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Août 08 2011

Gérer les imprévus sur scène

Jeannot57 : « Vous est-il déjà arrivé de faire face à des « catastrophes » ou à des « accidents » comme justement un spectateur qui renverse son verre sur votre table, voire vous-même qui cognez votre verre et hop, une inondation ! Ou encore un spot qui s’éteint (le pauvre, il était à bout de souffle). Et un « truc-que-je-me-demande-pourquoi-ça-n’arrive-jamais » : nous sommes des humains, on éternue, on a le hoquet, on peut avoir un rhume, mal au ventre, on peut s’être coupé, avoir un lombago, avoir la crève, bref, tout ces petits aléas avec lesquels il faut bien vivre. J’imagine que ce sont des choses qui arrivent. Au théâtre, à la limite, on peut sortir, mais là, derrière une table avec en plus les « contraintes » du close-up (il y a quand même un peu de matos sur / sous la table)… Comment gérez-vous cela ? retournez-vous la situation à votre avantage ? »

On peut presque dire que la gestion des aléas est la principale préoccupation d’un artiste sur une scène, quelle qu’en soit la taille. Je ne dis pas que ceux-ci sont légion, ce serait exagéré, mais il arrive plus ou moins toujours des choses imprévues lors d’un spectacle et l’art consiste à « contourner le dragon ». L’idée de ce vieil adage est la suivante :  si on combat le dragon avec les armes du dragon, on risque fort de devenir dragon soi-même. Il faut donc apprendre à contourner le dragon, c’est-à-dire trouver des armes opposées à lui pour le combattre. En d’autres termes : détourner le problème et en faire une force. Ce n’est pas toujours une garantie de succès, mais en tous les cas c’est une méthode que j’applique et dans l’ensemble je m’en sors plutôt bien en plus de 30 ans de shows ! C’est ainsi qu’en 2005 (comme je le racontais la semaine dernière sur ce blog), j’ai réussi à aller au bout mon spectacle alors que, dans les premières minutes de la représentation, j’avais eu une douleur violente sous l’aisselle gauche, quasi intolérable : j’ai appris le lendemain que j’avais fait un infarctus… Un soir aussi, je n’avais plus de voix avant d’entrer en scène : une extinction totale ! Mais la salle était pleine à craquer, je n’ai pas voulu décommander… Eh bien en arrivant sur scène la voix est revenue… comme par magie ! Bon, ce n’était pas une voix cristalline ( !) mais tout de même une voix correcte pour mener à bien le spectacle. Et puis il y a aussi cette soirée où je devais faire un change de jeu de cartes MAIS…  le jeu supplémentaire n’était pas à sa place ! Grand moment de solitude. Un verre renversé par un spectateur étourdi, oui bien sûr, c’est arrivé ! J’ai eu aussi droit à une spectatrice qui, invitée à participer à un tour, s’avère… être sourde ! Et une autre borgne, alors qu’elle était juste à côté moi dans une configuration du type « Goshman » (« Les salières ») où l’interactivité est plus essentielle que jamais ! Mais l’idée c’est toujours : gardons la bonne humeur, nous sommes là pour rire, s’amuser et se détendre, alors ON SE DOIT DE PAS MOUFTER ! N’oubliez jamais ce que je me répète sans cesse pour moi-même : sur scène personne ne sait ce que vous allez faire, alors ne paniquez pas tant que cela. Il est toujours temps d’enchaîner sur autre chose et le tour est joué (si je puis dire !). VOUS êtes le seul maître à bord. Pendant de longues années, étant d’une nature disons assez… fougueuse, j’ai eu tendance à prendre les soucis de scène comme des affaires personnelles. C’est mon côté italien (je vous rappelle que ma mère était sicilienne) qui prenait le dessus sur le spectacle vivant ! Dieu merci les années ont passé et je suis devenu un être PRESQUE fréquentable et depuis le public me trouve plutôt affable !

2 commentaires

  1. Florian C.

    Article très intéressant, une fois de plus, on ne s’en lasse pas, tout au long de ce blog.
    Un petit parallèle qui m’est venu, juste comme ça, à propos de ces  » catastrophes  » /  » imprévus  » : autant des lines / portes de sorties avaient été prévues par vous-même selon les réactions du public, autant pour ces  » cas de figure  » un peu plus  » hard « , vous arrivez quand même à vous en sortir.
    On aurait presque envie de faire donc un parallèle entre le préparé ( les lines ) et l’impromptu ( les catastrophes ) mais qui aboutissent toujours à la vision du magicien retombant sur ses  » pattes « .
    Amitiés.

  2. Arthur Delasalle

    Salut ! Personnellement je souffre pas mal de ses « imprévus », j’ai 13 ans et les gens, ne te prennent pas au sérieux, voir ça les énerves réellement car il sont bluffer par un enfant –‘. A quelques reprises des gens ont étés jusqu’à créer une fausse explication qui n’a absolument rien à voir et qui n’est juste pas possible, pour me « ridiculisé » auprès des autres, après souvent il se permettent de fouiller dans tes affaires etc… C’est dingue à 30 ans de toujours pas avoir acquis assez de maturité pour ne pas vouloir perdre ! (personnellement je ne vois pas ça comme un match…) Peut-être justeent qu’ils le sont trop, plus de place au ‘rêve’, tout en sachant que c’est truqué on peut quand même garder un minimum cette envie de garder des choses secrètes pour mieux les savourés non ? Je sais pas comment gérer ça, un p’tit conseil amis magiciens ?
    Merci, bye !

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