«

»

Mar 02 2009

TOUT EST AFFAIRE DE TEMPS…

Quand on croit fortement à quelque chose et qu’on n’est pas loin de penser que ce sera pour toujours, le fait de se souvenir que tout est impermanent relativise notre croyance.

Au lieu de broyer du noir, on peut se battre pour obtenir un résultat temporaire qui sera, parce qu’il est temporaire, peut-être extraordinaire.

J’ai souvent pensé que si l’homme était immortel il ne ferait jamais rien… ayant le temps, tellement de temps que rien ne se concrétiserait.

Notre chance est donc d’être mortel.

Cette course contre la montre nous oblige à sublimer sans cesse nos angoisses.

Et comme rien ne dure puisque tout est impermanent, alors nous devons juste créer un souffle qui se perpétuera d’homme en homme, avec les nouveautés technologiques, verbales, sociales et autres. C’est peu, pensons-nous parfois, mais largement suffisant.

Vouloir tout obtenir tout de suite est « humain » dirais-je, mais impossible à réaliser.

Comme disait mon maître Ernest Pancrazi, il faut savoir « culotter la pipe ».

Pancrazi

Une pipe, pour qu’elle devienne performante se doit d’avoir passé des caps incontournables. Dans les débuts, il ne faut pas trop la chauffer. On devra l’utiliser avec parcimonie. On la bourre d’un peu de tabac (1/3 de sa contenance, à peu près). On ne devra tirer dessus que de petites bouffées, pour ne pas la chauffer. On la laissera s’éteindre d’elle-même souvent. Ce régime se poursuivra à plusieurs reprises. « Une dizaine de fois est pas mal » pense Ernest. Ensuite on la bourrera plus « serrée ». Le tabac sera plus pressé dedans. Mais toujours qu’une moitié de sa contenance. Par contre, on pourra tirer des bouffées plus importantes. Mais pas trop longtemps non plus. La pipe pour redevenir opérationnelle doit refroidir quelques heures. Encore une dizaine de fois à ce régime draconien. Seulement maintenant l’utilisateur pourra commencer à jouir de sa nouvelle pipe. Un bon fumeur se doit de posséder plusieurs pipes, pour aller de l’une à l’autre, sans endommager aucune de ses pipes.

Pour comprendre les recommandations de Monsieur Pancrazi, j’ai fumé la pipe et acheté un cheptel impressionnant de modèles.

Deux années d’étude furent nécessaires pour comprendre ce que voulait dire mon mentor. Deux années de plus pour transposer le principe des pipes à la magie.

Si l’on comprend l’image que j’essaie de donner, on appréciera le temps à « perdre » (finalement à gagner !) pour saisir ce fait : tout est affaire de temps.

Et encore plus en magie, il me semble !!!

1 commentaire

  1. solen

    je m’étonne qu’aucune réaction ne se fasse entendre
    je trouve pourtant l’image forte
    et tellement écartée des chemins battus
    que je suis sûr de ne pas en saisir le sens
    peut être serait-il bon de développer un peu sur ce point.
    le fait est, le temps : le temps est aux tours ce que le vent est au feu, il éteint les plus faibles et avive les plus forts.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *