Archives du Mois : août 2010

août 30 2010

Le Kid de Cincinnati

Alors là, je vais vous faire entrer dans un de mes mondes les plus secrets… celui du cinéma… mais pas n’importe lequel… celui où j’ai grandi (au sens figuré), parce que je vais vous parler de film culte pour moi (parfois pour les autres aussi !), de films que j’ai été voir des dizaines de fois, avant de pouvoir me les procurer enfin en « vrai » et de pouvoir les regarder religieusement chez moi encore chaque année. Oui, chaque année sinon ça me manque, j’en ai besoin. Largeposter_4325

Là, par exemple, pour « Le Kid de Cincinnati », j’ai besoin de Karl Malden avec son gros nez, qui se fait laminer par sa femme (Ann Margret), qui est divinement malsaine et définitivement bandante… et séductrice… mais paumée à la fois !

Besoin, bien entendu, de Steve Mc Queen mais aussi d’Edward G. Robinson. Mais besoin surtout du jeu, de l’ambiance de ce film génial.

Sans rire, j’ai dû le voir 20 fois au cinéma. Puis des centaines de fois en vidéo (une bénédiction la vidéo VHS quand elle est arrivée en 1976), avec des visionnages plus précis et fréquents, notamment histoire de connaitre par cœur toutes les répliques du film… J’ai même été jusqu’à répéter tout seul le film dans ma tête, le dos à mon écran en laissant filer la bande, juste pour vérifier que je suis bien dans le tempo, sans le support de l’image et du son !

Un de mes films de chevet je vous dis ! Norman Jewison (le réalisateur) nous a fabriqué un film incroyable, que je vois et revois sans y trouver le moindre défaut.

Peut-être suis-je un peu « fanatisé » par le film mais peu importe, car cela m’a tellement apporté ! Par exemple, c’est certainement grâce à lui que je suis devenu un vrai fondu de jeu, de poker notamment, bien avant que ce soit à la  mode comme maintenant ! Tiens, mon poker préféré, c’est certainement l’« High and Low », vous connaissez ?

Tiens, je vous ai trouvé un lien plus que sympathique sur youtube : vous allez voir LA SCENE de fin, celle où le Kid (Mac Queen) va se faire battre avec maestria par Lancey Howard ( Robinson). De la belle ouvrage… Jusqu’au dernier moment, on ne peut croire que le Kid va perdre. Mais il ne faut pas sous-estimer son adversaire. Jamais le sous-estimer. Une leçon que j’ai toujours eue à la mémoire grâce à ce film en particulier.

J’espère vous avoir donné envie de découvrir ce chef d’œuvre. Ah oui, j’oubliais, il y a aussi Tuesday Weld (waouh, la copine de Steve dans le film)… Mais surtout je pense à l’histoire de ce type qui s’est fait tout seul : le Kid. Ce type qui ne compte que sur lui-même et qui en veut. Hallucinant Steve Mc Queen dans son blouson de cuir… Ses parties de pièces contre le mur avec le petit cireur de chaussures… Et puis son obnubilation : battre le Roi et devenir Roi à son tour ! Que des trucs qui ont bouleversé le môme de 15 ans que j’étais quand j’ai vu pour la première fois ce film de dingue !

Courez l’acheter ou bien le voir dans une cinémathèque qui le diffuse. Un bijou.

Un avant goût avec le court extrait de youtube ?

A vous de jouer !!!

http://www.youtube.com/watch?v=5698x5qVWeg

Amitiés

Dominique Duvivier

août 23 2010

Photos de famille : Alexandra ma fille


Alex petite fille1

Non seulement c’est ma « petite » fille Alexandra qui rayonne depuis qu’elle est née (sur la photo elle doit avoir une poignée d’années) mais de plus elle se trouve dans Ma rue ! La rue où mes grands-parents et moi allions en vacances 3 mois tous les ans à Deauville/Trouville. En fait la rue est à Touques mais proche des deux villes citées juste avant ! Je traînais de temps à autre ma famille pour retrouver le temps d’un instant mon passé là-bas. Je suis allé en Normandie dans les villes citées toute mon enfance (d’avant mes premiers souvenirs,  jusqu’à 16/17 ans.) Vous pouvez voir comment sa petite frimousse est déjà présente, alors que son vieux père la traîne dans ses souvenirs poussiéreux !

Alex petite fille2

 Là, elle est plus jeune évidemment, on me met des images dans une chronologie « rock’n’roll », alors c’est sûr  ! Cela dit elle joue comme une petite folle sur un tape-cul et son rire résonne encore dans mon oreille quand je regarde cette image !

Dominique Marie-Christine Alexandra 1994

 Elle est devenue une ado. Ma chérie et moi sommes comblés, normal nous sommes ensemble et heureux d’y être. Au fait cette année ça fera 40 ans que nous sommes mariés (Marie-Christine et moi). Si vous regardez les yeux de mes deux « femmes » vous retrouverez le même peps, le même dessin. Plus les années passent et plus elles se ressemblent (oui Marie-Christine rajeunit et Alexandra ne vieillit pas, elle mûrit c’est tout !)

DSCN0031

Là elle est avec moi y’a pas très longtemps (cette année ou l’an dernier). Sans commentaire…Elle est trop belle !

P3222376

Vous voyez ce que je veux dire : Waouhhhhhhhhhhhhh !

Avec toute mon amitié

Dominique Duvivier

août 16 2010

LIMITES ESSENTIELLES

Je lisais dernièrement une interview dans un magazine spécialisé sur le cinéma (car il faut savoir que je les préfère aux revues magiques en général !), et j’y ai trouvé le sujet de l’article que vous êtes en train de lire (comme quoi, une fois de plus, le cinéma mène à tout… Il suffit de prendre le temps de s’y pencher !).  P8142935

Dans l’entretien en question, James Cameron me disait sans le savoir ( !), qu’il trouvait important de se fixer des limites, même lorsque les budgets sont colossaux.

D’autre part, grâce à ma lecture « façon mouche », qui zappe et regarde un peu partout en même temps, je suis tombé sur la publicité de « L’enfer », ce film inachevé et mythique d’Henri-Georges Clouzot, dont les bobines viennent de réapparaître grâce à madame Clouzot (pas la femme de l’Inspecteur, l’autre). A l’époque, le budget de ce film prometteur fut illimité, tant les acteurs étaient au top : Romy Schneider, Serge Reggiani et notre Clouzot, qui –c’est le moins qu’on puisse dire – ne faisait pas des daubes en ces temps du cinéma en noir et blanc (extraordinaires les films de Clouzot, soit dit en passant) ! Mais  il y a un MAIS : le film n’a jamais vu le jour… à cause… du budget illimité justement !!! La production s’est interrompue après 3 semaines de tournage.

D’où notre article du jour : « Limites essentielles » (comme quoi, parfois, de longs départs arrivent sur des conclusions heureuses !).

Dans l’interview de Cameron, il est dit en substance que si les limites n’existent pas, on peut difficilement faire quelque chose de bon…

Et comme par hasard c’est exactement ce que je pensais concernant la magie, avant de lire ces articles sur Cameron et le père Clouzot. Du coup ça m’a fait rebondir et j’ai eu envie de vous en parler ! Fin de l’introduction. Ouf !

Pour créer un effet magique, le fait de laisser aller son imagination est bien entendu plus que souhaitable. C’est la base même de toute création.

Par contre, si les idées retenues sont un peu trop ambitieuses par rapport à nos moyens (en d’autres termes, si on se la joue façon « Cameron », avec des milliards de dollars de fabrication à venir !), il est indispensable de revoir à la baisse nos desiderata pour rester dans un moule possible, si je puis m’exprimer ainsi. Et c’est loin d’être simple de se restreindre !  Pour obtenir un résultat probant il faut savoir parfois amputer ses rêves joyeusement (c’est une métaphore bien entendu), biffer des passages entiers, changer complètement de fin ou de milieu…

J’aime parler de cet aspect de la création car, habituellement, si vous me lisez attentivement, j’aurais tendance à dire l’inverse. Je vous parle plus souvent d’envolées créatrices, de folie inventive… plus rarement de la difficulté que représentent les limites du réel. Comme quoi il est assez complexe de créer et ce n’est pas à la portée du premier venu. Ce qui n’est pas plus mal, je trouve !

Apprendre à se limiter, en l’occurrence, c’est ce qui nous permet de ne pas perdre le fil de la réalité. La réalité évolue sans cesse selon nos techniques propres, selon la technologie en général… Mais il est préférable, en attendant, de rester « raisonnable » : agir tout de suite en créant ce qu’on peut fabriquer concrètement et rebondir ensuite en fonction des évolutions possibles. C’est ainsi que je procède. Je reste assez « simpliste » pour commencer, mon but étant d’obtenir un résultat concret. Ce que j’ai alors créé devient ma copie de travail, mon point d’appui pour évoluer vers autre chose, mon plancher : je peux marcher dessus et, le jour où j’aurai trouvé une autre manière de marcher, il me sera plus aisé de le casser. Vous voyez ?

J’aime vous donner quelques-uns de mes « modes de marche ». Je les ai éprouvés. J’en ai profité à satiété. Alors je crois que je m’oblige à vous les livrer. C’est ma façon de me faire avancer tout seul car, si on ne donne rien ou presque, on se sclérose avec ses propres techniques et ses effets et on ne peut plus s’éclater vers de nouveaux horizons.

A bientôt !

Dominique Duvivier

août 09 2010

Mon « Reverse Wallet » : application possible – 10

août 09 2010

Mon « Reverse Wallet » : application possible – 9

août 09 2010

Mon « Reverse Wallet » : application possible – 8

août 09 2010

Mon « Reverse Wallet » : application possible – 7

août 09 2010

Mon « Reverse Wallet » : application possible – 6

août 02 2010

MAGIPHAGEUH N°8

 

Dans ce « Magiphageuh » du mois d’août (que je viens d’écrire en mai), je vais vous parler notamment de « Copie conforme » (le film des années 40 bien sûr et non le nouveau qui vient de sortir avec Juliette Binoche), d’une phrase de Mark (Twain… eh oui, je suis très proche de Marko… c’est la classe, hein ?!) et aussi d’une maxime (ou du moins d’un extrait d’une) trouvée au détour d’une promenade sur le Net et qui va tout à fait dans le sens que je poursuis sans ménager mes peines. Allez tiens ! Je vous la livre tout de suite :  » [..] votre dextérité doit rester un secret jalousement gardé. Aussi longtemps que les spectateurs ignorent que vous possédez une adresse manuelle hors du commun, vous pouvez donner l’impression de faire des miracles. Si vous exhibez votre dextérité, celle-ci enlèvera à votre magie son parfum de mystère, et, aux yeux des spectateurs, vous ne serez plus qu’un amuseur aux doigts agiles. Lorsque vous mélangez les cartes, que vous les coupez ou que vous les distribuez, feignez d’être maladroit.  » Henning Nelms. Je suis ultra pour cette approche qui va dans l’esprit de ne pas être un simple « montreur » de mouvements incroyables ou d’effets impossibles, sans aucune subtilité, comme on en voit sans arrêt sur la Toile et au coin des rues ! J’aime l’idée qui consiste à vouloir donner de la vraie magie, sans toucher, ou presque, l’objet !!!

 

Mais revenons à Mark Twain, pour éviter de trop s’égarer… Quoique je pense que le fil conducteur reste toujours un peu le même…

« Ils l’ont fait car ils ne savaient pas que c’était impossible ». Hop, c’est la phrase !

Tiens d’ailleurs, c’est amusant, j’ai écrit ce « Magiphageuh » il y a des mois (comme à mon habitude) et l’un d’entre vous (Skarab) a eu justement envie de m’envoyer cette citation la semaine dernière, dingue non ? La magie peut-être ??!

Bon, attaquons cette citation de suite car je n’y tiens plus !

L’approche est simple en fait : si l’on ne sait pas que ce que l’on tente est souvent (parfois plus que souvent) voué à l’échec, on réalise des choses incroyables.

Un ami chercheur et grand généticien me disait que lui, un peu comme moi, avait des déboires avec ses propres confrères : n’allant jamais dans les congrès, ne participant à aucun des colloques et autres manifestations organisés par son job, ne lisant rien sur les sujets concernant son domaine… il trouve des choses inédites, nouvelles, novatrices, voire plus ! Crime de lèse-majesté pour ses confrères ! Du coup, il a beau trouver des idées de génie et faire avancer la science à son petit niveau, hop , il est mal vu par toute la profession ! Comme quoi, dans tous les domaines, il y a des chieurs et des empêcheurs de tourner en rond !

Au fait, à ce propos, des taquins ont voulu faire croire à d’autres que, dans un précédent volet, je m’attaquais au site ARTEFAKE et à Pierre Guédin. En aucun cas. Je trouve que ce site est super, même si l’on peut formuler des critiques à son encontre, comme sur chaque chose de la vie d’ailleurs. Quant à Pierre, c’est un ami de longue date, un ancien élève du reste. Il fait un super boulot de recherches, notamment. Donc, non je ne visais personne en particulier, pour paraphraser un ce ces taquins à mon égard (qui lui est un vrai TAQUIN) ! Fin de la parenthèse.

Je continue de croire que, pour avancer, il faut savoir se cultiver « ailleurs » qu’en magie : cela peut nous ramener à la magie bien plus fortement qu’en s’étant abruti la tête avec des versions de versions d’un même mouvement pour obtenir la carte au portefeuille, histoire de ne citer qu’un seul des fers de lance de nos joyeux techniciens ! Mark Twain, qui n’était pas la moitié d’une buse, a compris cela et c’est cette pensée profonde qu’il nous livre avec sa phrase citée plus haut !

Mon but est avoué depuis longtemps mais je le précise à nouveau car j’ai deux secondes à perdre : la Magie est ma vie et je me battrai toujours contre ceux qui lui font du mal, contre ceux qui sont les vrais sectaires de notre Art.

« Copie Conforme » n’est pas le titre d’un tour d’un grand magicien américain connu pour ses plagiats, non, mais le titre d’un film de Jean Dréville de 1947, avec Louis Jouvet pour ne citer qu’un nom… alors qu’il en incarne mille dans le film ! Copie conforme Une performance d’acteur incroyable. Du génie à l’état pur, vous verrez. Que ce soit la voix, le comportement, le phrasé pourtant inimitable du père Jouvet (eh oui, je suis intime avec lui aussi !), tout change d’un personnage à l’autre. Du grand art de la composition qui devrait nous tirlipoter le chabirtuque à tous et au plus haut niveau de nos fonctions créatrices, si tant est que nous en possédions encore ! C’est un exercice de style hal-lu-ci-nant ! Je regarde ce film régulièrement pour m’inspirer de telles personnes.

Allez, deux petits extraits juste pour le plaisir :

http://www.dailymotion.com/video/x1m7hp_jouvet-copie-conforme_shortfilms

http://www.dailymotion.com/video/xa64w9_louis-jouvet-copie-conforme-jean-dr_shortfilms

Dingue, non ?

De toute façon, je l’ai déjà dit plusieurs fois : le « Comédien désincarné », toujours de Jouvet, est un de mes livres de chevet depuis plus de trente ans ! Louis Jouvet est vraiment un acteur à part dans ma filmographie personnelle. Il m’inspire, me recadre rien qu’en le voyant jouer pour le plaisir de jouer. Ce mec est fabuleux. Très loin de la magie et tellement près…

« Copie Conforme » est un film qui se doit d’avoir recours à des effets spéciaux et, là aussi, c’est un vrai petit bijou, pour un film si ancien. Vous verrez que vous aurez besoin de plusieurs projections pour comprendre comment le réal a pu se débrouiller pour avoir à l’image deux ou trois Jouvet en même temps,  sur le même plan. Copie-conforme-01-m A chaque seconde, c’est une vraie prouesse.

Il m’arrive de voir ou de revoir certains films moins anciens, mais vieux tout de même, et de me dire tout bas, pour que personne n’entende : je suis fou de ce film mais il faut avouer qu’il date pas mal, ça frise le gros naveton ! Cela vous le fait aussi ? On est conscient mais on se le dit à voix basse pour pouvoir néanmoins continuer de le regarder, encore et encore, sans que notre entourage nous prenne trop pour un cas clinique incurable ! Parfois même, on veut revoir un film hyper récent car on en garde un bon premier souvenir et là : TRES grosse déception. Le film ne tient pas la route d’une seconde lecture. En fait tout dépend de la structure profonde des films.

Tout cela pour dire que l’écriture de nos tours doit être bossée bien plus qu’on ne le croit, si l’on veut qu’elle tienne la route du temps !

Les vieux de la vieille du métier de magicien et tous les autres qui tentent de figurer en bonne place de notre patrimoine, s’accordent pour dire que les grands « classiques » de la magie ne le sont pas devenus par hasard ! Oui, cool de le savoir en effet, mais ils s’étendent rarement sur le pourquoi ils sont restés ces incontournables. Un nouveau tour, un nouvel effet, peut devenir vite un classique si l’on fait en sorte qu’il le devienne. Pour ça, il faut travailler dessus et non le sortir brut de décoffrage, sans l’avoir façonné dans l’espoir qu’il devienne un tour qui traversera les années sans perdre sa modernité. Je pense que c’est une bonne chose de parler de ces aspects : comment créer de « nouveaux classiques » etc. Voilà qui peut faire avancer la « roue de la fortune magique » !

Je serai plus court pour ce mois d’août pour vous permettre de vous dorer la pilule en toute impunité… Je ne voudrais pas trop vous dire de ces choses qui pourraient réveiller votre instinct créatif et vous pourrir vos vacances, votre farniente, en quelque sorte. Allez, au mois prochain, bande de fainéants !

Amitiés

Dominique Duvivier