Archives du Mois : mars 2010

mar 29 2010

Interview 3ème partie

 Chers lecteurs,

Voici la suite de l’interview de Thomas. Je vous rappelle que l’interview a eu lieu suite à un spectacle Intimiste 2 au Double Fond en novembre 2003.

Bonne lecture !

Avec toute mon amitié

Dominique DUVIVIER

T : Quel est votre magicien préféré ?

DD : Difficile à dire mais disons que j’en ai trois principaux. Dans mon spectacle de ce soir, je ne parle que de Goshman, mais les trois magiciens qui m’ont vraiment construit, mes trois « coups de cœur » profonds c’est, dans n’importe quel ordre : Albert Goshman, Ricky Jay, Brother Hamman. D’un point de vue créatif, si je n’avais pas connu Hamman (voir photo ci-contre), je ne serais pas ce que je suis devenu. D’un point de vue « jeu de comédien », si je n’avais pas connu Ricky Jay, je ne serais pas ce que je suis devenu. Et d’un point de vue « détournement d’attention », échange, misdirection, timing, si je n’avais pas connu Goshman je ne serais pas ce que je suis devenu.

Ci-dessous de gauche à droite : Bro. John Hamman, Ricky Jay et Albert Goshman

Hamman_BroJohn    Ricky Jay   Goshman

T : La « soirée du 2 février 1985 » à laquelle vous faites allusion dans le spectacle de ce soir, c’est la première fois que vous avez vu Goshman ?

DD : Pas du tout, c’est de la fiction complète, ça ! Je vais vous expliquer pourquoi j’ai dû l’inventer. Vous êtes le premier à me poser cette question d’ailleurs !

Bizarrement, alors que (vous vous en doutez) j’ai une mémoire assez redoutable, je n’ai pas la mémoire des noms. Pour que je me souvienne du nom ou du prénom de quelqu’un, il faut que je les entende je ne sais combien de dizaines de fois. Ou alors il faut que ce soit un ou une ami(e). Si je demande à une spectatrice comment elle s’appelle, elle me dit « Lucette » et je l’ai oublié trois secondes après ! Donc je me suis demandé comment j’allais faire pour ce show où, selon le modèle de Goshman, je dois demander les prénoms des deux filles à mes côtés et m’en souvenir tout au long du show (puisque je m’en sers sans cesse dans mes  misdirections verbales et physiques). Il fallait que j’arrive à me rappeler de leurs prénoms et ça n’allait pas être possible, c’est clair ! Donc j’ai réfléchi à un stratagème… J’ai choisi une dizaine de prénoms que je pouvais mémoriser facilement et je me suis arrêté arbitrairement sur : « Kate » et « Cindy », en décidant que Kate serait ma spectatrice de gauche et Cindy ma spectatrice de droite. Par contre, comment oser demander à quelqu’un de ne pas s’appeler comme d’habitude ? Comment faire en sorte que mes spectatrices acceptent de s’appeler maintenant Kate et Cindy ??! Alors j’ai pris la photo que l’on voit sur scène à la fin du spectacle : la photo que Goshman m’a dédicacée le 2 février 1985 et j’ai imaginé autour de ça un petit scénario dont les acteurs sont mes deux spectatrices et Goshman incarné par moi-même. A partir de là, comme nous sommes dans un jeu, elles acceptent facilement de jouer un rôle avec un prénom différent : et hop, le tour est joué !

T : Vous avez dit que vous avez beaucoup d’adversaires. C’est pour ça qu’on ne vous voit pas beaucoup à la télé ?

DD : C’est possible, oui. Je ne sais pas. C’est vrai qu’il y a des gens assez puissants qui m’en veulent… J’ai beaucoup de propositions mais ce qu’on me propose ne me convient pas. Et le problème est surtout là. Peut-être que les téléspectateurs n’attendent pas mieux que ce que l’on leur donne actuellement comme genre de magie à la télé (honnêtement je ne pense pas). Mais ce qui est sûr c’est que moi ça ne me va pas.

T : Vous êtes pas mal controversé dans le milieu des magiciens. La magie c’est du rêve et quand on voit les réactions de certaines personnes à votre égard, on a l’impression d’être dans le milieu de la politique !

DD : Oui il y a beaucoup de gens qui ne m’aiment pas.  Beaucoup de gens qui disent facilement du mal sur moi sans raison. C’est assez dingue. Mais comme dit Molière : « Autant d’ennemis que d’honneur »… Je crois que je dois faire peur. J’ai un style, une conviction et des idées qui font peur… Je suscite la polémique. Enfin, c’est un vaste sujet !

T : Dans le close-up, vous l’avez dit, vous travaillez particulièrement votre mise en scène et votre texte. Vous avez une réputation internationale. Vous êtes connu au Etats-Unis, au Japon. Comment faites-vous ? Car j’ai cru comprendre que vous ne parliez pas Anglais et je ne pense pas que vous parliez Japonais…

DD : Pas mieux, non… !

T : Comment faites-vous alors pour des tours comme L’imprimerie ou La carte caméléon qui nécessitent un certain texte ?

DD : En Amérique, ma fille me traduisait car elle parle très bien l’Anglais. Au Japon, c’était un traducteur – qui m’a fait une traduction déplorable d’ailleurs – ou bien Gaëtan (pendant notre tournée commune au Japon) qui me traduisait en Anglais bien sûr parce qu’il ne parle pas Japonais non plus ! Mais ma meilleure traductrice, c’est incontestablement Alexandra, qui est la seule à savoir traduire aussi bien l’esprit de ce que je veux dire.

T : Dans le Monde, quel est le meilleur spectateur ?

DD : Ah bah, c’est l’Américain ! Le meilleur c’est l’Américain, le pire c’est le Français. Pour une simple raison qui est presque pathologique : le Français est cartésien. On naît avec le cartésianisme en nous. On nous l’inculque dès notre plus jeune âge. L’Américain, c’est l’opposé de ça. L’Américain, s’il apprend que vous êtes magicien, il vous dit dans son jargon : « Vous êtes magicien ?? Baisez-moi ! Allez-y ! J’ai envie ! ». Il a les yeux qui pétillent, il a envie de se « faire avoir ». Le Français, il dit avec un air méfiant immédiat : « Vous êtes magicien ? Je vais faire attention à mon portefeuille et à ma montre ! Faites-moi bien voir vos mains ! Me racontez pas vos histoires, je veux voir ! ». Par contre, quand vous vous donnez en spectacle devant un public français et que le public en redemande, c’est un bonheur encore plus grand que devant un public plus facile. Alors du coup, de ce point de vue, je suis tenté de dire au contraire : le meilleur public, c’est le public français car c’est le plus exigeant !

mar 22 2010

Laurel et Hardy dansent

Deux hommes pas ordinaires. Deux mecs hallucinants.

Deux hommes qui m’ont bercé dès mon plus jeune âge, dans les moments de tourmente comme dans ces moments de joie où l’on rit de bon cœur.

Mais aussi deux hommes qui m’ont donné le goût de la « première » magie, avant la plus conventionnelle.

Ils m’ont permis de comprendre, avant la lettre, comment l’on orchestre un gag, une progression, une chute…

Ils m’ont donné le désir de scénariser mes tours. L’envie de faire d’un tour de magie un morceau de bravoure comique. Tout cela, et bien plus, je le dois à Laurel et Hardy.

Dans cette vidéo, court extrait d’un de leurs films trouvé tel quel sur Youtube, Laurel et Hardy se rendent dans un saloon. Sur leur chemin, un band du Far West joue de la musique qui déclenche un petit pas de danse chez nos deux amis.

Leur bonhomie, leur harmonie, leur talent, tous ces petits détails dans la grâce et la complicité de ces deux géants vont vous emporter « ailleurs » en quelques secondes. De vrais magiciens, vous allez voir.

Je vous laisse avec eux. Près pour décoller ?

Cliquez !

Bizes à vous.

Dominique Duvivier

mar 22 2010

Laurel et Hardy dansent : la vidéo

mar 15 2010

En réponse à…

Je voulais des réactions par rapport à ma dernière note « Phrase, aphorisme… » de la semaine dernière, j’en ai eues. J’en suis ravi !

Merci à tous de faire vivre ce blog et, par la même occasion, votre serviteur qui adore parler à des amis.* Hop !

*Le mot est fort mais signifie qu’à partir du moment où la passion nous anime ensemble, que le respect est de mise… nous sommes des amis, selon moi. Pas intimes mais pas loin. Re-hop !

Cette semaine, je souhaite répondre aux commentaires envoyés par Pascal, alias « Potit Panda », en reprenant ses questions ci-dessous.

Tentative de dialogue sur le blog donc (juste pour faire rimer blog et dialogue) !

Vous verrez : j’ai repris son texte entier pour vous éviter de devoir aller cliquer sur la partie droite de cette rubrique habituelle. Avec ce choix d’avoir republié l’ensemble, comme Pascal me questionne vers la fin du texte, vous pourrez ainsi mieux suivre ses pérégrinations.

« Bonsoir Dominique : La première résume assez bien tous ces gens qui se croient "plus forts" que les autres, en paroles en pensées et la moralité et que nous sommes tous des petites pierres en ce bas monde et que nous faisons avancer les choses tels que nous sommes et chaque personne apporte sa pierre à l'édifice. Mais tu sais comme moi qu'il y a des gens que même la pluie ne fait pas peur … c'est assez désolant… La deuxième phrase, c'est celle que je retiens de toi et qui s'avère finalement très juste pour tout battant quelque soit le domaine dans lequel il se "bat" quelque soit le nombre d'années durant lesquelles il se bat dans ce domaine… C'est une phrase que tu utilises assez souvent comme leitmotiv dans tes spectacles. Cela me fait penser à ton texte sur "le jeu qui se mélange tout seul"…. Cet enfant veut comprendre ce qui est inutile parce qu’il voit les grands aimer l’inutile. La magie c'est inutile dans le fond mais pas dans la forme ! D'ailleurs pour cela que les enfants et les autres ne comprennent pas. Que considères-tu toi comme "l'inutile" ? "A force de rechercher la vérité on peut tomber sur une bien plus terrifiante : la sienne !" Penses- tu avoir trouvé "ta" vérité ??? En quoi selon toi serait-elle plus terrifiante que celle d'une autre personne ? Autant de questions que nous avons peut-être déjà abordées, mais sur lesquelles on peut revenir ! puisque quelque part c'est peut-être aussi un peu le but de cet article. Amitiés magiques »

Je vais commencer par le sujet de l’inutile, en espérant avoir bien compris ta question.

Qu’est-ce que je considère comme étant inutile. Bonne question. N’oublions pas déjà que nous sommes dans une forme de poésie, de métaphore et surtout que nous sommes dans les années 70  quand j’écris ces petites phrases ! Chaque paramètre compte pour remplir mon contrat, non ?

Selon moi, ce qui est inutile est ce qui ne pourra jamais nous permettre de devenir meilleur. Grâce à nos erreurs, souvent, nous pouvons comprendre des choses et changer ainsi de cap pour réussir mieux, voire beaucoup mieux et parfois parfaitement (le mot est lâché). Donc il semble que rien n’est inutile en soi.

Par contre, voici un petit exemple pour avancer sur le sujet. Sans vouloir ramener les choses sur ma petite personne, regarde mes concurrents, ou plutôt certains de ceux-là : leur combat contre moi les a rendu complètement hermétiques. Ils sont devenus incapables de se rendre compte de leur folie à mon égard. Autant se battre contre quelque chose qui semble une bonne cause est louable et utile, autant ne plus rien considérer et omettre ainsi petit à petit qu’on entre dans la mauvaise foi, le mensonge, la calomnie, la diffamation… devient un combat inutile, il me semble.

Autre exemple : je ne suis pas un pro Sarkozy, loin de là, mais se battre dans le sens de dire : cet homme est nul de partout, il n’a rien compris en politique, il est juste un esbroufeur… est un combat qui semble inutile parce que tellement au-delà de la réalité ! A moins qu’on se place dans l’état de faire croire qu’il est nul tactiquement etc., comme ces groupes utopistes qui défendent des thèses un peu abracadabrantes…

Je ne sais pas si je me fais bien comprendre, mais ces exemples sont là pour situer le sens de ce que j’appelle aujourd’hui l’inutile.

Ai-je trouvé ma vérité ? Et pourquoi serait-elle plus terrifiante que celle d’une autre personne ?

Si je l’ai trouvée, ma vérité, c’est : garder l’esprit du débutant et savoir combattre, jour et nuit, chaque pouce de terrain qui pourrait résister à mon désir d’avancer et de vivre avec les bonnes personnes dans la vie !

Je suis un vrai combattant, je crois et je pense qu’arrêter de se battre, c’est perdre son âme.

Je livre juste quelques mots de cette vérité, histoire de vous donner suffisamment en pâture pour vous donner envie de rebondir, si ça intéresse !

Et quand on parle de « vérité » qui serait plus « terrifiante », tatsoin… c’est dans le sens d’une vérité qui serait une fin en soi. C’est le pire qu’il puisse vous arriver : se complaire soi-même dans une facilité qui occasionnerait de s’interrompre, de laisser tomber. Lire son petit journal dans son petit fauteuil et se tourner les pouces en attendant la mort ! C’est un peu ça, ce qui peut être terrifiant pour moi : s’arrêter de jouter avec la vie. Se laisser faire, quoi !

Ensuite, tu as ajouté : « Mais au final je ne veux pas jouer les troubles fêtes mais ou est le rapport a la magie… la recherche de l'incontestablement vrai dans nos routines ??? est ce la ou tu veux en venir Dominique ??? »

Je crois que dans la magie et dans la vie, tout se rejoint. On ne peut dissocier la vie de tous les jours (avec donc son lot de paradoxes) et le spectacle qui est un aboutissement, selon moi de ce que nous sommes avec ce que nous produisons.

Le spectateur ressent ce que nous émettons même si nous ne parlons de rien de ce qui peut nous préoccuper.

C’est d’ailleurs pourquoi peu d’artistes magiciens se font comprendre (aimer) du public en général car leurs valeurs ne sont pas du tout, comment dire… vous voyez sûrement !

Pour être plus clair et direct : si nous ne véhiculons que de la « masturbation technique » et des valeurs de force primaire à nos publics, nous n’irons pas bien loin. Le spectateur ne rêvant pas en nous voyant, il ne lui restera que peu, pour ne pas dire rien, d’un spectacle vivant qui, lui, doit être gorgé d’amour, de vie, de richesses multiples…

Nos routines doivent se remplir de notions bien plus élevées que des performances techniques techniciennes. Voilà en gros ce que je défends.. mais seulement depuis toujours !!!

A++.
Dominique

mar 08 2010

Phrases, aphorismes, pensées, bidules, carfousitations*, que sais-je…

Une autre approche pour parler ensemble, en tous cas !

Une autre manière de réfléchir, de faire réfléchir, de me faire réfléchir.

J’ai écrit des tonnes de trucs comme ceux ci-dessous à une époque et Adeline (ma collaboratrice) m’a presque « forcé » à vous en donner quelques-uns.

Si vous trouvez ça intéressant, j’en donnerai parfois. Hop, c’est dit !

Si vous n’avez pas aimé, hop je n’en donnerai plus !

Si je n’ai pas de réactions MP (message privé) ou autres, cela indiquera que vous n’avez pas apprécié. Hop, déduction !!!

Enfin, bon, j’espère que la démarche plaira.

Hop en route pour cette nouvelle forme !

 

 

*Mot inventé par moi pour signifier une autre tendance que les mots employés ci-dessus : phrases, aphorismes, bidules, que sais-je…

 

1

Il essayait de montrer sa puissance par tous les moyens.

Il essayait de même pour montrer sa grandeur et ses pouvoirs.

En fait il essayait d’essayer.

En sortant un jour où la pluie sévissait fortement, il tenta de prouver à la pluie sa grandeur et sa puissance.

Sans réponse de la pluie… il se laissa mouiller et jamais plus il n’essaya de prouver quoi que ce soit.

 

 

2

Si on recherche quelque chose profondément, on l’obtient facilement un jour ou l’autre. Le plus difficile est ailleurs : vouloir profondément vraiment quelque chose.

 

 

3

A force de rechercher la vérité on peut tomber sur une bien plus terrifiante : la sienne !

 

4

Cet enfant veut comprendre ce qui est inutile parce qu’il voit les grands aimer l’inutile.

 

 

mar 01 2010

MAGIPHAGEUH N°3

J’écris cette chronique en janvier mais celle de février n’est pas encore sortie mais je l’ai déjà écrite… Je me dis : autant en profiter et commencer la suite de celle de février que j’écris en janvier mais valable pour mars !! Comme je vois que je suis clair ( !), j’enchaîne donc avec cette rubrique pour mars (écrite en janvier).

 

L’avantage de l’écrire de suite, c’est que je suis chaud : je sors juste de la première de mon spectacle « Intimiste Ultime » (la version 2010 quoi !).

Un triomphe qui donne des ailes.

Faut dire que je l’ai bossée pas mal cette rentrée 2010, pendant que des pisse-froid essaient de déstabiliser votre serviteur…

Moi j’avance et je crois qu’il n’y a rien de pire pour des adversaires que de vous voir continuer « comme si de rien ».

Car c’est « comme si de rien » : je les vois me faire chier mais ça me fait pousser des ailes de plus en plus à l’épreuve des balles…

Je crois qu’encore une fois je peux les remercier d’être là, tout le temps sur mon dos virtuellement : ça pousse à faire plus et encore mieux. Merci les affreux !

Je sors donc de cette première d’« Intimiste Ultime » (je ne savais plus comment l’intituler, alors je me suis dit : faisons simple et sans prétention !!).

Avec ce dernier opus, j’ai obtenu ce que je cherche depuis toujours : ce petit quelque chose que pourtant j’ai déjà obtenu un peu auparavant mais qui là, s’est dessiné, s’est façonné de telle manière que ce dernier envol m’a permis de griffer les étoiles littéralement.

L’argument de mon spectacle est le même que d’habitude : nous avons tous des pouvoirs cachés et nous allons les ( re)découvrir ensemble.

Mais là, une fois « remasterisé », après toutes les modifications que j’y ai apportées (Intimiste 1, 2, 3, 4… 10 !), il donne en plus la possibilité de jouer avec le public, de le mettre dans un tel état de choc qu’il se lâche comme jamais… et du coup ça devient hallucinant ce qu’on peut vivre ensemble ! Tout s’envole car chacun retrouve des pouvoirs enfouis en lui et ça caracole (tiens pourquoi caracole ?) grave !

Je disais dans le « Magiphageuh n°2 » de février qu’on pouvait se demander pourquoi je changeais tout le temps de spectacle et ben là, avec cette soirée de première, la réponse se profile à l’horizon.

D’ailleurs je crois que vais rester un peu sur ce show-là (je rigoooole car j’y ai déjà changé un bout dans la nuit), histoire de profiter un peu et de vous laisser le temps de venir voir sur pièces.

Tiens bonne liaison ! Le spectacle :

Y’a les pièces à Gosh (lol) mais avec de nouveaux raffinements de cruauté. Sachez d’ailleurs que c’est un hommage à Goshman mais que la plupart des effets/tours sont de mon crû. C’est juste son esprit qui est là à 100% !

Y’a La boisson mais dans une version encore différente de toutes celles ce que vous avez déjà vues et plus « vicieuse » que celle expliquée dans mon DVD triptyque « Intimiste ».

Des nouvelles routines de cartes avec notamment une « Carte folle » de folie (pour rester dans ma tradition des « intimiste »). J’aime mettre dans chaque opus une « Carte folle » différente que j’ai inventée récemment.

En gros le spectacle se déroule en trois actes. Le premier est nouveau, le second quasi nouveau à 100% et le troisième est l’hommage à Gosh, mais avec un sens rythmique particulier et des effets décalés.

Je suis très satisfait de ce dernier show. Je vais peut-être réussir enfin à m’en tenir là, après finalement 10 versions différentes du même spectacle pour arriver à cette mouture définitive (ultime ?) !

Voilà en gros, à mots déguisés, les « pourquoi » -du moins quelques-unes des raisons- qui me poussent à changer tout le temps.

Une autre raison -et là on touche à la plus fondamentale- est que je ne peux rester figé.

Besoin de tout le temps recommencer l’ouvrage pour sentir ce mot, que je n’ose prononcer, se profiler à l’horizon de mes servitudes internes : la perfection.

Ouarf, le mot est trop fort ! Mais je crois que c’est lui que je vise et, allant sur mes 60 berges, je me lance : pour une fois, je le formule par écrit sur ce papier électronique.

On m’en voudra (je parle des lecteurs qui cherchent le procès). On me comprendra (je parle de tous les autres).

Chercher la perfection est une vaine entreprise et pourtant, pour ceux qui la cherchent, elle leur prend tout leur temps. Et déjà là je trouve que c’est top : pendant tout ce temps, ils ne croient jamais l’atteindre cette perfection ! Les manipulateurs compulsifs, eux, croient l’avoir trouvée depuis longtemps, c’est pourquoi ils se foutent de tout, même de penser à scénariser leurs tours pour les rendre intelligents.

 

Sinon, pour continuer cette rubrique, j’ai lu quelques bouquins intéressants ces dernières semaines. Pas magiques les bouquins, je vous rassure. Je vous ai dit intéressants, hein ? Lol.

Voici les références : « Les grands débats d’aujourd’hui », « Bernard Blier, un homme façon puzzle », « Philippe Noiret » aux Editions Henri Veyrier, « Qu’ai-je donc fait » de Jean d’Ormesson, « Chirac s’emmerde », « Pourquoi la tartine tombe toujours du côté du beurre : la loi de Murphy expliquée à tous »…

Je lis beaucoup. Une de mes multiples marottes. Je vous en dis un mot sur chaque et puis vous verrez bien ce que vous ferez de mes vociférations.

Pour « Les grands  débats… » : 150 grandes questions de notre société, vues par des spécialistes. Une manière de gagner du temps sur le temps et de comprendre enfin ce qu’on ne comprend pas souvent (histoire d’utiliser le mot comprendre plusieurs fois dans la même phrase !)…

Pour le Bernard Blier, du pur bonheur. J’hésitais à l’acheter, pensant tomber sur la énième bio qui paraît pour se faire du fric sur le dos de gogos dans mon genre (faut dire que je suis très bon client pour acheter sur un coup de tête), et pis non : du super top. On apprend plein de trucs sur lui et sur l’époque, on s’y croirait littéralement. Louis Jouvet était hyper pote avec lui, vous le saviez ? Plein de choses je vous dis qu’on n’imagine pas d’emblée. Je me suis régalé. Le bouquin est épais mais se lit comme on boit une bonne bière : elle est terminée avant même qu’on s’en rende compte. Je dis cela pour la bière, alors que je n’en suis pas un fin connaisseur mais quand je vous vois en boire, vous donnez cette impression : ça se termine toujours trop vite, non ?

Si vous arrivez à trouver le bouquin sur Philippe Noiret (il semble être épuisé), vous allez l’adorer aussi. Une manière de raconter pas habituelle. Au lieu de parler seulement du comédien, c’est chaque film qui est décortiqué de fond en comble… La chose se répète pour tous ses films de la période de la parution du livre. Je connaissais pas cette approche pour apprendre des choses sur un comédien et c’est assez génial !

Jean d’Ormesson, d’ordinaire, ce n’est pas ma tasse de thé mais là encore son ton (j’ai pas dit tontaine…) est super intéressant et, si on veut faire des parallèles avec ce qui nous occupe tout le temps( la magie), il y a des pistes de travail dans le découpage d’écriture, dans la manière d’approcher ce qui est raconté etc. : bref, un puits sans fond si l’on veut bien y mettre son nez fouineur !

« Chirac s’emmerde » est également un exercice de style tout à fait palpitant pour le chercheur de tous horizons que je suis devenu, grâce à mes lectures-plus-hétéroclites-tu-meurs ! Pas un bouquin si politique que le titre n’en donne l’impression. C’est intéressant plus au niveau : recherche de scénarios, manière de transformer un sujet, un thème et manière de faire dire à ses personnages ce qu’on désire obtenir. Du bonheur pur pour votre serviteur.

Pour la « tartine » d’Eddy (Murphy, marrant, non ?), on entre plus dans ce que j’aime aussi dans les livres : ce sont les petits trucs des mecs pour se faire de la thune. Tous ces mecs qui cherchent désespérément des combines pour rentabiliser n’importe quel sujet. Honnêtement, en fait, ce n’est pas le cas vraiment ici mais je viens de penser à ça alors je vous le dis ! Une piste plutôt bandante pour synthétiser une histoire qu’on veut raconter, non ?! Enfin bon, de toute façon, je vous parlerai plus de ce livre génial à une autre occasion : ça vaut vraiment le coup !

Toutes ces pistes données par les livres qui ne traitent pourtant pas directement des sujets de base de la création artistique, sont souvent des mines pour avancer sur nos terrains magiques. Un petit secret brut de décoffrage que je vous livre gratos, comme ça, en passant… A la prochaine !

 

Ah non, j’oubliais ! J’ai fait une petite recherche en voyant un certain nombre de « mytho » qui traînent sur la toile magique : des mecs assez connus qui se la pètent de folie. Je suis tombé sur une définition qui leur colle très bien à la peau. Je vous la livre telle quelle. Il vous suffira de vous rappeler d’un nom ou d’un autre et si ça correspond : bingo !

Les paranos

La paranoïa, du grec ancien « para » (« à côté de ») et « noûs » (« esprit »), est une maladie mentale à la base de délires chroniques. Les adjectifs « paranoïaque » et « paranoïde » (sens atténué) lui correspondent. Les personnalités paranoïaques se caractérisent toutes par quatre traits fondamentaux entraînant à terme une inadaptabilité sociale :

1.    La surestimation pathologique de soi-même

2.    La méfiance extrême à l’égard des autres

3.    La susceptibilité démesurée

4.    La fausseté du jugement

 

A la prochaine fois…

Amitiés

Dominique Duvivier