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Avr 13 2009

DEMYSTIFIER POUR MIEUX MYSTIFIER

 

APPROCHE SECONDAIRE… TERTIAIRE… VOIRE  PRIMAIRE…

Pour persuader un spectateur que nous sommes de bonne foi alors qu’il arrive que non (!), il faut savoir se “ renouveler ” en permanence pour prouver et reprouver, voire « surprouver » que ce qui se déroule est clair, sans bavure. Que rien ne prête à confusion.

Par exemple, parlons de La Carte à

la Poche. Ma

version, bien entendu, mais ce peut être toute version de carte (s) choisie (s) qui se retrouve(nt) en poche, à la fin de la routine.

 

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Stade primaire :

            Vous donnez à examiner un jeu de cartes, vous le faites mélanger, faites vous-même choisir une carte, la faites replacer dans le jeu, faites remélanger les cartes par le spectateur pendant que vous effectuez un empalmage et faites sortir la carte choisie de votre poche : vous venez d’appliquer une méthode primaire.

Par contre, si vous donnez le jeu à examiner de fond en comble avant de commencer, que vous faites sortir la carte choisie par le spectateur lui-même, vous passez à un stade supérieur.

                       

 Stade secondaire :

            Jeu mélangé et examiné par le spectateur. Choix libre du spectateur dans le jeu que le magicien lui tend ou dont il s’empare comme un grand ! Nous en sommes toujours au stade primaire pour l’instant. Vous expliquez que sa carte va passer dans quelques instants dans

la poche. Vous

faites replacer la carte dans le jeu. Vous lui tendez le jeu et montrez vos mains vides. Vous entrez dans votre poche et extrayez  la carte choisie !!! Le fait de montrer les mains vides et le fait de dire avant ce qu’il va se passer après, nous fait entrer “ dans l’idée qu’on coupe les herbes sous le pied de l’adversaire ”. Plus on coupe les possibilités de compréhension, plus on grimpe vers un stade évolué. C’est ainsi que la conception d’une routine même simple peut ne pas être « comprise » par un magicien ordinaire. L’approche technique, verbale et la mise en scène changent la force de l’impact.

 

Stade Tertiaire :

            Jeu ordinaire. Mélangé. Choix libre. Carte replacée par le spectateur. Eventuellement, « re-mélange » du jeu par le spectateur. Mains vides du magicien. Une va à

la poche. On

extrait un dos de sa poche : c’est la carte du spectateur. Il s’agit là de tout ce qui a été dit concernant les deux stades précédents. Si l’on ajoute un examen de la poche avant de commencer et après avoir terminé la révélation de la carte choisie, mais aussi un examen du jeu juste après la révélation et surtout la signature au départ de la carte choisie, alors nous sommes en présence d’un stade tertiaire !

3 commentaires

  1. beyrevra

    Le fait de tout donner à examiner ne transformerait-il pas un miracle en une simple énigme ? (« Je triche mais vous n’êtes pas assez malin pour le voir »)
    Je préfère démystifier en semant de fausses pistes (Les 2 rangées étonnantes de « cartomagie » 2001 est mon entrée en matière porte bonheur depuis belle lurette ;) ).
    Monsieur « Je-sais-tout » étant ainsi réduit au silence le spectateur est directement plongé dans le voyage magique et les fouilles corporelles ne seront pas nécessaires.
    Juste une opinion bien sûr !

  2. Dominique DUVIVIER

    Beyrevra reprend des pensées personnelles en ajoutant ses commentaires pertinents :
    « Le fait de tout donner à examiner ne transformerait-il pas un miracle en une simple énigme ? (« Je triche mais vous n’êtes pas assez malin pour le voir ») »
    Je ne le pense pas du tout. Hop, c’est dit ! Pour qu’on vive un miracle, il faut donner au spectateur pas encore prêt au « miracle » la possibilité de constater qu’il n’y a rien de spécial dans les objets utilisés. Si son « cartésianisme » est de la revue, si je puis m’exprimer ainsi, il sera plus enclin à croire, du verbe «avoir la foi».
    Beyrevra ajoute :
    « Je préfère démystifier en semant de fausses pistes (Les 2 rangées étonnantes de « cartomagie » 2001 est mon entrée en matière porte bonheur depuis belle lurette ;) ).
    Monsieur « Je-sais-tout » étant ainsi réduit au silence le spectateur est directement plongé dans le voyage magique et les fouilles corporelles ne seront pas nécessaires. »
    Ce sont des pensées personnelles que j’exprimais il y a déjà belle lurette, pour reprendre le terme. Je ne fais plus les deux rangées étonnantes depuis une petite trentaine d’années… en public s’entend ! Je continue par contre de croire qu’il est LARGEMENT préférable de démystifier pour mieux mystifier. C’est devenu, avec le temps même, une nécessité. Nous en reparlerons si cela intéresse !
    Je veux dire que je peux développer mes raisons, si besoin.
    A++.
    Merci de vos interventions à tous.
    Amitié.

  3. beyrevra

    « Pour qu’on vive un miracle, il faut donner au spectateur pas encore prêt au « miracle » la possibilité de constater qu’il n’y a rien de spécial dans les objets utilisés. »
    Ne faut-il pas laisser croire que le magicien se sert d’objets personnels, imprégnés de magie, et bien sûr démunis de tout trucage puisque magiques ?
    Bien sûr le spectateur ne croit plus en la féerie mais il peut accepter de vivre le jeu comme dans un jeu de rôle.
    Je n’irais jamais tripoter l’instrument d’un musicien pour voir s’il est bien accordé, ni le micro d’une chanteuse que je pourrais soupçonner de play-back.
    Les objets d’un magicien lui sont personnels sinon ils perdent de leur « aura ».
    … ou alors j’emprunte les objets (même s’ils me sont « prêtés par un baron »
    « Je ne fais plus les deux rangées étonnantes depuis une petite trentaine d’années »
    Juste équilibre des choses, je le présente depuis une petite trentaine d’années. (Superstition quand tu nous tient) ;))
    Ce n’est que ma modeste opinion bien sûr !

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