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Fév 02 2009

L’IMPERMANENCE

« PLAISIR D’AMOUR NE DURE QU’UN MOMENT…

MAIS EST-CE QUE TOUTE CHOSE NE DURERAIT PAS QU’UN MOMENT ? »

Intimiste 2 D

Partant de cette maxime ancienne… effectivement tout ne dure qu’un moment.

Tout est éphémère. Tout est impermanent.

Ok. Alors dans ces conditions attendrons-nous que la mort arrive en nous tournant les pouces ? Ou ferons-nous l’impasse sur ce fait et on inventera, on créera… comme si nous étions capables de vivre 150 ans en moyenne, en restant dans une forme physique et mentale hors du commun ?

Comme on peut l’imaginer je pencherais pour la solution des 150 ans ! Elle n’a que des avantages.

On peut vivre dans l’idée de vivre le double (80 ans de moyenne pour un homme) !

C’est un peu comme le voyage qu’on entreprend en voiture :

1100 km

à parcourir. On se relaie à deux. Le temps semble long tout de même dans la voiture pourtant très confortable. On voit que 320 bornes viennent de s’engloutir sans avoir le temps de crier ouf ! Les derniers

80 km

, par contre, semblent interminables. La motivation est forte quand on décide d’effectuer

1100 km

. On ne se demande pas quand tout ce trajet se terminera, alors qu’il reste plusieurs centaines de kilomètres à faire. Donc les premiers 500 se feront en douceur, presque sans sentir la fatigue ou la lassitude.

Il en va de même pour ce qu’on a à faire dans une vie.

Certains « jettent l’éponge » vers la quarantaine, d’autres vers la cinquantaine… vers la soixantaine les résolutions d’antan s’émoussent encore plus.

A part quelques personnes comme « le Professeur », peu de gens vivent intensément tout leur temps, avant le grand voyage. Dommage, non ?

Et si nous devenions plus ou moins tous des « Professeur » en herbe ?

Et si nous nous moquions du fait que nous allons passer de vie à trépas plus vite que l’éclair…

Il suffirait de regarder de plus haut quelques décennies de vie terrestre face aux centaines de milliers d’années qu’il a fallu pour devenir des êtres plus humains…

Moquons-nous de ce qui peut nous effaroucher, nous faire croire que rien ne vaut la peine de se bouger le cul !

Cessons de penser particulièrement à la pérennité, à ce qui reste de soi une fois que tout s’est évaporé dans la poussière…

Nous allons tous disparaître. Ok ! Vivons comme si nous étions immortels, ce que nous sommes d’ailleurs à chaque moment de la vie !

Je veux dire par là que pendant un moment précis rien ne semble pouvoir nous arriver. Tout semble possible. Nous vivons le miracle de la vie à chaque instant. « Miracle » car tout aurait pu basculer et nous aurions été foudroyés d’une seconde à l’autre.

Si nous partons de ce postulat pour vivre l’instant présent au maximum, les choses peuvent se dessiner autrement. Nous pouvons nous envoler dans nos pensées et nous retrouver aux côtés d’un Louis quelconque de ces Rois de France d’antan, ou flirter avec les anges qui d’un coup de volonté (ou de baguette magique… au choix !) deviennent disponibles pour la bagatelle, si « ça nous chante » !

Tout devient possible, je vous dis !

 Et surtout, le confinement est remisé à une date non définie. Les soucis inhérents au devenir de notre carcasse et de l’âme, la question des atomes qui resteraient immortels après la fin du court métrage qu’est notre pauvre vie… tout cela (et bien d’autres choses !) est mis de côté au profit de notre travail du jour : le même que celui qui nous animait avant que nous nous disions des choses désagréables sur notre personne !!

J’aime penser que tout peut s’exhausser, si on le désire vraiment !

Petite parenthèse : l’éphémère peut également devenir une piste de recherche privilégiée à un autre niveau. Un tour de magie n’est souvent pas très long. Une espèce de court métrage pour le cinéma, en quelque sorte ! Le tour se déroulera donc assez rapidement d’une part et l’objet disparaîtra à la fin de l’expérience, d’autre part ! Fin de la parenthèse !

 Si on développe pour un public le côté « ne dure qu’un moment… », la nostalgie va vite prendre le pas sur la bonne humeur que nous nous devons d’insuffler en tant qu’artiste, m’est avis.

Par contre, si on prend le contre-pied de cette maxime en expliquant que, comme tout est éphémère, le seul instant d’une vie qui est « immortalisé » par nous est le présent… nous pouvons faire monter très haut le spectateur dans notre monde et lui faire pousser des ailes, j’en suis convaincu !

Nous le transportons là où son inconscient n’arrête pas de le solliciter : devenir immortel. Vivre heureux pour l’éternité est le rêve de la plupart d’entre nous.

Comme le tour que nous allons lui faire vivre sera sympa, drôle, plein de rebondissements, que nous le ferons chanter à l’unisson avec les autres spectateurs, etc. il va vivre un instant d’éternité hors du commun qui le rapprochera du songe que nous venons de lui faire vivre : un bout d’éternité !

Pour reprendre l’image des kilomètres en voiture du début de cet essai, imaginons que notre recherche du tour par exemple n’en est qu’à son commencement : nous aurons ainsi plus de temps « virtuel » pour le concrétiser ! Si on aborde le tour comme on aborde les 80 derniers kilomètres du périple Paris/Nice, on angoissera et rien ne sera vraiment productif. Tout cela pour dire qu’il est bon parfois de se mentir à soi-même pour la bonne cause, au lieu de s’économiser (ce qui ne manquerait pas de nous aigrir un peu plus dans la quête que nous menons contre les «bâtons dans les roues » que nous nous inventons pour ne pas progresser !).

C’est d’ailleurs assez fou de constater les raffinements de cruauté que nous imaginons pour ne pas terminer un travail qui nous plaît par ailleurs !

Comme nous le savons bien et que nous avons aussi compris que nous sommes comme nos spectateurs – au moins en grande partie – pourquoi ne pas écrire des histoires magiques ayant trait à cette inertie maladive pour en faire un tour ou bien une routine !

Les gens vont apprécier de voir un artiste prendre le contre-pied de ce genre de maladie humaine chronique en réalisant au passage le tour ou la routine, avec humour et détermination ! Le spectateur pourra vous admirer de l’avoir renseigné indirectement sur quelques-unes de ses propres carences.

N’est-ce pas notre rôle aussi de l’aider à devenir meilleur ou au minimum de lui procurer assez d’évasion pour qu’il oublie ses propres torpeurs ?

Vous savez bien que la démarche, s’intégrant dans l’inconscient collectif, est porteuse de succès.

La notion du présent qui devient l’éternité…

Cette approche donnera des ailes au public parce qu’elle a su nous en donner à nous-mêmes en amont.

Nous recherchons désespérément l’éternité. Nous avons conquis des instants qui sont devenus parfois, grâce au talent, des tranches d’éternité.

Les faire partager avec le public « dope » le spectateur qui est venu chercher chez nous ces moments tant convoités.

Conclusion : « le plaisir peut ne pas durer qu’un moment… » 

Chantez avec moi : … 3, 4 : plai-siiiir-d’aaa-mour…

FIN

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