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Avr 16 2012

Amateur ou professionnel, telle est la question…

Bertrand GILLE au sujet de la note :

http://dominiqueduvivier.typepad.com/dominique_duvivier/2012/02/comment-ne-pas-perdre-ses-moyens-en-public.html : « Ce que vous dites est tellement vrai que ça devrait en être évident. Et pourtant, il aura fallu que je me décide à travailler « sérieusement » ma magie pour en prendre réellement conscience. Ceci me fait dire, mais je me trompe peut-être, qu’on ne comprend le besoin de maitriser sa partition qu’à partir du moment ou l’on décide de pratiquer sérieusement son instrument. Avant, on le sait… mais cela reste une connaissance, un savoir non mis en œuvre. C’est sans doute là que se situe la limite entre « l’amateur » et le « professionnel », et par extension, je me demande si… Hmmm… Alors pour essayer d’exprimer clairement ma question « alambiquée » je dirai: Devient-on pro parce qu’on a décidé de maitriser sa partition ou maitrise-t-on sa partition parce que l’on est pro et que du coup c’est la moindre de choses que de la bien connaitre? Je sais c’est tordu mais… c’est un vraie question. est-ce la maitrise qui fait le pro ou est-ce le pro qui fait la maitrise? J’ai ma réponse qui m’est « apparue » (une apparition, c’est magique hein? ;) )récemment. Mais j’aimerais, si vous pouviez y consentir, connaitre la vôtre. Merci :)

Intéressante question. Je pense que tout se fait tout seul ou presque. Quand on commence la magie, on la prend par-dessus la jambe, on la néglige sans faire exprès, on la prend par le bout qui nous chante. On se fait plaisir et c’est tout ce qui compte ! Puis, si on persévère, on commence à voir que ce n’est pas si simple : on se prend régulièrement des vestes entre amis, en famille… c’est la galère ! Alors on abandonne les tours maudits qui nous ont permis de perdre la face, on perd petit à petit le courage de persévérer et le temps passe… Et puis un jour, ou un soir, on voit un de ces tours maudits réalisé de main de maître par un professionnel (ou un amateur qui a réfléchi plus loin que son envie de base) et on se dit : ce n’était pas le tour qui était mauvais mais moi qui était nul ! Si déjà on prend du bon côté cet échec cuisant et que l’on décide d’en faire quelque chose, nous venons de gravir un échelon vers la magie sérieuse, celle qui ne souffre pas -ou plus- de sa médiocrité. Chemin faisant nous allons ainsi monter petit à petit les marches qui nous séparent de l’amateurisme. Petit à petit l’amateur va se transformer en professionnel de base, et puis, pourquoi pas un jour, en un bon professionnel, sachant que, selon moi, un « bon professionnel » est un amateur éclairé qui gagne sa vie avec la magie, à la différence des mauvais professionnels qui sont des « ouvriers du spectacle » qui se cantonnent à « cachetonner ». Un bon professionnel, c’est quelqu’un qui a su garder la flamme de l’amateur ! La boucle est bouclée…

4 commentaires

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  1. carl valentin

    « Un bon professionnel, c’est quelqu’un qui a su garder la flamme de l’amateur ! » Amen ! je valide à 100 %
    Avant d’être professionnel nous nous devons de maitriser les bases, les fondamentaux, cela prend des années, pour ma part 10 ans avant de passer pro.
    Et encore, je me considère toujours comme un élève qui apprend chaque jour, qui reste admiratif devant ses maitres et confrères magiciens.
    amitiés
    Carl Valentin

  2. cavaflar

    …. »on se prend régulièrement des vestes entre amis, en famille… c’est la galère ! »…C’est pas possible tu m’as vu ou quoi ??? LOL
    J’en suis là today, pile poil ce que je ressens..un peu de découragement, de lassitude, mais comme dans « la guerre du feu » …l’envie de préserver la petite braise…pas évident!
    Merci de ces posts
    Amicalement
    Cavaflar

  3. Mike l'infirmier

    Oui, pas évident de préserver la petite braise… je pourrais dire un peu la même chose mais pour des raisons différentes. Moi je ne suis pas un pro, loin de là. Et donc j’ai un autre métier, plus ses annexes (révisions concours), plus la vie quotidienne qui m’empêchent de travailler la magie comme je le voudrais. Cela m’empêche aussi d’aller voir mon professeur qui est un de ces pros à avoir gardé la flamme, ouh la oui ! Et c’est bon de pouvoir y aller aussi pour se ressourcer, auprès de ce feu ardent qui vous redonne la pêche !
    En voyant le pro on voit le chemin qu’il reste à parcourir, purée on est pas arrivé ! Mais le savoir et l’énergie dégagés sont un bon coup de pied au…
    D’ailleurs si il était à côté de moi, je pense qu’il me dirait, « arrêtes de te plaindre et va travailler autant que tu le peux ! ».
    Du coup amateur ou pro, l’important est sûrement d’avancer, se remettre en question, et faire de belles rencontres. Si un jour je devenais pro, je pense que je dirai la même chose que Carl Valentin, je me sentirais toujours un élève qui essai d’entretenir la flamme…
    A+
    Mickaël

  4. Bertrand GILLE

    Bonjour Dominique, et un grand merci pour votre réponse.
    J’ai toujours un ou deux wagons de retard pour lire vos messages Mais c’est un tel plaisir que d’avoir ce vivier (Et oui, quand on parle de ce blog, on parle du vivier Duvivier ;)) de textes à lire et relire qu’on s’y perd rapidement (et avec délectation).
    La route est longue pour être un « bon professionnel » :)
    Mais le chemin pour en prendre conscience l’est encore plus :)

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