Archives du Mois : janvier 2010

jan 25 2010

LA CARTE CAMELEON

Pour varier les plaisirs ensemble, voici une idée marrante qui va consister à essayer de déchiffrer -c’est le cas de le dire- mon écriture assez comment dire… complexe, si on ne la pratique pas quotidiennement. LOL. En gros j’écris comme un cochon pour rester correct !

Mais si vous voulez en savoir plus sur moi, c’est une occasion différente… Ne dit-on pas que l’on peut mieux connaître une personne par son écriture ? Non ? Ah bon !

Pour donner du piment à la chose, Adeline (qui est une fine « limière » devant l’Eternel) a tenté de retrouver quelque chose de « symbolique » parmi les vieux écrits de votre serviteur.

Il faut préciser que pour ce faire elle a demandé de l’aide à Quoc-Tien Tran (un autre documenté de folie sur tous les domaines magiques) car ce n’est pas évident de retrouver quelque chose de précis dans les archives de mes nombreux courriers et autres prétextes qui m’ont fait écrire des kilomètres de feuillets depuis les temps les plus reculés possibles.

Le document du jour est « La carte caméléon ».

Cela ne nous rajeunit pas les gars( et filles), hein ?

Bonne lecture (si je puis m’exprimer ainsi) !

Bizes affectionnées.

Dominique

P.S. Si vous faites un clic (gauche) sur la photo, vous pourrez l’agrandir et ainsi mieux voir mon écriture illisible.

P.S2 Le texte que vous allez lire a été conçu pour le journal « LE MAGICIEN », ce qui explique le décalage de dates avec le moment de la création du tour…

jan 18 2010

Interview 2ème partie

Thomas : Dominique Duvivier, comment vous sentez-vous après ce spectacle qui n’a pas été un des plus faciles ?

Dominique Duvivier : Vous savez la vie d’artiste… Pour ma part j’ai parfois des publics extraordinaires, souvent de très bons publics et presque toujours des bons publics. Et de temps en temps j’ai des publics difficiles, très difficiles, voire injouables, ça m’est arrivé. Ce soir, c’était plutôt un public difficile d’un point de vue, sympa d’un autre et très difficile d’un autre point de vue. Si je fais un distinguo, c’est parce que finalement le public était globalement pas mal, mais à cause du groupe du premier rang qui se connaissait bien et voulait blaguer entre eux, ça a fait perdre un peu le rythme… Et surtout ma Cindy (nom donné à la personne assise à la droite de Dominique dans le  spectacle en question) : j’ai appris à la fin qu’elle avait un œil de verre du côté gauche, ce qui fait, ni plus ni moins, qu’elle ne voyait pas du tout ce que je faisais ! Pour le côté interactif du spectacle c’est moins bien…

T : Quand le public est mauvais, comment faites-vous pour « assurer » quand même ?

DD : Il est clair que j’ai parfois affaire à des publics un peu hostiles, parfois un peu durs qui essayent de casser mon spectacle. Mais vous savez, moi, je suis un vrai passionné de magie. J’aime la magie et surtout le spectacle de la magie. Ce qui veut dire que, même si le public n’est pas bon, je vais quand même lui donner mes tripes, mon savoir-faire, mon envie de les voir bouger intérieurement, en m’adaptant autant que possible à eux et leur façon de réagir. De cette manière, je ne prends jamais de bides ou presque. Vous savez, avant même de rentrer sur scène, je sais déjà plus ou moins comment ça va se passer. Au Double Fond, on a des « tests » qui fonctionnent très bien. Par exemple, avant le début de ce spectacle, vous avez vu que nous passons une vidéo où je suis filmé avec ma fille. Je fais un tour « killer » puisque j’y fais choisir une carte à tous les gens présents dans la salle et que cette carte disparaît : cela devient la seule et unique carte qui ne soit plus dans le jeu, et ceci sans aucune intervention directe ! Eh bien, pendant le déroulement de la vidéo, j’écoute la salle en coulisses. S’il y a des réactions, voire des applaudissements, je sais que la soirée va être top. Et ce soir : rien, quelques rires c’est tout. J’ai su que j’allais ramer. Et parfois c’est le bonheur, c’est tout le contraire. Pour « Tous debout » (spectacle en duo avec sa fille Alexandra), l’avant-première et la première ont très bien marché. Je dirais même que l’avant-première a tellement marché, que le lendemain, lors de la première, on s’est dit avec ma fille : « Qu’est-ce qu’on va pouvoir faire ? Qu’est-ce qu’on peut obtenir de plus qu’hier ? ». Et on a obtenu encore plus le lendemain, avec cinq ou six standing ovations durant le spectacle.

T : Pendant le spectacle, vous n’hésitez pas à remettre les gens à leur place si nécessaire… Vous vous fixez des limites quand même ?

 

DD : En général oui, bien sûr. J’ai un ensemble de « lines » toutes prêtes  (des  « réparties » en français quoi !). J’ai un véritable arsenal prêt pour chaque circonstance. Mais il arrive que les gens poussent vraiment très loin le bouchon. Heureusement c’est rare.

Par exemple une fois je faisais un tour avec des pièces et un verre. Je les donne à examiner à un spectateur et le mec me dit : « Non ». Moi, sans me démonter : « Allez-y, examinez ! » et il me dit encore : « Non ». Je m’adresse donc à son voisin et : « Non ». Pareil. Et l’autre voisin encore : « Non ». En fait ils sont trois au premier rang qui ont décidé ensemble de me faire chier : « Non, on n’examinera pas. Vous dites que vous faites un spectacle, débrouillez-vous. » Super. N’ayant pas vraiment le choix, je prends ça à la rigolade et m’occupe d’autres personnes. Cinq minutes plus tard, je me retrouve obligé de les faire participer. Là, je ne peux plus biaiser. Il faut qu’ils touchent un truc. Et là bien sûr : « Non ». J’ai réussi à ne pas arrêter le spectacle mais, avec eux, ça été très chaud.

Dans toute ma carrière, cela a dû quand même m’arriver deux fois de devoir dire finalement : « Bon, écoutez, hein, on va s’arrêter là. »… et de m’en aller vraiment.

Une fois, dans les débuts du Double Fond, j’arrive sur scène et les gens se foutent littéralement de ma gueule. C’était un groupe et je précise qu’ils avaient payé pour venir voir le spectacle… Ils commencent à hurler, à siffler, à m’injurier… alors que je n’ai même pas encore commencé, je n’ai encore rien fait ! Véridique ! Je ne peux même pas dire un mot, alors j’attends. Au bout de cinq bonnes minutes, j’essaie de calmer le jeu et leur dis : « Ecoutez, je ne sais pas si j’ai une tête qui ne vous revient pas mais laissez-moi au moins vous présenter ce que j’ai à faire. » Et ils recommencent, ils gueulent comme des veaux. « Si vous ne voulez pas que je fasse mon travail, je m’en vais. » Eux : « Si, si étonne-nous ! Ah ah ! » Un vrai cauchemar. Ce n’était même pas des gens hostiles à la magie d’ailleurs : juste des cons qui avaient trop bu, une vraie soirée de connards avinés… Finalement ils se calment un peu, je sors donc mon premier tour qui est avec un gros dé. Et là, un des types me le prend carrément des mains et commence à le bousiller. Considérant que les limites sont largement dépassées, je reprends tant bien que mal mon dé et m’en vais. Et ils tapent du pied : « Magicien, reviens ! ». Je laisse passer quelques minutes. Je reviens. Silence. Je leur dis : « Ok. Je vais continuer mais, cette fois, si vous ne me permettez pas de travailler, je repartirai et je ne reviendrai pas ». Silence de mort. Mais de toute façon il n’y avait rien à faire. Il n’a pas fallu deux minutes pour qu’il y en ait un qui sorte encore une nouvelle belle vacherie à mon encontre. Alors j’ai dit : «  Salut » et je suis parti.

T : Vous êtes donc magicien depuis 1972. Mais ça vous est venu avant, non ?

DD : Ah, oui. J’ai commencé la magie quand j’avais huit ans. Je suis né en 1950. J’ai eu la chance, ou la malchance, mais je dirais plutôt la chance d’être un crétin à l’école.  Tellement crétin qu’on m’a mis dans les classes de rattrapage (ce qu’on doit appeler maintenant la filière « technologique », je crois). Je n’ai même pas fait de 6ème ! Je suis passé à côté et j’étais dans ces classes bizarres où traînait un ramassis de gens comme moi et dans lesquelles je n’ai strictement rien appris… Pour vous donner une idée, on m’a mis dans une classe de gainerie de cuir. Quand on connaît mon côté manuel, on peut penser que c’est un gag. J’étais nul. A seize ans, on m’a viré. Là, je me suis occupé avec des trucs à la con. J’ai travaillé chez « Inno Passy » en 1967-68 (un grand magasin dans le 16ème arrondissement et qui a changé de nom depuis). En 1969 j’ai travaillé au BHV, puis j’ai enchaîné sur l’armée et à mon retour je me suis mis professionnel. Je n’avais pas le choix, je ne savais rien faire d’autre. Mais je dis que c’est une chance, car si j’avais été brillant à l’école, il y a de fortes chances pour que je ne sois pas devenu magicien.

T : Vous avez fait une école ? Vous avez eu un professeur de magie ?

DD : Non. Renélys, en tant que camelot, me vendait ses tours et, avec ma mère, on a essayé de trouver une boutique de magie. J’ai découvert la boutique Mayette (je ne pensais pas du tout que ça allait devenir ma boutique un jour !) et j’y achetais tout ce que je pouvais. Tout mon argent de poche passait là. En fin d’année je demandais à toute ma famille une pièce de cinq francs avec laquelle je pouvais acheter quelques tours en stock pour toute l’année. A vingt ans, je suis parti à l’armée. A vingt et un, quand je suis revenu, je suis retourné voir Renélys avec ma femme –  entre-temps je m’étais marié – et il m’a conseillé d’aller dans un club de magie. Tout a commencé à partir de là.

T : Vous vous êtes retrouvé dans le milieu professionnel avec ce club ?

DD : Indirectement, oui. Un jour un des magiciens que j’ai rencontré là-bas me demande de lui faire un tour. Je m’exécute et il me dit : « C’est pas mal, c’est de qui ? » Je lui réponds : « Je l’ai trouvé moi-même. ». Je commençais à trouver des trucs mais je n’avais aucune technique, je ne savais même pas faire une levée double… Ce type s’appelait Jean-Louis, il a changé de prénom entre-temps : Jean-Louis est devenu Gaëtan, qui est devenu Gaëtan Bloom, qui m’a donné mes premiers cours pendant trois mois. Et au terme de ces trois mois, il me dit : « C’est incroyable ce que tu arrives à faire maintenant… Est-ce que je pourrais prendre des cours avec toi ? ». Moi : « Tu plaisantes, ou quoi ?! » Lui : « Non, non ! J’insiste ! ».

Il a tenu à payer des cours et je lui ai appris la technologie principalement cartomagique parce que j’étais devenu assez fort dans le domaine. Voilà comment ça a commencé.

jan 11 2010

VOS applications sur le « Reverse Wallet »

Le « Reverse Wallet », une de mes dernières productions, semble inspirer pas mal de monde et devenir déjà un « classique ».

Comme promis, de temps en temps, vous allez pouvoir être confrontés ici-même aux idées que VOUS avez eues pour utiliser le « Reverse Wallet » d’une façon différente de la mienne.

J’ai déjà reçu des dizaines de propositions de pistes nouvelles ! Nous gardons les plus représentatives (nous étant ma fille Alexandra et moi-même, pour parler clairement). En voici quelques -pour commencer.

Cette émulation nouvelle autour d’un produit est encourageante pour les suites de ce blog et motive votre serviteur à vous concocter encore bien des surprises !

Alors si ce « trip » vous plaît, n’hésitez pas à proposer aussi VOTRE son de cloche sur le « Reverse Wallet ».

A très vite !

Dominique DUVIVIER

jan 10 2010

« Reverse Wallet » : application possible – 6

jan 10 2010

« Reverse Wallet » : application possible – 5

jan 10 2010

« Reverse Wallet » : application possible – 4

jan 10 2010

« Reverse Wallet » : application possible – 3

jan 10 2010

« Reverse Wallet » : application – 2

jan 10 2010

« Reverse Wallet » : application – 1

jan 04 2010

Magiphageuh

Ça fait un peu plus d’une année que nous sommes ensemble (octobre 2008) et je dois dire que tous vos encouragements, vos assiduités à différents niveaux, que ce soit en répondant sur le blog-même, en message privé, mail, courriers anciens (lettres quoi !), tout cela me permet d’avoir envie de continuer nos échanges et m’a donné envie de parler avec vous d’une autre manière. Comme la rubrique du  Cinéphageuh de Christophe Lemaire, dans BRAZIL 2  (un magazine de cinéma) m’intéresse, je tente dans le domaine magique de faire un peu comme lui. Hop, c’est tenté !

Cette façon de parler pourra donner un autre ton à nos échanges entre nous. J’en profite, avec  (cette manière, disais-je) pour démarrer cette nouvelle année 2010.

On devrait pouvoir trouver des biais pour communiquer plus, comme ça se passait à l’époque déjà mathusalémique du site NEOMAGIE dont l’éminence grise était Sébastien Clergue, si ma mémoire est bonne !

Vous pourriez intervenir plus directement en posant une question sur le blog et j’y réponds dans la foulée plutôt que de laisser le blog aux gens qui lisent les blogs et les forums où l’on s’exprime. Pourquoi ne pas faire les deux sur ce blog, hein ? Revenons à Néomagie :

Les questions fusaient chaque jour, voire plusieurs fois par jour et je tentais de répondre du mieux que je pusse, pour parler avec des conjugaisons pas dans mes prix habituels. Mais cette rubrique Magiphageuh me permet tout ou presque alors j’en profite !

Si vous aimez ce ton beaucoup plus décousu et plus « tous azimuts », faites- le moi savoir par les voies citées plus haut et je continuerai sur ce mode de vous discutailler le bout de gras comme ça, ok ?

L’idée sera de le faire de temps en temps, comme le copieur de Brazil 2 (lol).

Je vous encourage à lire cette revue de ciné tout à fait hors normes et surtout pas politiquement correcte mais qui a un ton (tontaine et tonton)  frais et couillu dans ce monde tout lisse où on se fait cirer les pompes à un point qui me fait frémir les coucouniettes tellement ça devient incroyable dans le mauvais sens du mot.

Les trois ou 4 types par exemple qui alimentent un post sur des sites magiques assez Virtuels… pour faire remonter la sauce d’un produit dont tout le monde se fout… sans que personne ne moufte, montre la démarche jusqu’à l’indécence de cette période non bénite du copinage compulsif pour faire aimer coûte que coûte un tour que personne n’achètera, ou pire que quelques-uns prendront pour se dire «  je fais partie de ces gens qui me regarderont un peu puisque j’ai fait comme ils m’ont dit de faire ». A vomir ! 

La tendance magique pour moi est surtout de vous donner le baromètre de mes goûts et dégoûts et de vous donner des pistes sur ce qui m’intéresse ou pas. Manières de vous donner un peu de moi, vu que c’est, je crois, ce que vous voulez.

Je viens par exemple de regarder un reportage sur Michel Bouquet à tomber parterre de bonheur. De l’anti site de magie, je vous dis ! Un comédien, pouah ! qui vit pour son art…

N’importe quoi quand on imagine qu’il ne faut pas « présenter ses tours de magie ». Pas jouer la comédie. Pas scénariser ses routines, vu que la magie semble ne pas être un art pour certains qui parlent de plus en plus sur la toile et font croire à des faibles que la magie a tout dit depuis longtemps. Qu’on ne peut rien inventer en magie (normal puisque ce n’est pas un art). Bah,  lui, Michel Bouquet donne la pêche car lui croit dans des valeurs sublimes du genre qu’il faut vivre la magie (pardon la comédie) chaque seconde depuis le réveil au coucher. Un art de vivre quoi !

Je préfère Bouquet aux branleurs de cartes qui sont tout contents de faire des « SDC » pour s’illusionner eux-mêmes sur des gestes qui devraient faire partie du B.A.BA des techniques pour exprimer autre chose que la technique technicienne. Hop !

Bravo Michel Bouquet, vous m’avez donné de nouvelles cartouches pour emmerder mon prochain, magicien. Ça me rend heureux des trucs comme ça !

Pas d’ennuyer mon prochain  mais d’être encore plus heureux et pourtant je le suis à mort déjà. Merci les autres qui m’ont donné cette vie géniale. Les autres comprenez tout le monde car je fais partie des « gens » qui croient que c’est un tout, notre putain de vie !

Notre Magiphageuh se termine et je vous dis  de faire en sorte de passer un bon début de super année 2010. Ne vous laissez pas trop embarquer par des miroirs aux alouettes magiques, genre des trucs avec des cartes qui traverseraient des Windows, des élastiques sauteurs dans des boîtes de magie pour enfants, des boîtes truquées honteusement pour remplir les poches de quelques avides de gros sous… La liste est trop longue de tous ceux qui vous mettent en garde contre des penseurs de mon genre alors qu’eux radicalisent les rapports entre ceux qui ont le droit de vivre et pas les autres. Grande pantalonnade de voir à quel  point on se moque de nous !

Dieu merci on peut encore parler à mots couverts, juste assez pour pouvoir dire tout ce qu’on veut sans que ce soit répréhensible. Re-hop !!!

Que cette année nous apporte de la confrérie à souhait et c’est grandissime ce qui se passe ici sur ce blog. Des centaines de personnes sont devenues accro (addicted) de ces rubriques et on commence à se défendre ensemble contre le fléau intersidéral ambiant : la connerie et la méchanceté qui va souvent de paire d’une certaine catégorie de confrères.

Merci de me lire et de m’encourager à continuer de ne pas avoir une langue de bois. Dénoncer les cabales et prouver par ma présence-même que tout n’est pas pourri dans ce pays, berceau de notre pote à tous : Robert (Houdin).

Bizes sincères. 20246 Pages vues depuis le début. Pas si mal !!!

J’ai écrit ces lignes dans la nuit du 29 au 30 décembre 2009.

Dominique Duvivier