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Mai 18 2009

« Mettez vous au parfum »

Vous prenez le tour d’un auteur avec cartes, pièces, cordes, gobelets… et vous essayez de le faire vivre à votre façon, sans trahir le créateur, tout en y mettant votre patte, et souvent, vous rencontrez l’échec.

Trop ici, trop peu là, ou l’inverse, et l’alchimie des composants n’est pas géniale.

Je propose une idée sous forme d’une odeur, cette fois : je me lève, je fais mes ablutions, me mets de l’eau de toilette.

A un moment, j’ai le sentiment que « mon parfum » s’est enfui et je me dis:

« Il faudra que je m’en remette tout à l’heure… »

Quelques secondes plus tard, un ami me croise et me dit:

« Hum… Tu sens bon! »

… et moi qui croyais que mon eau de toilette était partie…

 En fait, elle fait à présent tellement partie de moi que j’ignore même qu’elle existe.

Je fais partie d’elle, elle de moi.

 

Je crois que pour le tour d’un auteur, sur un tour de cartes, pièces, cordes, gobelets… il en est de même.

Faites et refaites le tour de l’autre tel quel, sans essayer de le changer.

Plus tard, vous vous apercevrez que vous l’avez digéré et que quelque part, il vous appartient tout du moins dans le sens de la démonstration qui devient personnelle, et non plus copiée !

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4 commentaires

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  1. Alain A.

    Prenons comme exemple un tour de petit paquet bien connu. Son auteur est célèbre pour ne pas seulement créer des effets, mais également travailler tout ce qui amène l’effet – en gros le texte, la mise en scène…
    Copier intégralement la présentation du tour m’a toujours posé un problème de conscience. Jusqu’au jour où j’ai réalisé que le créateur du tour avait forcément présenté son tour des centaines de fois, et qu’il avait donc un temps d’avance sur celui qui vient d’acquérir sa création. Il a pu analyser les réactions des spectateurs, ou leur absence de réaction face à un certaine façon d’amener l’effet. J’ai donc commis ce qui m’aurait valu d’être relégué au rang de clone aux yeux des grands maîtres forumeurs (je parle au conditionnel car personne n’est au courant). J’ai calqué le texte du créateur, sa façon de présenter les cartes, d’amener leur apparition une par une et caetera.
    Le résultat a dépassé mes espérances. On m’en a reparlé deux ans après… et la semaine suivante mes collègues me regardaient d’un autre oeil.
    Pourtant je n’ai pas eu l’impression d’avoir été un clone. J’avais la technique depuis longtemps concernant ce tour, mais j’avais passé plus de 2 semaines rien qu’à lui coller le texte.
    Finalement ce texte de quelqu’un d’autre était devenu mien au fil des jours.
    Je n’ai jamais réitéré l’expérience avec d’autres tours, ni même présenté à nouveau ce tour depuis, mais CETTE expérience là, toute unique qu’elle est, m’a appris qu’en magie comme ailleurs, il était bon de garder humilité et de tirer profit, au sens positif du terme, de l’expérience de ses aînés.

  2. beyrevra

    C’est en effet marquer de peu de considérations envers un auteur que d’ajouter quelques notes à sa symphonie quand on a l’honneur de la jouer.
    Mais à cela viendra s’ajouter la personnalité de l’interprète.
    Imiter servilement un auteur jusqu’au point non retour du clonage, (discours, tics, habillement, …) n’est alors qu’une piètre caricature frôlant l’injure.
    Mais respecter humblement les notes et silences de la partition d’un maître est une marque de respect pour son travail et son expérience.
    Bien sûr rien de nous empêche de composer également pour être singer itou.

  3. Nicolas

    Cela fait plaisir de lire cela.
    Les débutant sont souvent critiqués sur les forums de magie car on utilise le texte des créateur de chaque tour.
    Lorsque l’on débute en magie, on a besoin d’un fil conducteur et nous n’avons pas forcément encore d’identité.
    C’est en utilisant ce qui existe déjà que l’on peut se lancer dans le tour. Pour moi, le texte des grands magiciens n’est vraiment pas anodin et a son importance. Un même tour peut avoir 2 effets différents suivant comment on l’expose.
    Au début on clone un peu et ensuite, on arrive inconsciemment à prendre du recul et à mettre ses propres mots.
    Petit à petit (même si on copie au début), on arrive à se faire une véritable identité.
    Je pense que ce qui est important dans la présentation d’un tour c’est d’être à l’aise avec le texte.
    Par exemple lorsque j’utilise un dvd pour apprendre des tours j’arrive à présent à savoir ce qui me plait ou ce qui me plait moins, ce que je vais garder ou ce que je vais modifier, non pas pour remettre en question la présentation de l’auteur mais pour que le texte colle à sz propre personnalité.
    Je ne dis pas que j’ai encore mon style (car je débute) mais je fais en sorte que mon texte ou ma présentation n’aille pas à contre-sens de ma personne.
    Par contre il m’arrive de reproduire des tours tels que son auteur la écrit. Si je fais cela ce n’est pas pour dire « je copie » ce qui existe déjà mais plutôt car il n’y a rien à redire et que si on souhaite l’effet maximum il faut passer par là.

  4. Florian C.

    En effet, le sujet dont il est question, à savoir : la manière d’approcher le tour d’un autre, et la manière de le faire, est surement un sujet passionnant.
    Personnellement, je pense que, comme dit précédemment, lors qu’untel  » reçoit  » ( dans le sens qu’il ne le connaissait pas encore ) un tour d’un autre magicien, il aura tendance à calquer son être sur ledit être de celui dont il tient le tours: intonation, mouvements, attitudes.
    Ce processus, loin d’être anodin, et loin d’être idiot, est, selon moi, une chose bien naturelle.
    Je l’interprète comme tel : comment est-il possible de comprendre, d’analyse, de se faire à un tout ( dans notre cas une routine, par exemple ), si on ne va pas jusqu’au fond de cette routine, quitte pendant quelques instants à en copier son créateur ?
    Cela me fait un peu penser à certains policiers de fictions qui disent qu’ils  » se mettent à penser comme le criminel pour mieux le cerner « .
    Après cette phase de compréhension, d’analyse et d’observation, vient naturellement la phase de maturation, d’incubation( comme dirait un certains magicien célèbre ), ou toutes les données que l’on a incubées vont pouvoir éclore et donner naissance à quelque chose de nouveau.
    Je pense qu’il ne faut pas brider le processus, qui est fait pour se dérouler naturellement, et qu’il faut au contraire le considérer comme composant essentiel de l’approche d’une idée, d’un concept, d’un tour.
    Cela n’étant que mon humble avis.
    Amitiés.

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