Avr 11 2016

Les nouveautés… des autres

Dominique DUVIVIERJ’aime regarder les nouveautés des autres magiciens. C’est absolument dingue la quantité de choses qui sortent chaque semaine ! Alors je musarde très régulièrement, au gré de diverses rencontres visuelles sur Internet, de discussions avec quelques copains magiciens, de publicités reçues… Et hop, j’achète… beaucoup ! Ces  nouveautés sont une manne pour tout le monde,  mais c’est aussi ce qui va obstruer l’esprit de plus d’un magicien, pensant qu’on ne peut décidément rien trouver de nouveau avec tout ce qui sort déjà ! Grossière erreur… C’est le piège fatal ! Au contraire, plus il y a de nouveautés, plus cela paraît évident : l’art de la magie est un puits sans fond… DONC, au lieu de se morfondre, on se remonte les manches et on profite de notre chance : notre époque de foisonnement créatif vient nous pousser dans nos retranchements et nous appelle à créer encore davantage. Rien, je dis bien RIEN, ne doit jamais nous permettre de croire que nous ne pourrons aller plus loin et apporter notre « petite pierre à l’édifice ». Si nous en arrivons à croire cette gigantesque connerie, c’est que nous nous sommes laissés abuser. Il faut vite se ressaisir et aller sur le chemin de croire que tout reste toujours possible, que tout reste à inventer et non croire que tout existe comme ces défenseurs d’un autre temps qui prônaient que la terre est plate !

 


Avr 04 2016

Podcast « Et si c’était vrai ? » : émission n°30

Dominique-DuvivierChers amis,

Voici la 30ème émission de mon podcast, enregistrée en octobre 2014 avec Lionel dit « Le Marquis » et moi-même.

Installez-vous comme d’habitude, confortablement.

Bonne lecture audio !

Pour écouter le podcast sur Itunes, cliquez ici !

Sinon, cliquez ci-dessous sur la barre d’écoute…

Dominique Duvivier

PS : Je vous rappelle que vous pouvez vous abonner au podcast directement par son RSS mais également sur iTunes : les personnes possédant des iPhones, iPod ou iPad peuvent donc s’abonner directement (et gratuitement) sur la plateforme d’Apple et disposeront ainsi automatiquement des prochains numéros.

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Mar 28 2016

Mes films culte : Alexandre le bienheureux

Voilà encore un film qui rend heureux… qui me rend follement heureux en tous les cas ! Je l’ai encore revu l’autre jour, quel pied !

Alexandre-le-bienheureux

Comme d’habitude, pour commencer, voici quelques infos « de base » qu’on trouve sur internet :

«Alexandre le bienheureux » est un film français réalisé par Yves Robert et sorti en 1968, avec Philippe Noiret, Françoise Brion, Marlène Jobert, Jean Carmet, Pierre Richard… Bande originale de Vladimir Cosma.

Synopsis :

Alexandre, homme bon vivant et nonchalant, est cultivateur dans une ferme française de la Beauce. Cependant sa vie quotidienne est dirigée par « la Grande », son ambitieuse mais néanmoins tyrannique épouse, qui le pousse à bout de force en lui imposant chaque jour une liste de travaux démesurée. Devenu brutalement veuf, il éprouve un grand soulagement et se sent libéré de son labeur : il décide de s’accorder un repos qu’il juge mérité, afin de prendre le temps de savourer la vie. Son comportement sème rapidement le trouble dans le petit village par l’exemple qu’il donne, et une partie des habitants décide de le forcer à reprendre le travail. Mais ils échouent, et Alexandre commence à faire des émules…

Et quelques infos supplémentaires :

C’est avec ce film que Philippe Noiret incarne son premier rôle principal au cinéma, après des années de seconds rôles.

Il s’agit du véritable premier rôle au cinéma pour Pierre Richard, qui collaborera plusieurs fois avec Yves Robert, réalisateur du film.

Le film est sorti peu avant les évènements de Mai 68 et que l’on peut considérer comme étant anticonformiste, voire un brin soixante-huitard.

 

Voilà, Alexandre a choisi de rester couché et de… profiter de la vie. Pas bête hein ?

Alexandre le bienheureux

Jean Carmet et Pierre Richard ne sont pas encore des stars, mais déjà de fameux comédiens…

Alexandre le Bienheureux

Tout est bon enfant dans ce film. Tout est cool. Tout est poésie et soif de s’amuser sans se prendre la tête. Yves Robert était un grand poète. Un grand bonhomme. Sa bonté et sa richesse intérieures transpirent dans chaque image. Ce film est un joyau pour moi. Il fait partie de ces œuvres qui me permettent de ne jamais oublier l’essentiel, la seule chose qui vaille  vraiment le coup de conserver jalousement : l’amour et la passion.


Mar 21 2016

MAGIPHAGEUH n°50 : comédie et magie

Comme vous le savez, je ne cesse de me battre dans le sens de faire comprendre l’importance du jeu d’acteur pour un magicien et l’importance de considérer les techniques magiques non pas comme une finalité artistique mais comme un moyen artistique. Et je suis tombé par hasard dans « L’Express » sur une interview de Vincent Cassel (que tout le monde trouve très beau… et moi non, mais bon ! clin d’œil aux filles….) dont deux passages correspondent tout à fait au sujet. Vous allez voir, c’est super intéressant :

Tout d’abord, en parlant du métier d’acteur, il utilise à deux reprises la métaphore de la magie pour exprimer sa vision des choses. D’une part, pour expliquer son travail en tant qu’acteur, il cite Michel Serrault qui disait : « Jouer n’est qu’un tour de prestidigitation ».

Et d’autre part, il finit l’interview avec cette réflexion : « Il ne faut pas se la péter. Sur un plateau, il faut se rendre compte de notre chance.(…) Ce métier, ce n’est rien. De l’illusion. Ce à quoi il faut faire attention, c’est de croire qu’on a créé le lapin qui sort du chapeau. »

Amusant, non ? Le comédien prend la magie comme une espèce de référence… Ne serions-nous pas tout à fait sur la même longueur d’ondes ?

 

Allez, juste pour le fun, y’a pas photo, n’est-ce pas ? Brad est vachement plus beau que Vincent, non ?

Vincent Cassel brad-pitt

 


Mar 14 2016

Alexandra ma fille

Aujourd’hui juste deux photos…

Alexandra et Dominique DUVIVIER 1975

 

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Mar 07 2016

Podcast « Et si c’était vrai ? » : émission n°29

Dominique-DuvivierChers amis,

Voici la 29ème émission de mon podcast, enregistrée en octobre 2014 avec Lionel dit « Le Marquis » et moi-même.

Installez-vous comme d’habitude, confortablement.

Bonne lecture audio !

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Sinon, cliquez ci-dessous sur la barre d’écoute…

Dominique Duvivier

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Fév 29 2016

La Carte Caméléon

Attention, chaud bouillant, le 15 mars sort mon tour de « La Carte Caméléon » en Bicycle ! L’aboutissement de mois de travail pour nous et d’années d’attente pour vous. C’est incroyable de nombre de personnes qui me demandaient quand ce tour allait ressortir… Alors, voilà, bonne nouvelle, c’est maintenant !
Voici de quoi vous mettre un peu l’eau à la bouche, si je puis dire :

Et puis, pour en savoir un peu plus sur ce tour, voici l’extrait du programme du spectacle « Ce Soir, J’Ouvre La Boîte » dans lequel je joue actuellement « La Carte Caméléon » en live. C’est une présentation écrite par mon ami Lionel, dit « Le Marquis » et ma collaboratrice Adeline.

 

« La Carte Caméléon » est un des tours les plus emblématiques de Dominique Duvivier. C’est une sorte de concentré de sa conception artistique.

 

Il a été créé en 1981 dans des circonstances amusantes. Au cours d’un dîner, Dominique a simplement demandé à une amie de toujours (Brigitte Lerville) de lui citer un mot au hasard afin de tenter d’inventer quelque chose de magique avec. De là, est sorti le mot « Caméléon ». Dans la nuit qui a suivi, Dominique a alors imaginé tout le synopsis et le déroulement technique de ce qui allait devenir sa fameuse « Carte Caméléon ».

 

Les connaisseurs savent que le terme « Carte caméléon » n’est pas nouveau en magie. Cependant, le scénario et la combinaison des différentes techniques utilisées ont rendu la routine de Dominique parfaitement originale. Différentes sources du tour sont évoquées dans le livre « Magie Duvivier » publié en anglais en 1996 par Jon Racherbaumer. Nous vous les rappelons ici :

 

C’est probablement la version la plus novatrice, curieuse, absurde de « La Carte Générale » et de « La Carte Universelle » qui soit. A de nombreux points de vue, elle illustre parfaitement l’esprit inventif et légèrement excentrique de Dominique Duvivier. Le public sait depuis le départ que les cartes sont étranges et peut-être sont-elles d’un autre monde. Mais l’étrangeté de la « situation » devient progressivement de plus en plus bizarre et drôle au fil de la narration.

Une des principales sources anciennes pour « La Carte Générale » ou « Jeu Protée » est The Art Of Magic de T. Nelson Downs (Hilliard, 1909) p.71. Elle est aussi expliquée dans des livres de Sachs, Hoffman, Roterberg, et Robert-Houdin, qui est à l’origine de l’approche ou intrigue. La méthode-effet de Dominique Duvivier s’apparente à la Carte Universelle dans la mesure où une carte est capable d’assimiler les propriétés d’autres cartes. Le thème est poussé à un degré ultime.

J’ai publié le fascicule La Carte Universelle  en 1972. Ce thème s’est développé à partir d’un effet publié par Karl Fulves dans the Pallbearers Review (Octobre, 1967), cependant des effets précurseurs remontent jusqu’à 1936. Cette intrique spécifique est souvent confondue avec « Partout et Nulle Part » de Hofzinser et « La Carte Générale ».  J’ai tenté d’établir la distinction entre ces intrigues dans ce manuscrit.

 

« La Carte Caméléon » illustre l’un des thèmes chers à Dominique Duvivier et qui a toujours été au centre de ses recherches : le magicien dépassé par sa propre magie.

Le magicien est alors happé de l’autre côté du miroir. Il subit une force qui est au-dessus de lui. La magie se déroule à son insu. De fait, le public peut vivre un voyage encore plus fou que celui que le magicien aurait pu lui offrir en pleine conscience.

Ce concept a été à l’origine de multiples créations très marquées « Duvivier », car il révèle toute sa philosophie : la magie est au cœur de tout. A nous de la découvrir, mais pour cela, il faut savoir s’abandonner. Il faut simplement vouloir la voir, c’est-à-dire oublier notre approche rationnelle et se mettre à imaginer que l’irréalisable peut se réaliser…

Dominique Duvivier a écrit : « Je crois que toute chose est vivante ou en devenir. Y compris les objets, notamment les cartes ! Je pense que tout ce qui nous entoure a une âme. A nous de décoder cet univers caché. A nous de faire parler ces objets qui semblent inanimés, mais qui en fait sont comme nous… ou presque ! A nous de communiquer avec eux et de leur donner la parole. »

La force du magicien n’est rien d’autre que sa capacité à nous ouvrir la porte sur un monde où l’impossible devient possible. Les objets prennent vie, se déforment, se transforment, se multiplient ou se confondent. Ils prennent la parole, prennent le pouvoir dans un monde de poésie… C’est ainsi que, le temps d’un spectacle, le monde de l’impossible devient un monde véritable dans lequel le magicien et son public évoluent. Le talent du magicien, c’est celui de permettre au public de toucher du doigt ce monde de merveilles et d’y partager les miracles qui s’y produisent.


Fév 22 2016

ETRE OU NE PAS ETRE… MAGICIEN

À partir de quand peut-on se définir comme étant magicien ?

Je vais donner mon idée en fonction du vieil adage « chacun a une opinion sur tout sujet », ce qui est normal après tout, non ?

Mais ce ne sera qu’une opinion, d’accord ?

Etre un magicien, c’est d’abord être quelqu’un qui va savoir bosser comme un malade (mais un malade qui a envie de progresser) dans beaucoup de domaines, et pas seulement magique. C’est un passionné, mais qui ne va pas rechigner à la tâche et qui a le goût du travail bien fait.

C’est quelqu’un qui va connaître l’histoire de la magie juste suffisamment pour se donner l’envie d’aller encore plus loin dans le domaine de l’art de la magie. Autrement dit, pas un savant de l’histoire magique, mais quelqu’un qui connaît raisonnablement ce qui a existé dans l’idée de ne pas s’y arrêter.

C’est quelqu’un qui, dans un premier temps, va travailler de façon égale différentes techniques de manipulation de close up et de scène pour appréhender ce que son corps va affectionner le plus naturellement. C’est très important, à mon avis : se familiariser avec un certain nombre de techniques de base, de trucages et autres ingéniosités dans tous les domaines de la magie, pour se donner le goût de l’effet net et sans bavure. Le goût du bel effet magique ! Au début il est loin d’être facile de connaître le type de magie qui nous convient le mieux et de trouver l’orientation de son chemin magique personnel. Je crois qu’au commencement il faut se diriger vers ce qui spontanément nous passionne le plus. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, hein ? Il faut profiter de ce désir intense qui nous anime au début. Lui permettre de s’exprimer. Ensuite, on peut expliquer « à soi-même » qu’il est plus judicieux de faire plutôt ceci que cela. Et ensuite seulement, on peut accorder de l’ampleur à sa passion en lui donnant plus de fondements. On garde la fraîcheur initiale de notre passion, tout en lui donnant un plancher plus raisonné. De toute façon, je crois que le choix est mouvant pendant un certain temps. Et ce n’est pas si grave. Choisir la bonne option du premier coup est rarissime. Il est tout à son honneur de se poser sans cesse des questions,  de tester toujours plein de choses et d’avoir peur de se tromper de direction. Ces soucis traduisent la sincérité de sa recherche et le manque d’ego surdimensionné. Bon signe ça !

 

Ensuite vient la phase du travail en profondeur pour trouver SA magie. SA propre force d’expression.

IlDominique DUVIVIER s’agit déjà de devenir capable de construire ses tours pour qu’ils deviennent des pièces de théâtre et non un déballage de virtuosité. Pour cela, rien de tel que de connaître le travail de grands magiciens qui sont de véritables artistes et pas nécessairement des experts en manipulation, sous forme de livres, vidéos ou dans l’idéal en « live » quand c’est encore possible. Quelques personnes me viennent à l’esprit comme modèles : Fred Kaps, Ricky Jay, Juan Tamariz, Tom Mullica, Gaëtan Bloom, Albert Goshman… et quelques autres bien sûr mais pas tant que cela quand on y réfléchit !!! Regarder ces grands artistes bouger sur scène, les regarder être et les regarder se comporter avec le public, saura inspirer le magicien « étudiant » vers un chemin ouvert, libre et orienté vers le jeu, la comédie… L’exemple de ces grands maîtres dans la matière l’aidera à devenir un comédien/magicien, un « entertainer » et non un simple manipulateur.

D’ailleurs, bien évidemment, il ne faut pas s’arrêter au domaine de la magie pure : pour moi, trouver SA voie en tant que magicien, passe par l’inspiration que peut nous apporter toute forme d’art en général : le cinéma, la lecture, le théâtre, le cirque, la musique… L’idée est de trouver ce qu’on a envie de dire et que les techniques magiques n’en soient que le moyen d’expression.

Pour ce qui me concerne, l’envie de jouer la comédie, dans le sens de faire rire le public, a joué un rôle déclencheur : c’est ce qui a véritablement décidé de ma vie d’artiste. Quand on assiste à un de mes spectacles, le rire est donc fréquent, mais cela n’empêche pas la technique d’être omniprésente. Pour autant on ne se dit pas : « Oh la la, je ris sans cesse ! ». Ni « Oh la la, quelle technique ! ». (Je parle pour un spectateur lambda). On est juste embarqué, comme dans un bon film par exemple (du moins je l’espère et, en tous les cas, c’est mon but). Si je vois qu’une technique utilisée est ressentie comme une action et non comme une technique, je commence à croire que je suis sur la bonne route. Si je sens que le public décolle avec moi pour rejoindre mon univers, je sens un truc positif.

De manière générale, l’idée est de devenir soi-même. Un vrai magicien pour moi, c’est ça : quelqu’un qui a réussi à devenir lui-même. Pas une copie de quelqu’un d’autre, ou un mouton de Panurge qui suit juste les tendances du moment.

Dans mon petit coin, si, par exemple, je crois de bonne foi reproduire le tour d’un magicien, alors qu’en l’effectuant on me dit que ce n’est plus le même tour, je considère que je suis a priori sur la bonne voie… Vous voyez ce que je veux dire ?

De même, si l’ensemble de mes confrères du moment se trouvent déroutés par ce que je fais, je me sens aussi sur la bonne voie.

Faire comme tout le monde est rassurant. Faire partie d’une meute est assez confortable pour son ego. Mais, ce que l’on gagne d’un côté est souvent perdu de l’autre. Un artiste, c’est quelqu’un qui prend des risques ! Comme dit Lino Ventura dans le film de Lelouch « La Bonne Année », alors qu’on lui demande comment il choisit un film : « Je prends des risques, comme quand je choisis une femme ! ».

 


Fév 15 2016

Mes films cultes : « Soleil vert »

Soleil vertComme d’habitude dans cette rubrique, voici d’abord quelques infos qu’on peut trouver sur internet au sujet de ce film merveilleux, histoire de situer un peu les choses.

« Soleil vert » est un film américain d’anticipation réalisé par Richard Fleischer, sorti en 1973 et inspiré du roman éponyme d’Harry Harrison. Les rôles principaux sont tenus par Charlton Heston (le détective Robert Thorn) et Edward G. Robinson (Sol Roth)
Synopsis : En 2022, les hommes ont épuisé les ressources naturelles. Seul le soleil vert, sorte de pastille, parvient à nourrir une population miséreuse qui ne sait pas comment créer de tels aliments. Omniprésente et terriblement répressive, la police assure l’ordre. Accompagné de son fidèle ami, un policier va découvrir, au péril de sa vie, l’effroyable réalité de cette société inhumaine.

Pendant très longtemps Charlton Heston a été un dieu pour moi. Un modèle. L’incarnation de la force, de la sagesse et de tous les clichés qu’on peut se rentrer dans le cœur quand on est jeune ! Comment incarner le héros de films comme « Ben Hur », « Les 10 Commandements » et… « Soleil Vert »… et n’être pas parfait ?? Je fus donc sous le charme de ce mec et de ses choix de films pendant une longue période de ma vie de jeune/moins jeune homme ! Un jour j‘ai compris que cet acteur était aussi un être humain véritable avec son lot de contradictions et qu’il avait… comment dire… des idées pas forcément super glop !!! La douche froide moi pour (comme on disait pour faire branché dans les années 80/90)… Mais revenons à ce qu’il incarne dans ce fameux film « Soleil Vert » qui m’a littéralement bouleversé et que, bien sûr, j’ai vu et revu des dizaines de fois ! Je ne sais pas trop analyser quel a été le déclencheur de mon émoi… Est-ce ce scénario d’anticipation absolument génial ? Est-ce ce sujet du manque de nourriture et autres éléments primordiaux abordé dans le film ? Etant né juste après la guerre où les vivres étaient encore rationnés, comme je le raconte souvent, il est vrai que ce genre de sujet a toujours été sensible pour moi. Ou bien est-ce tout simplement l’histoire de cette amitié magnifique entre ces deux monstres sacrés : l’immense acteur qu’était Edward G. Robinson (qui m’a marqué à vie avec « Le Kid de Cincinnati » comme je l’ai raconté ici : http://www.dominiqueduvivier.com/2010/08/30/le-kid-de-cincinnati/ ) et Charlton Heston ? Je ne saurais dire. Ce que je sais, en revanche, c’est que ce film a compté autant dans ma vie d’artiste, que dans ma vie d’homme tout court ! Si tant est qu’il y ait une différence d’ailleurs… Il y a notamment une scène déchirante de beauté sur la fin de vie de Sol (joué donc par Edward G. Robinson). J’ai appris sur le Net, en écrivant ce texte aujourd’hui, qu’il était sourd, malade et qu’il allait mourir vraiment quelques jours après la fin du film ! Je comprends mieux pourquoi cette fameuse scène m’a toujours fait quelque chose de fort à l’intérieur ! L’amitié entre les deux héros dans la vraie vie était d’ailleurs tellement sincère que Charlton Heston a déclaré un jour avoir pleuré réellement pendant le tournage (il était le seul à savoir sur le plateau que Robinson était vraiment en train de mourir d’un cancer)…
Je vous engage à découvrir ou redécouvrir ce film superbe, surtout quand on imagine qu’il a été tourné dans les années 70… Je vous préviens, il fait froid dans le dos, mais ça fait réfléchir. Vous allez vivre un truc de OUF en le visionnant !!! Je vous souhaite d’être marqué à jamais comme je l’ai été… Il est probable qu’après vous ne dégustiez plus de la même façon un simple steak ou une cuillère de confiture…
Thorn (joué par Charlton Heston) commençant à comprendre ce que les hommes d’en haut ont fait pour subsister…

Soleil vert 1

Intermède joyeux où le vieil homme va pouvoir prendre un peu de VRAIE confiture au fond de la cuillère… Je vous préviens, le film donne envie de ne pas gâcher, plus jamais, la moindre denrée comestible !

Soleil vert 2

Charlton Heston a compris trop de choses… on essaie de l’éliminer.

Soleil vert 3

Je vous laisse avec ce film, ces images, ces pensées… et vous me raconterez ! A très vite !


Fév 08 2016

MAGIPHAGEUH N°49 : une vie réussie

Dominique DUVIVIERSouvent un magicien poursuit avec la magie une sorte de réussite intérieure inconsciente dont le rêve s’est installé très tôt dans sa vie. Un parent, un spectacle, une émission de télé, une image furtive et voilà, la magie est entrée pour toujours dans sa vie… A ce propos voici une maxime d’un auteur célèbre :

« Une vie réussie, c’est des rêves d’enfant réalisés. » Lamartine

Rester un enfant quelque part jusqu’au bout de sa vie, permet de saisir au vol ce que le public attend de vous en tant qu’artiste : lui permettre de revivre la fraîcheur, la spontanéité et la sincérité d’une émotion d’enfant, sans avoir le sentiment d’en faire l’effort. Le public s’installe, se laisse bercer, se laisse aller à vous et il redevient l’enfant qui sommeillait en lui. Il goûte son plaisir et cela lui fait du bien. Le spectateur vous bénira littéralement de l’avoir touché au cœur et de l’avoir emmené dans cette dimension qu’il recherche vainement au quotidien, sans même sans apercevoir parfois !

C’est un devoir lourd de conséquences aussi, donc à nous d’apprendre à gérer le plus sérieusement du monde cette magie que l’on donne, que l’on distille dans les veines du spectateur avide ! N’oublions jamais, par exemple, que montrer sa dextérité n’a, en soi, aucun intérêt pour toucher l’âme de l’autre. Cela apporte juste un peu de plaisir, tout au plus. Et souvent ce plaisir-là reste très égocentrique. En tous les cas, jamais une démonstration de voltige magique à la « regarde-comme-je-suis-trop-balaise » ne transformera votre spectateur, ni ne sèmera cette petite graine de bonheur qui l’élèvera toute sa vie… La magie est ailleurs. La magie est au fond de nos propres rêves. Au fond de ce qu’il y a de mieux en nous. Ce n’est pas une affaire d’ego justement, car il ne s’agit pas de briller grâce à sa performance ! Non, au contraire, c’est une affaire de don de soi. C’est une sorte d’acte d’amour, dont il faut que notre ego s’extraie… Notre personne en reviendra grandie et toute nettoyée ! Et vous aurez peut-être changé le destin de quelqu’un… A méditer de toute urgence !