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Déc 07 2009

L’EXPERIENCE DES UNS NE SERT PAS AUX AUTRES

Partant de ce postulat assez connu, voire éculé, j’ai eu une apparition (comme quoi, à titre indicatif pour les vieux dans leur tête, il n’y a pas seulement « disparition » et « transformation » dans la vie !) puis j’ai suivi quelques pistes de réflexion qui m’ont semblé plutôt intéressantes à partager avec vous…

 C’est un sujet dont on pourrait dire quelques kilomètres (je parle de lignes à n’en plus finir) : je vais donc essayer d’être le plus concis possible !

 Si elle ne nous sert pas à  grand-chose cette fameuse expérience des autres, c’est que le souci est très profond, gentes dames et damoiseaux…

Imaginez par exemple qu’un simple médicament, efficace pour une personne et conseillé immédiatement à un ami souffrant du même mal, est souvent sans effet sur ce nouveau cobaye…

Voilà qui donne une idée de notre infinie complexité : nos organismes sont en effet tellement différents… Régis par des forces occultes ? Non ! Nos corps ont des mémoires internes si particulières, tellement spécifiques, devrais-je dire, que peu de choses vont à l’un comme à l’autre « comme un gant ». Rien ne convient vraiment bien à personne qu’à soi-même… et encore ! A cause de cela nous aurons du mal à nous enrichir de l’expérience d’autrui.

Vous n’allez pas aimer cette conclusion à laquelle je suis donc arrivé : oui, je pense que l’expérience des uns ne sert pas aux autres.

 Mais ne vous laissez pas abattre par cet avis.

Pour commencer ce n’est que mon avis et de plus on dit aussi : « Tous les chemins mènent à Rome »… Tant que nous aurons des maximes pour croire en un chemin ! Vous allez comprendre où je veux en venir…

 Certes on a l’habitude de trouver cela regrettable : on préfèrerait savoir tirer les leçons de l’expérience d’autrui. Mais est-ce finalement un ennui, me dis-je tardivement (60 ans dans deux ans) ?

Non, je pense en effet que cela n’est pas un problème, au contraire…

 Etonnant ce que nous dit cette rubrique du jour, se dit le lecteur…

Habituellement ce bougre de bonhomme trouve toujours un biais pour positiver… Là, rien !!!

Ou bien il «baisse » et devient morose…

Ou simplement il manque d’inspiration, l’ancêtre ?

Mais s’il baisse et devient morose, la chose ne ferait que le conduire de toute façon au manque d’inspiration…

Soit, pas deux solutions mais une seule déguisée !

Ne vous inquiétez pas, cher lecteur, je ne vais pas continuer à parler de moi à la troisième personne (je n’ai pas les moyens d’Alain Delon !!!)…

Et en plus je vais être positif et rebondir tel le cabri-qui-ne-sait-faire-autrement-que-de-sautiller-à-en-donner-le-tournis-aux-autres !!

Ou bien…

Vais-je vous laisser sur votre soif…?

Dilemme insoutenable pour quelques lignes encore…

Je vous tiens en haleine, histoire de vous faire peur encore un peu…

Allez, je n’y résiste plus et vous donne ma nouvelle pirouette du jour : si l’expérience des uns ne sert pas aux autres, cela ne tient qu’à vous

Et j’ajoute : « Moins on est de fous et plus on rit », réinventant le dicton par la même occasion !

 « Ah !!? Mais qu’est-ce à dire ?» pensez-vous… Je vous sens trépigner d’impatience à l’idée d’avoir un exemple…

Je propose pour cela un petit détour du côté de mon enfance.

La stratégie adoptée par mon père, quand il voulait me faire aimer un plat particulier, me semble en effet tout à fait convenir pour illustrer mon propos…

J’ai toujours été chiant. Vous l’imaginez bien, j’en suis persuadé ! Enfant, une de mes spécialités était bien sûr de ne jamais vouloir changer d’envie ni d’opinion. Mais je suis bête : je ne fais que vous raconter ce qu’est un parfait chieur. Vous en connaissez plein vous aussi ! Le chieur n’est pas une espèce menacée. Pas de souci de ce côté-là !

Donc, disais-je avant de m’interrompre tout seul, mon père voulait en l’occurrence me faire apprécier la cervelle et avait donc organisé un plan d’attaque tout à fait au point, vous allez voir. Ma mère, qui devait croire à la vertu de la cervelle pour me faire grandir et m’en faire avoir plus que le commun de mes camarades, se prêtait au jeu avec lui…

Imaginez la scène…

Ma mère : « Ne mange pas tout ! Laisses-en pour le petit ! »

Mon père (faux cul devant l’éternel) : « Trop cher pour qu’il gâche. Il va chipoter. Donne-moi le reste ! » Dominique et ses parents

Ils m’ont travaillé au corps des années. Je dis des années mais vous savez comme la mémoire d’un enfant en bas âge est prompte à l’exagération…

L’idée est pourtant la suivante : à force, j’ai souhaité un soir emmerder mon père et j’ai voulu de la cervelle. Non pas parce que j’aimais cela, mais pour qu’il en ait moins, le salaud !

Petit à petit, je ne sais pas si c’est pour l’agacer encore plus, mais j’ai commencé à apprécier et, de fil en aiguille, j’ai aimé tous les mets les plus incroyables pour moi : les tripes, le jarret de porc, la langue… Vous savez, tous ces trucs impossibles pour tous les étrangers qui viennent chez nous en France. Même pour les plus dévoués qui se vantent de vouloir « manger de tout », ils ne peuvent pas, c’est au-dessus de leurs forces !

A force la tactique menée de concert par mes chers parents a donc eu raison de mon obstination…

 Alors maintenant si je vous dis qu’il y a un rapport entre la cervelle et l’expérience-des-uns-qui-ne-sert-pas-aux-autres, vous me croyez ?!

 Bizes zhabituelles.

 Dominique

1 commentaire

  1. Pierre-Emmanuel

    http://www.youtube.com/watch?v=RO00m0abzr0

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