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Août 19 2013

Tout se joue avant 16 ans…

On ne cesse de lire partout que « Tout se joue avant 16 ans ». Comme si notre « carcasse » emmagasinait une fois pour toutes une bonne sommed’informations dans ses jeunes années et qu’ensuite, plus rien. Nada ! Le Désert de Gobi. C’est un peu fort, non ?

Le problème, c’est que cette théorie est soutenue par des personnages que je respecte au plus haut point (notamment Georges Simenon dans ses mémoires ou Jacques Brel dont j’écoutais une interview encore tout récemment). J’ai donc commencé à cogiter sur le sujet, en partant du principe qu’une idée, même si elle s’avère erronée, est toujours bonne à étudier…

Il est vrai qu’un être humain semble bien se construire – mentalement s’entend – de 0 à 16 ans. Un certain nombre de déclics, de hasards ( ?), de concours de circonstances jalonnent la vie des enfants et décident bien souvent de leur futur.

Moi, vers mes 16 ans...

Moi, vers mes 16 ans…

Moi ce fut notamment le camelot/magicien Renélys. J’étais un petit garçon et je l’ai croisé sur son stand qui se trouvait être juste en dessous de mes fenêtres pendant la Foire du Trône (cell-ci se déroulait à l’époque Cours de Vincennes où j’ai passé mon enfance). Ce vieux monsieur tant passionné… Comment pouvait-on être si pétillant et si vieux à la fois, ai-je dû me dire du haut de mes 8 ans !? Je passais des heures à le regarder et je le suivais partout où je le pouvais. Pour le petit bonhomme que je devenais, être fasciné à ce point par un homme plutôt âgé (à l’époque, à 60 ans, on était déjà considéré comme un vieillard) et qui travaillait dans la rue, ce n’était vraiment pas banal, voire plutôt mal vu ! Car, dans les années 50, travailler dehors, c’était presque faire l’aumône. Autant dire que mes parents étaient assez mitigés sur mon rapport avec ce vieil homme. Magicien certes, mais bon ! Ce n’était pas très valorisant de côtoyer cette personne qui risquait de mettre de mauvaises idées dans la tête du cher bambin que j’étais ! Déjà mauvais élève à l’école dans ces années (comme quoi les bonnes choses commencent très vite…), j’étais en train d’entrer dans un monde de saltimbanques et, pour mon père, c’était hors de question. Enfin bref, au grand dam de mon entourage, la magie seule m’intéressait et ce n’était que le début… Alors voilà, sans Renélys par exemple, qui a accompagné toute mon enfance, je ne serais pas celui que je suis devenu. Je me suis bel et bien construit de 0 à 16 ans, comme tout le monde.

Pourtant, on connait tous des exemples de personnes qui ont commencé à apprécier la magie bien après cette période incontournable et qui n’en sont pas moins passionnées ! Ce n’est donc pas si simple… Heureusement dirais-je !Cela me rappelle cette période de ma jeunesse (après mes 16 ans justement) où j’ai commencé à prendre conscience de mon manque d’ouverture sur tout et à comprendre que j’étais pétri de mauvaises habitudes dont je subissais les désagréments. J’avais grandi avec un certain nombre de croyances très à la mode dans mon entourage, que j’avais adoptées à mon insu, mais qui n’avaient pas le moindre sens ! Voici un exemple simpliste, mais significatif : « Il ne faut pas se lever du pied gauche, cela porte malheur. ». Alors que ma nature de gaucher me poussait naturellement à poser en premier le pied gauche par terre au lever, je me voyais contraint de réfléchir chaque jour à poser le pied droit en premier… à cause d’un dicton !! Quelle libération de comprendre un jour que je pouvais me lever du pied gauche, sans avoir peur de passer une journée pourrie ! Ce fut la révélation d’être un homme LIBRE et le début d’une vie entière de travail pour me « déshabituer » des valeurs sclérosantes qu’on nous inculque étant petit et que l’on perpétue, sans même s’en rendre compte souvent. Grâce à cette première journée commencée par le pied gauche, j’ai pu voir qu’effectivement ce fameux dicton ne valait rien, mais surtout j’ai commencé à travailler sur toutes les autres idées reçues que j’avais glanées depuis mon plus jeune âge.

Alors oui, certes « Tout se joue avant 16 ans », mais le meilleur reste en fait à venir ! Nous devons fuir nos habitudes et nos préjugés de toutes nos forces, car c’est le prix de notre liberté et de notre bonheur ! C’est ainsi que l’on peut enfin se sentir exister. Autrement dit, la théorie de la construction entre 0 et 16 ans n’est valable à mes yeux que si celle-ci n’est pas une fin en soi. Osons prendre notre vie en main ! Osons donner leur chance à nos rêves les plus fous !

1 commentaire

  1. carl valentin

    Très belle article, qui nous montre que rien n’est vraiment définitif, et que finalement la base est importante mais nous sommes comme le bon vin, nous nous bonifions avec l’âge. Carl Valentin

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