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Jan 28 2013

MAGIPHAGEUH N°32 : La différence entre secret et mystère…

La différence entre secret et mystère… Tout un programme, n’est-ce pas ?

Les deux notions, qui sont parfois synonymes, sont quand même assez facilement différentiables.

Le secret est un savoir caché, connu des seuls initiés et possède plusieurs degrés : dans le domaine de la magie, il y a toujours eu des techniques considérées comme plus ou moins secrètes. Dans les années 60 le comptage Elmsley faisait par exemple partie des techniques secrètes un peu « underground » (à telle preuve que beaucoup de magiciens croyaient qu’il s’effectuait sur le bout des doigts et non en mains !), alors que maintenant le comptage Elmsley fait partie des techniques magiques les plus répandues. Par définition, le secret, une fois dévoilé à quelqu’un qui n’était pas initié auparavant, perd son sens.

Par contre, ce n’est pas le cas du mystère, qui, lui, ne peut pas s’expliquer vraiment. Même transmis, il reste « mystérieux » ce mystère… Il fait référence à des formes de pouvoirs inexpliqués.

Mais il arrive parfois que la frontière entre secret et mystère devienne beaucoup moins ténue… Et c’est là que vient le véritable sujet de notre « Magiphageuh » du jour. Si vous êtes magicien avec un tant soit peu de métier, il est sûr que vous avez déjà dû vivre l’expérience d’une certaine « vraie magie » qui vous dépasse : vous faites par exemple librement choisir une carte, puis mélanger le jeu et la carte se retrouve sur le jeu… comme par miracle, car vous n’y êtes pour rien ! Vous êtes aussi étonné que votre public, car il n’y a pas de « truc »… et personne ne peut vous croire ! Fascinant… Et ce phénomène est loin d’être isolé ! C’est un peu comme si nos secrets de magiciens nous permettaient d’explorer des terrains suffisamment  fous, que nous puissions accéder parfois à de vrais mystères… Notre « terrain de jeu » des secrets nous donne accès au monde du mystère, le vrai, celui qui ne comporte pas de secret ! Pas belle la vie ? Secrets et mystères seraient-ils liés ? J’ai suffisamment vécu de fois ces situations incroyables, pour me poser la question… Mais ne croyez pas que je joue subitement aux « apprentis sorciers ». Je constate simplement que l’Art de la magie nous donne parfois accès à une forme de réalité mystique, comme tous les autres arts d’ailleurs ! En magie, comme avec la musique, le cinéma ou la peinture, la technique utilisée donne accès par moments à une sorte de monde divin…

5 commentaires

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  1. Magestic

    Il y aurait trois domaines contingents : le connu, l’inconnu et l’inconnaissable, chacun séparé par une frontière qui fluctue en fonction de la Connaissance. L’inconnu serait le domaine privilégié de l’énigme, du secret : savoir et savoir-faire. Ici il y a une réponse. L’inconnaissable serait celui du mystère : si la vie peut être vécue, la mort ne peut pas être « mourue ». Il ne peut y avoir d’expérience de l’inconnaissable, tel est l’indépassable de la condition humaine. Au mystère il n’y a pas de solution. La seule réponse possible ici ce sont les mythes dont c’est la fonction essentielle : jeter des ponts vers l’inconnaissable. A y réfléchir, la Magie est également un merveilleux passeur, un flambeau dans les ténèbres. Lorsqu’un magicien fait disparaître une carte choisie par son spectateur et qu’elle réapparaît « comme par enchantement », il donne une réponse mythique, voilà pourquoi le spectateur est « transporté ». Le magicien nourrit une part de l’être qui à soif de réponses…mystiques. Nous écartons (bien entendu) ici le spectateur « réduit » à son cerveau gauche, à qui « on ne la fait pas »….
    Vous êtes un merveilleux passeur.

  2. cavaflar

    C’est très interessant,interpellant ce que tu dis là, Majestic …merci de ces éléments de réflexion supplémentaires à ceux du Boss (que je remercie au passage d’avoir initié le truc :-) !
    Amitiés
    Cavaflar

    1. Magestic

      Avançons sur le chemin initié par Monsieur Duvivier. Quel est le mystère absolu ? Les enfants, comme souvent, nous mettent sur la piste. « Dis-moi, j’étais où quand je n’étais pas né ? » ou bien encore : « Il est où papi maintenant ? ». Les adultes sont souvent bien embarrassés par ces questions et chacun y répond en fonction de ses croyances et convictions. Du matérialiste le plus froid :  » t’étais nul part et grand-père c’est plus qu’un tas d’os », au mystique :  » tu viens de l’Unité et grand-père y est retourné », se décline toute la palette des réponses possibles. Les origines et les fins, tel est le mystère absolu. Qu’y a-t-il avant la vie, après la mort? Et la Magie alors ? Elle tient une place de choix dans le concert des réponses à ces questions. Comment ? Prenons la trilogie de base des effets magiques : apparition/disparition/transformation, elle est une forme parfaite qui donne « corps » au mystère de la naissance, de la mort, de la résurrection, du désir d’immortalité, etc. Elle nous apprend, petit à petit, patiemment, si possible dans la joie et la bonne humeur à ne plus en avoir peur. Les autres familles d’effets (cf. les podcasts de Monsieur Duvivier) lévitation, mentalisme, la malle des Indes, le fakirisme, l’escapologie, etc. ne nous parlent pas d’autre chose (c’est une des très belles perpectives du film de Christopher Nolan : le Prestige). Des exemples ? La routine du fil coupé en plusieurs morceaux, puis mis en boule pour enfin être déplié délicatement et révéler un fil intact : la vie, la mort, la renaissance, ou la vie plus forte que la mort. Le plus vieux tour du monde recensé : les gobelets. Des muscades apparaissent, disparaissent, se séparent, se réunissent, traversent, tour à tour visibles et invisibles pour finalement se métamorphoser : une autre mise en forme, une mise en sens de la question des origines et des fins, de notre condition : nous sommes les muscades, je vous laisse deviner qui incarne le magicien ? Si ce tour figure sur les stèles pharaoniques ce n’est pas simplement pour porter témoignage mais également pour participer à l’entreprise d’apprivoisement de notre peur de mourir. La mystique égyptienne est centrée sur la vie après la mort : la mort n’est que le commencement nous dit-elle. Lorsque Monsieur Duvivier dans le podcast n° 9 à partir d’un jeu de cartes mélangées en prend une au « hasard », que le journaliste nomme le valet de pique et qu’effectivement il tient le valet de pique, il entre de plain-pied dans le domaine du mystère et il nous y accompagne presque comme un éclaireur (à tous les sens du terme).
      Je suis persuadé que si le magicien est conscient et convaincu de ce qui se trame en sous main à ce niveau de lecture, (il y en a d’autres) lorsqu’il fait un tour et qu’il a en plus l’élégance de n’en pas faire état auprès de son public genre : « on va faire quelque chose de vachement profond et sérieux » mais au contraire de le présenter sous une forme ludique, légère, artistique, il touchera au plus profond son spectateur et lui fera beaucoup de bien. Voilà un bien beau métier. Merci Monsieur Duvivier.

  3. cavaflar

    J’avais « envisagé » la Magie avec sérieux mais surtout avec respect…de plus en plus d’ailleurs mais vraiment p

  4. cavaflar

    Oups…..c’est parti tout seul…ben ça arrive quand la tension est au plus fort lol…qd je vois ce que j’arrive à faire avec un clavier, je comprends mieux ce que je fais avec les cartes lol..je disais donc avant d’être grossièrement interrompu par moi même…j’avais envisagé la Magie avec sérieux ET respect mais jamais de façon aussi « Profonde »…Remerci , pour cette ouverture des portes ET de fenêtres en grand…!
    Amitiés
    Cavaflar

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