche elle aurait tous les arguments pour me confondre à vie! Je ne pourrais plus lui faire avaler aucune couleuvre. Si elle accepte et il faut voir déjà comment, ce n'est que parce que je continue de porter beau, en toute circonstance. Quand je pense que ce serait si génial qu'elle soit à la table avec moi. Qu'elle puisse partager ces instants uniques. Il y a tout de moi dans ces soirées, et elle préfère s'extraire, me combattre. C'est à n'y rien comprendre.

Je ne suis pas mûr pour arrêter le poker une fois pour toutes. Je n'en aurais pas la force. J'ai le jeu dans le sang. Dans mes tripes, dans ma moelle, dans mes os. J'ai besoin de me dépasser. Je le sens au plus profond de mon être. L'ambiance des pions qui tombent sur d'autres pions. Le frisson. Oui, le frisson! Gagner bien entendu, mais un vrai joueur veut-il vraiment gagner? Le vrai frisson n'est-il pas de perdre, finalement? Tout s'emmêle dans ma tête, comme chaque fois que l'enjeu est de taille. J'ai trop envie de rabattre le caquet du gros Maurice, et des autres. Montrer que je suis le meilleur de tous.

Maurice va se "caver" à 2000 €, pour débuter, j'en suis certain. Je vais prendre 10.000 tout de suite. Si je perds plus que 3000 je serai mal, très mal. Tous ces faux amis que je vais retrouver bientôt sont en vérité mes seuls amis. Eux me comprennent. Ils sont comme moi. Je suis comme eux.

La porte d'entrée s'ouvre. Un nuage de fumée envahit déjà tous les pores de ma peau. Hervé dit :

-Un peu plus et tu étais en retard, sous le ton de la plaisanterie.

J'entre dans la pièce familière en sachant que je ressortirai dans quelques heures en vainqueur…ou que je ne ressortirai plus jamais de là, de ma vie!

 


Déc 01 2008

Pourquoi le magicien perd le frisson ?

Je me suis posé longtemps cette question, ne voulant pas considérer le fruit de mes recherches qui pourtant est éloquent.

Pourquoi ne pas en faire profiter les lecteurs assidus que vous êtes, me suis-je dit. Hop ! je le fais, me réponds-je.

Pour éviter les écueils et les soucis, je ne citerai pas de nom, je ne parlerai que « d’ambiances » et de profils types. Nous sommes dans une minorité infime vu que, comme chacun le sait, la majorité des magiciens n’appartient pas aux familles que je vais citer plus loin… Voici un point important qu’il fallait aborder d’entrée de jeu.

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Globalement ce magicien choisit l’art magique pour de mauvaises raisons. Je parle d’une minorité, souvenez-vous !

Il y a celui qui prend la magie comme support pour draguer, se sentant trop démuni avec sa seule personnalité . D’ailleurs en a -t-il une sans elle ?

Il y a celui qui a besoin de reconnaissance, de puissance…qui recherche à exprimer son ego démesuré.

Celui qui s’aperçoit vite que ses études, son niveau culturel certain ne lui permettront jamais de gagner ce qu’il espérait ni de près ni de loin.

A l’inverse, celui qui constate que son niveau culturel est voisin du bulot cuit à petit feu et oublié sur la marmite. Il prend alors conscience tôt ou tard que la magie est sa seule planche de salut.

Il y a le magicien médiocre mais passionné dès la première heure qui prend conscience que ses théories fumeuses peuvent faire de l’effet…sa plume étant bonne, son niveau culturel magique et autres suffisants pour créer une illusion frappante sur ses capacités magiques qui elles, rappellons-le sont toujours aussi médiocres !

Les boulimiques souvent collectionneurs de tout et de rien. Ceux qui se prennent d’un amour immodéré pour les bouquins, les tours achetés (jamais ou presque déballés), les passionnés de la polémique, ceux qui ont une opinion sur tout, ne sachant rien faire au premier degré. Cette « minorité » réfute le fait d’avoir besoin d’être magicien au premier degré pour pouvoir critiquer tel ou tel performer !

La liste pourrait s’allonger à l’infini, mais je crois que vous voyez de quoi je veux parler. Le mauvais étant toujours à côté de soi, dans son sillage mais en aucun cas soi-même !

Dans cette minorité bien pensante, il y a enfin celui qui se prend au jeu, se fait « un nom » comme on dit et remplace sa petite passion pour la magie par un commerce galopant, lui faisant oublier définitivement pourquoi il s’est fait un nom, le bougre !

Heureusement que je parle d’une infime minorité pour tous ces genres possibles, sinon il y aurait de quoi nous foutre le bourdon, non?

Le magicien désenchanté dont je parle va nuire copieusement à notre art, ne le servant guère dans ce marasme de calculs en tous genre. C’est pourquoi je vous parle de lui  sans plus attendre.

L’intelligentsia va le protéger néanmoins coûte que coûte car elle-même s’est bâtie sur lui qui dans cette minorité est majoritaire, vous me suivez toujours ?

Le frisson, bordel ! Pourquoi nous le perdons ?

Parce que nous pouvons nous identifier à lui, sans malice. On a tendance à le cloner, s’inspirer de lui, croire que c’est lui qui a raison. Funeste, non ?

Ceux qui pratiquent la magie avec passion et talent, charisme, compétence et qui sont des artistes ne sont pas assez nombreux pour faire comprendre que la voie est ailleurs. Alors on fait en sorte ou de laminer certains de ceux-là, ou de les considérer comme des extra-terrestres, ce qui permettra de continuer sur une voie approximative mais plus simple pour se donner l’illusion de progresser sur la « bonne voie ».

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Nous sommes bien d’accord que pour ce qui concerne le frisson, nous l’aurons perdu en route inévitablement mais nous l’aurons remplacé tout de go par des performances techniciennes bien plus simples à obtenir, somme toute !

Heureusement que la majorité, cette fois enfin citée, ne mange pas de ce pain-là !

Cette majorité dont nous faisons tous partie ou presque a saisi la magie à bras le corps dès sa plus tendre enfance. Notre équilibre était et est toujours sans faille et, riches de ce constat, nous avons travaillé la technique du domaine magique que nous avons choisi. Dans le seul but de se sortir d’elle pour pouvoir exprimer l’art magique qui sommeillait en nous. Nous n’avons d’ailleurs pas conservé des démonstrations assommantes pour tous ces pauvres publics à qui nous infligerions nos « expériences de physique amusante ».

Le frisson nous l’avons tous. La fraîcheur qui va avec. Cette candeur lors de nos premiers « boum » dans

la tête. Tout

y est. Intact ! Les instants où aucune idée n’a perturbé notre plaisir « à se faire avoir ». Aucune piste alors venait nous perturber dans notre joie. Nous en prenions plein la tête et tout était normal. Un magicien est doté de certains pouvoirs, et alors ?

Que croire d’autre ? Ce frisson-là nous l’avons conservé contre vents et marées. Nous l’avons protégé, enrichi sans cesse contre toute agression de l’extérieur. Nous sommes restés frais comme au premier jour. Chaque fois que nous faisons un tour de magie nous nous souvenons de ces premiers instants et nous avons presque la sensation que ce qui se déroule, sortant de nos mains, est semblable à un miracle absolu, sans truc ou artifice. Du coup, on voit le spectateur redevenir l’enfant que nous sommes restés aussi et nous assistons ensemble à une expérience unique qui va faire couler beaucoup d’encre dans les chaumières. On vient encore une fois de faire exister un miracle partagé de tous…et que c’est bon de faire ressentir aux autres ce qu’on ressent soi-même.

Nous ne pensons pas à notre ego, notre force, notre puissance. Nous ne pensons qu’à la prochaine fois. Cette fois où nous pourrons de nouveau retrouver cette alchimie de partage avec le spectateur et soi qui ne font qu’un, celle qui fait vibrer de dedans, celle qui nous fait aller de l’avant. Qui nous gomme, nous fait nous envoler vers  des émotions hallucinantes. La seule qui vaille la peine d’exister. Le bonheur quoi !

Celui qui est resté à la traîne (je parle de celui qui n’a rien compris), n’a plus, lui, le pauvre, l’illusion de ses illusions. On lui ferait disparaître une pièce de monnaie qui se désintégrerait à vue (sans faux dépot), qu’il croirait qu’il y a un système connu caché derrière. Il ne croit plus depuis longtemps celui-là à

la magie. Plaignons-le

de toutes nos forces.

Dépistons ces magiciens désenchantés qui heureusement sont minoritaires pour conserver notre âme d’enfant jusqu’au bout, non ?

FIN


Nov 24 2008

La recherche

 

         Je viens de terminer un spectacle. Ce show a bien fonctionné. Plus rien à faire dessus à part terminer de le jouer pendant quelques moi  s. Déjà, je suis sur autre chose. Etrange sensation de laisser tomber ce spectacle pour me vouer à un autre.

    Ce qui est « étrange » à vivre, c’est ce principe de se battre pour une approche, de la mener au bout puis de se rendre compte que tout est terminé avec ce projet précis. Je serais comme d’autres, le fait d’avoir écrit un spectacle me suffirait pour ma vie entière. ll se trouve que je ne fonctionne pas de cette manière.

    J’envie ceux qui font un numéro de quelques minutes et se sentent en harmonie pour leur vie entière avec !!!

    Pour moi l’harmonie est dans la recherche du nouveau concept, du nouveau spectacle… et lorsque j’ai trouvé, je cherche de nouveau.PICT0058_2

    Entre chaque période je me pose des milliers de questions contradictoires, mais c’est ma vie, mon mode de fonctionnement. Chacun porte sa croix. Certains envient mon « problème », d’autres deviennent fous de me voir faire de nouveaux shows chaque année depuis une petite vingtaine d’années. Encore d’autres se demandent ce que je veux prouver avec cette attitude. La réalité est que je ne fais rien de spécial que d’assumer mon état boulimique. Du mieux que je le peux.

    Je crois qu’il n’est pas mauvais  de vous expliquer ces états « bizarres » qui caractérisent le chercheur invétéré que je suis. On est souvent seul avec soi-même lorsqu’on cherche et que ce qu’on trouve, prenant une forme concrète, nous amène un cortège de doutes. C’est le lot du chercheur, normalement constitué. Vouloir faire du nouveau… et se demander sans cesse si on ne réinvente pas la roue, une fois de plus, une fois de trop ? Pourquoi laisser tomber un spectacle qui fonctionne parfaitement ? Je n’en sais rien. La peur de me lasser de jouer quelque chose que je n’ai plus à défendre ? Ne plus prendre de risques m’indispose. J’aime le danger certainement. C’est, encore une fois, le contraire qui serait frustrant pour moi.

    

J’adore littéralement me retrouver dans la circonstance de ne plus savoir quoi inventer et comment faire pour créer un nouvel opus. J’ai l’angoisse de ne plus pouvoir obtenir quoi que ce soit mais je récupère cette âme de débutant que je recherche désespérément à chaque fois que j’ai l’impression de l’avoir perdue en chemin. Il faut savoir que lorsqu’on fait un spectacle bien rodé, on n’est plus impliqué dans les pourquoi telle ou telle chose fonctionne. Elle fonctionne et puis c’est tout. Je n’aime pas me retrouver dans une ambiance de cet ordre.

    J’aime retrouver de la fraîcheur le plus souvent possible. Pour retrouver cette fraîcheur je me dois de tout casser ou presque et recommencer comme le premier soir… . Je me pose des problèmes que je n’ai pas… J’aime bien cette attitude.

Par exemple, je pense à trois nouveaux spectacles en ce moment… mais je n’ai rien de définitif dans aucun, ou presque. C’est assez jouissif pour moi cette situation. J’ai peur de ne mener à bien aucun d’eux et en même temps j’aime avoir du pain sur la planche. Je ne sais pas si je suis bien clair dans ce que j’essaie de dire…mais j’aime me retrouver dans l’insoluble. Ce n’est que de cette manière que je peux trouver des choses qui peuvent me sembler performantes plus tard.

    Si sans presque réfléchir je trouve une idée intéressante, j’ai le sentiment que n’importe qui pourrait faire comme moi. Alors, je « replanche »de plus belle.

    Je veux, si possible, trouver des choses qui ne peuvent se voir, se sentir ni se supposer. C’est ma démarche permanente. Je ne dis pas que tout ce que je fais entre dans ce schéma… mais je me bats pour y tendre du plus que je le peux. Je vais jouer dès le 31 mars 2005 un nouveau show, s’inspirant de mes dernières réalisations. Mais pas seulement!!!

    Il y aura un truc ou deux d’Intimiste I, du II, du III, du IV…et des nouveautés. L’approche est de faire un spectacle « patchwork » et donner l’illusion que ce show a toujours été écrit ainsi. Pour le moment, je suis assez satisfait du résultat…mais pour combien de temps ?

    Cette approche est une manière de permettre en un show de faire rattraper le temps perdu à tous ceux qui auraient raté les autres spectacles de cette nature depuis quelques années!!! Pour ceux qui auraient vu chaque opus, ils trouveront de nouvelles choses à voir.

Tout cela me permet de rebondir sur de nouveaux spectacles en parallèle et mon instinct naturel est enjoué, comme au premier jour. Le pied, en quelque sorte !

A la prochaine fois.

Dominique

 


Oct 13 2008

Ce qui peut sembler anodin…

Ce qui peut sembler anodin…

Ou le concept «  Fritz »

Fritz ? Ne voyez pas dans ce libellé la moindre couleur raciste ou xénophobe, je vous en prie ! Le mot « Fritz » est là pour appuyer une histoire dite « drôle » que j’ai entendue il y a plus de trente ans ! L’action se déroule dans les tranchées en 1914 et à cette époque nos amis les Allemands -assez conquérants il est vrai- avaient obtenu du Français moyen (et même des autres moins « moyens ») des noms d’oiseaux comme : Fridolins, Fritz… Ceci explique cela !

Cette histoire est devenue pour moi une espèce de concept, au-delà de l’humour et de la chute, qui est intéressante vous le verrez plus bas !

Pour les personnes âgées d’une trentaine d’années au jour d’aujourd’hui, cette histoire sera souvent méconnue voire inconnue. Pour les vieux de mon âge elle sera peut-être plus connue et encore ! Tout cela pour dire que, même si mon « approche » ensuite n’intéresse que peu de gens, vous aurez au moins une histoire de plus à raconter. Pas si mal, non ?!

Nous sommes dans les tranchées en 14… Le froid fait rage.

Peu d’activités dans un camp comme dans  l’autre.

Des soldats meurent chaque jour de froid… ou par balle, obus et autres joyeusetés du genre, créées par nos grands-parents et ceux du camp adverse ! Et un soldat français, plus futé qu’un autre semble-t-il, a trouvé une solution pour tuer des Allemands.

C’est la « démerde » française, bien connue de nos ex-ennemis irréductibles, qui a frappé cet Allemand, qui va se plaindre de ce pas auprès de son Capitaine :

(Je vous fais une version française du dialogue entre ces deux Allemands pour que tout le monde suive le propos et surtout parce que je ne parle pas un mot de cette langue gutturale, si douce à l’oreille !)

«  Mon Capitaine -dit l’Allemand finaud- : un Français use d’un manège machiavélique une fois par jour, à peu près. Il dit tout fort : « Hé Fritz ? ». Comme vous le savez bien mon capitaine, nous autres sommes très polis de nature et très disciplinés et nos mères nous ont souvent appelés « Fritz », prénom fort joli, du reste (moi-même je me prénomme Fritz !). Un homme répondant à ce prénom se lève donc à chaque fois et répond : « Ya ! », par correction. Et ce soldat français peu scrupuleux en profite pour tuer l’homme, étant donné qu’il est debout ! Tous les jours ! Vous vous rendez compte, mon Capitaine ?! Que puis-je faire pour contrecarrer cette véritable hécatombe ? ».

Le Capitaine, gêné mais ayant réponse à tout (c’est un chef tout de même !), donne à l’homme de troupe ce sage renseignement :

« Tu te mets en joue avec ta carabine chargée. Lorsque tu es prêt, tu dis un prénom français commun… Jean fera parfaitement l’affaire ! Tu hurles ce prénom. Un homme s’appelant Jean va se lever. Hop ! Tu tires sur lui. Ainsi tu te seras vengé et tu auras sauvé l’honneur des teutons que nous sommes ! » (pas certain que le Capitaine use du mot « teuton », mais vous avez compris l’esprit).

Le simple soldat attend donc que la nuit tombe et la période habituelle du Français exterminateur arrive. L’Allemand épaule, se met en position et crie : « Hé Jean ? ». On entend une voix de l’autre côté qui répond : « C’est toi Fritz ? » Et l’autre : « Ya !». Et pan !

Marrante, non ?

Si vous ne l’avez pas comprise ou que vous n’avez pas rigolé ou les deux… Laissez en plan ce texte que vous lisez. Rien de bon ne sortira de cette lecture. Croyez bien que je suis désolé de n’avoir pas su capter votre univers. Pardon !

Voilà, ça c’est fait !!

 Alors, maintenant que nous sommes entre nous, raisonnons un peu.

L’idée de retourner le problème contre celui qui n’en a pas compris la genèse est intéressante à plus d’un titre, je pense !

Dans cette histoire de tranchées, notez comme l’Allemand est condamné à perdre, dans la mesure où certaines règles sont immuables pour lui. En l’occurrence la discipline. Le respect  aussi. S’il se lève si facilement par politesse, quoi qu’il fasse pour se dégrever, ce souci le poursuivra. C’est mathématique.

Nous sommes bien d’accord que cette histoire est un point de départ arbitraire pour introduire une réflexion. Elle n’est là que pour servir de soutien à une théorie que j’essaie de développer. Leconcept « Hé Jean, c’est toi Fritz ? » nous sert de prétexte pour illustrer tout un ensemble de situations que nous rencontrons dans la vie et par rebond dans la magied’une façon très utile.

Au fait, si vous vous surprenez avec un léger sourire au coin des lèvres, depuis le début de cet exposé : continuez à lire. C’est bon signe !

Tout d’abord, pour bien comprendre et bien appréhender le concept « Fritz » (je l’appellerai ainsi pour simplifier), notez bien la place qui est la vôtre dans le déroulement des choses : vous êtes toujours l‘émetteur. C’est vous qui tenez les rênes de l’histoire. Vous êtes le maître à bord car c’est vous qui fabriquez le fond sur lequel le spectateur vient « s’empaler » joyeusement !

Exemple concret dans un contexte magique pour éclaircir mon propos :

Imaginons que nous voulions qu’un spectateur désigné nous dise son prénom et que lui décide de ne rien nous dire, prétextant que c’est votre boulot de le deviner !

Si vous répondez par exemple du tac au tac : « Magicien peut-être, mais je ne suis pas devin ! », vous le faites immédiatement redescendre sur terre et, par la même occasion, en ternissant pour un instant une partie des pouvoirs qui vous sont octroyés, vous obtenez son prénom sans autre difficulté. Le tour est joué ! (Nous ne sommes pas encore tout à fait dans la logique de « Fritz », mais déjà nous avons obtenu gain de cause. Merci qui ?!). C’est l’arroseur arrosé, en quelque sorte ! Le spectateur a tenté de reprendre à SON compte une partie de VOTRE idée pour la tourner à votre désavantage. Une simple intervention de votre part à son encontre et hop, tout a basculé à nouveau ! Vous avez pu revenir à votre propos et la démarche malicieuse du spectateur n’a eu pour effet que de servir VOTRE propre scénario.

Le concept « Fritz », c’est une manière de recadrer le spectateur (ou tout le public) sur ce que l’on souhaite obtenir, dans sa version la plus simple.

Cette approche « fritzienne » va très loin. Rappelons-nous le postulat de ce que nous incarnons en général en tant que magicien. Comme je l’ai souvent écrit à d’autres occasions, à partir du moment où nous nous présentons sous le nom de « magicien », le public sait que nous n’en sommes pas un vrai mais, le temps du spectacle, il joue le jeu à croire que nous en sommes un. Et par rapport à ce fait peu banal, nous pouvons nous permettre plein de choses, évidemment ! Si le public accepte naturellement cette attitude, c’est bien qu’il possède en lui certaines croyances, refoulées ou non, qui l’amènent, à son insu, à jouer avec le feu, à partir de ce principe fou qui est : je sais que cette personne n’est pas un vrai magicien mais je veux bien le croire… « juste pour rire ».

Si on souhaite s’y attarder ne serait-ce qu’un peu, on s’aperçoit de la puissance de ce concept et de tous les partis qui peuvent en découler. C’est assez incalculable ! Imaginez par exemple que si le spectateur redevenait récalcitrant à l’occasion d’un effet magique plus « douteux » qu’un autre selon son acceptation naturelle, il suffirait de le remettre à sa place façon « Fritz », car n’oublions jamais qu’il a adhéré au départ à notre postulat de vrai/faux magicien !

 Dans l’histoire initiale qui nous sert de plancher pour exprimer le concept, l’Allemand est quelqu’un de très discipliné, friand -au moins à cette époque- de marches militaires, d’uniformes et de conquêtes. Dans ce climat propice le Français peut se régaler et récupérer facilement la main à son avantage.

Comme nous ne sommes pas de vrais magiciens (je ne parle pas de ceux qui croient en être de réels), nous nous retrouvons logés à la même enseigne que notre public, ce qui arrange tout le monde !

Amitiés

Dominique DUVIVIER


Oct 09 2008

Mon parcours magique resumé par…moi-même

Je vais résumer en style un peu télégraphique pour changer !D_duvivier_sourire_4

  • Engouement à 8 ans grâce au film  » M le Maudit « de Fritz Lang
  • Début avec le professeur Renélys. – Les Payot deviennent mes livres de chevet. – Renélys m’emmène au Cercle Français de l’Illusion Jules Dhotel (French Ring) qui devient le CFIJD. Je rencontre Jean-Louis Blum à ce cercle qui m’initie à la technique de la cartomagie. Trois mois plus tard je donne des cours à Bloom (qui change un peu plus tard son nom de Blum en Bloom et de Jean-Louis en Gaëtan ). Il estime que c’est moi qui peut lui enseigner la magie à présent ! Belle avancée, non ?
  • Je rencontre Freddy Fah, (qui m’est présenté par Pierre Switon) : nous devenons assez proches rapidement. Nous nous voyions tous les mois. Il me montre ce qu’il a glané, et moi mes créations du mois. Il devient un de mes mentors. Il me présente: Fialho, Kaps, Franck Garcia, Brother Hamman…
  • Je publie mon premier opuscule en 1974, édité par Jean Merlin qui est le seul à vouloir publier mon bouquin. Il me trouve le titre de la série (Cartomagie année 2001, 2002…)
  • 1974 : je donne des cours de plus en plus et commence à faire du table en table (précurseur???) – Je fais mon premier contrat pour Agfa Gevaert, pour leur premier photocopieur couleur où je présente mon tour « L’Imprimerie » qui va comme un gant pour l’intervention.
  • Les années passent avec quelques télés (Guy Lux en 1979 entre autres).
  • Les galas de close up se multiplient, les cours aussi. La plupart des plus grands magiciens actuels viennent chez moi pour des cours. Ah! Pendant que j’y pense mon premier élève est une femme et elle s’appelle Elizabeth Amato. Je lui donne des cours gratuitement pendant trois ans. Les élèves se succèdent par dizaines, puis par centaines comme Henri Mayol, Pierre Guédin, Philippe Erdos, Paget, Ziegler…
  • Les cours, spectacles, bouquins, vidéos… s’enchaînent avec les conférences que je donne un peu partout.
  • Engagé à la FISM en 1988 aux côtés de Gaëtan Bloom, Michael Weber, Ricky Jay (qui fait un « boeuf  » pour la NHK).
  • Création du Double fond le 1er juin 1988.Df_2
  • Achat de la boutique Mayette Magie Moderne en novembre 1991. 
  • Je fais rentrer plus de 1000 nouveautés au catalogue Mayette entre 91 et 92.
  • Engagé à la FISM de Yokohama en 1994.
  • Je me fixe de faire un spectacle différent chaque année au Double Fond.Mayette
  • Je produis par l’entremise de Mayette plus de 100 programmes vidéos et reprends la direction du journal  » Le Magicien  » que je poursuis 7 années.
  • Et puis plein d’autres choses en spectacles, tours ciblés pour entreprises, et autres.
  • Tournée Européenne de conférences.Mayette
  • Tournée au Japon en 86 et en 94.
  • Magic Castle pour 6 shows par jour et parfois 8 en 1999 (avec ma fille Alexandra).
  • Nouveau module de vente de spectacles itinérants, (avec structure, son, image, éclairage…) en 2000.
  • 2000 : je crée une nouvelle série de spectacles de très près que j’intitule « Intimiste ». C’est un hommage aux plus grands magiciens qui m’ont permis de devenir magicien moi-même. La particularité de ces shows est que, en partant d’un auteur, je crée mes propres méthodes et souvent mes effets. Chaque spectacle dure 1h30. Se succèdent à ce 1er opus : « Intimiste 2 » puis le 3, 4, 5, 6 et 7 ! Puis en 2005 : « IntimisteS » qui est le « best of » de tous ces shows avec 30 min nouvelles ! Et enfin en octobre 2008, le tout dernier opus, la version « ultime » de cette série des « Intimiste» qui ne sera joué que 8 fois.P1221117_2
  • En 2005, création d’un spectacle en duo avec ma fille Alexandra : « De Très Près », dont nous avons écrit depuis 5 versions différentes. 
  • 2007 : création du spectacle « Pur Sucre » qui a été écrit pour n’être joué que 8 fois.
  • Pour 2009 et 2010 les prochains spectacles sont déjà écrits ! Celui de 2010 s’intitulera « Le hasard c’est moi ».
  • En cours d’écriture une série de nouveaux spectacles comme par exemple « Zapping ».

Voilà en gros et pas forcément dans l’ordre les grandes lignes de mon parcours …