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Sep 17 2012

Mes films cultes : « UN SINGE EN HIVER »

Sorti en 1962

Réalisé par mon ami Henri Verneuil (eh oui, on s’est bien connus car il était fan de ma magie).

Avec Jean-Paul Belmondo et Jean Gabin, sans oublier Suzanne Flon, Noël Roquevert et Paul Frankeur…

Dialogues de Michel Audiard

Rien que ça !                 

Je vous parle de temps à autre de ces films « vitaux », ceux dont je ne peux me passer, ceux qui me régénèrent… « Un Singe en hiver » en fait partie, ô combien !

 

Tiens, savez-vous qu’il s’agit du seul film où Belmondo et Gabin on été réunis à l’écran ? Dingue, non ? Et je peux vous dire que ces deux-là font la paire à l’écran… Quel chef-d’œuvre ce film… ça m’file des frissons rien que d’y penser !

« Un Singe en hiver » a été filmé à Villerville, Deauville et Houlgate. Comme j’ai passé une très grande partie de mon enfance à Deauville, Trouville et Touques, avec mes grands-parents… on peut dire que les décors me sont familiers ! Cela ne doit d’ailleurs pas être étranger au fait que ce film me touche tellement…

Pour les curieux, sachez qu’Henri Verneuil apparaît à l’écran sous les traits d’un officier allemand au début du film. Il est vrai qu’Henri aimait bien participer d’une façon ou d’une autre à ses films : on l’entend notamment souvent en voix off dans ses longs métrages.

 

Alors, pour ceux qui n’ont pas encore vu le film, voici un petit résumé trouvé sur Internet :

« A Tigreville, sur la côte normande, Albert Quentin (Jean Gabin) dirige un petit hôtel, avec son épouse Suzanne (Suzanne Flon). Ancien quartier-maître du corps expéditionnaire d’Extrême-Orient, Albert est devenu par nostalgie de sa vie aventureuse un buveur invétéré. Pourtant, pendant les violents bombardements de juin 1944, il jure à son épouse qu’il ne touchera plus un verre s’ils s’en sortent indemnes. Pendant des années, Albert a tenu parole, mais, une nuit, un jeune homme étrange (Jean-Paul Belmondo) descend à l’hôtel et va se saouler au bar d’en face. Albert ne tarde pas à se lier d’amitié avec cet ivrogne attachant, mais Suzanne craint qu’il ne l’entraîne vers ses vieux démons… »

 

Bien sûr, c’est un résumé… ultra résumé ! ça vous donne une idée du contexte, mais vous verrez que le pitch est quand même bien plus costaud… De toute façon, j’aime que vous restiez un peu sur votre faim : vous goûterez encore mieux au film par la suite !

Les moyens développés dans ce film sont minimalistes et c’est ce qui le rend si pur. Comme un bon tour de cartes : en apparence, ce ne sont que quelques cartes, et pourtant on voyage et on rêve comme jamais ! C’est ce qui doit me fasciner dans des films comme celui-ci… D’autant que l’alchimie est parfaite : Verneuil est au firmament, Audiard est inspiré comme jamais et les acteurs semblent être les seuls au monde à pouvoir donner aussi bien vie à leur travail. Je les entends comme si j’y étais ! Allez, tiens, je ne résiste pas. Voici quelques répliques cultes du film histoire de vous mettre l’eau à la bouche :

 

Je vous laisse d’abord avec Paul Frankeur et Jean Gabin, accoudés au comptoir :

 

– Matelot Hénault Lucien, veuillez armer la jonque, on appareille dans cinq minutes.
– C’est parti
– Albert, je vous en prie, vous n’allez pas encore tout me saloper comme la dernière fois. (là, c’est la tenancière qui s’exprime)
– Madame, le droit de navigation sur le Yang Tse Kiang nous est formellement reconnu par la convention du 3 août 1885. Contesteriez-vous ce fait ?
– Je ne conteste rien. Je vous demande simplement de ne pas tout me casser comme l’autre jour.
– Oh… mais pardon ! L’autre jour, les hommes de Chung Yang Tsen ont voulu jouer aux cons. Heureusement que j’ai brisé la révolte dans l’oeuf, sans barbarie inutile, il est vrai. On n’a coupé que les mauvaises têtes ; le matelot Hénault peut témoigner.
– Sur l’honneur.
– Bon. Nous allons donc poursuivre notre mission civilisatrice. Et d’abord, j’vais vous donner les dernières instructions de l’Amiral Guépratte, rectifiées par le Quartier-Maître Quentin ici présent. Voilà : l’intention de l’Amiral serait que nous percions un canal souterrain qui relierait le Wang-Ho au Yang-Tse-Kiang.

Un peu plus tard, Suzanne Flon, la femme de Gabin dans le film, lui fait comprendre qu’il devrait faire attention pour ne pas retomber dans l’alcool. Il réplique :

– Écoute ma bonne Suzanne. Tu es une épouse modèle.
– Oh…
– Mais si, t’as que des qualités et physiquement, t’es restée comme je pouvais l’espérer. C’est le bonheur rangé dans une armoire. Et tu vois, même si c’était à refaire, je crois que je t’épouserais de nouveau. Mais tu m’emmerdes.
– Albert!
– Tu m’emmerdes gentiment, affectueusement, avec amour mais tu m’emmerdes.

Et il y a aussi :

– Dis-toi bien qu’si quelque chose devait m’manquer, ce serait plus l’vin, ce serait l’ivresse… (Gabin)

– Si je buvais moins, je serais un autre homme. Et j’y tiens pas. (Belmondo)

– Si la connerie n’est pas remboursée par les assurances sociales, vous finirez sur la paille. (Belmondo)

Voilà, c’était un petit avant-goût… Pour ma part, des films comme celui-là me donnent une force inimaginable. Vraiment. Je puise en eux mon énergie, mon envie, ma soif… Et lorsque je joue avec vous, sur scène, je deviens un peu tous ces mecs-là… Je joue avec la sensibilité qui est la mienne, mon humour et cet art de la magie qui est le mien, mais sans eux et sans ce qu’ils me donnent, je ne serais rien. Vraiment rien !

Pour finir en beauté, voici quelques extraits dégottés par Adeline qui aime me faire parler pour vous sur ce blog. Sans le savoir, elle me procure le bonheur de pouvoir lever ici ce voile intime qui est toute cette filmographie qui me fait tant vibrer depuis mon plus jeune âge !

Vous pouvez cliquer sur les liens ci-dessous, ou bien utiliser directement les visionneuses un peu plus bas !

http://www.youtube.com/watch?v=xEC3WPzhGko

http://www.youtube.com/watch?v=nDW0l6aCN88&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=i2msEend27Q&feature=related

2 commentaires

  1. Carl Valentin

    Bonsoir Dominique,

    C est drôle je viens de découvrir ce film il y a 3 semaine, après avoir acheté le baron de l écluse (suite à ton analyse de ce film sur ton blog) j ai pas pu m empêcher d acheter une série de film de Gabin, je visionne cela avec grande passion, ce Gabin était vraiment un acteur extraordinaire, et je comprend parfaitement que ce genre de personnage te « construise » …. Merci encore pour tes articles de tes films cultes. Mes amitiés à la charmante Adeline.
    Carl Valentin

  2. cavaflar

    Merci Dominique, je viens de me rendre compte que je pensais avoir vu ce film.!!…mais non…en fait j’ai vu des tas d’extraits, lu des tas de dialogues dans les bio d’Audiard…mais je l’ai pas vu…..Encore une découverte à venir.!…Et comme Mister Valentin, je remercie aussi Adeline de te pousser dans se sens lol!
    Amitiés
    Cavaflar

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