Mar 04 2013

Podcast « Et si c’était vrai ? » : émission n°10

Chers amis,

Et voici maintenant la 10ème émission de mon podcast !

Je vous rappelle que vous pouvez vous abonner au podcast directement par son RSS mais également sur iTunes : les personnes possédant des iPhones, iPod ou iPad peuvent donc s’abonner directement (et gratuitement) sur la plateforme d’Apple et disposeront ainsi automatiquement des prochains numéros.

C’est le moment de mettre le volume et… en route !

Pour écouter le podcast sur Itunes, cliquez ici !

Sinon, cliquez ci-dessous sur la barre d’écoute…

Bonne écoute à tous

Dominique DUVIVIER

 

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Fév 25 2013

Attention au temps qui passe…

Le temps qui passe est un grand risque et, quoi qu’on en dise, on voit souvent le côté routinier s’installer ici et là chez les professionnelsqui n’ont pas considéré ce problème… Tous ne tombent pas dans le piège bien entendu, mais disons qu’il est malheureusement assez courant de voir les artistes débiter leur show en pensant à autre chose… Pourtant la fraîcheur est indispensable. Mais la conserver, voire l’augmenter passe par des sentiers sinueux. Garder le frisson avec un spectacle qui « roule » tout seul est complexe… C’est la raison pour laquelle je change de spectacle fréquemment, mais il y a aussi des techniques subtiles, comme celles de Goshman que j’ai longuement étudiées et adoptées, tant elles sont géniales. Si vous observez bien son approche et que vous rentrez dans son univers, vous remarquez que la construction même de son show lui permettait d’improviser tout le temps, tout en faisant la même prestation. Par exemple, dans sa célèbre pièce des  « Salières », vous pouvez constater que l’écriture de son show, découpé en plusieurs modules, lui permettait de grandes latitudes : d’une prestation à l’autre, il inversait l’ordre des différents modules, ou en improvisait un nouveau… Et si vous poussez encore un peu plus loin l’analyse, vous saisissez tout le génie de la chose : Goshman avait vraiment trouvé le secret pour rester libre de ses mouvements et faire vivre à son public (et à lui-même) un spectacle enrichi de nouveautés à chaque fois. Et bien sûr, grâce à cette forme d’improvisation particulière, il évitait de tomber dans le piège de se répéter et de devenir routinier…

Je vous encourage à bosser rapidement sur ce genre de concepts et, de manière générale, à ne pas vous reposer sur vos lauriers, car, avant même que vous vous en aperceviez, vous ne pourrez bientôt plus bouger un iota de votre spectacle (ou de votre « set » de tours de table en table) tellement la peur vous envahira rien qu’à l’idée d’y inclure un nouvel effet, une nouvelle line, un petit rien du tout de plus ou de moins… Je vois tellement de confrères dans ce cas de figure que je vous le répète encore une petite fois : travaillez, réfléchissez et bougez tout de suite tout ce que vous pouvez… tant que vous le pouvez encore !


Fév 18 2013

Citation de Dario Fo

Souvent, au cours de mes lectures diverses et variées, je pêche un truc qui va pouvoir apporter de l’eau au moulin de nos habitudes sur ce blog… Je vous le livre, je digresse dessus et, hardi petit, nous progressons vers  ces univers qui sont devenus nos terrains de jeux favoris…

Cette fois je vais vous confier une pensée de ce grand bonhomme qu’est Dario Fo et je n’ajouterai rien derrière. Car il n’y a rien à ajouter. C’est tellement puissant, qu’il ne reste plus qu’à méditer dessus…

Au fait, pour ceux qui ne le connaissent pas, qui est Dario Fo ?

Dario Fo est un mec incroyable : entre autres ( !), c’est un philosophe, un comédien, un dramaturge (prix Nobel de littérature quand même !), mais aussi un mime, un metteur en scène, un architecte, un peintre… Bref un homme riche… pour le moins !

« Lorsqu’un enfant naît, ses parents s’empressent de le faire rire, en lui faisant des grimaces. Pourquoi ? Parce que, au moment où il rit, cela signifie que l’intelligence est née. Il a su distinguer le vrai du faux, le réel de l’imaginaire, la grimace de la menace. Il a su voir au-delà du masque. Le rire libère l’homme de la peur. Tout obscurantisme, tout système de dictature est fondé sur la peur. Alors, rions ! »


Fév 11 2013

L’échec est un devoir pas une fatalité

Une phrase me vient au débotté :

 

L’échec est un devoir pas une fatalité.

 

Na ! Je veux dire que l’échec ne peut se contourner. Il est inhérent à toute entreprise. Alors faites-en un devoir. Une réalité de base. Ainsi, lorsque l’échec arrivera, vous ne le subirez pas et vous n’aurez pas à broyer du noir : vous saurez que vous commencez à avancer sur le chemin de la réussite. Prendre l’échec comme une fatalité et surtout comme une fin en soi, revient à dire qu’on plie les gaules. Qu’on remballe. Qu’on abandonne quoi ! Tout commence au contraire. L’échec vous guide.

Amitiés

Dominique Duvivier

 

Dominique Duvivier par Zakary Belamy

 


Fév 04 2013

Le secret est un mystère

Arnaud, un ami et passionné de magie, m’a posé quelques questions fort pertinentes. Avec son accord, j’y réponds directement sur mon blog, pour que tout le monde puisse participer….

Dominique Duvivier par Aldo Sperber

« Cela faisait longtemps que je souhaitais te poser une question « directe » sur ton travail.

J’ai eu l’occasion de le faire à plusieurs reprises mais j’ai considéré que le cadre de nos dernières rencontres – à mon sens – ne s’y prêtaient pas.

Pourtant, c’est une question qui me poursuit depuis longtemps en tant qu’humble amateur de magie et à laquelle je n’arrive pas à trouver de réponse malgré mes quelques années d’étude et de travail sur la magie – notamment ton œuvre – et mes différentes rencontres que j’ai pu principalement faire au Double Fond, et notamment avec toi. Cette question pourra t’apparaître complètement idiote et je t’en prie de m’en excuser par avance, le cas échéant. »

 

Il n’y a pas de questions idiotes. Tu es donc toujours sur la bonne voie ! J’aime pouvoir éclairer autant que possible les magiciens sur mon travail et , à mon sens, toute question posée de bonne foi est digne d’intérêt.

 

« Je me lance. Tu as énormément – je n’ai pas trouvé d’adverbe plus fort -publié. Tu as donné beaucoup à la communauté magique sans compter – j’imagine – tes échanges avec les autres « grands » de la magie qui resteront – et c’est bien naturel – inconnus des profanes ou d’autres professionnels. Pourtant, il y a quelque chose que je n’arrive pas à saisir. Tu as indiqué à plusieurs reprises que tu gardais certains « trucs » pour toi. (Un seul exemple, parmi mille, sur « Intimiste » – que j’ai visionné pour la 84ème fois hier soir – un bandeau apparaît au milieu d’une explication en indiquant que tu ne souhaitais pas dévoiler les secrets de la découverte de la carte (ruban, le feeling, tu poses la main sur le ruban et extrais la carte… effet killer). Et je ne comprends pas cette démarche… N’est-il pas contradictoire de publier une grande partie de ton œuvre tout en refusant de dévoiler certains trucs ? »

 

Je suis agréablement surpris d’apprendre que tu rongeais ton frein en silence depuis des temps immémoriaux… Je veux dire que je n’aurais jamais imaginé susciter pareil courroux chez toi ! (oui, le mot est fort mais j’aime le mot « courroux » et j’ai du mal à le placer !). Cela étant dit, je comprends très bien ton désarroi et je vais essayer de le dissiper, ou du moins de t’apporter quelques indications supplémentaires sur ma démarche.

Je donne en effet beaucoup de choses à la communauté magique, mais je découvre aussi énormément de choses que je n’ai pas l’intention de publier, du moins pour l’instant. Il y en a des milliers comme ça en fait, n’en déplaise à certains pisse-froid qui s’évertuent à dire que je n’ai rien inventé ou presque (ben voyons !)… J’ai pris le parti de publier énormément, car j’estime avoir le devoir de le faire comme on l’a fait pour moi en son temps. Des gens comme Freddy Fah par exemple m’ont tellement transmis, qu’il me paraît normal de rendre  la pareille vis-à-vis de mes confrères actuels (vous pouvez relire ce que j’ai écrit sur lui ici : http://www.dominiqueduvivier.com/2011/11/07/magiphageuh-n21-freddy-fah/). Mais il est vrai aussi que je conserve pas mal de trucs secrets, même dans des familles d’effets magiques que j’ai pourtant déjà largement explorées par le biais des vidéos, des conférences ou des cours que je donne. Il faut dire qu’il y a certains principes magiques qui m’obsèdent littéralement : j’y travaille, je publie  une version, j’y retravaille, je publie une autre version etc… depuis 40 ans ! Disons, que la plupart du temps, lorsque je publie quelque chose, j’ai personnellement quelques « temps d’avance » sur l’idée en question. En d’autres termes, si tu discutes avec des personnes qui ont pris par exemple des cours avec moi, elles te diront qu’elles m’ont vu faire des dizaines de nouvelles versions sur des principes que j’avais pourtant longuement développés sur différents supports publiés. Pour moi la publication n’est qu’une étape. Pas un aboutissement. Par exemple sur l’effet des billets de 1 dollar dont je parlais il y a peu sur le blog (ici http://www.dominiqueduvivier.com/2013/01/21/hommage-a-kaps/ ), j’ai publié une version de 10/12mn dans mon DVD « From Old To New n°1 », alors que la version originale dure 30mn, avec bien sûr plein d’effets en plus !!!

Pour ce qui concerne l’effet dont tu parles dans ta question (« La carte feeling » dans mon spectacle « Intimiste »), sache que j’ai développé des contrôles de cartes particuliers qui se trouvent intégrer des éléments que m’ont confiés Michael Weber et Ricky Jay. C’est ainsi qu’il y a plusieurs raisons pour lesquelles je garde secrète cette « carte feeling » en l’occurrence : d’une part il y a ces éléments qui ne sont pas de moi et que et j’estime ne pas avoir le droit de divulguer. D’autre part, il y a certains principes que j’ai développés qui sont tellement puissants qu’il faut laisser au temps qu’ils se révèlent, si je puis dire ! Il ne faut pas y voir un forme d’égoïsme de ma part (ah ah, vous vous demandez comment ça marche ?! Hé hé hé, moi je sais), mais au contraire l’envie de partager la richesse de l’art de la magie. C’est là que le sujet devient particulièrement intéressant et je te remercie au passage de ta question ! En effet, c’est justement pour goûter la puissance de certains concepts magiques, que je fais en sorte de montrer à quel point, même des centaines de lectures n’en viennent pas à bout. Si je les livre « tout crus », comment feriez-vous pour en connaître la profondeur et leur exceptionnelle valeur ? Certaines choses sont si complexes dans leur perfection, si parfaitement huilées, si magnifiquement intelligentes, que leur valeur ne peut être accessible qu’aux personnes qui, un peu comme toi, auront d’abord cherché comme des fous leur clé. Ce concept dépasse d’ailleurs largement le domaine de la magie et rejoint parfaitement le sujet abordé la semaine dernière sur ce même blog : http://www.dominiqueduvivier.com/2013/01/28/magiphageuh-n32-la-difference-entre-secret-et-mystere/ . Tout d’un coup la logique habituelle s’inverse : l’idée n’est plus de conserver jalousement un secret, mais au contraire de vous donner la possibilité de le découvrir dans toute sa complexité, dans toute sa splendeur (ne croyez pas que je me jette des fleurs, je ne me considère que comme un simple « passeur », comme disait Magestic il y a quelques jours sur ce blog). Si j’expliquais par exemple « La carte feeling » comme d’autres tours dans mon DVD, vous en seriez satisfaits, mais pas du tout autant que le jour où vous serez à même de le considérer comme ce qu’il est : un trésor. Et pour ça, il faut être prêt et pour être prêt, il y a un chemin à parcourir. Un chemin qui n’est pas trouvable sur Internet. Un chemin qui ne peut s’acheter. C’est un chemin de patience, de ténacité, de travail… sur soi.

C’est ainsi que je suis amené, dans les tournages de DVD ou en conférence, à dire parfois la pure vérité : tel ou tel tour ne sera pas expliqué. Je le dis sans ambages. Je connais des confrères qui préfèrent la facilité qui consiste à « enfumer » leur public magicien, en lui donnant de fausses pistes, histoire d’avoir l’air d’expliquer, sans divulguer le vrai secret pour autant. Je trouve ce procédé ignoble et parfaitement malhonnête intellectuellement. Cela fait partie d’ailleurs des raisons pour lesquelles je me suis « séparé » il y a une paire d’années de ces magiciens sans scrupule et sans respect pour l’art de la magie : ils montrent un tour avec une méthode et, lors de l’explication, ils donnent une méthode minable qui n’a pas été pas celle utilisée pendant la démonstration. Sur le moment, le public magicien ne se rend pas compte de la supercherie, trop content qu’on lui explique le tour, mais on vient de lui mentir et je n’aime pas cette pratique. Si je donne, je le fais vraiment. Sinon je précise que je ne le fais pas. Voilà l’idée. Dans mon DVD d’explication du spectacle « Intimiste », même si je garde secrète la partie concernant les contrôles de cartes par exemple, je n’enlève rien de la portée des tours que j’y explique. Même si la méthode utilisée n’est pas la même que la mienne, l’impact sera le même. Le public magicien n’est pas spolié. J’ai laissé l’effet intact. C’est juste MA méthode que je ne donne pas, pour les raisons évoquées plus haut.

Il faut comprendre que mon rôle est de transmettre. Or il y a des choses faciles à transmettre et d’autres beaucoup moins. Parfois, pour vous guider, je vous donne des pistes, qui, pour ceux qui en auront envie, vous permettront de vous poser des questions « clés » pour aborder l’aspect profond de tel ou tel sujet. Par essence, l’homme est très curieux, mais aussi très paresseux : il est avide de savoir sans payer, si je puis dire. Lorsqu’on lui dit que là, il n’a pas accès à l’objet de son désir (connaître le fameux « truc »), il s’énerve, que dis-je, il enrage ! Mais cette colère est bénéfique : il cherche, il se donne du mal, il explore des pistes nouvelles, il se pose des questions…. Bref, il évolue. Au début, donner sans restriction est essentiel pour acquérir certaines bases. Mais mâcher le travail au point qu’il n’y aura plus aucune place laissée à la réflexion et l’imagination, c’est presque criminel, à mes yeux. C’est comme en matière d’éducation, où il faut faire comprendre à l’enfant qu’il ne pourra accéder à certaines connaissances qu’au prix d’une abnégation énorme. Un jeu difficile… mais tellement stimulant !

 

« Ne t’exposes-tu pas à ce que l’un de tes Confrères publie un jour l’un de tes secrets en revendiquant la paternité de la découverte (routine, manipulation ou autres…) ? »

 

C’est la règle du jeu. J’observe mes confrères et parfois je retrouve certaines de mes idées dans leur travail. Hasard ou non, peu importe, je me prête volontiers au jeu du risque. C’est le prix à payer lorsqu’on conserve des trucs pour soi et qu’on les montre en partie. Et puis je ne suis pas ennuyé par ce fait, car cela n’arrive pas très souvent. Il faut dire que trouver par exemple une méthode que j’avais déjà inventée est une chose. Véritablement penser comme moi en est une autre. Je travaille tellement sans cesse depuis 40 ans, qu’il est difficile de rivaliser avec tout ce que mon cerveau produit… Alors on peut me moquer, mais moi, je trace ma route et, si je montre à quelqu’un une routine, en général il ne comprend rien, car j’ai encore pas mal d’avance sur mes contemporains. Du moins c’est ce que je veux croire, et de toute façon, c’est ce que j’entends lorsque des pointures du métier me rencontrent. Avec un peu d’expérience, on peut très vite déceler le niveau de connaissance d’un magicien, rien qu’en l’observant. Avec Ricky Jay il y a plusieurs années, on s’amusait beaucoup à ce petit jeu : connaître le niveau d’un magicien en deux secondes ! Il suffisait de le regarder ouvrir son étui et sortir les cartes qui s’y trouvaient, et hop ! Quand on travaille beaucoup et dans beaucoup de directions, on arrive à percevoir des trucs incroyables de ses contemporains qui te montrent un tour. L’analyse devient très rapide. Parfois, en regardant juste un tour d’un magicien, j’arrive à voir une grosse partie de ses créations, qu’il n’a pourtant pas montrées… C’est flippant, hein ?

 

« Quelle est ta motivation profonde ? »

 

J’ai répondu en partie à cette question mais je peux préciser. Mon kiff, c’est la magie, qui m’apporte beaucoup de joies intellectuelles, artistiques, créatrices, des rencontres incroyables… Lorsque je publie par exemple un DVD et que je t’empêche (lol) de bénéficier d’un bout d’explication, je t’avouerais que je n’en suis pas conscient. Je crois dans ce que je fais. Je suis sincère en donnant certains secrets, tout autant qu’en en conservant, ou en aiguillant l’acheteur d’un produit. J’ai envie au fond de moi qu’il puisse prendre son pied comme je le prends depuis tant d’années avec la magie et je sais que, pour le prendre pleinement, il faut qu’il donne de sa personne. C’est l’idée du lard à des cochons. Le cochon n’apprécie pas la bonne bouffe. Juste de la bouffe lui suffit. Alors lui donner plus, c’est non seulement du gâchis mais c’est pire que cela. On va rater quelque chose. Tu comprends ? Mais comme nous ne sommes pas des animaux justement, alors tout est possible ! Je considère que c’est mon devoir d’orienter un étudiant-magicien vers ce qui va lui permettre de devenir un bon magicien. Pour qu’il se nourrisse, je vais lui apprendre à pêcher, plutôt que lui donner du poisson. Avec plus ou moins de réussite, c’est ce que je poursuis depuis le début de ma vie : apprendre à l’autre à pêcher.

 

« Surtout, comment choisis-tu ce que sera publié ou ne le sera pas ? »

 

Pour ce qui concerne l’effet de la « carte feeling » dont on parle depuis le début, je n’y ai pas réfléchi sur le moment. L’idée au départ était de consigner mes spectacles « Intimiste 1 » et « Intimiste 2 », pour en avoir une trace dans leurs moindres secrets. Mais pas forcément de les publier. C’était un genre de testament pour ma fille Alexandra. Puis on en a parlé et elle a tenu à ce que je publie au moins ceux-là de mon vivant. Alors j’ai visionné tous les rushes et, pour les raisons évoquées plus haut, j’ai décidé de ne pas publier tels ou tels détails.

 

Voilà, j’espère avoir répondu à tes questions. N’hésite pas, ainsi que vous mes chers lecteurs, à me solliciter si j’ai trop effleuré un sujet ou un autre…


Jan 28 2013

MAGIPHAGEUH N°32 : La différence entre secret et mystère…

La différence entre secret et mystère… Tout un programme, n’est-ce pas ?

Les deux notions, qui sont parfois synonymes, sont quand même assez facilement différentiables.

Le secret est un savoir caché, connu des seuls initiés et possède plusieurs degrés : dans le domaine de la magie, il y a toujours eu des techniques considérées comme plus ou moins secrètes. Dans les années 60 le comptage Elmsley faisait par exemple partie des techniques secrètes un peu « underground » (à telle preuve que beaucoup de magiciens croyaient qu’il s’effectuait sur le bout des doigts et non en mains !), alors que maintenant le comptage Elmsley fait partie des techniques magiques les plus répandues. Par définition, le secret, une fois dévoilé à quelqu’un qui n’était pas initié auparavant, perd son sens.

Par contre, ce n’est pas le cas du mystère, qui, lui, ne peut pas s’expliquer vraiment. Même transmis, il reste « mystérieux » ce mystère… Il fait référence à des formes de pouvoirs inexpliqués.

Mais il arrive parfois que la frontière entre secret et mystère devienne beaucoup moins ténue… Et c’est là que vient le véritable sujet de notre « Magiphageuh » du jour. Si vous êtes magicien avec un tant soit peu de métier, il est sûr que vous avez déjà dû vivre l’expérience d’une certaine « vraie magie » qui vous dépasse : vous faites par exemple librement choisir une carte, puis mélanger le jeu et la carte se retrouve sur le jeu… comme par miracle, car vous n’y êtes pour rien ! Vous êtes aussi étonné que votre public, car il n’y a pas de « truc »… et personne ne peut vous croire ! Fascinant… Et ce phénomène est loin d’être isolé ! C’est un peu comme si nos secrets de magiciens nous permettaient d’explorer des terrains suffisamment  fous, que nous puissions accéder parfois à de vrais mystères… Notre « terrain de jeu » des secrets nous donne accès au monde du mystère, le vrai, celui qui ne comporte pas de secret ! Pas belle la vie ? Secrets et mystères seraient-ils liés ? J’ai suffisamment vécu de fois ces situations incroyables, pour me poser la question… Mais ne croyez pas que je joue subitement aux « apprentis sorciers ». Je constate simplement que l’Art de la magie nous donne parfois accès à une forme de réalité mystique, comme tous les autres arts d’ailleurs ! En magie, comme avec la musique, le cinéma ou la peinture, la technique utilisée donne accès par moments à une sorte de monde divin…


Jan 21 2013

Ma musique

Au sujet de cette publication http://www.dominiqueduvivier.com/2012/12/17/creation-musicalemagique/#comments Cavaflar m’a demandé  : « Juste une précision pour étancher ma curiosité… le processus de création se fait il plus facilement , ou différemment… en fonction de la connaissance antérieure des morceaux….? Est ce que tes compil de « boulot » sont elles les tops « ten » par exemple de ce que tu emmènerais sur une ile déserte ou bien sont ce des titres inédits…? En gros, est ce que le fait de connaitre parfaitement un morceau , élimine en quelque sorte, les « parasites » de l’esprit laissant donc s’exprimer pleinement le côté créatif ? (…) Ps: A quand une compil des meilleures musiques « magiques » pour un bonus dans un future DVD lol »

C’est un mélange des deux : des morceaux que je connais par cœur, mais aussi d’autres que je connais moins… Mon critère de sélection n’est pas là. Je fais simplement en sorte de choisir des morceaux ou des auteurs dont l’univers me transporte dans un « au-delà » spécial. En l’occurrence pour moi, il s’agit principalement de « Pop music » des années 70/80/90 et aussi de notre époque, quand elle reste encore de la bonne « Pop music » justement. Par exemple je suis totalement réfractaire au Hard Rock ou au Free Jazz… Cela me bloque les neurones immédiatement. Je n’aime pas la musique « sombre » et torturée, du genre qui donne envie de se jeter par une fenêtre, tu vois ? J’aime la musique que j’appelle « claire », que je reconnais facilement, qui me donne l’impression de pouvoir construire du positif, qui se fredonne vite… Après, que la musique choisie me soit totalement familière ou non, je peux m’envoler avec elle vers des cieux créatifs, pour tenter de changer la morosité ambiante en grand kiff magique (yes) !!!

Promis, je publierai mon « top ten » de musiques un jour ou l’autre sur ce blog !


Jan 21 2013

Claude Lelouch

Carl Valentin : « N’hésites pas à nous donner encore plus de références cinématographique …. Aimes tu la plupart des films Lelouch ? »                    

J’ai aimé tous les films de Lelouch pendant de longues années, puis petit à petit mon  engouement « lelouchien » s’est estompé, émoussé en fait. Je ne sais pas à quoi cela tient au juste. Ma culture s’est transformée, mes goûts se sont diversifiés… ou alors j’ai perdu toutes mes valeurs premières ? Je ne saurais le dire… Cela étant dit, au moins deux œuvres de Lelouch restent d’incontestables films de chevet pour moi : « La Bonne Année » bien sûr (que je vois une fois par année en moyenne) et dont je vous avais parlé ici : http://www.dominiqueduvivier.com/2012/03/26/mes-films-culte-la-bonne-annee/ . Mais aussi « L’aventure, c’est l’aventure » (que je visionne tous les deux/trois ans… celui-là il faudra que je vous en parle !!). Sinon, il y en a pas mal dont je garde un bon souvenir, sans avoir envie de les regarder à nouveau, comme : « Les uns et les autres », « Un homme et une femme », « Robert et Robert », « Un homme qui me plaît », « La vie, l’amour, la mort », « Le bon et les méchants »… Ah oui, il y aussi « Itinéraire d’un enfant gâté », ça, il faudrait que je me le refasse !


Jan 21 2013

Hommage à Kaps

Sur l’article « Vidéo cadeau : Billet d’un dollar ou Le pari » http://www.dominiqueduvivier.com/2011/02/14/video-cadeau-billet-dun-dollar-ou-le-pari/ Nathanaël Maillard a envoyé le commentaire suivant : « Je me souviens de la première fois que j’ai vu ce tour, c’était pour une des soirées premières d’Intimiste III (celles suivies du IV !) et je me souviens que je me suis dit « ouh put*** », j’assistais à un miracle ! J’en avais parlé avec Lionel (Le Marquis) à l’entracte justement, et on était tous les deux de vrais gamins émerveillés par ce tour notamment, mais par le reste aussi bien sûr. Une tuerie bien duviviesque comme on voudrait en voir performées tous les jours ! Mais je me pose une question à laquelle vous n’avez je crois pas répondu au sujet de ce tour : Ce tour a-t-il vu le jour spécialement pour Intimiste III et votre hommage appuyé à Fred Kaps (d’où les billets et la partie devinette sur le nombre qui reprend le comptage de la routine du maître) ou était-ce un hasard que votre idée de pari comme vous l’avez décrite dans l’article sur la genèse de ce tour se soit détournée vers les billets ? Autrement dit, vous êtes vous servi de cette routine pour rendre l’hommage mérité à Kaps ou l’avez-vous créée en pensant déjà à cet hommage ? J’espère être clair. »                   

 Sache que sur cette vidéo, il s’agit d’une version courte de ma routine, qui dure normalement 26 à 30 mn (comme c’était le cas dans mon spectacle « Intimiste 3 »). A l’époque je n’ai pas publié la version longue, pour avoir encore la liberté de la jouer quelques temps ! Et puis la version courte du « dévédé » était une réponse à la tendance actuelle des magiciens qui aiment les routines rapides et faciles à placer dans une prestation… Pour ce qui me concerne, je préfère nettement la version longue !

Tu as remarqué (car tu remarques tout), que mes spectacles de la série « Intimiste » étaient tournés vers les hommages à mes pairs, ceux qui m’ont construit magiquement parlant. Et en effet, en l’occurrence, j’ai bel et bien voulu rendre un hommage à Fred Kaps, qui a profondément influencé mon travail tout au long de ma vie. Ma façon de le remercier a été de construire une routine complète dans « l’esprit Kaps ». L’hommage se glisse à plusieurs niveaux . Cela va de détails comme la petite chaînette que j’utilise et que je le vois encore utiliser comme si c’était hier dans une toute autre routine aux côtés de Brother Hamman. Jusqu’à des concepts très profonds et typiques de Kaps, comme la façon dont je gère mes deux spectateurs (avec le rapport ambigu que j’installe entre eux deux, en leur faisant jouer l’un le gentil et l’autre le méchant… comme dans une enquête policière !). C’est dans sa routine de billets sur scène qu’on pouvait voir le génie de cette idée de gestion de spectateurs. Kaps m’a tellement inspiré. Je l’ai tellement admiré. J’ai trouvé mille et une choses sur cette routine de billets que je publierai tôt ou tard de façon complète. En attendant, je devrais la refaire en live dans les prochaines années, si Dieu me le permet. Peut-être en 2014 dans mon nouveau spectacle… mais je ne sais pas encore !


Jan 14 2013

Un parfum d’enfance…

Il y a quelque temps, j’ai été interviewé avec ma fille Alexandra par le journaliste, écrivain et producteur Arthur Dreyfus sur France Inter. Vous pouvez réécouter l’émission ici : http://www.franceinter.fr/emission-la-periode-bleue-la-periode-bleue-de-dominique-et-alexandra-duvivier

Pour préparer l’émission, Arthur avait chargé son assistante de me poser quelques questions sur mes souvenirs d’enfant. J’ai pensé que cela pourrait vous intéresser !

Amitiés à tous

Dominique

 

Dominique Duvivier et ses cousines

 

– Quel est son premier souvenir visuel lié à l’art ? (celui qu’il trouve lorsqu’il remonte le plus loin possible : sculpture, tableau, architecture, dessin, photographie…)

Le plus difficile c’est de se souvenir précisément de quel a été le tout premier souvenir… Mais pêle-mêle :

J’ai 7 ans ou peut-être moins : Gina Lollobrigida en noir et blanc, dans une comédie italienne. Elle est en pleine discussion dans un marché. Je prends conscience du jeu de comédie. Elle est belle, elle parle avec les mains. Les gens rient. Elle m’hypnotise.

J’ai 3-4 ans je suis rehaussé sur mon siège au cinéma pour que je puisse voir. Mes parents m’y emmènent presque tous les jours (on écume les cinémas de quartier à Paris). De temps en temps, ce sont des films en exclusivité mais c’est rare. En général ce sont des rediffusions. Je me rappelle de westerns, de cowboys, d’indiens… de Laurel et Hardy. Des sept samouraïs… Gérard Philipe, Jean Marais, Bourvil, Guitry, Jouvet, Harry Baur, Raimu, Maurice Chevalier…

Je me souviens de l’aspect « soirée complète » : dans mon souvenir d’enfant, on y va très tôt et on sort très tard, je vois deux films différents, des publicités, des courts métrages et un vrai spectacle sur scène (jongleur, magicien, musicien…).

Un des mes 1er chocs visuels (entre 5 et 8 ans ?) : Toutankhamon au Louvre, avec ma mère. Le masque d’or qui m’illumine. Et puis aussi La Joconde, la Vénus de Milo…

Le Sacré Cœur, Notre Dame…

 

– Quel est son premier souvenir audiovisuel ? (film, dessin animé, bande originale, interview au JT, extrait de dialogue perçu au cinéma ou à la télévision, théâtre…) Plusieurs références sont les bienvenues

Pas de TV chez mes parents, mais je la voyais une fois ou deux par semaine chez mes grands-parents.

Souvenirs pêle-mêle : la mire de la télévision (fin 50 – début 60) – Interlude : le petit train – Pierre Sabbagh et sa pipe – Catherine Langeais – Raymond Oliver – La Séquence du Téléspectateur – Discorama – Les Beatles en 62 à la TV – Les premiers pas sur la lune (moi, rivé devant l’écran à attendre…) – l’émission Presto avec un manipulateur de cartes qui utilisait des cartes Lexicon (on ne voyait que ses mains)…

Dessins animés : La belle au bois dormant au cinéma, Blanche Neige et les 7 nains, Tom et Jerry…

BO de films : Lawrence d’Arabie, le pont de la Rivière Kwaï…

Les discours de De Gaulle, en 58 le bouleversement ambiant avec le passage à la Vème République…

Dialogues marquants : le film Les tontons flingueurs !

Théâtre : j’y allais peu mais je me souviens du Malade imaginaire avec cet acteur prodigieux qu’était Louis Seigner et aussi du Chat Botté au Théâtre de la Porte St Martin

Je me souviens aussi de Guignol au Bois de Vincennes, mais je n’aimais pas spécialement…

 

– Quels sont ses premiers souvenirs de lecture ? (livre pour enfant, album, BD, livre pour adulte, roman, poésie…)

D’abord les BD : Tartine (une vieille grand-mère aigrie super forte et super chiante avec tout le monde) – Les pieds nickelés – et tous les Tintin bien sûr, j’en étais fou.

Un peu plus tard les albums : Astérix – Gaston Lagaffe – Lucky Luke – Jo, Zette et Jocko

Je ne lisais pas grand-chose d’autre, je me suis rattrapé plus tard…

 

– Quelles sont les deux ou trois chansons qui ont marqué son enfance ? (une rengaine, un air qui revient, un tube ou un morceau rare)

Il était un petit navire – Dodo l’enfant do – Au clair de la lune – O sole mio (ma mère était sicilienne) – Les Beatles : She loves you (sortie en en 63)