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Oct 04 2010

MAGIPHAGEUH N°10 – BOUDU SAUVE DES EAUX

Je ne parlerai pas, ou presque, du film de Jean Renoir Boudu sauvé des eaux  sorti en 1932, mais plus du concept même de Boudu, tel qu’on le nomme dans les officines spécialisées… J’ai été victime tout au long de ma vie de ce concept et je pense qu’il est temps de vous en parler pour vous familiariser avec. Ça peut servir !!! Finalement c’est un concept assez peu connu (à part dans les officines spécialisées !), alors que c’est un phénomène pour le moins répandu, vous allez voir…

Nous savons tous qu’aider son prochain peut avoir un coût prohibitif, au propre comme au figuré. Mais on ignore souvent pourquoi ce prix à payer est si élevé. Boudu apporte un bout de réponse et voici pourquoi.

Petit développement du concept illustré par l’histoire du film : un homme au bout du rouleau tente de se noyer (Michel Simon dans le film). Il est sauvé par un homme qui va lui redonner goût à la vie. Le pitch qui en découle, est que cet homme, sauvé de la noyade, va n’avoir de cesse que de détruire celui qui l’a sauvé, car il est le seul témoin de son ancienne vie…

On sent tout de suite à quel point l’Etre humain est bon et comme il cherche toujours à remercier son prochain, n’est-ce-pas ?!  Boudu sauvé des eaux avec Michel Simon - 1932

Au sens figuré bien entendu, j’ai sauvé des dizaines de personnes de certaines errances magiques ou personnelles (du moins c’est ce que ces personnes me disaient à l’époque qui les concernait). Comme un imbécile heureux que j’étais -et que je reste en dépit des TAQUINS déjà cités à mots couverts sur la toile- j’ai dépanné bon nombre de ces personnes pour qu’elles se trouvent un « personnage magique » ou plus, selon les desiderata des uns ou des autres. Etant prolifique, comme chacun le sait, j’ai donc semé aux quatre vents ce que je pensais être la « bonne parole » et me suis fabriqué du coup un beau bâton-pour-me-faire-battre, qui est devenu plus « balèze » que la moyenne des gourdins qu’on se fabrique de toute façon dans sa vie. Le cordon ombilical devant être coupé tôt ou tard, doublé du concept de Boudu que vous venez de saisir et hop, on comprend mieux, notamment, l’acharnement de certaines personnes vis-à-vis de moi…

Je ne me plains pas vraiment du reste : vous commencez à me connaître, je suis plutôt du genre à assumer toutes les choses que j’entreprends. Mais je voulais démontrer rapidement que, dès lors qu’on aide des gens d’une façon ou d’une autre, on s’expose forcément à des conséquences plus ou moins injustes. En d’autres termes, on morfle au prorata de ce que l’on donne et surtout de ce que l’on espère de vous. Les désillusions sont importantes et la rancœur décuplée dès lors qu’il est misé sur vous toute la misère du monde (un boulot qui suce le sang, un couple qui bat de l’aile… j’en passe et des plus gratinées du style !).

Tiens ! Cela me fait penser à une sentence que je trouve plutôt cool et qui donne plus ou moins ça : « Il répond avec la perplexité de l’ignorance »… Voilà une expression qui fait réfléchir… Le gusse qui est à côté de la plaque, est toujours perplexe car il est ignorant de ce qui lui tombe dessus… Quand on a peu d’informations sur un sujet, on est toujours frileux. Notre ignorance s’empare de nos peurs habituelles et multiplie nos erreurs. Enfin, c’est un peu un autre sujet : une nouvelle piste de réflexion pour une autre fois, qui sait !

Quel rapport entre ce « Magiphageuh » mensuel et la magie penseront certains ? Un rapport direct et, si vous le comprenez, c’est une façon d’entrevoir un bout du tunnel… Vous y êtes ?

Allez, une dernière petite piste de réflexion pour la route : ce « Magiphageuh » étant consacré aux embrouilles de toutes parts, j’aimerais aussi vous parler de tous ces fâcheux faussement bienveillants qui, sous prétexte de vous donner des conseils, ne pensent qu’à servir leurs intérêts…  Les « ceusses » qui vous donnent soi-disant « des avis d’ami » alors qu’ils n’ont en tête que de se favoriser… Le club des enfoiros, comme je les appelle ! Vous n’avez jamais eu affaire à ce genre de personnes ? Sûrement que si, mais parfois elles se déguisent en VRAIS amis et on se rend pas compte !  C’est bien pourquoi il est souvent si difficile de les identifier…

Allez bon courage à tous !

A++

Fin de l’épisode.

Avec toute mon amitié

Dominique Duvivier

4 commentaires

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  1. Delphine

    Bonjour M.Duvivier :-),
    Nous pourrions résumer votre état d’âme par : »L’illusion seule est aisée. La vérité est toujours difficile ! » (Rabindranàth Tagore) mais attention car « Qui vit d’illusions meurt de désillusion » (proverbe d’Amérique latine)…
    Mais il ne faudrait pas en arriver à la citation de ‎Hu Shi : »Les plus pessimistes d’aujourd’hui ont été les plus optimistes d’autrefois. Ils poursuivaient de vaines illusions. L’échec les a découragés. »
    Donc continuez à être vous-mêmes, ceux qui vous ont menti se sont mentis à eux-mêmes…
    Dans un autre registre je repensais hier après la conférence -je ne sais pas pourquoi- au tableau de Georges la Tour, « Le tricheur à l’as de carreau » que j’avais vu pour la première fois lorsque j’avais 18 ans au musée du Louvre… Je voulais juste vous le faire partager : http://ec-17-tanger.scola.ac-paris.fr/IMG/jpg/Le_tricheur_a_l_as_de_carreau.jpg
    « Le théâtre est un point d’optique. Tout ce qui existe dans le monde, dans l’histoire, dans la vie, dans l’homme, tout doit et peut s’y réfléchir, mais sous la baguette magique de l’art. » (Victor Hugo)
    En vous souhaitant une semaine magique,
    Bien à vous,
    Delphine

  2. Eric Mérandon

    Bonjour Monsieur Duvivier,
    Décèlerais-je comme une pointe d’amertume dans vos propos ?
    Pour avoir moi-même dans d’autres domaines travaillé sur la formation d’adolescents et d’adultes je vous propose une lecture différente :
    * L’apprentissage est un cheminement, plus ou moins difficile pour certains, dans lequel on devient autre.
    (En termes magiques, c’est une transformation !)
    * Le pédagogue (celui qui conduit l’enfant étymologiquement) accompagne, guide, montre, démontre et – selon l’image commune – parcours le chemin avec son élève.
    * Si la philosophie orientale (je m’adresse là au pratiquant d’art martial en vous) insiste tant sur le respect dû au maître (sensei) ou aux élèves plus anciens (senpei – ou celui qui chemine devant) c’est qu’elle a observé qu’il était dans la nature humaine de rejeter violemment à un moment ou à l’autre de l’apprentissage l’enseignement reçu et, dans le même temps, rejeter ceux qui le dispensent.
    * La vision occidentale est qu’il faut accepter le fait que l’on sache moins que l’autre (la relation maître-élève est plus directe, sans intervention des co-disciples), faire appel à lui pour se construire, mais ensuite se libérer de ce lien et le dépasser.
    * La différence fondamentale entre les deux sociétés étant que s’il est normal en orient de garder (ou de montrer) respect aux anciens, l’approche occidentale insiste sur la nécessité de les dépasser (*).
    * Il faut donc une maturité certaine à l’élève occidental pour reconnaître au maître sa valeur intrinsèque, l’accumulation de travail, de recherches et d’expériences qui l’a amené à la maîtrise de ses compétences, que ce soit sur le plan artistique, technique ou des connaissances. C’est d’autant plus difficile que le cartésianisme rejette la possibilité que plusieurs visions de la même réalité existent et soient toutes aussi valables les unes que les autres ; du coup, ce que l’élève perçoit différemment PROUVE que le maître avait tort !
    * Chacun de vos élèves a donc, à un moment ou un autre, pu vous rejeter en croyant ainsi être devenu votre égal ou vous avoir « dépassé ».
    Les plus matures d’entre eux se sont rendus compte que leur personnalité était différente de la votre et ont pu construire la magie qui leur convenait. En cherchant sur leur propre chemin à avancer sans vous, ils ont pu se rendre compte de la difficulté de l’exercice et de l’aide que vous leur avez apporté en éclairant la route pour eux.
    Les moins matures sont restés en colère après vous, ont voulu faire mieux que vous votre magie, voire tentent de défricher avant vous votre chemin – alors que par définition il leur est inaccessible – pour ne pas avoir su choisir le leur.
    A la réflexion, je n’ai pas envie de qualifier ces derniers mais plutôt de les plaindre, de leur souhaiter de « grandir » enfin et d’apprécier d’avoir pu se jucher sur les épaules d’un géant pendant une partie du chemin.
    En tout état de cause, merci pour votre magie et à très bientôt pour de nouveaux spectacles.
    Eric
    (*) C’est un autre débat, mais cette approche suppose qu’il n’y ait qu’un seul chemin, qu’un seul axe de progrès alors que je préfère voir, dans tout domaine humain, tout un territoire à défricher. Ainsi, les chemins des élèves sont amenés à s’écarter de celui du maître pour explorer et découvrir.

    1. LE HOUEZEC Brigitte

      mes excuses au propriétaire du site pour ce commentaire qui ne lui est pas destiné

      Eric, je reconnais bien là le magicien amateur des sports asiatiques, je crois t’avoir vu dans une liste de tableaux d’avancement, j’aimerai rentrer en contact avec toi, si tu repasses par ici, je suis devenue Brigitte Dumas et tu peux m’écrire à missdumas@live.fr pour parler éducation, j’enseigne en ZEP à présent à Asnières sur seine.
      Bisous, en espérant avoir de tes nouvelles.
      Brigitte

  3. Aureliencourtin

    Bonjour,
    C’est toujours un plaisir de lire mon maître indirect, en effet j’ai appris les bases de la cartomagie avec la série cartomagie année xxxx.
    Lorsqu’on entre en magie (comme on entre dans les ordres), on ne sait pas tout de suite qu’il sera plutôt difficile par la suite de se faire impressionner comme lorsqu’on n’était pas de la partie : c’est le moment de la désillusion.
    C’est inhérent à tout apprentissage. Le mot apprendre es t ambigu en français, il signifie à la fois étudier et enseigner.
    Ca me rappelle cette phrase : Misérable est l’élève qui ne dépasse pas le maître.
    Vous me paraissez indépassable comme bon nombre de vos élèves je pense. Si l’un d’entre eux s’en est rendu compte et n’a pu l’encaisser, il ne restait plus qu’à vous tuer, symboliquement évidemment !
    C’est oedipien tout ça, non ?
    Vous avez voulu aider mais vous êtes magicien. Faire du social et faire du spectacle, on ne peut pas être bon partout !
    Allez une phrase bien profonde pour conclure, je vous cite, qu’il me semble avoir lu dans votre revue le magicien : Au royaume des aveugles les borgnes sont rois. Il me semble que c’était sur le même sujet d’ailleurs, je vais chercher l’article.
    Continuez à ME faire rêver, les autres je m’en fous !

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